
Julien Vallières
Il neige, comme il arrive en cette saison, il tempête, même. Mon pays, c’est l’hiver, ce constat tire à conséquence et jadis l’on payait de sa vie pour ne l’avoir pas compris. Alors, la sagesse commandait l’attente, et rien ne valait mieux que de se retrancher en ses quartiers; naguère encore, on savait la Vallée inclémente et l’on avait la bonne idée de redevenir casanier, par mauvais temps. Maintenant que circuler passe pour une première nécessité, on se plaint de la température comme si chaque bordée de neige était une calamité. S’agissant de modes de vie insoutenables, en voilà bien un. L’hiver est la saison de l’enfermement, il faudra y revenir, elle favorise l’introspection, dont on ne se dispense jamais à profit. La tempête est le grand temps de la philosophie, comme Heidegger l’a si bien dit.