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    Dossier: Protection des personnes inaptes

    La protection des personnes inaptes au Canada

    Usually a relative or close acquaintance is appointed as guardian however sometimes there is no one available, willing or appropriate for the task. To fill the vacuum, states devised a public substitute decision making service. The first public guardian office was established in New Zealand in 1873. The novel concept, also called the Public Trustee or the Public Curator, rapidly spread to most developed countries. In Canada, the first public guardian office was established in Ontario in 1919 and gradually was adopted by all provinces.

    Source : PUBLIC GUARDIANS: A DOUBLE-EDGED SWORD


    Point de vue critique

    D. Public Guardianship in the Rest of Canada
    We have seen that elder abuse by the public guardian is a persistent phenomenon in Quebec, but is this an aberration reflective of conditions specific to that province or is it replicated elsewhere?

    In Ontario, unpublicized and largely unnoticed, the Attorney General’s in-house audits in 1986 and 1989 detected serious flaws within the Public Trustee division. An inkling of brewing problems first emerged publicly in 1988. In his annual report, the Auditor General having noted administrative errors and poor servicing of clients’ files by the Public Trustee, understatedly suggested “improved administration was required”. Yet, little changed. In 1992 when the Public Trustee was managing the property of 17,000 mentally incompetent persons, of 175 files examined at random by the Auditor General, 55% revealed deficiencies.

    What was previously hinted at became clear not long after. In his 1999 annual report the Auditor General addressed in greater depth the status of Public Trustee services painting a disastrous picture rivaling the catastrophe in Quebec.

    Shifting to British Columbia, as a foretaste, the Auditor General brought to light poor management by the Public Trustee over the property of incompetent wards in 1984-5. By the following year, shortcomings had still not been remedied.

    Moreover, reports on two institutions where significant numbers of wards resided commented incidentally on the Public Trustee. The principal psychiatric facility, Riverview Hospital, was the object of scrutiny by the provincial Ombudsman. There, in mid-1993, the Public Trustee represented 171 patients, many in the Geriatric Psychiatry Program. After remarking that: “Since it (guardianship) involves the formal removal of decision-making authority from an adult, it can be a source of abuse and needs adequate monitoring”, the Ombudsman was concerned that despite few private individuals having become guardian of their relative at Riverview, the Public Trustee had not sought to become guardian of person, except in unusual circumstances. Decidedly, wards’ needs had been neglected.

    An administrative review completed in August 2001 examined patients’ files between 1975 and 1992 at Woodlands School, a custodial facility which housed adults and minors with mental disabilities, as many as 1,000 in 1975, until being closed in 1996. Although the commissioner noted that not only conditions made it easy for mistreatment to happen but confirmed actual instances of abuse, the Public Trustee was never mentioned as having acted on behalf of its wards. Misconduct evident to the inquiry had never been seen by the Public Trustee all those years.

    E. Federal Guardianship
    Under the Canadian federal system, guardianship is generally a provincial concern. Nevertheless, at least two federal agencies administer affairs of special classes of incapable people. Indian Affairs acts in a guardianship role over mentally incompetent natives. We do not have information on the number administered by the Department of Indian Affairs nor the quality of service in looking after their affairs specifically, however the department dispensed the same trust services for the management of unclaimed estates of deceased Indians and the property of native minors. The Auditor General of Canada in 1986 ascertained significant mismanagement of trust property belonging to those clients.

    In addition, a number of disabled aging military personnel are cared for in veterans’ hospitals over whom guardianship powers are exercised by Veterans Affairs Canada. A 1995 internal audit found serious mistreatment not only of wards’ property but of the person also. One such failing was the basis of a class action suit launched in 1998 on behalf of an aged veteran. Between 1916 and 1990, funds of hospitalised incapable veterans were kept in the government’s Consolidated Revenue Fund without bearing interest. After a 1986 report of the Auditor General warned the government could be liable, legislation was passed in 1990 prohibiting anyone from suing it for any failure to have invested these funds. On October 11, 2000, the Ontario Superior Court invalidated the law because it violated the Canadian Bill of Rights and ruled that the Crown’s failure to have invested the funds constituted a breach of its fiduciary duty to its wards making it liable for lost income. The decision, confirmed in appeal, is presently pending before the Supreme Court of Canada.

    Source : PUBLIC GUARDIANS: A DOUBLE-EDGED SWORD



    ONTARIO

    1. Les usagers

    La protection juridique s’adresse, comme au Québec, à certaines catégories de majeurs
    inaptes et de mineurs.

    1.1 Les mineurs

    L’âge de la majorité est fixé à 18 ans, si bien que sont mineures toutes les personnes qui
    n’ont pas 18 ans révolus.

    Seuls sont placés sous protection les mineurs qui disposent de biens à leur nom, à la suite
    d’un héritage, d’une indemnisation ou d’un gain, de même que les mineurs dont les parents
    sont décédés ou ont été déchus de leurs droits parentaux.

    1.2 Les majeurs inaptes

    La loi ontarienne définit l’incapacité mentale comme l’impossibilité pour une personne de
    comprendre les renseignements pertinents à une décision ou de mesurer les conséquences de
    sa décision.

    L’évaluation est tournée vers l’objet de la décision. Ce qui est évalué, c’est toujours
    l’aptitude à décider de quelque chose : relativement à ses biens, à sa personne, à
    l’hébergement, etc. Le mode d’évaluation de l’incapacité varie donc suivant les
    circonstances.

    Dans certains cas, essentiellement pour l’ouverture d’une tutelle ou pour l’entrée en vigueur
    d’une procuration perpétuelle si le mandant l’exige, la mesure de la capacité du majeur à
    prendre certaines décisions est confiée à des évaluateurs qualifiés : ce sont des professionnels
    de la santé admissibles, qui ont reçu la formation requise du Bureau de l’évaluation de la
    capacité et qui sont inscrits au registre des évaluateurs.

    Les patients hospitalisés dans les établissements psychiatriques sont examinés par leur
    médecin traitant pour évaluer leur capacité de gérer leurs biens.

    Pour le consentement aux soins de santé, il appartient au professionnel de la santé qui
    propose le traitement de décider si le majeur est capable de donner ou de refuser son
    consentement. Et cette capacité n’est pas nécessairement la même d’un traitement à l’autre ni
    d’un moment à l’autre.

    Pour l’admission à un établissement de soins de longue durée (CHSLD), la loi exige que
    l’évaluation de la capacité soit faite par des « appréciateurs », dont la fonction est réservée
    aux professions de la santé et des services sociaux.

    Le majeur a le droit de refuser l’évaluation de sa capacité; pour passer outre à son opposition,
    il faut une ordonnance du tribunal. Le majeur peut aussi contester la déclaration d’incapacité
    en s’adressant à la Commission du consentement et de la capacité.

    2. L’organisation des services

    2.1 Le dispositif institutionnel

    Le système de protection juridique en Ontario repose sur plusieurs institutions : le Bureau de
    l’évaluation de la capacité, la Commission du consentement et de la capacité, le Bureau du
    tuteur et curateur public, le Bureau de l’avocat des enfants, les tribunaux, le Comptable de la
    Cour supérieure de justice et le réseau de la santé.

    Le Bureau de l’évaluation de la capacité

    Le Bureau de l’évaluation de la capacité est chargé de former les évaluateurs, de maintenir à
    jour un registre des évaluateurs qualifiés, d’élaborer les directives d’évaluation et d’offrir un
    soutien financier aux personnes qui ne peuvent pas assumer la totalité des frais d’évaluation.

    Les professionnels de la santé admissibles à la formation offerte par le Bureau de l’évaluation
    de la capacité sont les suivants : médecins, infirmières, psychologues, travailleurs sociaux et
    ergothérapeutes.

    Les évaluateurs de la capacité sont indépendants, ils ne relèvent pas du gouvernement.


    La Commission du consentement et de la capacité

    La Commission du consentement et de la capacité est une institution indépendante nommée
    par le gouvernement ontarien pour réviser les déclarations d’incapacité et autres questions
    afférentes. Elle tient des audiences en vertu de la Loi sur la santé mentale, de la Loi sur le
    consentement aux soins de santé et de la Loi sur la prise de décisions au nom d'autrui,
    notamment sur les questions suivantes :

    • Révision de la capacité de consentir à un traitement et révision du besoin
    d’hospitalisation ou de services d'aide personnelle. Examen de la nomination d'un
    représentant pour prendre l’une ou l’autre de ces décisions au nom d’un incapable.

    • Examen du respect des règles de la décision au nom d'autrui par une personne nommée à
    cette fin.

    • Révision du statut de malade en cure obligatoire et révision d'une déclaration d'incapacité
    de gestion des biens.

    • Révision d'une déclaration d'incompétence pour l’accès à ses dossiers cliniques ou pour
    permettre à d'autres l’accès aux dossiers cliniques. Examen de la nomination d'un
    représentant pour l’une ou l’autre de ces démarches.

    • Révision d'une constatation de tutelle légale aux biens.

    Le Bureau du tuteur et curateur public (BTCP)

    Le Bureau du tuteur et curateur public fait partie de la Division des services de justice à la
    famille du ministère du Procureur général de l'Ontario. Il est nommé par le
    lieutenant-gouverneur en conseil et doit être un avocat membre du barreau de l’Ontario
    depuis au moins dix ans. Il gère un effectif de 300 employés, répartis dans six bureaux
    à Toronto, Ottawa, Hamilton, London, Sudbury et Thunder Bay.

    Le Bureau du tuteur et curateur public assume de nombreuses fonctions, dont les suivantes :

    • nomination de particuliers à la fonction de tuteur légal aux biens;
    • enquête sur les allégations de mauvais traitements graves ou de négligence à l’endroit des
    incapables et sur des situations où un majeur présumé inapte subit ou risque de subir un
    grave préjudice;
    • action de dernier recours dans les décisions relatives aux traitements médicaux et soins
    connexes pour les incapables, en vertu de la Loi sur le consentement aux soins de santé;
    • tenue d'un registre des tutelles aux biens ou au soin de la personne.

    Le tribunal peut aussi nommer le tuteur et curateur public comme tuteur d'un incapable,
    uniquement quand aucune autre personne ne peut assumer cette responsabilité.

    Le Bureau de l’avocat des enfants

    Le Bureau de l’avocat des enfants prend en charge la protection des mineurs en Ontario.
    C’est un service juridique du ministère du Procureur général, dont le rôle est d'appliquer des
    programmes d'administration de la justice au nom des mineurs, pour protéger leurs droits
    personnels et leurs droits réels. Le rapport annuel de gestion indique que
    8 684 mineurs lui ont été ainsi confiés en 2000-2001.

    Les avocats du Bureau représentent les enfants dans divers domaines du droit, notamment
    dans les litiges se rapportant aux droits de garde ou de visite, les instances en matière de
    protection de l'enfance, les affaires successorales et les procès civils. Des travailleurs sociaux
    préparent des rapports pour le tribunal dans les instances se rapportant aux droits de garde ou
    de visite et aident parfois les avocats qui représentent des enfants dans les affaires de ce
    genre.

    Dans les affaires civiles, les mineurs (personnes âgées de moins de 18 ans) ne peuvent en
    leur propre nom comparaître dans une action en justice comme demandeur ou défendeur.
    Il faut la nomination d'un tuteur à l'instance. Un tuteur à l'instance est une personne qui prend
    les décisions au nom d'un mineur dans une procédure judiciaire. Le tribunal peut ordonner à
    l'Avocat des enfants d'exercer les fonctions de tuteur à l'instance pour un enfant dans les cas
    où aucun parent, tuteur ou autre adulte n'est disposé et apte à faire valoir les intérêts de
    l'enfant. Il s'agit le plus souvent d'actions en dommages-intérêts.

    Le Bureau de l'avocat des enfants examine aussi les règlements proposés qui lui sont soumis
    par le tribunal dans les affaires intéressant des mineurs. L'Avocat des enfants évalue si le
    règlement proposé est conforme aux intérêts de l'enfant et présente un rapport au tribunal.

    Il faut signifier à l'Avocat des enfants la demande de nomination d'un tuteur aux biens du
    mineur en vertu de la Loi portant réforme du droit de l'enfance.

    Les tribunaux

    Les tribunaux interviennent dans l’ouverture de certains régimes de protection du majeur
    seulement, ainsi que pour des ordonnances de consentement aux soins. En revanche, ils
    veillent directement à la protection des biens des mineurs. Ce sont :

    • la Cour de la famille, qui relève de la Cour supérieure de justice;
    • la Cour supérieure de justice;
    • la Cour de justice de l'Ontario.

    Dans les régions de l’Ontario où il n’existe pas de Cour de la famille relevant de la Cour
    supérieure de justice, la compétence concernant les différends en matière familiale est divisée
    entre la Cour supérieure de justice et la Cour de justice de l’Ontario. Les causes relatives au
    divorce ou à une demande portant sur des biens sont portées exclusivement devant la Cour
    supérieure, alors que les causes portant sur la protection de l’enfance et l’adoption ne peuvent
    être introduites que devant la Cour de justice de l’Ontario. Chacun de ces deux tribunaux a
    compétence pour entendre les causes portant sur les aliments à verser aux enfants et au
    conjoint, ainsi que sur les demandes touchant la garde et le droit de visite.

    Dans les régions où a été établie une Cour de la famille relevant de la Cour supérieure de
    justice, il n’y a pas de division de compétence en matière de droit familial. La Cour de la
    famille exerce une compétence exclusive et complète sur toutes les questions juridiques et
    tous les différends reliés à la famille. En outre, en tant que cour unifiée de la famille, elle
    favorise le traitement intégré de tous les problèmes familiaux grâce à divers services, tels la
    médiation, les ressources, l’information et les services juridiques, qui sont offerts à chaque
    tribunal de la Cour de la famille.

    Le Comptable de la Cour supérieure de justice

    Le Comptable est le dépositaire des sommes d’argent, hypothèques et valeurs mobilières
    consignées auprès de la Cour supérieure de justice de l’Ontario. Il détient ces biens pour les
    mineurs jusqu’au moment où ceux-ci deviennent admissibles à les recevoir, soit à leur
    majorité ou selon d’autres conditions prévues par la loi ou une ordonnance judiciaire.

    Le Comptable peut toutefois, sur ordonnance du tribunal, effectuer des paiements aux enfants
    avant l’âge de 18 ans.

    Le réseau de la santé

    Le réseau de la santé, qui fournit aux majeurs inaptes les soins requis, procède aussi à
    l’évaluation de la capacité suivant la législation en vigueur à cet égard. À la différence du
    Québec, les professionnels de la santé habilités à évaluer la capacité ne sont pas limités aux
    médecins, mais en contrepartie ils ont tous suivi la formation ad hoc exigée des évaluateurs
    en titre. Leur responsabilité est de surcroît plus lourde, puisque l’évaluation donne lieu à un
    certificat d’incapacité qui suffit souvent à ouvrir un régime privatif de droits.


    2.2 Le cadre juridique : les principes généraux

    En Ontario, la protection des majeurs inaptes et des mineurs relève de la Common Law.

    Elle est régie par de nombreuses lois dont les principales sont : la Loi sur le tuteur et curateur
    public, la Loi sur la prise de décisions au nom d’autrui, la Loi sur le consentement aux soins
    de santé, la Loi sur la santé mentale et les règles de procédure civile.

    Comparativement au Québec, certains principes généraux qui en émanent sont
    particulièrement significatifs, notamment :

    • L’autonomie du majeur
    L’autonomie du majeur est une valeur dominante. À la différence du Québec, elle s’exprime
    fortement dans la primauté accordée aux volontés exprimées dans une procuration
    perpétuelle sur toute requête pour nommer un tuteur.

    • La faible judiciarisation des mesures de protection

    La déclaration d’incapacité n’étant pas entièrement judiciarisée, comme au Québec, le rôle
    du tribunal est plus discret.

    Tout citoyen peut faire l’objet d’une intervention du Tuteur et curateur public, soit par
    l’émission d’un certificat d’incapacité, soit pour un consentement substitué aux soins, sans
    qu’un tribunal ne l’ait déclaré inapte. De même la procuration perpétuelle peut prendre effet
    à l’inaptitude du mandant sans homologation par un tribunal.

    La procédure prescrite pour limiter l’exercice des droits d’un citoyen inapte est l’utilisation
    généralisée du certificat d’incapacité, le recours au tribunal n’apparaissant qu’en cas de
    contestation, de tutelle à la personne ou de certaines tutelles aux biens. D’autre part, le
    pendant de la procédure d’homologation du mandat en prévision de l’inaptitude n’existe pas,
    la procuration perpétuelle prenant effet dans des circonstances décrites par la loi.

    Le Québec a renoncé à ces procédés dans la dernière décennie du vingtième siècle afin de
    mieux protéger les personnes inaptes contre l’arbitraire.

    • Les pouvoirs du Tuteur et curateur public auprès des majeurs

    Si le rôle du tribunal est plus effacé, le recours au Tuteur et curateur public, en revanche, est
    plus systématique. Ce dernier peut agir à titre de tuteur ou de curateur, de manière provisoire
    dans certains cas, sans passer par un tribunal.

    Il a même juridiction sur des citoyens qui sont en crise (déclarés inaptes de facto pour fins
    immédiates), ce qui s’éloigne singulièrement des attributions conférées au Curateur public du
    Québec qui ne peut agir sans un jugement du tribunal. A fortiori, il ne peut agir pour des
    personnes qui – quoiqu’en crise – ne sont pas inaptes au sens de l’ouverture d’un régime de
    protection.

    • L’extension de la tutelle aux biens à divers aspects de la personne

    Les obligations découlant de la tutelle aux biens embrasse divers aspects de la personne, si
    bien que ce régime, lorsqu’il est applicable, suffit souvent à protéger le majeur sans ouvrir
    une tutelle à la personne, ce qui rend celle-ci plus rare.

    • Le déplacement des contrôles en amont du processus

    L’administration des tuteurs donne lieu à une surveillance périodique allégée,
    comparativement au Québec, l’accent étant mis plutôt sur les vérifications en amont du
    processus.

    C’est ainsi que le Bureau du tuteur et curateur public examine soigneusement la requête des
    candidats à la charge de tuteurs, en vue de vérifier si ces derniers sont dignes de confiance,
    s’ils se préoccupent du bien-être du majeur incapable et s’il y a tout lieu de croire qu’ils
    géreront ses affaires convenablement. Une fois le tuteur nommé, il exige et valide un plan de
    tutelle dont le tuteur devra ensuite rendre compte.

    3. La protection des majeurs

    Quand le majeur est incapable de prendre des décisions relatives à ses biens, les mesures de
    protection sont :

    • la procuration perpétuelle aux biens (Continuing Power of Attorney);
    • la tutelle légale aux biens (Statutory Property Guardianship);
    • le tuteur aux biens nommé par le tribunal (Guardian of Property appointed by the Court);
    • le fiduciaire aux prestations sociales (Trustee of Government Benefits).

    Si le majeur est incapable de prendre des décisions relatives à sa personne, les mesures de
    protection sont :

    • la procuration relative au soin de la personne (Power of Attorney for personal care);
    • le tuteur à la personne nommé par le tribunal (Guardian appointed by the Court);
    • le tuteur à l’instance (Litigation Guardian).

    3.1 La procuration perpétuelle relative aux biens (Continuing Power of Attorney)

    Il s’agit d’une autorisation écrite dans laquelle le majeur encore apte désigne un ou des
    mandataires pour gérer ses biens même quand il sera devenu inapte. Aucune autre procédure
    n’est nécessaire pour que la procuration entre en vigueur, sauf si le mandant le stipule.

    Le mandant doit préciser les pouvoirs du procureur, à défaut de quoi la loi autorise celui-ci à
    prendre les mêmes décisions de gestion que le mandant, sauf la rédaction d’un testament. Il
    peut aussi exiger du procureur qu’il consulte, avant certaines décisions, une tierce
    partie : membres de la famille, conseillers financiers, etc.

    La responsabilité de procureur comprend des aspects qui touchent à la protection de la
    personne, par exemple : tenir le mandant informé de la situation, solliciter sa participation
    aux décisions, veiller à maintenir ses liens sociaux.

    Le tuteur et curateur public ne peut être nommé procureur aux biens, à moins qu’il n’y
    consente par écrit au préalable.

    Le procureur a le droit de prélever des honoraires sur le patrimoine du mandant, au taux fixé
    par la loi, à moins que le mandant ne les établisse lui-même ou exclue toute rémunération.

    La procuration entre en vigueur sur-le-champ ou à une date ultérieure fixée par le mandant.

    Si le mandant lie l’entrée en vigueur de la procuration à la survenance de son incapacité, il
    peut indiquer comment le procureur constatera cette incapacité et, par exemple, désigner à
    cette fin un proche ou son médecin de famille. S’il n’a rien prévu à cet égard, la procuration
    entre en vigueur quand le procureur est informé de l’incapacité du mandant par un évaluateur
    ou par un certificat d’incapacité délivré en vertu de la Loi sur la santé mentale.

    L’entrée en vigueur immédiate évite cette complication, aucune détermination d’incapacité
    n’étant requise. Le procureur ne prend pas nécessairement des décisions dans l’immédiat,
    mais il est autorisé à le faire si nécessaire. Si la procuration ne prévoit aucune disposition
    relative à son entrée en vigueur, elle est valide immédiatement.

    3.2 La tutelle légale aux biens (Statutory Property Guardianship)

    La tutelle est dite légale quand un tuteur est nommé pour gérer les biens d’un majeur inapte à
    la suite d’un certificat d’incapacité, sans l’ordonnance d’un tribunal.

    C’est le tuteur et curateur public qui est d’abord nommé tuteur légal aux biens, de deux
    façons : par le médecin d’un établissement psychiatrique, si le majeur déclaré inapte est un
    patient de cet établissement; par un évaluateur de l’incapacité dans toute autre circonstance.
    Le majeur a le droit de réclamer une révision de son évaluation auprès de la Commission du
    consentement et de la capacité.

    Quand le tuteur et curateur public est nommé tuteur légal aux biens, il peut à son tour
    nommer un particulier qui demande à lui reprendre la tutelle. Les personnes admissibles
    sont : le conjoint, le partenaire, le parent, le procureur constitué en vertu d’une procuration
    donnée avant l’incapacité et n’accordant pas l’autorité sur tous les biens ainsi que, dans
    certaines circonstances, la société de fiducie du majeur inapte. Le tuteur légal privé ne peut
    être nommé que par le tuteur et curateur public.

    La tutelle légale n’est ouverte que si le majeur n’a pas de procuration perpétuelle complète
    relative à ses biens, auquel cas c’est celle-ci qui prévaut. Les pouvoirs du procureur et du
    tuteur légal sont essentiellement les mêmes. Le tuteur légal proposé doit cependant présenter
    un plan de gestion détaillé démontrant que les revenus, les actifs, les dépenses et les dettes
    seront gérés de manière prudente et raisonnable.

    La nomination du tuteur légal privé est souvent soumise à certaines conditions, notamment
    que le candidat fournisse un cautionnement, c’est-à-dire une assurance spéciale qui équivaut
    à une sûreté. De même, le tuteur légal privé peut être tenu de rendre des comptes au tribunal.
    La responsabilité du tuteur légal aux biens, comme celle du procureur, comporte par ailleurs
    une dimension personnelle importante.

    Il n’existe pas de tuteur légal au soin de la personne, la tutelle à la personne relevant
    exclusivement du tribunal.

    3.3 Le tuteur aux biens désigné par le tribunal (Guardian of Property appointed by
    the Court)

    Un tuteur aux biens peut être nommé exceptionnellement par le tribunal, dans les situations
    où ni une procuration ni une tutelle légale n’existe ou n’est appropriée : quand une personne
    présumée inapte refuse l’évaluation; quand un requérant qui souhaite remplacer le tuteur et
    curateur public devenu tuteur légal n’est pas une personne admissible; quand il y a un motif
    de croire à une mauvaise gestion du procureur ou du tuteur légal.

    Dans certains cas, les requêtes non contestées ne donnent même pas lieu à une audience du
    tribunal, le juge fondant sa décision sur l’information reçue par écrit.

    Sauf exception, les personnes qui fournissent des soins de santé, des services sociaux, des
    services en établissement, des services de formation ou des services de soutien à l’incapable
    contre rémunération ne peuvent être nommées tuteurs aux biens.

    Le tuteur aux biens doit présenter au tribunal un plan de gestion et, s’il y a lieu, fournir un
    cautionnement. Ses responsabilités sont les mêmes que celles du procureur ou du tuteur légal
    aux biens et comportent également une dimension personnelle.

    Le tuteur et curateur public peut être nommé tuteur aux biens en dernier recours, lorsque
    personne d’autre ne se présente. Le tribunal peut aussi le nommer tuteur aux biens
    temporaire, pour une période de 90 jours, lorsque le majeur est dans une situation d’urgence.

    3.4 Le fiduciaire aux prestations sociales (Trustee of Governement Benefits)

    Le fiduciaire aux prestations sociales est nommé par les gestionnaires de programmes
    sociaux pour gérer les prestations versées au majeur inapte.

    Les programmes concernés sont notamment :

    • le Programme ontarien de soutien aux personnes handicapées;
    • la Sécurité de la vieillesse;
    • le Régime de pensions du Canada.

    Cette option n’est valide que si le majeur n’a pas d’autres sources de revenu. Un membre de
    la famille ou un ami fiable peut demander à agir à ce titre.

    3.5 La procuration relative au soin de la personne (Power of Attorney for personal
    care)

    Une procuration relative au soin de la personne est un document juridique par lequel une
    personne capable autorise un mandataire à prendre en son nom des décisions relatives au soin
    de sa personne quand il sera devenu incapable. Le mandant doit signer la procuration avant
    de devenir incapable et la procuration prend effet quand survient l’incapacité.

    Le mandant peut signer une procuration spéciale, dite «contrat d’Ulysse», relative au soin de
    la personne, qui autorise d’avance le procureur à ignorer son opposition en période de crise.

    Ne peut pas être nommé procureur quiconque fournit au mandant contre rémunération des
    services médicaux ou des services en établissement, des services sociaux, des services de
    formation, des services d’intervention ou des services de soutien, à moins que le fournisseur
    de ces services ne soit également son conjoint ou un parent.

    Le tuteur et curateur public ne peut pas être nommé procureur à la personne, à moins qu’il
    n’y consente par écrit au préalable.

    Le mandant peut nommer plus d’un procureur, en précisant si la responsabilité est conjointe
    ou séparée. La responsabilité quant au soin de la personne inclut les dimensions
    suivantes : soins de santé, hébergement, sécurité, alimentation, hygiène et habillement.

    Peu importe l’étendue des pouvoirs délégués par la procuration, le procureur pourra prendre à
    la place du mandant les seules décisions que celui-ci n’est plus en mesure de prendre. Si le
    mandant est incapable de décision quant aux soins de santé mais apte à décider de son
    hébergement, il conservera le droit de choisir son hébergement.

    La loi impose certaines limites aux pouvoirs du procureur, afin de protéger le mandant. Le
    procureur ne peut, par exemple, consentir à des électrochocs, à la contention ou à l’isolement
    à des fins de maîtrise du comportement.

    Une fois la procuration relative au soin de la personne signée, aucune autre procédure
    particulière n’est requise pour l’appliquer. Elle entre en vigueur lorsque le procureur a des
    motifs raisonnables de croire que le mandant est inapte, sous réserve de toute autre condition
    stipulée dans la procuration.

    3.6 Le tuteur à la personne nommé par le tribunal (Guardian appointed by the
    Court)

    Un tuteur à la personne peut être nommé par le tribunal pour prendre les décisions touchant
    les soins du majeur. Le tribunal peut déléguer au tuteur toutes les décisions à cet égard ou
    préciser quelles décisions lui seront réservées et quelles décisions seront laissées à la
    discrétion du majeur.

    La procédure est semblable à celle du tuteur aux biens et le tuteur à la personne assume les
    mêmes fonctions que le procureur au soin de la personne, sauf qu’il doit présenter un plan de
    tutelle que le tribunal doit approuver.

    Le tuteur et curateur public peut être nommé tuteur à la personne par le tribunal si cette
    mesure est nécessaire pour protéger le majeur inapte d’un préjudice personnel grave.

    Le tuteur à la personne est toujours nommé par un tribunal, contrairement à la tutelle aux
    biens, où l’intervention du tribunal est l’exception.

    3.7 Le tuteur à l’instance (Litigation Guardian)

    Le tribunal peut désigner le tuteur et curateur public pour agir comme tuteur à l’instance s’il
    juge qu’une partie à un litige ne possède pas la capacité mentale de comprendre la procédure
    et de prendre les décisions requises dans son propre intérêt.

    4. La protection des mineurs

    Le père ou la mère est automatiquement tuteur à la personne de son enfant mineur, mais pas
    nécessairement tuteur aux biens : ce pouvoir doit lui être conféré par la loi, une ordonnance
    du tribunal ou un autre document comme un testament.

    Un mineur dispose de biens à son nom par suite des dispositions suivantes :

    • une ordonnance du tribunal pour dommages-intérêts;
    • le droit de succession (avec ou sans testament);
    • une assurance vie dont il est le bénéficiaire;
    • un REER ou un régime de retraite;
    • d'autres prestations versées en cas de décès ou d'accident.

    Lorsqu’un parent n'est pas autorisé par la loi à recevoir les sommes au nom du mineur, deux
    régimes de protection sont proposés :

    • la tutelle aux biens du mineur;
    • la consignation des biens auprès du tribunal et leur versement au Comptable de la Cour
    supérieure de justice.

    4.1 La tutelle aux biens du mineur

    La Cour supérieure de justice et la Cour de justice de l'Ontario ont compétence pour rendre
    des ordonnances de tutelle aux biens des mineurs. Le tribunal examine l’aptitude du
    requérant à gérer les biens de l'enfant, le bien-fondé du projet de gestion ainsi que les points
    de vue et préférences du mineur quand c’est possible.

    La requête de tutelle doit être signifiée au Bureau de l’avocat des enfants pour qu'il
    représente les intérêts du mineur.

    Le tuteur est chargé de la garde et de la gestion des biens du mineur : il tient un registre des
    placements, reçus et déboursés pour en rendre compte au tribunal sur demande et il agit
    comme fiduciaire conformément au plan de gestion approuvé par le tribunal.

    L'argent ne peut être utilisé pour le soutien financier du mineur, le père et la mère ayant
    l'obligation légale de subvenir aux besoins de l'enfant, sauf avis contraire dans l'ordonnance
    de tutelle.

    Sous réserve d'une ordonnance du tribunal ou d'une entente conclue entre eux, le père ou la
    mère d'un enfant ont le droit légal d'être nommés tuteurs aux biens de l'enfant, et ils sont
    choisis de préférence à tout autre personne.

    Il est possible de nommer plusieurs tuteurs qui sont alors solidairement responsables.
    Lorsqu'il s'agit d'une somme importante, le tribunal peut exiger qu'une société de fiducie ou
    un autre professionnel indépendant agisse à titre de tuteur.

    4.2 La consignation auprès du tribunal et le versement au Comptable de la Cour
    supérieure de justice

    Plutôt que d’ouvrir une tutelle aux biens du mineur, on peut verser l'argent au tribunal en
    déposant un affidavit, si l’argent provient :

    • d'une assurance : l'assureur a l'obligation de déposer l'affidavit et de verser l'argent à
    l'intention du Comptable;
    • d’une succession ou d’une fiducie : l'exécuteur testamentaire, l'administrateur ou le
    fiduciaire a l'obligation de verser l'argent au tribunal à l'intention du comptable.

    Il est possible de verser l’argent à un parent qui héberge le mineur ou qui en a la garde plutôt
    qu’au tribunal lorsque l'argent ou la valeur de la propriété n'excèdent pas 10 000 $ et ne
    proviennent pas d'un jugement ou d'une ordonnance judiciaire.

    Le versement au tribunal présente les avantages suivants :

    • les fonds versés au comptable rapportent des intérêts calculés quotidiennement et
    composés tous les mois;
    • il n'est pas nécessaire de faire une requête en nomination d'un tuteur aux biens de l'enfant,
    avec les frais afférents;
    • il n'est pas nécessaire de déposer un cautionnement, de tenir des comptes ou de décider
    des placements;
    • l'enfant peut recevoir le capital et les intérêts quand il atteint 18 ans (ou plus tard si le
    testament, l'ordonnance ou un autre document l'exige);
    • si des fonds sont requis à l'avantage direct du mineur avant l'âge de 18 ans et que le père,
    la mère ou le fournisseur de soins ne peuvent en assumer la dépense, le Bureau de
    l'avocat des enfants offre une procédure simple de paiement à l'amiable à l'avantage direct
    de l'enfant.

    Les services du Comptable de la Cour supérieure de justice sont tarifés.

    5. Les modes d’intervention du tuteur et curateur public

    Le tuteur et curateur public exerce des fonctions de :

    • Contrôle
    Il examine les demandes de tutelle légale ou de nomination de tuteur par le tribunal et il
    approuve les changements dans les plans de gestion exigés des tuteurs.

    Il peut demander à un juge d’examiner les comptes d’un procureur ou d’un tuteur, de le
    démettre ou de le remplacer.

    • Médiation
    Il peut servir de médiateur en cas de désaccord entre les tuteurs à la personne et aux biens ou
    entre les procureurs aux biens et au soin de la personne, ou entre les procureurs ou tuteurs
    conjoints.

    • Enquête
    Le Bureau du tuteur et curateur public mène des enquêtes sur des situations où une personne
    adulte est présumée mentalement incapable et subit, ou risque de subir, un grave préjudice
    par suite de sa situation.

    Si une enquête confirme le besoin d’une tutelle, et si aucune autre solution ne peut être
    trouvée, il présentera une demande au tribunal pour être nommé tuteur légal pour prendre les
    décisions requises pour protéger la personne. Une grave négligence de soi, la violence
    physique et l’exploitation financière de personnes incapables sont certaines des situations que
    ce service peut aider à régler.

    • Consentement substitué
    Il est également responsable en dernier recours des décisions relatives aux traitements
    médicaux, en vertu de la Loi sur le consentement aux soins de santé.

    6. Le financement du système

    Plusieurs services associés à la protection des majeurs inaptes sont aux frais des demandeurs.

    6.1 L’évaluation de la capacité

    Les évaluateurs de la capacité établissent leurs propres tarifs horaires qui peuvent varier de
    50 $ à 160 $, bien que certains évaluateurs fixent des tarifs plus élevés en raison de leur
    compétence dans un domaine spécialisé.

    La personne qui demande l’évaluation en paie les frais. Si elle est tuteur aux biens, elle peut
    se faire rembourser par prélèvement sur le patrimoine.

    6.2 La procuration perpétuelle relative aux biens

    Si la procuration ne dit rien sur la rémunération du procureur, celui-ci a droit au tarif fixé par
    la loi pour les tuteurs aux biens, soit :

    • 3 % de toutes les sommes reçues au nom du mandant;
    • 3 % de toutes les sommes payées au nom du mandant;
    • 3/5 de 1 % de la valeur moyenne annuelle de l’actif du mandant.

    6.3 La tutelle aux biens du majeur

    La tarification tient compte de la situation financière du majeur :

    • Les majeurs qui ont peu de ressources paient des droits minimes, qui ne dépassent jamais
    la valeur de l’intérêt que rapporte le compte placé en fiducie auprès du tuteur et curateur
    public.

    • Les majeurs qui en ont les moyens paient les droits que prévoit la loi pour tous les tuteurs
    aux biens (voir ci-dessus, au point 6.2). Les droits relatifs aux services juridiques, à la
    gestion des biens, au dépôt de la déclaration de revenu et aux débours sont facturés selon
    le barème du marché.

    • Les frais judiciaires reliés à l’ouverture du régime sont payés par prélèvement sur le
    patrimoine du majeur.

    6.4 La consignation des biens auprès du tribunal pour enfants

    Il n'y a pas de droits à payer pour le dépôt au tribunal. Des honoraires mensuels de 3 % sont
    prélevés sur le revenu des placements portés au crédit du compte du mineur et sur tous les
    paiements à l'amiable; plus 3/5 de 1 % par an de la valeur moyenne du fonds en gestion.

    7. Problèmes et réformes

    Après de nombreuses années d'études et de consultations publiques, l'Assemblée législative
    de l'Ontario a adopté unanimement la Loi sur la prise de décisions au nom d'autrui en
    décembre 1992. Cette loi est entrée en vigueur le 3 avril 1995.

    Des amendements à la Loi ont pris effet le 29 mars 1996, en même temps qu’était
    promulguée la Loi de 1995 modifiant des lois concernant l'intervention, le consentement et la
    prise de décisions au nom d'autrui. Cette loi abrogeait la Loi sur l'intervention et remplaçait
    la Loi sur le consentement au traitement par la Loi sur le consentement aux soins de santé.

    La Loi sur le consentement aux soins de santé englobe les décisions relatives au traitement, à
    l'admission dans un établissement de soins de longue durée et aux services d'assistance
    personnelle aux personnes hébergées dans ces établissements.

    Décider au nom d’autrui

    La Loi sur la prise de décisions au nom d'autrui régit les situations où une personne n'est pas
    mentalement capable de prendre des décisions concernant ses biens, ou encore le soin de sa
    personne qui comprend les soins de santé, l'alimentation, l'hébergement et la sécurité.

    Avant l'adoption de cette loi, la législation ontarienne traitait principalement des biens de
    l'incapable : elle s’étend maintenant au soin de la personne. On peut désormais, comme
    c’était déjà le cas pour les le patrimoine d’un majeur inapte, désigner quelqu'un par
    procuration pour voir au soin de sa personne. La loi établit également le processus de
    nomination d'un tuteur et définit ses fonctions.

    Elle harmonise en outre les règles et les procédures naguère disséminées dans plusieurs lois
    et règlements. Les vieilles lois étaient vagues ou muettes, notamment à propos de la
    définition de l'incapacité ou des fonctions des procureurs : la nouvelle loi comprend des
    définitions et des directives précises. De façon générale, elle harmonise la législation avec les
    courants de pensée actuels en matière de protection des droits individuels.

    Le Bureau du tuteur et curateur public administre l'application de la loi. Le Bureau exerce
    plusieurs fonctions, notamment la fonction d’enquête sur les allégations de mauvais
    traitements graves ou de négligence envers les incapables. Il agit parfois à titre de tuteur de
    l'incapable, mais ne le fait que si personne d'autre ne peut agir à ce titre.

    Consentir aux soins de santé

    La Loi sur le consentement aux soins de santé confirme les droits des personnes capables de
    prendre des décisions éclairées quant à leurs soins de santé. Elle établit les éléments du
    consentement aux soins de santé et s'applique aux traitements fournis par des professionnels
    de la santé.

    Dans le même esprit, elle fixe la façon d'obtenir d'un mandataire, par exemple un membre de
    la famille, une décision relative aux soins de santé d'une personne incapable de donner son
    propre consentement. Cela inclut les décisions relatives aux traitements médicaux, à
    l'admission dans un établissement de santé et aux services offerts dans ces établissements.

    Parfois, un mandataire officiel, procureur ou tuteur, est déjà en fonction : il est alors autorisé
    à prendre les décisions relatives aux soins de santé avant toute autre personne.



    COLOMBIE-BRITANNIQUE

    1. Les usagers

    Le système de protection de la Colombie-Britannique s’adresse, comme au Québec, aux
    majeurs incapables et aux mineurs.

    1.1 Les mineurs

    L’âge de la majorité est fixé à 19 ans, si bien que sont mineures toutes les personnes qui
    n’ont pas 19 ans révolus.

    Seuls sont placés sous protection les mineurs qui disposent de biens à leur nom, par suite de
    circonstances ou de dispositions semblables à celles de l’Ontario.

    1.2 Les majeurs inaptes

    Les documents définissent l’inaptitude comme l’incapacité à administrer ses biens ou à
    prendre soin de soi-même. Mais contrairement aux autres provinces, le majeur est totalement
    apte ou totalement inapte et, s’il est déclaré inapte, il perd tous les droits relatifs à
    l’administration de ses biens ou au soin de sa personne. L’évaluation de l’inaptitude varie
    suivant la mesure de protection.

    Dans les procurations, si le mandant veut que l’entrée en vigueur se fasse au moment où il
    deviendra inapte, il doit préciser comment l’inaptitude sera déclarée. Il peut décider qu’un
    médecin produira un certificat d’inaptitude, qu’un juge prononcera un jugement le déclarant
    inapte ou simplement qu’un témoin attestera son inaptitude. Il peut également décrire les
    symptômes qui serviront à établir l’inaptitude.

    Dans la curatelle privée, le processus de déclaration de l’inaptitude est de nature judiciaire :
    un avocat doit déposer la déclaration solennelle de deux médecins constatant l’inaptitude du
    majeur et précisant la nature de ses besoins (protection des biens ou de la personne). Par la
    suite, le tribunal nomme un curateur à la personne ou aux biens.

    Dans la curatelle publique, la déclaration d’inaptitude nécessite également l’évaluation d’un
    médecin, avec ou sans l’aval du tribunal. Le tuteur et curateur public est nommé curateur en
    vertu d’un certificat d’incapacité émis par le directeur d’un hôpital psychiatrique ou d’un
    service psychiatrique ou en vertu d’un jugement de la Cour suprême de la Colombie-
    Britannique suivant une déclaration solennelle de deux médecins qui certifient l’inaptitude du
    majeur.

    Pour nommer un fiduciaire aux prestations de retraite, un certificat médical est exigé,
    indiquant que la personne a besoin d’aide pour gérer ses prestations.

    2. L’organisation des services de protection

    2.1 Le dispositif institutionnel

    Le système repose sur trois institutions : le tuteur et curateur public, les tribunaux et le réseau
    de la santé.

    Le tuteur et curateur public

    Le tuteur et curateur public de la Colombie-Britannique est une personne nommée par le
    gouvernement pour un mandat de six ans. Il a été institué en 1963 pour protéger les droits et
    les biens des majeurs incapables et des mineurs, de même que pour administrer les
    successions vacantes.

    Le tuteur et curateur public est à la fois officier public et officier de justice. Dans certaines
    circonstances définies dans sa loi constitutive, il exerce, en effet, des fonctions quasi
    judiciaires.

    Il administre en fiducie le patrimoine des mineurs, sur ordonnance du tribunal ou dans les
    situations prévues par la loi.

    Les tribunaux

    La Cour suprême de la Colombie-Britannique peut déclarer l’incapacité d’un majeur,
    émettre une ordonnance de consentement aux soins et nommer un curateur aux biens ou à la
    personne. Seule la Cour suprême peut nommer un curateur à la personne.

    Le réseau de la santé

    Le réseau de la santé, qui fournit aux majeurs inaptes les soins requis, évalue la capacité des
    majeurs selon des exigences médianes : l’évaluation est réservée aux médecins, comme au
    Québec, mais il faut généralement deux médecins pour attester l’inaptitude; elle donne lieu à
    un certificat d’incapacité, comme en Ontario, mais ce certificat doit transiter le plus souvent
    par la Cour suprême pour qu’un régime soit ouvert.

    2.2 Le cadre juridique : les principes généraux

    Le cadre juridique de la Colombie-Britannique est d’abord celui de la Common Law.

    Le tuteur et curateur public est régi par une quinzaine de lois qui définissent les régimes de
    protection et le consentement substitué : Adult Guardianship Act, Child, Family &
    Community Service Act , Estate Administration Act, Estates of Missing Persons Act, Family
    Relations Act, Health Care (Consent) Care Facility (Admission) Act, Infants Act, Insurance
    Act, Insurance (Motor Vehicle) Act, Patients Property Act, Power of Attorney Act, Public
    Guardian and Trustee Act, Representation Agreement Act, Trust and Settlement Variation
    Act, Wills Variation Act.

    Une réforme législative est en cours, touchant le consentement aux soins, de même que les
    procurations et les conventions de représentation.

    Parmi les principes généraux qui émanent de ce cadre législatif, les plus significatifs sont les
    suivants :

    • L’autonomie du majeur

    La tendance est à laisser le plus de latitude possible au majeur au moyen de mesures
    préventives quand il est encore apte et à favoriser d’abord les modes de protection les moins
    privatifs de droits.

    • La moindre judiciarisation des mesures de protection

    Comme en Ontario, les tribunaux ne sont pas la seule source des déclarations d’incapacité,
    les certificats médicaux suffisant à y pourvoir, suivant les circonstances.

    • Les pouvoirs du tuteur et curateur public auprès des mineurs

    En Colombie-Britannique, le tuteur et curateur public joue, dans la gestion des biens des
    mineurs, le rôle dévolu en Ontario au Comptable de la Cour supérieure de justice.

    3. La protection des majeurs

    Il existe cinq régimes ou mesures de protection des majeurs :

    • la procuration perpétuelle (Enduring Power of Attorney);
    • la convention de représentation (Representation Agreement);
    • la curatelle à la personne (Committee of Person);
    • la curatelle aux biens (Committee of Estate);
    • le fiduciaire aux prestations de retraite (Trustee of Government Pension Plan).

    Les deux premières mesures sont en quelque sorte des procurations qui peuvent entrer en
    vigueur au moment choisi par le mandant, qu’il soit alors apte ou inapte. Si le mandant veut
    qu’elles entrent en vigueur au moment où il deviendra inapte, il doit le préciser dans le
    document et décrire le processus de déclaration de l’inaptitude.

    Les trois autres mesures de protection ne peuvent entrer en vigueur que si la personne est
    inapte.

    3.1 La procuration perpétuelle (Enduring Power of Attorney)

    La procuration est un document juridique par lequel une personne délègue à une autre le
    pouvoir de gérer ses biens ainsi que de la représenter dans ses affaires juridiques. La
    protection de la personne et les soins de santé en sont exclus.

    La procuration perd sa validité lorsque la personne devient inapte, à moins qu’une clause de
    perpétuité n’indique le contraire. Cette clause s’appelle « enduring » (perpétuité) et la
    transforme en procuration perpétuelle qui demeure valide même si le mandant devient inapte.

    Une procuration peut être générale ou spéciale. Une procuration générale donne au
    mandataire (ou procureur) le pouvoir de gérer les biens et les affaires juridiques du mandant.
    Il est possible de limiter l’étendue de la procuration en précisant les tâches auxquelles elle
    s’applique ou en précisant la durée de sa validité dans une procuration spéciale.

    Peut être nommée procureur toute personne majeure en mesure de comprendre les
    responsabilités découlant d’une procuration. La plupart des mandants nomment leur conjoint
    ou un membre de la famille. Il est possible de nommer plus d’un procureur, auquel cas il faut
    indiquer s’ils doivent agir conjointement ou séparément. Le mandant peut aussi désigner un
    procureur substitut.

    Pour que la procuration s’applique à la gestion des biens immobiliers, le mandant doit
    remplir une clause en ce sens devant un avocat ou un notaire et celui-ci doit la signer. Cette
    clause n’est valide que pour trois ans, sauf dans une procuration permanente.

    Une société de fiducie ou le tuteur et curateur public peuvent agir comme procureurs. Des
    frais de services sont exigés.

    La procuration entre en vigueur dès la signature, à moins qu’une clause ne précise
    expressément le moment ou la circonstance.

    3.2 La convention (ou le contrat) de représentation (Representation Agreement)

    La convention de représentation est un document juridique qui permet au majeur encore apte
    de désigner au préalable la personne qui s’occupera de ses biens ou de sa personne advenant
    son incapacité.

    La convention générale donne au mandataire le droit de prendre toutes les décisions qui
    s’imposent quant aux soins de santé, au bien-être matériel, aux finances personnelles et aux
    biens immobiliers, à la gestion d’une entreprise et à la représentation juridique.

    La réforme n’étant pas encore complétée, on s’attend que cette mesure soit bientôt réservée à
    la protection de la personne (soins de santé et bien-être matériel), la procuration perpétuelle
    s’appliquant à la gestion des biens et à la représentation juridique.

    Pour la convention générale, la loi prévoit qu’il faut consulter un avocat. Ce dernier doit
    signer un certificat annexé à la convention.

    La convention limitée donne au mandataire le droit de régler la vie quotidienne (routine
    decisions), mais non les décisions de grande conséquence, par exemple vendre ou acheter des
    biens immobiliers, refuser des soins ou des traitements importants. Elle n’exige pas de
    consulter un avocat.

    La majorité des mandataires sont des membres de la famille ou des proches. La loi permet
    toutefois de désigner comme mandataire aux finances personnelles une société de fiducie ou
    une coopérative d’épargne et de crédit du tuteur et curateur public. Les amendements
    législatifs attendus excluront ces organisations des conventions générales.

    Il est possible de choisir plus d’un mandataire. Les décisions sont alors prises à l’unanimité, à
    moins que le mandant ne stipule que les mandataires peuvent agir séparément. Le mandant
    peut aussi nommer un mandataire substitut.

    Une personne peut être désignée pour surveiller le mandataire. La tâche de surveillance
    consiste à rester en contact avec le mandant, à s’assurer que la mandataire s’acquitte
    correctement de ses obligations et à appeler le tuteur et curateur public si des anomalies sont
    observées.

    L’entrée en vigueur de la convention se fait dès le moment où celle-ci est signée par le
    mandant devant témoins. Pour que l’entrée en vigueur soit différée, le mandant doit stipuler
    le moment ou la circonstance. Par exemple, il peut exiger qu’un médecin constate son
    inaptitude à gérer ses biens ou à s’occuper de lui-même.

    Si une procuration perpétuelle est déjà en vigueur quand la convention prend effet, la
    procuration demeure valide. Selon les recommandations du rapport McLean, la procuration
    permanente devant servir à la gestion des biens et à la représentation juridique, elle pourrait
    même être annexée à la convention de représentation.

    3.3 La curatelle

    De façon générale, un curateur est une personne nommée par le tribunal afin de prendre des
    décisions à la place de la personne inapte. Il y a deux sortes de curatelle : la curatelle aux
    biens et la curatelle à la personne.

    La curatelle aux biens (Committee of Estate)

    Le curateur aux biens est désigné pour protéger le patrimoine de la personne inapte et
    représenter celle-ci dans ses affaires juridiques. Pour devenir curateur privé aux biens, il faut
    présenter une requête à la Cour suprême de la Colombie-Britannique.

    Selon la procédure en vigueur, un avocat doit déposer la déclaration solennelle de deux
    médecins déclarant que la personne est inapte et précisant la nature de ses besoins (gestion
    des biens ou soin de la personne). Le tribunal rend son jugement et, s’il y a lieu, désigne
    curateur aux biens le requérant, la plupart du temps un membre de la famille ou un proche.

    Le curateur aux biens doit administrer les revenus, produire les déclarations fiscales,
    s’occuper des comptes bancaires, payer les dépenses et tenir le budget de la personne et de sa
    famille, s’il y a lieu. Il peut aussi liquider les biens immobiliers et les effets personnels de la
    personne inapte quand c’est dans le meilleur intérêt de celle-ci.

    Le curateur aux biens doit soumettre au tuteur et curateur public un rapport de gestion
    détaillé, habituellement un an après la date de sa nomination. Le tuteur et curateur public fixe
    la fréquence des rapports subséquents, qui varie d’annuelle à quinquennale suivant
    l’importance du patrimoine et la complexité de la gestion.

    La rémunération du curateur privé aux biens n’est pas systématique : c’est le tribunal qui en
    décide, auquel le cas elle est prélevée sur le patrimoine du majeur.

    Quand personne n’est en mesure de jouer ce rôle, le tuteur et curateur public est nommé
    curateur aux biens, avec les mêmes responsabilités.

    La curatelle à la personne (Committee of Person)

    Le curateur à la personne est nommé pour prendre les décisions relatives à la protection du
    majeur inapte (soins de santé, hébergement, etc.). La procédure de nomination est le même
    que pour la curatelle aux biens.

    Le tuteur et curateur public examine toutes les requêtes d’ouverture d’une curatelle privée à
    la personne, afin de s’assurer que les raisons invoquées par les requérants sont valables, et
    fait ensuite une recommandation au tribunal.

    Le curateur privé à la personne peut demander au tribunal le remboursement des frais
    d’ouverture.

    Quand aucun particulier ne se présente, le tuteur et curateur public, en dernier recours, peut
    être nommé curateur à la personne, de deux manières : soit qu’il s’adresse directement au
    tribunal, comme le curateur privé à la personne ; soit qu’il dispose d’un certificat
    d’incapacité signé par le directeur d’un hôpital psychiatrique ou d’un service psychiatrique.

    Le tuteur et curateur public exige des frais de service.


    3.4 Le fiduciaire aux prestations de retraite (Trustee of Government Pension Plan)

    Le fiduciaire aux prestations de retraite est nommé pour gérer au nom du majeur inapte les
    revenus provenant des trois sources suivantes :

    • la Sécurité de la vieillesse (Old Age Security);
    • le Supplément de revenu garanti (Guaranteed Income Supplement);
    • le Régime de pension du Canada (Canada Pension Plan).

    Il ne peut pas gérer les revenus provenant d’autres sources ni d’autres actifs du patrimoine.

    Pour être nommé fiduciaire aux prestations de retraite, il faut communiquer avec le Bureau
    fédéral du programme de sécurité du revenu (Federal Income Security Program Office). Un
    certificat médical est exigé, indiquant que la personne a besoin d’aide pour gérer ses revenus
    de retraite.

    Une fois par année, le Bureau du programme de sécurité du revenu fait parvenir au fiduciaire
    un formulaire que celui-ci doit remplir pour rendre compte de son administration.

    Au Québec, les lois sur la Régie des rentes et sur la Sécurité du revenu rendent aussi possible
    la nomination d’un fiduciaire pour gérer les prestations versées à un majeur inapte.

    4. La protection des mineurs

    4.1 Le tuteur et curateur public
    Un service du tuteur et curateur public veille à la protection du patrimoine des mineurs. Il
    assume notamment les responsabilités suivantes :

    • L’examen des règlements judiciaires

    Le tuteur et curateur public s’assure que les indemnités obtenues par les mineurs devant les
    tribunaux sont satisfaisantes. Quand l’indemnité est de 50 000 $ ou moins, c’est le tuteur et
    curateur public qui approuve ou refuse le règlement. Quand l’indemnité est supérieure à
    50 000 $, c’est le tribunal qui tranche.

    • La représentation juridique

    Le tuteur et curateur public agit comme tuteur à l’instance pour les mineurs qui sont sous
    tutelle publique ou pour tout mineur dont les intérêts sont en conflit avec ceux de ses parents
    ou de son tuteur datif.

    • La gestion du patrimoine

    Le tuteur et curateur public peut être autorisé à agir comme fiduciaire pour administrer
    l’argent des mineurs. Cette autorisation est donnée en vertu d’un testament, d’une fiducie,
    d’une ordonnance judiciaire ou d’une obligation légale.

    • La perception des revenus

    Lorsqu’un mineur est orphelin, qu’aucun adulte n’est nommé pour le représenter ou qu’il est
    placé sous la protection permanente de l’État, le tuteur et curateur public devient tuteur aux
    biens (« guardian of estate »). À ce titre, il doit s’assurer que le mineur reçoit tous les
    revenus auxquels il a droit.

    Les revenus du mineur proviennent des sources suivantes :

    • indemnité pour blessures (Settlement funds for personal injury);
    • dommages-intérêts consécutifs à un acte criminel (Criminal injury awards);
    • rente d’orphelin du Régime de pension du Canada (Canada pension plan orphan’s
    benefits);
    • prestations de retraite (Pension funds);
    • rente d’une assurance sans égard à la faute (No-Fault death benefits);
    • prestations d’assurance vie (Life insurance funds);
    • héritage par testament (Inheritance under a will);
    • héritage sans testament (Inheritance when there is no will);
    • indemnités diverses (Family compensation act settlements or court awards);
    • gains de travail émanant du monde du spectacle (Entertainment earnings);
    • gains de loterie (Lottery funds).

    Le tuteur et curateur public fournit sur demande les comptes de gestion.

    4.2 Le tuteur privé aux biens (Private Trustee for a child’s trust)

    Un parent ou un tiers peut être nommé tuteur aux biens d’un mineur. Quand le tribunal
    nomme un tuteur privé, le tuteur et curateur public est souvent désigné pour surveiller
    l’administration du patrimoine. Le tribunal peut aussi nommer et un tuteur privé et le tuteur
    et curateur public, chacun pour une partie du patrimoine.

    Le tuteur privé aux biens du mineur doit dresser un inventaire détaillé du patrimoine et, par la
    suite, présenter un rapport de gestion à chaque année ou à la fréquence fixée par le tribunal.

    5. Les modes d’intervention du tuteur et curateur public

    Le tuteur et curateur public de la Colombie-Britannique exerce notamment des fonctions de
    contrôle, qui diffèrent selon le régime en vigueur.

    Dans la curatelle privée à la personne, le contrôle porte sur le candidat à la charge de
    curateur : le tuteur et curateur public examine toutes les requêtes d’ouverture afin d’évaluer
    les intentions du requérant à cet égard. Un curateur peut être destitué et remplacé.

    Dans la curatelle privée aux biens, le contrôle porte sur l’administration du curateur : celui-ci
    doit soumettre au tuteur et curateur public un rapport de gestion périodique.

    Dans la tutelle privée aux mineurs, le tuteur et curateur public est souvent désigné pour
    surveiller l’administration du patrimoine. Le tuteur privé est alors tenu de présenter un
    inventaire et un rapport de gestion périodique.

    De manière générale, le tuteur et curateur public enquête sur les situations de négligence ou
    d’abus financiers qu’on lui rapporte envers des majeurs présumés incapables. Cette tâche
    relève de son Service d’évaluation et d’enquête.

    6. Le financement du système

    6.1 La rémunération

    Dans la convention de représentation, il n’y a pas de rémunération systématique du
    mandataire : le mandant doit le stipuler et en fixer les modalités.

    Dans la procuration perpétuelle, le mandataire peut obtenir le remboursement de ses frais.
    Pour que le mandataire soit rémunéré, la procuration doit le stipuler. Si le mandataire est une
    société de fiducie ou le tuteur et curateur public, ceux-ci exigent du mandant une déclaration
    signée reconnaissant leur droit d’imposer des frais de service.

    Dans la curatelle privée aux biens ou à la personne, le tribunal accepte généralement que les
    frais d’ouverture, de 2 500 $ à 5 000 $, soient payés par prélèvement sur le patrimoine du
    majeur.

    6.2 La tarification

    Dans la curatelle publique, le tuteur et curateur public exige des frais de service :

    • une commission de 5 % de la valeur nette du patrimoine et de 5 % des revenus;
    • des frais de gestion du patrimoine de 0,4 de 1 % par année, calculés mensuellement sur la
    valeur nette de l’actif;
    • des honoraires pour services spécialisés (soins de santé, services à domicile, consultation
    pour la gestion des biens immobiliers, production de déclarations fiscales, etc.).

    Dans la tutelle publique aux mineurs, les frais d’administration sont les suivants :

    • Commission sur le capital (Capital Commission)

    Pour la gestion du patrimoine : selon la nature du patrimoine, commission de 5 % de la
    valeur de l’actif, perçue une seule fois, à la réception des actifs, durant la gestion ou lors de la
    remise.

    • Commission sur le revenu (Income Commission)

    Pour la collecte et la saisie des revenus, le paiement des factures, la préparation et l’exécution
    du budget et tout autre service relié à l’administration courante du patrimoine du mineur :
    commission de 5 % des revenus.

    • Honoraires de gestion (Asset Management Fee)

    Pour les activités reliées à la protection du patrimoine : honoraires mensuels correspondant à
    0,4 de 1 % de la valeur annuelle du patrimoine (charged monthly and amounts to 0.4 of 1 %
    per year on assets administered).

    • Frais divers (Amounts chargeable to the trust account)

    Honoraires pour services professionnels (avocats, comptables, etc.).

    • Taxe sur les produits et services (Goods and services tax)

    Tous les frais exigés par le tuteur et curateur public sont soumis à la TPS.

    • Exonération fiscale (Tax deductibility)

    Contrairement aux frais de gestion de portefeuille, les frais du tuteur et curateur public ne
    sont pas déductibles des impôts.

    7. Problèmes et réformes

    En 1989, la Colombie-Britannique entreprenait une réforme de la protection juridique des
    majeurs qui mena, en 1993, à l’adoption de quatre nouvelles lois :

    • la Loi sur la convention de représentation (The Representation Agreement Act);
    • la Loi sur le consentement aux soins et sur l’hébergement dans le réseau de la santé (The
    Health Care (Consent) and Care Facility (Admission) Act);
    • la Loi sur la tutelle des majeurs (The Adult Guardianship Act);
    • la Loi sur le tuteur et curateur public (The Public Guardian and Trustee Act).

    Ces lois portent notamment sur le rôle de la famille et des proches, le consentement aux
    soins, les mesures de protection et le mandat sur incapacité future.

    Le 28 février 2000 sont entrées en vigueur les dispositions législatives touchant :

    • l’institution de la convention de représentation, sorte de procuration perpétuelle étendue
    aux soins de la personne;
    • le mécanisme de réponse aux abus et aux négligences envers les majeurs inaptes;
    • l’encadrement juridique du consentement substitué;
    • les pouvoirs d’enquête du tuteur et curateur public en matière d’abus financiers.

    Les dispositions dont l’entrée en vigueur est différée seront révisées. Ce sont :

    • la deuxième partie de la Loi sur la tutelle au majeur, qui se rapporte aux tuteurs nommés
    par le tribunal;
    • l’hébergement dans le réseau de la santé.

    Par ailleurs, le chevauchement des mesures de protection sur incapacité future ayant
    provoqué beaucoup de confusion, le rapport McLean, produit en février 2002, recommande
    essentiellement que la procuration perpétuelle soit réservée à la gestion des biens et la
    convention de représentation, aux soins de la personne. Le gouvernement s’est engagé à
    amender la loi en ce sens, après consultation des citoyens.

    Date de création : 2012-04-01 | Date de modification : 2012-04-01

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