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    Dossier: Québec - État

    L'économie québécoise à l'heure des grands choix

    Pierre-Paul Proulx
    Qui croire se demande le citoyen qui s'interroge sur le coût de la souveraineté du Québec. L'économiste de son côté cherche quel ton adopter pour persuader les gens qu'il y a place pour la raison et l'analyse rigoureuse dans ce débat.

    Établissons d'abord un fait qui réconciliera les deux parties: l'économie n'est pas indépendante de son contexte, elle est intimement reliée aussi bien au champ social et culturel qu'au champ politique.

    Voici maintenant des données démographiques qui situent bien le contexte dans lequel les économies québécoise et canadienne évoluent. Ces données, qui portent sur les migrations interprovinciales, sont tirées d'un document présenté par monsieur Marc Termote à la Commission sur l'avenir politique et constitutionnel du Québec. «L'équilibre migratoire du groupe français est essentiellement un équilibre d'inertie, en ce sens que le reste du Canada ne semble pas plus faire partie de l'espace migratoire des francophones du Québec que le Québec ne semble faire partie de l'espace migratoire des anglophones du reste du Canada. En d'autres termes, du point de vue des échanges de population, le Québec apparaît vraiment déconnecté du reste du Canada, sauf en ce qui concerne les anglophones (et encore est-ce pour en sortir...)».

    «Entre 1981 et 1986, seulement 0,6% des francophones du Québec avaient émigré vers une autre province (contre 10% des anglophones); cela représentait 33,000 personnes. Pendant la même période, près de 30,000 francophones du reste du Canada étaient venus s'établir au Québec, ce qui donne un solde quasiment nul.»

    Les Québécois francophones ont tendance à demeurer au Québec. Les francophones du reste du Canada ont tendance à émigrer davantage vers le Québec que les autres Canadiens. Quoi de plus normal, de plus naturel. On peut même présumer que ce phénomène est largement indépendant de l'opinion politique des gens. S'il est un tant soit peu attaché à sa culture, un francophone québécois fédéraliste sera-t-il plus attiré par Calgary qu'un nationaliste?

    Notons cependant que notre nationalisme est territorial et non ethnique. Un de nos défis est d'inciter nos citoyens anglophones et nos émigrants à travailler avec la majorité francophone et d'accepter l'autorité de l'Assemblée nationale dans divers domaines dont le domaine linguistique, l'éducation, etc.

    Mettons maintenant ces données en rapport avec un second fait tout aussi incontestable: le modèle économique d'Ottawa, amplifié par les conservateurs aussi bien que par les libéraux, est axé sur la centralisation des décisions et la mobilité des facteurs (capital et ressources humaines) vers les affaires et les emplois disponibles.

    Dans cette perspective, à supposer qu'une mine ou une usine de pêcherie doive fermer en Nouvelle-Écosse, si l'on veut à tout prix respecter le modèle canadien, on ne devrait pas y voir un grand malheur, ni faire des efforts trop coûteux pour lancer des entreprises rentables dans cette région. La main-d'oeuvre ainsi libérée sera bien accueillie à Toronto ou à Vancouver. C'est ce qui explique d'ailleurs le déclin des provinces maritimes.

    Dans la même situation, le Québécois francophone n'a guère le choix qu'entre une émigration, qui sera pour lui un exil, et un appel à la solidarité de tous les Québécois pour créer ici même l'emploi dont il a besoin.

    Encore faudrait-il que son appel à la solidarité soit compatible avec le modèle canadien. Or il ne l'est pas. C'est parce qu'ils ont tendance à rester entre eux que les francophones empêchent le modèle canadien de bien fonctionner: tout en se privant eux-mêmes des moyens de tirer tous les avantages possibles de leur choix fondamental, qui est social et culturel avant même d'être politique.

    Si le modèle canadien ne convient pas au Québec, il ne faut toutefois pas conclure qu'il est l'idéal pour l'ensemble des régions du Canada. Nous sommes au contraire d'avis que le modèle canadien actuel est nuisible partout où l'on peut présumer que les gens peuvent tirer plus d'avantages de la synergie propre à leur région par leur créativité, que de leur intégration à l'économie d'un grand système centralisé.

    Le mot synergie est dans ce cas plus qu'une simple métaphore. Tout le monde admet maintenant l'importance cruciale de l'innovation comme facteur de croissance économique. L'innovation est elle-même fonction de l'information et de la formation. L'information est largement déterminée par deux facteurs principaux: les réseaux régionaux et leur synergie et la R & D. Le modèle canadien empêche actuellement le Québec de tirer pleinement profit de ces deux facteurs.


    Recherche et développement

    Dans le système actuel, une forte proportion de la R & D fédérale s'effectue dans les Instituts de recherche du gouvernement central (de 58,5% à 86%, selon l'organisme). Bien entendu, les objectifs visés sont aussi déterminés par Ottawa; le Québec s'en trouve d'autant plus défavorisé que la très grande majorité des instituts est localisée en Ontario.

    Il faut noter d'autre part que si la part du Québec dans la R & D au Canada est presque dérisoire, l'effort de R & D accompli par le Canada ne soutient pas la comparaison avec celui qui est consenti par la plupart des grands pays industrialisés.


    Les réseaux

    Les dépenses de R & D ne sont pas le seul indicateur de l'effort d'innovation. Bien que leurs résultats soient difficiles à quantifier, les activités de réseau* sont aussi un élément important. Des réseaux locaux et régionaux bien structurés, qui diffusent l'information rapidement, améliorent de façon appréciable les capacités d'innovation. Si nous étions présents dans les réseaux internationaux, nous pourrions avoir accès à des technologies qui ne sont pas disponibles au Québec. La synergie dont nous parlions précédemment a rapport aux activités de réseau dont il est ici question. Notons au passage la complémentarité entre les réseaux locaux et régionaux - dont la Beauce illustre l'efficacité - et les réseaux internationaux - dont la même Beauce tire avantage.

    Vus sous cet angle, les États centralisés de la taille du Canada apparaissent comme étant à la fois trop grands et trop petits. L'intégration économique a pour effet de rompre la concordance entre l'espace politique et l'espace économique. L'espace économique de beaucoup d'entreprises québécoises est beaucoup plus vaste que l'espace politique québécois et même canadien. Par exemple, le succès de firmes comme Bombardier ou SNC-Lavallin et Softimage dépend des marchés internationaux; les marchés locaux ne peuvent à eux seuls assurer leur développement. L'accès aux marchés nationaux ne dépend pas de la taille de l'entreprise: bien que Bombardier et Lavallin emploient des milliers de personnes, Softimage (logiciels d'animation d'images) est une PME de quelque vingt employés.

    Les réseaux influent également sur l'utilisation du capital. Bien que les investissements et les épargnes se fassent à un moment précis dans le temps, ils sont généralement calculés sur une période de temps donnée. Dans ce dernier cas, ils sont appelés flux de capitaux et représentent un bon indicateur de l'utilisation du capital.

    Si le flux d'épargne est plus grand que le flux d'investissement, cela implique que le pays n'utilise pas tout le capital disponible sur le marché domestique: le pays exporte son capital sur les marchés extérieurs - c'est le cas du Québec pour la période de 1981 à 1989 - comme on le voit dans le tableau ci-dessus. Le Québec est donc en situation de sous-utilisation de son capital.

    On peut présumer qu'un modèle québécois centré sur les réseaux régionaux pourrait favoriser l'utilisation domestique du capital. En effet, si l'information sur les affaires disponibles circule mal, les investisseurs ignoreront les occasions locales et investiront leurs capitaux ailleurs, souvent à l'extérieur du Québec.


    La formation de la main-d'oeuvre

    La formation de la main-d'oeuvre est une autre condition importante de l'innovation et du développement. Nous n'avons pas à dénoncer ici les pertes d'énergie résultant des chevauchements entre Québec, Ottawa et les régions coincées entre ces deux capitales et leurs bureaucrates. Il y a presque unanimité au Québec sur cette question. Il importe tout de même de rappeler certains faits significatifs. Le tableau ci-contre montre les efforts consentis au titre des dépenses du secteur privé pour la formation de la main-d'oeuvre. Ces dépenses représentent un indicateur de la capacité des ressources humaines québécoises à absorber et à développer de nouvelles technologies. Nous y faisons bien piètre figure.


    Et les politiques macro-économiques?

    Il ne faut évidemment pas oublier le rôle des politiques macro-économiques, fiscales, monétaires et commerciales dans notre recherche d'une économie compétitive, solidaire et équitable. Notons cependant que l'inévitable intégration économique a réduit les marges de manoeuvre et imposé, dans l'application de ces politiques, des mises en commun des compétences.

    Nous prenons acte de ce fait, pour souligner aussitôt la nécessité de compenser la réduction des marges de manoeuvre par l'utilisation des nouveaux instruments évoqués dans cet article, lesquels tirent leur efficacité d'une mise en marche au niveau du Québec et de ses régions.


    Dissiper l'incertitude

    Le système politique canadien est trop centralisé: c'est un système unitaire qui gomme les différences et ne peut apporter de solutions valables aux problèmes. Le gouvernement d'Ottawa doit composer avec la grande diversité canadienne; il ne peut proposer que des demi-mesures qui ne satisfont personne, et encore moins le Québec que les autres provinces. Conscient de ses lacunes, le Québec souhaite donner un sérieux coup de barre aux politiques pour occuper une place dans le concert des nations modernes. Mais la perpétuelle mésentente dans l'harmonisation des politiques le prive de moyens et le frustre dans ses espoirs.

    Un nouveau partage des compétences est nécessaire pour que le Québec puisse profiter pleinement de ses efforts de redressement vers une économie axée sur la production et l'exportation de biens et services à haute technologie et à haute valeur ajoutée. La stagnation des investissements dans notre province montre que le Québec doit payer, à cause de l'incertitude politique, une partie des coûts de la souveraineté sans bénéficier d'aucun de ses avantages. Il nous faut dissiper cette incertitude au plus tôt.
    Date de création : 2012-04-01 | Date de modification : 2012-04-01

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