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    Impression du texte

    Dossier: Religion

    Religion et jeunes

    Dominique Carrier
    Version abrégée d'un article paru dans la revue Critère en 1981.
    Je vais être honnête avec vous. Le texte qui suit n'est pas le résultat d'une longue réflexion alimentée par de nombreuses lectures, il est tout simplement le fruit de mon expérience et d'une réflexion personnelle sur ce sujet.

    Les jeunes et la confiance

    Quand il y a une décision importante pour la famille, est-ce que les jeunes ont leur mot à dire, est-ce que leur opinion est respectée? Quand un groupe de jeunes et d'adultes discutent, qui est le plus écouté, qui a une certaine influence quand il s'agit de choses «sérieuses»? Quand il est question d'avenir, de projets, quelles sont les idées retenues, celles des jeunes ou celles des adultes? Quand vient le temps d'accorder des responsabilités importantes, à qui les confie-t-on?

    Voilà des questions qui n'ont pas nécessairement toutes la même réponse pour chacun d'entre nous. Pourtant, elles révèlent toutes la même préoccupation: l'estime et la confiance qu'on accorde aux jeunes. Il est aussi important pour les jeunes que pour les adultes d'être considérés comme des êtres humains à part entière.

    Dans les groupes religieux, quelle est la place donnée aux jeunes? Les jeunes peuvent souvent ressentir une certaine admiration de la part des adultes quand ils s'impliquent, s'engagent à suivre les traces d'un Dieu. Mais ils peuvent aussi ressentir une certaine solitude, un certain abandon quand, forts de cette estime, ils expriment leurs opinions, leurs rêves et qu'on les regarde d'un air bienveillant qui semble dire: «Comme tu es bien jeune, laisse-toi du temps pour vieillir et tu verras, la vie n'est pas si simple que ça!»

    Les jeunes ont besoin d'être épaulés, secondés, ce qui est bien différent d'être portés. Au printemps de leur vie, ils ont des expériences à faire et des échecs à essuyer aussi. Et c'est dans des moments de défaite que la compréhension, le réconfort et l'écoute sont importants et signifiants. Les empêcher de vivre ces expériences, heureuses ou malheureuses, c'est vouloir les garder dans un monde à part tant «qu'ils ne seront pas assez grands». Il y a des jeunes pour qui il est difficile de risquer des expériences; certains préfèrent rester à l'écart. Par ailleurs, dès qu'on leur fait comprendre que l'erreur fait partie de la vie et que, même dans l'échec, ils demeurent ce qu'ils sont, ils se sentent en confiance et réalisent des projets d'envergure, au-delà même de leur espérance.

    Il est aussi important, à vingt ans qu'à quarante ans, de ne pas fuir la réalité, de ne pas fuir ce que nous avons à vivre.

    Tout cela se vit plus facilement dans la confiance. Quand le jeune sent que ceux qui l'entourent l'aiment, l'apprécient pour ce qu'il est et non pour ce qu'il devrait être, il a confiance; il sent que, même dans les périodes les plus «nébuleuses», nul ne le rejettera, nul ne voudra qu'il soit autrement. Les jeunes, à cet égard, ressemblent aux adultes.

    Les jeunes et leurs rêves

    Par contre, jeunes et adultes sont différents, d'où les conflits de générations. Je crois qu'aujourd'hui encore le langage des jeunes et des adultes demeure incompréhensible aux uns comme aux autres.

    Cette incompréhension est profonde. Nous avons de la difficulté à accepter l'autre comme différent de nous. Nous exigeons que l'autre prenne la même route que nous. Pour bien d'autres raisons encore, l'autre n'est pas facile à accueillir. Les jeunes caressent des rêves, leurs projets parfois "abracadabrants" ne sont-ils pas déroutants?

    Quand on est jeune, presque rien n'est impossible. Comme chez Jonathan Livingstone le goéland, le rêve naît, grandit, se réalise clans une liberté qui permet d'y croire. Tous ces rêves aspirent aux mêmes réalités, c'est-à-dire au bonheur, au goût de vivre et d'être heureux. Les projets qui habitent les jeunes ne sont pas nécessairement des rêves inaccessibles, mais plutôt des réalités qui doivent exister.

    J'ai appris que la vie est le bien le plus précieux
    et pourtant je vois la guerre, l'oppression, l'injustice qui
    [écrasent la vie.
    J'ai appris que l'amour est un sentiment merveilleux, profond
    [et gratuit
    et pourtant je vois l'amour du pouvoir, de l'argent qui avilit
    [l'homme.
    J'ai appris que la solidarité est nécessaire pour bâtir un monde
    [meilleur
    et pourtant je vois la loi du plus fort qui règne dans le
    [monde.
    J'ai appris que Jésus était venu pour les pauvres, les pécheurs et pourtant je vois des marginaux, des exclus dans l'église.
    J'ai appris que le bonheur se construit jour après jour et
    [qu'il peut durer toute une vie.
    et pourtant je vois le bonheur comme quelque chose d'éphé
    [mère qui n'est qu'illusion.
    J'ai appris que l'argent ne fait pas le bonheur
    et pourtant je vois les gens qui ne pensent qu'à l'argent.
    J'ai appris qu'il est important d'être, de s'épanouir
    et pourtant je vois l'avoir qui règne en roi sur la terre.
    Malgré tout, j'ai le goût de croire en la vie, en l'amour, eu
    Dieu, au bonheur. Et je désire que dans ma vie tout ça soit
    nue réalité et non nue illusion.

    Pour réaliser leurs rêves, les jeunes doivent prendre les moyens nécessaires. Ils aspirent toujours à une profondeur de vue, à une grandeur d'âme qui puissent assouvir leur soif. Les routes qui leur sont offertes sont fort nombreuses: l'argent, le sexe, la drogue, l'alcool, les religions, les voyages, les idéologies et le reste.

    Les jeunes et la religion

    Les jeunes peuvent trouver dans la religion un lieu de réalisation de ce désir de profondeur. Pour cela, il est nécessaire qu'on les laisse être ce qu'ils sont, qu'on les accueille comme des gens importants. Etre jeune, c'est aussi se poser un tas de questions, vouloir savoir davantage, vouloir comprendre mieux. On peut fournir aux jeunes des réponses qui laissent deviner tout un monde merveilleux, comme on peut leur laisser la chance de poser à voix haute leurs questions, d'énoncer leurs doutes.

    Dieu, quel que soit son nom, doit amener les jeunes vers l'avant, les appeler à un projet qui dure toute une vie. Les jeunes ont de nombreuses années devant eux et de l'énergie pour déplacer des montagnes. Si on leur demande d'être des pantins, des bras sans responsabilité, l'insatisfaction les mènera ailleurs. Dieu restera celui qui voit tout, qui sait tout, qui fait tout, et ils se sentiront des êtres passifs.

    Pourtant, si Dieu se révèle un être d'amour, un être mystérieux à découvrir, un compagnon de route, il attirera le jeune à Lui. Les jeunes ont le goût d'être écoutés, d'être compris, d'être aimés, et seul Dieu peut le faire de l'intérieur et d'une façon totale, entière. Dieu devient la source qui désaltère, Celui qui ne déçoit pas, qui est fidèle, qui est vrai.

    Les jeunes sont attirés par les interpellations radicales de Dieu, car elles exigent un engagement entier et vrai. Il leur est bon de sentir que Dieu leur fait confiance, que Dieu lui-même croit aux rêves qui les habitent.

    La religion devient alors le lieu où les jeunes approfondissent leur vie, où ils cheminent vers une vérité, une authenticité assez grande pour motiver leurs efforts et leurs choix, pour surmonter les obstacles rencontrés sur leur route; un lieu où ils se sentent appuyés réellement; un lieu où il est permis d'aspirer à la perfection, à la plénitude. Ils peuvent se sentir agressifs devant des idées, des façons de faire qu'on retrouve à l'intérieur de leur église, de leur groupe. Cette agressivité est souvent saine et signe d'une vitalité qui leur permettra de ne pas faiblir mais de rester fervents.

    L'aspect communautaire est aussi signifiant pour les jeunes. Un jeune qui vit seul en ville ou qui n'a plus de foyer a besoin de sentir qu'il y a des gens qui savent qu'il existe et qui lui veulent du bien. Quand au sein d'un groupe religieux il retrouve cette chaleur, souvent perdue dans la cité des hommes, elle devient pour lui un signe tangible du Dieu de sa croyance.

    Bien sûr, leur réalité n'est pas si bonne, elle est plutôt un enchevêtrement de bien et de mal; mais quand la profondeur a encore sa place, ça vaut la peine d'avancer. Quand l'authenticité est de mise, quand le radicalisme est un prérequis, quand les moments vécus ensemble sont signifiants et incarnés, ça vaut la peine de cheminer. Quand on fait appel à tout leur être, tant affectif que cérébral, quand on compte sur eux et qu'on les seconde, quand on fait appel à leur créativité, les jeunes sont prêts à s'impliquer.

    Ce texte n'est pas un livre de recettes qui aurait pu s'intituler: «Comment rendre la religion attrayante pour les jeunes»; il est plutôt la somme des éléments qui sont signifiants et interpellants pour les jeunes. C'est ce qui fait que moi-même, et de nombreux jeunes qu'il m'a été donné de rencontrer, croyons en un Dieu. Enfin, je veux signaler que ce texte ne se veut pas une généralisation. Certains jeunes s'y retrouveront, d'autres pas. Cela est normal, car tant et aussi longtemps que nous chercherons à vouloir généraliser sans respecter l'unicité de chacun, nous n'arriverons à rien. Peut-on vraiment parler de la profondeur de l'être humain?
    Date de création : 2012-04-01 | Date de modification : 2012-04-01

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