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    Impression du texte

    Dossier: Psychologie

    Cattel et les tests mentaux

    Valérie GYSELINCK et Serge NICOLAS

    Cette traduction française inédite du texte de James McKeeen Cattell sur les tests mentaux (Tests mentaux et mesures, Mind, 1890, 15, 373-381) est précédée d'une brève biographie rappelant les travaux de celui qui fut avec d'autres à l'orgine de la psychométrie.

     


    TESTS MENTAUX ET MESURES: James McKeen CATTELL (1890)

     

    Traduction précédée d'une introduction historique

    par

    Valérie GYSELINCK et Serge NICOLAS


    Université de Paris V, René Descartes et EPHE, Institut de psychologie, Centre Universitaire de Boulogne, Laboratoire de Psychologie Expérimentale CNRS (UMR 8581), 71, avenue Edouard Vaillant, 92774 Boulogne-Billancourt Cedex, France. Email : nicolas@psycho.univ-paris5.fr

     

     

    Abstract: A French translation of Cattell's paper on mental tests is proposed (Mental tests and measurements (Mind, 1890, 15, 373-381). Cattell here presents in detail the plan for psychic tests. These are: 1. Dynamometer pressure; 3. Rate of movement; 3. Sensation-areas; 4. Pressure causing pain; 5. Least noticeable difference in weight; 6. Reaction-time for sound; 7. Time for naming colours; 8. Bi-section of a 50 cm. line; 9. Judgment of 10 seconds time; 10. Number of letters remembered on once hearing. Discussion and co-operation is invited (and some notes by Galton are appended to this article) to the end of securing the best methods and uniformity in using them.

    Key words: Cattell, Galton, Mental tests, Intelligence.

     

    Résumé: Nous proposons une traduction française inédite du texte de Cattell sur les tests mentaux (Tests mentaux et mesures, Mind, 1890, 15, 373-381). Cattell présente ici en détails le plan d'une série d'épreuves mentales. Il s'agit: 1. Pression dynamométrique; 2. Vitesse du mouvement; 3. Zones sensitives; 4. Pression douloureuse; 5. Seuil différentiel de poids; 6. Temps de réaction auditif; 7. Temps de dénomination de couleurs; 8. Bissection d'une ligne de 50 cm; 9. Jugement d'une durée de 10 secondes; 10. Nombre de lettres mémorisées après une seule écoute. Cet article constitue une invitation à poursuivre des travaux en coopération dans ce domaine (on trouve quelques notes de Galton à la fin de l'article) de façon à utiliser les meilleures méthodes.

    Mots clés: Cattell, Galton, Tests mentaux, Intelligence.

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

    I - INTRODUCTION AU TEXTE DE CATTELL (1890)

    Avant de lire la traduction française inédite du texte de Cattell (paru dans la revue anglaise « Mind » en 1890) que nous proposons, il est utile de replacer dans une perspective historique ce texte majeur pour en apprécier le contenu (cf. aussi Sokal, 1990; Fancher; 1987).

    James McKeen Cattell est né en 1860 à Easton, en Pensylvanie, où son père, William C. Cattell, était professeur de langues anciennes au Collège Lafayette (pour une biographie: Sokal, 1981). Après avoir obtenu son diplôme de fin d'études dans le collège de son père, il voyagea en Europe et passa le semestre d'hiver 1880-1881 à l'Université de Göttingue où il suivit les cours de Hermann Lotze (1817-1881) puis ceux de Wilhelm Wundt (1832-1920) à Leipzig. De retour en Amérique il s'incrivit à l'Université John Hopkins à Baltimore en 1882, et entra, dès février 1883, au sein du laboratoire de psychologie nouvellement créé par G. Stanley Hall. Comme il ne put obtenir ni bourse ni soutien de son directeur, il décida de retourner en Europe afin d'obtenir un doctorat dans le laboratoire de Wundt. Il y restera trois annnées, de novembre 1883 à juin 1886 et devint même le premier assistant de Wundt. C'est dans ce laboratoire qu'il effectuera ses fameuses expériences sur les temps de réaction (Cattell, 1885, 1886ab, 1887) qui seront bientôt publiées en traduction française dans cette revue. Cependant, dans ses recherches il montrait encore peu d'intérêt à l'époque pour les différences interindividuelles.

    Lorsque Cattell quitte Leipzig pour compléter sa formation, c'est pour aller en Angleterre étudier la médecine. Il s'inscrit à St John's College à Cambridge en octobre 1886 et y restera jusqu'en décembre 1887. Désireux de s'intégrer à l'aristocratie intellectuelle anglaise, il fait la connaissance du cousin de Charles Darwin (1809-1882), Francis Galton (1822-1911), avec qui il correspondait depuis octobre 1885. L'objectif de Galton était de construire un test d'intelligence, idée qu'il avait développée après ses premiers travaux sur l'hérédité (Galton, 1865, 1869, 1874). Il pensait que les caractères psychologiques étaient héréditaires et que les capacités naturelles de certains individus étaient aux qualités innées du cerveau et du système nerveux. Ainsi, il développa des mesures anthropométriques dont celle qui consiste à mesurer la taille de la tête car, selon lui, il existe une corrélation entre la taille du cerveau et l'intelligence (cf. Fancher, 1987). Il reconnut cependant assez rapidement que la seule mesure de la taille du cerveau était un indicateur imparfait et pensa que la taille du cerveau devait interagir avec l'efficacité gobale du système nerveux pour produire l'intelligence. Une des mesures de l'efficacité neuronale semblait être le temps de réaction. De ce fait, Galton avait été très intéressé par les mesures des temps de réaction développées par Cattell au sein du laboratoire de Wundt car il voulait améliorer son prope test d'investigation des différences interindividuelles (Sokal, 1981). De manière à recueillir le plus grand nombre de données possible, Galton avait établi un laboratoire anthropométrique (Galton, 1882, 1887) qui eut un succès remarquable lors de l'exposition internationale sur la santé mentale (Galton, 1884). Dans le laboratoire du South Kensington Museum on effectuait couramment des tests anthopométriques, comprenant tout un ensemble de mesures physiques et physiologiques mais ce programme ne conduisit pas à des résultats décisifs. Pourtant Galton exerça une influence considérable sur Cattell en lui fournissant un programme scientifique d'envergure : la mesure des différences interindividuelles à l'aide des procédures expérimentales développées à Leipzig. C'est dans ce contexte que Cattell va créer son propre laboratoire anthropométrique à Cambridge en 1887-1888 (Sokal, 1972).

    En janvier 1889, Cattell fut embauché comme professeur de psychologie à l'Université de Pensylvanie. Il y établit un nouveau laboratoire et commença à former des étudiants dans le but d'étendre le programme anthropométrique de Galton. C'est dans ce contexte qu'il fit paraître l'article intitulé « mental tests and measurements » (Cattell, 1890) dont on trouvera la traduction française ci-après. Il laissa de côté les mesures des dimensions corporelles qui formaient la base du programme anthropométrique de Galton et se concentra sur les mesures psychophysiologiques et psychologiques. Dans son programme de 1890 on trouve la liste suivante : I. Pression dynamométrique; II. Vitesse du mouvement; III. Zones sensitives; IV. Pression douloureuse; V. Seuil différentiel de poids; VI. Temps de réaction auditif; VII. Temps de dénomination de couleurs; VIII. Bissection d'une ligne de 50 cm; IX. Jugement d'une durée de 10 secondes; X. Nombre de lettres mémorisées après une seule écoute.

    Comme l'a noté Sokal (1990), l'objectif de Cattell fut de développer une mesure des différences interindividuelles. Ce programme s'inscrivait nettement dans la perspective évolutionniste néo-darwiniste de Galton. D'ailleurs, Galton annota l'article de Cattell (1890) comme le montre la traduction française donnée ci-dessous. Le programme de recherches faillit ne pas aboutir à cause de ses nouvelles charges universitaires (il accepta un emploi à l'Université Columbia en 1891 et y établit un nouveau laboratoire où des recherches d'un autre genre étaient développées avec ses étudiants, cf. Cattell & Fullerton, 1892; Cattell & Dolley, 1896) et d'édition (il participa à la mise en place et à la parution de la « Psychological Review »en 1894 et la même année devint le nouveau directeur de la revue « Science », cf. Sokal, 1980). Mais comme la perspective d'établir un nouvel instrument de mesure des capacités intellectuelles intéressait de très nombreux éducateurs, Cattell ne laissa pas tomber son programme sur les tests mentaux. En janvier 1893, il écrivit au président de l'Université Columbia pour demander l'autorisation de tester les étudiants de l'Université. Ce n'est qu'en septembre 1894 que cette autorisation lui fut officiellement accordée. Ce programme, élargi à d'autres épreuves (tests crâniométriques, de perceptions sonores, de mémorisation, etc.) par rapport à celui de 1890, fut développé avec l'aide de son collègue Farrand (cf., Cattell & Farrand, 1896). A cette même époque, il y eut de nombreuses discussions concernant les tests mentaux. En décembre 1895, sous la présidence de Cattell, l'APA (American Psychological Association) nomma un comité destiné à étudier la faisabilité de la coopération de divers laboratoires de psychologie pour la mise au point de diverses épreuves physiques et mentales. Le comité présenta un rapport préliminaire en décembre 1897 (cf., Baldwin, Cattell, & Jastrow, 1898). Jastrow souligna que le test devait inclure des épreuves physiques et mentales destinées à mesurer a) les capacités sensorielles, b) les capacités motrices et éventuellement c) les processus mentaux plus complexes. Après discussion, cette dernière catégorie fut écartée malgré l'insistance de James Mark Baldwin (1861-1934) qui voulait faire une plus large place en particulier aux épreuves de mémoire. Les critiques de Baldwin furent les premières mais pas les dernières. Une étudiante de Edward Bradford Titchener (1867-1927), Stella Emily Sharp (1872-1961) en 1899 compara explicitement l'approche sensorielle de Cattell avec les propositions de Binet (Binet & Henri, 1896) sur la psychologie individuelle qui allaient fournir le point de départ des premiers tests d'intelligence développés en collaboration avec Théodore Simon (Binet & Simon, 1905, 1908, 1911). Sharp présenta le point de vue de Binet qui avait bien vu « que dans la plupart des cas, sauf les anomalies maladives, les différences individuelles pour les sensations sont très faibles et insignifiantes par rapport aux différences des facultés supérieures; c'était à prévoir, mais il est curieux que beaucoup d'auteurs semblent l'ignorer ou l'oubient complètement; ils tirent en effet des études sur les différences individuelles pour les sensations des conclusions trop générales (...) Ce ne sont pas les sensations, ce sont les facultés psychiques supérieures qu'il faut étudier; ce sont celles-ci qui jouent le rôle le plus important et la psychologie individuelle devrait porter bien plus son attention sur ces dernières » (Binet & Henri, 1896, p. 416). Binet avait analysé l'échec des premières tentatives : "« Voyons donc de plus près quels ont été les mental tests proposés par les différents auteurs. Nous nous arrêterons plus spécialement sur cinq essais de ce genre, ce sont les plus importants et les plus complets qui ont été faits jusqu'ici, les autres sont trop partiels et ne poursuivent pas de but aussi général que les cinq en question. C'est d'abord la liste proposée par Cattell, Mental Tests and Measurements, Mind, 1890, p. 373-381, puis celle de Münsterberg, Zur Individual Psychologie, Centralbl. f. Nervenheilk. u. Psychia., 1891, p. 196, puis celle de Jastrow qui a été pratiquée par lui à l'exposition de Chicago de 1893 et dont on trouve une analyse dans l'Année psychologique, 1894, p. 522; la quatrième appartient à Kraepelin, Der psychologische Versuch in der Psychiatrie (Psychologische Arbeiten, vol. I, p. 1-92, 1895); enfin la dernière est de Gilbert, Researches on the Mental and Physical Development of School-children (Stu. Yale Laboratory, II). (pp. 426-427) (...) On voit combien les essais de tests proposés jusqu'ici sont incomplets et sont même impraticables » (p. 433). Essayant de comparer les conceptions de Cattell et de Binet, les résultats obtenus par Sharp (1899) furent décevants essentiellement à cause du nombre très restreint de sujets testés même si elle était plus sensible à l'approche de Binet (cf. Herrnstein et Boring, 1965).

    Au cours des années 1890, Cattell fut le seul à réellement poursuivre son programme de tests anthropométriques. Clark Wissler (1870-1947), qui avait appris la technique des corrélations inventée par Galton, l'appliqua à certaines données recueillies dans le cadre du programme de test réalisé à l'Université Columbia. Les données (Wissler, 1901) analysées montrèrent qu'il n'y avait aucune corrélation entre les résultats aux divers tests, ni aucune corrélation entre les performances et le niveau universitaire. Cet échec sonna le glas du programme anthropométrique américain à une époque où Cattell abandonnait la recherche psychologique en s'engageant de plus en plus dans une activité d'édition. Quelques années plus tard, Binet réussit là où tous les autres avaient échoué. Il construisit une échelle mesurant les différences interindividuelles: l'épreuve métrique d'intelligence. Les tests utilisées mesuraient les fonctions mentales supérieures et non pas seulement les activités sensorielles même si le débat actuel rebondit puisque certaines études montrent l'existence d'une corrélation entre l'intelligence et certaines activités sensorielles (cf., Deary, 1994).

    Bibliographie

    Baldwin, J.M., Cattell, J. McK., Jastrow, J. (1898). Physical and mental tests. Psychological Review, 5, 172-179.

    Binet, A., & Henri, V. (1896). La psychologie individuelle. L'Année Psychologique, 2, 411-465.

    Binet, A., & Simon, Th. (1905). Méthodes nouvelles pour le diagnostic du niveau intellectuel des anormaux. L'Année Psychologique, 11, 191-244.

    Binet, A., & Simon, Th. (1908). Le développement de l'intelligence chez les enfants. L'Année Psychologique, 14, 1-94.

    Binet, A., & Simon, Th. (1911). La mesure du développement de l'intelligence chez les jeunes enfants. Bulletin de la Société Libre pour l'Étude de l'Enfant, 11, 187-256.

    Cattell, J. McK. (1885). Über die Zeit der Erkennung und Benennung von Schriftzeichen, Bildern und Farben (Sur le temps nécessaire pour reconnaître et nommer les lettres, les formes et les couleurs). Philosophische Studien, 2, 635-650.

    Cattell, J. McK. (1886a). Über die Trägheit der Netzhaut und des Sehcentrums (Sur l'inertie de la rétine et du centre visuel). Philosophische Studien, 3, 94-127.

    Cattell, J. McK. (1886b). Psychometrische Untersuchungen (I & II) (Recherches psychométriques: I & II). Philosophische Studien, 3, 305-336; 452-492.

    Cattell, J. McK. (1887). Psychometrische Untersuchungen (III) (Recherches psychométriques: III). Philosophische Studien, 4, 241-250.

    Cattell, J. McK. (1890). Mental tests and measurements. Mind, 15, 373-381.

    Cattell, J. McK., & Dolley, C.S. (1896). On reaction-times and the velocity of the nervous impulse. Proceedings of the National Academy of Sciences, 7, 393-415.

    Cattell, J. McK., & Farrand, L. (1896). Physical and mental measurements of the students of Columbia University. Psychological Review, 3, 618-648.

    Cattel, J. McK., & Fullerton, G.S. (1892). On the perception of small differences. Publications of the University of pensylvania, Philosophical Series N°2.

    Deary, I.J. (1994). Sensory discrimination and intelligence: Postmortem or resurrection? American Journal of Psychology, 107, 95-115.

    Fancher, R.E. (1987). The intelligence men: Makers of the IQ controversy. New York: Norton.

    Forrest, D.W. (1974). Francis Galton: The life and work of a victorian genius. London: Elek.

    Galton, F. (1865). Hereditary talent and character. Macmillan's Magazine, 12, 157-166, 318-327.

    Galton, F. (1869). Hereditary genius. London: Macmillan.

    Galton, F. (1874). English men of science: Their nature and nurture. London: Macmillan.

    Galton, F. (1882). The anthropometric laboratory. Fortnightly Review, 183, 332-338.

    Galton, F. (1883). Inquieries into Human faculty and its development. London: Macmillan.

    Galton, F. (1884). On the anthropometric laboratory at the late international health exhibition. Journal of the Anthropological Institute, 14, 205-218.

    Galton, F. (1887). List of anthropometric apparatus. Cambridge: Cambridge Scientific Instrument Company.

    Herrnstein, R.J., & Boring, E.G. (1965). A source book in the history of psychology. Cambridge, Mass: Harvard University Press.

    Sharp, S.E. (1899). Individual psychology: A study in psychological method. American Journal of Psychology, 10, 329-391.

    Sokal, M. (1972). Psychology at victorian Cambridge - The unofficial laboratory of 1887-1888. Proceedings of the American Philosophical Society, 116, 145-147.

    Sokal, M. (1980). Science and James McKeen Cattell, 1894 to 1945. Science, 209, 43-52.

    Sokal, M. (1981) (Ed.). An education in psychology: James McKeen Cattell's Journal and letters from Germany and England, 1880-1888. Cambridge, Mass.: MIT Press.

    Sokal, M. (1990). James McKeen Cattell and mental anthropometry: Nineteenth-century science and reform and the origins of psychological testing. In M. Sokal (Ed.), Psychologiical testing and american society: 1890-1930 (pp. 21-45). New Brunswick: Rutgers University Press.

    Wissler, C. (1901). The correlation of mental and physical tests. Psychological Review Monograph Supplement 3, Monograph N°6.

     

     

     


     

    II - TESTS MENTAUX ET MESURES (CATTELL, 1890)

    [paru dans Mind, 15, 373-381, 1890].

    La psychologie ne peut atteindre le caractère indiscutable et la rigueur des sciences physiques, à moins de reposer sur des fondements d’expérience et de mesure. Un pas en cette direction pourrait être fait en appliquant une série de tests mentaux à un grand nombre d’individus. Les résultats auraient une portée scientifique considérable pour la découverte des invariants des processus mentaux, de leur interdépendance et de leur fluctuation dans différentes circonstances. Les personnes en outre, trouveraient leurs tests intéressants et, peut-être, utiles pour la formation, le mode de vie ou comme signe de maladie. La valeur scientifique et pratique de tels tests serait largement augmentée si un système uniforme était adopté, de telle façon que des évaluations faites à des moments et en des lieux différents puissent être comparées et combinées. Avec l’idée d’obtenir un accord parmi les intéressés, je me risque à suggérer les séries suivantes de tests et de mesures, accompagnés des méthodes pour les mettre au point1.

    La première série de dix tests sont réalisés dans le laboratoire de l’université de Pennsylvanie auprès de tout volontaire se présentant et les séries complètes le sont auprès d’étudiants de psychologie expérimentale. Les résultats seront publiés lorsque suffisamment de données auront été collectées. En attendant, j’aimerais que les tests et les méthodes pour les mettre au point soient discutées point par point.

    Les dix tests suivants sont proposés:
    I. Pression dynamométrique
    II. Vitesse du mouvement
    III. Zones sensitives
    IV. Pression douloureuse
    V. Seuil différentiel de poids
    VI. Temps de réaction auditif
    VII. Temps de dénomination de couleurs
    VIII. Bissection d’une ligne de 50 cm
    IX. Jugement d’une durée de 10 secondes
    X. Nombre de lettres mémorisées après une écoute

    On notera que les séries commencent par des évaluations plutôt physiques que mentales, et vont des mesures psychophysiques aux mesures plus purement mentales2.

    On peut aisément faire passer les tests à des personnes inexpérimentées, le temps requis pour les séries étant d’environ une heure. Le laboratoire devrait être aménagé de façon commode, il devrait être calme et aucun spectateur ne devrait être présent lors du déroulement des expériences. La somme d’instructions que la personne testée doit recevoir et le nombre d’essais qu’elle doit subir, sont des points qui devraient être fixés afin de s’assurer de l’uniformité des résultats. La longueur de la consigne dépend de l’expérimentateur et du sujet et ne peut, malheureusement, être défini précisément. On peut seulement dire que le sujet doit clairement comprendre ce qu’il a à faire. Un nombre élevé et uniforme d’essais serait bien sûr idéal, la moyenne, la variation moyenne, le maximum et le minimum étant notés. Le temps est cependant, un point important si un grand nombre de personnes sont testées. L’arrangement le plus économique en temps serait de tester minutieusement un petit nombre de personnes, et un plus grand nombre de façon plus globale. Le nombre d’essais que je préconise dans chaque test est indiqué ci-dessous, ainsi que la considération de la moyenne ou du « meilleur » essai comme étant le plus satisfaisant pour les comparaisons.

    Considérons maintenant les tests dans l’ordre.

    I. Pression dynamométrique. La plus grande pression possible de la main peut être considérée par beaucoup comme une quantité purement physiologique. Il est pourtant impossible de séparer l’énergie physique de l’énergie mentale. La « sensation d’effort » et les effets de la volonté sur le corps font partie des questions les plus débattues en psychologie et même en métaphysique. Des expériences intéressantes ont été conduites sur la relation entre contrôle volontaire ou excitation émotionnelle et la pression dynamométrique. D’autres évaluations de la puissance physique pourraient être faites (dans la seconde série, j’ai inclus la « traction de l’archer » et la pression du pouce et de l’index), mais la pression de la main semble convenir le mieux. Cela peut être réalisé facilement, ne peut s’avérer préjudiciable, dépend des conditions mentales et permet de comparer la puissance des mains droite et gauche. Il faut montrer au sujet la façon de tenir le dynamomètre afin d’obtenir la pression maximum. J’autorise deux essais avec chaque main (l’ordre étant droite, gauche, droite, gauche) et je prends en compte la pression maximum pour chaque main.

    II. Vitesse du mouvement. Une telle évaluation paraît extrêmement intéressante, tout particulièrement en relation avec la précédente. En effet, son importance physiologique est telle qu’il est surprenant que des mesures attentives n’aient jusqu’ici pas été faites. La vitesse de mouvement a les mêmes rapports psychologiques que la force du mouvement. Remarquons en plus des aspects déjà mentionnés, la relation entre force et vitesse de mouvement d’une part et les « quatre tempéraments » d’autre part. Je conduis actuellement des expériences afin de déterminer la vitesse de différents mouvements. Comme test général, je suggère le mouvement le plus rapide de la main et du bras droits depuis le repos jusqu'à atteindre 50 cm. Un appareil approprié peut être obtenu auprès de Clark & Torbensen, Philadelphie. Un circuit électrique est fermé par le premier mouvement de la main et ouvert quand le mouvement a atteint 50 cm. Je mesure le temps de fermeture du circuit avec le chronoscope Hipp, mais cela peut être réalisé avec n’importe quelle méthode chronographique. Le chronoscope Hipp peut être obtenu auprès de Peyer & Favager, Neuchâtel. C’est un appareil très pratique, mais il faut prêter attention à son réglage et à son contrôle (voir Mind N° 42)3.

    III. Zones sensitives. La distance à laquelle deux points doivent être séparés sur la peau de telle façon qu’ils soient percus comme deux est une constante, intéressant à la fois les physiologistes et les psychologues. Sa variation aux différents endroits du corps (de 1 à 68 mm) a été une des plus grandes découvertes. On ne peut prédire quelle peut être la variation individuelle et quelles inférences on peut en faire; mais tout ce qui permet d’éclairer le développement de l’idée d’espace mérite une étude attentive. Seule une partie du corps peut être testée dans une série comme celle présentée ici. Je suggère le dos de la main droite fermée, entre les ligaments du pouce et de l’index, dans une orientation longitudinale. Utiliser des compas à pointes arrondies en bois ou en caoutchouc et je suggère que la courbure ait un rayon de 0.5 mm. Cette expérience requiert quelque attention et adresse de la part de l’expérimentateur. Les points doivent être touchés simultanément et pas trop fortement. Le sujet doit détourner la tête. Afin d’obtenir des résultats précis, un grand nombre d’essais sont nécessaires et toute l’habileté de l’expérimentateur est requise pour déterminer, sans perte de temps inutile, la distance à laquelle les points touchés peuvent être juste distingués.

    IV. Pression douloureuse. Ceci est, tout comme la vitesse du mouvement, une évaluation jusqu’alors peu prise en compte et si d’autres tests plus importants peuvent être mis au point ils pourraient être substitués à ceux-ci. Mais la limite à partir de laquelle une pression peut être douloureuse peut être une constante importante et dans tous les cas, elle peut être valide pour le diagnostic de maladies nerveuses et dans l’étude des états de conscience anormaux. L’évaluation de quelque point fixé ou de la quantité de plaisir ou de douleur est une question qui présente un grand intérêt du point de vue de l’éthique théorique et pratique, et je serais content d’inclure de tels tests dans la série présentée ici. Pour déterminer la valeur de la pression douloureuse j’utilise un outil (que l’on peut se procurer auprès de Clay & Tobensen et qui mesure la pression exercée par une pointe de caoutchouc dur d’un rayon de 0.5 mm). Je cherche actuellement à déterminer la pression douloureuse en différents endroits du corps; pour la série présentée, je recommande le centre du front. La pression doit être augmentée progressivement et la valeur maximum doit être lue sur l’indicateur à la fin du test. Comme règle, la valeur pour laquelle le sujet dit que la pression est douloureuse devra être notée, mais dans certains cas, il peut être nécessaire de noter la valeur pour laquelle des signes de douleur se sont manifestés. Je fais deux essais et les enregistre tous les deux.

    V. Seuil différentiel de poids. Le seuil sensitif et le seuil différentiel de sensation sont des constantes qui présentent un grand intérêt psychologique. En effet, la question de la mesure de l’intensité mentale est probablement la plus importante dont les psychologues ont à traiter. Le seuil sensitif ne peut être déterminé qu’avec grand peine, si tant est qu’il puisse l’être : la valeur habituellement observée étant en réalité la plus petite différence entre stimuli flous. Cette dernière valeur est elle-même tellement difficile à établir que je l’ai reportée à la seconde série. Le seuil différentiel de sensation pour des stimuli d’intensité donnée peut être plus facilement établi, mais cela requiert un peu de temps et, par conséquent, pas plus d’un sens et d’une intensité ne peuvent être testés dans une série préliminaire. Je suis Mr Galton en choisissant la « sensation d’effort » ou de poids. J’utilise pour cela des petites boites en bois, la boite standard pesant 100 g et les autres, 101, 102 jusque 110 g. Le poids standard et un autre (commençant avec 105 g) étant donné au sujet, on lui demande lequel est le plus lourd. Je lui donne environ 10 s pour prendre sa décision. Je note la valeur pour laquelle il donne une réponse correcte, en faisant attention à noter que le sujet est toujours exact avec le poids plus lourd suivant.

    VI. Temps de réaction auditif. Le temps s’écoulant avant qu’un stimulus ne provoque un mouvement devrait certainement être inclus dans une série de tests psychophysiques : le point sur lequel il faut se décider est quel stimulus choisir. Je préfère le son, pour lequel le temps de réaction semble le plus court et le plus régulier, et pour lequel les appareils sont les plus faciles à installer. Je mesure le temps à l’aide d’un chronoscope de Hipp, mais de nombreuses méthodes chronoscopiques ont été utilisées. Un instrument plus simple, moins cher et plus transportable serait nécessaire pour mesurer les temps courts. Mr Galton utilise un appareil ingénieux, dans lequel le temps est mesuré par le déplacement d’une baguette qui tombe et qui ne nécessite pas d’électricité. Mais avec cette méthode on ne peut mesurer des temps au-delà de 1/3 de seconde. Dans la mesure des temps de réaction, je suggère que trois réactions valides soient considérées et que le minimum soit collecté. Plus tard, la moyenne et la variation moyenne peuvent être calculées4.

    VII. Temps de dénomination de couleurs. Une réaction est essentiellement réflexe et je pense, qu’en plus, le temps de réalisation de processus plus purement mentaux devrait être mesuré. Plusieurs de ces processus sont inclus dans la seconde série; pour la série présente je suggère le temps nécessaire pour voir et dénommer une couleur. Ce temps peut facilement être mesuré pour une couleur unique au moyen d’appareils appropriés (voir Mind N° 42), mais pour une utilisation générale une précision suffisante peut être atteinte en permettant au sujet de dénommer dix couleurs et en prenant la moyenne. Je colle des papiers colorés (rouge, jaune, vert et bleu) de 2 cm2, 1 cm de côté, verticalement sur une bande de carton noir. Je les découvre soudainement et démarre un chronoscope que j’arrête quand les dix couleurs ont été nommées. J’autorise deux essais (l’ordre des couleurs étant différent à chaque fois) et enregistre le temps moyen par couleur à l’essai le plus rapide.

    VIII. Bissection d’une ligne de 50 cm. La précision avec laquelle l’espace et le temps sont jugés peuvent être facilement testés, et ce avec des résultats intéressants. Je suis Mr Galton en laissant le sujet diviser une règle d’ébonite (3 cm de largeur) en deux parties égales à l’aide d’une ligne mobile, mas je recommande 50 cm plutôt que 1 pied car avec ce dernier l’erreur est si petite qu’elle est difficile à mesurer et le système métrique semble préférable. L’erreur en mm (la distance au centre exact) doit être enregistrée et si elle est sur la droite ou sur la gauche. Un essai semblerait être suffisant.

    IX. Jugement d’une durée de 10 s. Cette évaluation est facile à réaliser. Je donne un premier coup sur la table avec l’extrémité d’un stylo puis un autre après 10 secondes, et je laisse le sujet en retour donner un coup quand il juge qu’un intervalle identique s’est écoulé. Je n’autorise qu’un seul essai et enregistre le temps, à partir duquel la valeur de l’erreur et sa direction peuvent être déterminés.

    X. Nombre de lettres reproduites après une présentation. La mémoire et l’attention peuvent être testées en déterminant combien de lettres peuvent répétées après une seule présentation. Je nomme distinctement six lettres à la cadence de deux par secondes, et si le sujet peut les répéter après moi je passe à 7, puis 8 etc. ; si les six ne sont pas répétées correctement après trois essais (avec des lettres différentes), j’en donne cinq, quatre, etc. Le nombre maximum de lettres pouvant être saisies et mémorisées est alors déterminé. Seules des consonnes doivent être utilisées afin d’éviter les syllabes. .

    La psychologie expérimentale va probablement prendre place dans le programme éducatif de nos écoles et universités. Elle enseigne une observation exacte et un raisonnement correct de la même manière que les autres sciences naturelles, et offre un stock de connaissances intéressantes et utiles à chacun. Je prépare actuellement un manuel de laboratoire qui inclura des tests des sens et des mesures du temps mental, intensité et extensité, mais il me semble utile de donner ici une liste des tests que je considère comme les plus importants afin qu’une attention leur soit portée, et qu’une coopération soit assurée dans le choix des meilleures séries de tests et des méthodes les plus exactes et les plus pratiques. Dans les séries qui suivent, cinquante tests sont proposés, mais certains d’entre eux incluent plus d’une mesure.


    Vue

    1. Accommodation (myopie, presbytie, astigmatisme).
    2. Dessin des figures de Purkinje et tache aveugle.
    3. Finesse de la vision des couleurs, incluant le rouge le plus bas et le violet le plus haut qui soient visibles.
    4. Mesure du champ de vision pour la forme et la couleur.
    5. Mesure de ce que les sujets estiment être un rouge, jaune, vert et bleu normaux.
    6. Plus petite lumière visible et plus petite quantité de couleur distinguée du gris.
    7. Plus petite différence perceptible en intensité, déterminée pour des stimuli de trois degrés de luminosité.
    8. Le temps durant lequel une couleur doit être dirigée sur la rétine pour produire une sensation, la sensation maximale et un degré donné de fatigue.
    9. Nature et durée des images persistantes.
    10. Mesure de la quantité de contraste.
    11. Précision avec laquelle la distance peut être évaluée avec un et avec deux yeux.
    12. Test avec stéréoscope et résistance des deux champs de vision.
    13. Erreurs de perception, incluant la bissection d’une ligne, le dessin d’un carré, etc.
    14. Couleur et arrangement des couleurs préférées. Forme de la figure et du rectangle préférés.


    Audition

    15. Plus faible son perceptible et seuil différentiel d’intensité pour des sons de trois forces.
    16. Tonalité audible la plus haute et la plus basse, plus petite différence de hauteur pour C, C’, C’’, et point auquel les intervalles et les accords (en mélodie et en harmonie) sont juste perçus comme étant faux.
    17. Jugement de hauteur absolue et de la nature des intervalles, accords et désaccords.
    18. Nombre et nature des harmoniques pouvant être entendus avec et sans résonateur.
    19. Précision avec laquelle la direction et la distance de sons peut jugée.
    20. Précision avec laquelle un rythme peut être suivi et avec laquelle la complexité d’un rythme peut être saisie.
    21. Point auquel l’intensité et l’aigü d’un son deviennent douloureux. Points auxquels les tempi sont les plus désagréables.
    22. Son de nature la plus agréable. Tonalité musicale, accord, instrument et composition préférés.


    Goût et odorat

    23. Plus petite quantité perceptible de sucre canne, quinine, sel de cuisine et acide sulfurique, et détermination des parties de la bouche avec lesquelles ils sont goûtés.
    24. Plus petite quantité perceptible de camphre et de brome.
    25. Goûts et odeurs jugées comme particulièrement agréables et désagréables.


    Toucher et température

    26. Plus petite pression notable pour différentes parties du corps.
    27. Seuil différentiel de pression, avec des poids de 10, 100 et 1000 mg.
    28. Mesure de zones sensitives dans différentes parties du corps.
    29. Précision avec laquelle peuvent être jugées l’amplitude et la direction du mouvement d’un point sur la peau.
    30. Seuil différentiel de température.
    31. Détermination de la chaleur, du froid et de points de pression sur la peau.
    32. Point auquel la pression, la chaleur et le froid provoquent une douleur.


     

    Sensation d’effort et de mouvement5555

    33. Seuil différentiel de poids, lors du soulèvement de poids de 10, 100 et 1000 mg.
    34. Force de pression des mains, pression avec le pouce et l’index, et traction de l’archer.
    35. Vitesse maximum et normale du mouvement.
    36. Précision avec laquelle la force, l’amplitude et la vitesse de mouvements actifs et passifs peuvent être jugés.


    Temps mental

    37. Le temps durant lequel des stimuli doivent être présentés à l’oreille et à l’œil pour provoquer des sensations.
    38. Temps de réaction pour le son, la lumière, la pression et des stimulations électriques.
    39. Temps de perception des couleurs, objets, lettres et mots.
    40. Temps de dénomination des couleurs, objets, lettres et mots.
    41. Temps nécessaire pour mémoriser et pour prendre une décision.
    42. Temps d’association mentale.
    43. Effets de l’attention, de l’entraînement et de la fatigue sur le temps mental.


    Intensité mentale

    44. Résultats de différentes méthodes utilisées pour déterminer le seuil différentiel de sensation.
    45. Intensité mentale en fonction du temps mental.


    Extensité mentale

    46. Nombre d’impressions pouvant être perçues simultanément.
    47. Nombre d’impressions successives pouvant être correctement répétées et nombre de fois qu’un plus grand nombre d’impressions successives doivent être entendues ou vues de façon à ce qu’elles soient correctement répétées.
    48. Vitesse à laquelle une sensation simple s’efface de la mémoire.
    49. Précision avec laquelle des intervalles temporels peuvent être mémorisés.
    50. Corrélation entre temps mental, intensité et extensité.

    Notes.

    1- Mr Francis Galton, dans son laboratoire anthropométrique au musée de Kensington sud, utilise déjà certains de ces tests et j’espère que les séries proposées ici rencontreront son approbation. Il est commode de suivre Mr Galton en combinant des tests physiques comme le poids, la taille, la couleur des yeux etc., avec des évaluations psychophysiques et mentales, mais ce sont ces dernières qui font l’objet de la présente discussion. Le nom (ou les initiales) des personnes testées devrait être noté, ainsi que la nationalité (incluant celle des parents), l’âge, le sexe, l’activité et l’état de santé.

    2- La netteté de la vision (incluant la vision des couleurs) et l’audition devraient peut-être être incluses dans la liste. Je les omises car un temps considérable est requis pour être à même de découvrir l’étendue et la nature du déficit (qui est généralement d’ordre physique et non mental), et parce que d’abondantes statistiques ont été publiées et sont collectées par les oculistes et les audiologues. [Voir remarque (b) ci-dessous, p. 140]

    3- Voir remarque (c) ci-dessous, p 140.

    4-Voir remarque (d) ci-dessous, p. 140.

    5- Les sensations organiques et les sensations de mouvement, d’équilibre et de vertige devraient peut-être être incluses dans ces séries.

     

     


    Remarques de Francis Galton, F.R.S.

    a. Nous n’avons fait ici qu’allusion voire complètement ignoré un des objets de mesure les plus importants, objet sur lequel il faudrait insister. Il s’agit d’obtenir une connaissance générale des capacités d’un homme en posant des sondes en certains points critiques. Afin de vérifier les points les plus appropriés ici, les ensembles de mesures devraient être comparés avec une évaluation indépendante des capacités de l’individu. Nous pourrions ainsi savoir quelles mesures sont les plus informatives. Le type d’évaluation auquel je pense et que je propose de noter [ ? pour une utilisation privée] (sic) est quelque chose du type, -- « mobile, plein d’énergie; en bonne forme; doué pour les jeux requérant une bonne vue et une bonne habileté manuelle; sensible; doué en musique et en dessin ». De telles évaluations sont loin d’être sans valeur quand elles sont faites après seulement quelques minutes de discussion; elles devraient être exactes quand elles sont faites sur des étudiants qui ont été observés pendant des mois et des années. J’ai récemment vu un ensemble considérable d’évaluations de ce type, réalisées par un médecin dans un but spécifique. Elles recherchaient de façon singulière et ont saisi avec quelques épithètes bien choisis, une très grande variété de caractères différents. Je n’ai pu parvenir à inciter le médecin à accepter la publication de spécimens de son excellente analyse, ni même de spécimens fantaisistes fictifs. Même ces derniers auraient suffit pour montrer que si les psychologues s’entraînaient sérieusement à l’art de décrire brièvement les caractères, ils pourraient mener cet art à un niveau élevé.
    b. La méthode que j’ai longtemps utilisée pour tester l’acuité visuelle de personnes dont les capacités d’adaptation visuelle sont normales, me semble encore assez efficace. Il s’agit d’enregistrer la plus grande distance à laquelle des chiffres imprimés en caractère de type diamond peuvent être lus. Des bandes de papier découpées au hasard dans une petite feuille complètement imprimée avec ces chiffres sont montées sur des ensemble de blocs à des distances successives du trou de l’œil. Elles peuvent aisément être changées quand elles sont sales. Une lumière claire est requise, mais c’est tout ce qui est nécessaire pour des tests ordinaires.
    c. J’ai construit une machine qui n’est pas encore tout à fait comme je le voudrais, dont la première partie devrait, je crois, grandement faciliter le fonctionnement du chronographe de Hipp. J’ai éprouvé de grandes difficultés à inciter des personnes ordinaires et inexpérimentées à délivrer leurs coups correctement. Elles s’y prenaient mal et donnaient des coups à la machine de façon inappropriée, et souvent la cassaient. Je l’ai donc rendue plus massive, mais ils la cassaient tout de même et se faisaient souvent assez mal en le faisant. Mon idée à présent est de ne leur donner rien d’autre à tenir que l’une des extrémités d’un long fil. L’autre extrémité passe autour d’une roue, comme la cassette dans un magnétophone. La chaîne, quand elle est laissée à elle-même, va retourner à demeure bien plus vite que le coup le plus rapide. Tout ce que fait le sujet est de retarder ce déplacement; l’homme le plus rapide le retardant le moins. La chaîne se déplace en douceur et rapidement en ligne directe entre les deux trous d’œillets. Une perle attachée à cette partie de la chaîne ferait les ruptures de contact électriques nécessaires avec une grande netteté. Le fil a un arrêt pour le retenir quand il est allé assez loin. Ma bobine n’est rien de plus qu’une roue en bois très légère avec une rainure, de quelques 3 pouces de diamètre et avec un axe en cuivre tournant librement entre deux points fixes. Un fil de nylon passe autour de l’axe et est attaché par l’autre bout à une bande de caoutchouc indien. L’autre fil passe dans la direction opposée autour de la roue rainurée puis à travers les trous d’œillet. Le sujet est placé derrière, assez loin de l’appareil. Rien ne peut mieux fonctionner que cette partie de mon nouvel instrument.
    d. J’utilise dorénavant un appareillage très précis, compact et efficace (fait pour moi par Groves, 89 Bolsover Street, Portland Street, w.) qui est un pendule demi seconde, tenu par une retenue à 18° de la verticale. Le coup d’un marteau relâché sur la retenue donne le signal sonore et simultanément laisse le pendule partir. Un fil élastique est fixé au pendule parallèlement à son axe mais environ à 1 pouce ½ de lui. Comme le pendule oscille ce fil voyage entre deux barres; l’une fixe, l’autre pouvant être mobile. La barre fixe est posée horizontalement entre le pendule et le fil et est graduée. La barre mobile pince le fil quand une clef est touchée. Faire ceci constitue la réponse. Le pendule lui-même ne reçoit aucun choc pendant l’action due à l’élasticité du fil. Les graduations sur la barre qui forme la corde d’un arc de 18° de chaque côté de la verticale, sont calculées et publiées dans le Jour. Anthrop. Inst. du début de l’année dernière, 1189 (sic), avec ma description de la première version de l’appareil. J’en ai montré la version révisée à la British Association l’automne dernier; une description brève en paraîtra dans leur journal. L’appareil est aussi conçu pour des signaux visuels. Il est également conçu pour mesurer la rapidité avec laquelle n’importe quelle action peut être réalisée. Le sujet touche une clef qui libère le pendule, puis il réalise l’action, finalement il touche une seconde clef, ce qui conduit au pincement du fil.

     

     

     

     

     

    Source

    Date de création : 2012-04-01 | Date de modification : 2012-04-01

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