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    Dossier: Poésie

    Anthologie-Le divin

    Jacques Dufresne
    Le divin

    Regarder divinement les choses terrestres, plutôt que de regarder humainement les choses célestes.

    "Il est l'inaccessible, Il est l'inévitable".

    "Il (Dieu) dit: Je suis. C'est tout. C'est en bas qu'on dit: j'ai.
    L'ombre croît posséder dans vingt songes limés,
    Et tient des biens de songe en des doigts de fumée.
    Dieu n'a rien étant tout."

    Ce sont là de grands éclairs de la théologie négative. Un Dieu qui est au-delà de toute mesure, au-delà de nos concepts:

    "Un Dieu dont l'éblouissement crée en nous la nuit.
    Et le plus éclairé est le plus ébloui."

    (Victor Hugo)

    Dieu, au-delà de la justice

    "Lui, l'incommensurable, il n'a pas de compas;
    Il ne se venge pas, il ne pardonne pas;
    Son baiser éternel ignore la morsure;
    Et quand on dit: justice, on suppose mesure.
    Il n'est point juste; il est. Qui n'est que juste est peu."

    "Ce Dieu, ajoute Hugo, aucun nom humain ne lui convient." Sauf sur la terre où on l'appelle Jésus:

    "Il est Croix sur la Terre et s'appelle Jésus,
    Hors de la Terre, Il est l'innommé. Chaque sphère
    Le nomme en frissonnant du nom qu'elle préfère
    Mais tous les noms de Dieu sont des flots insensés."

    Insensé aussi l'homme qui méconnaît Dieu en lui:

    "Tout ce qui sur la terre à cette heure est debout,
    Même les innocents sous leurs pieds ont partout
    Quelque chose de Dieu que dans l'ombre ils écrasent.»

    L'ancien Testament

    [...]

    Donc, Booz dans la nuit dormait parmi les siens.
    Près des meules, qu'on eût prises pour des décombres,
    Les moissonneurs couchés faisaient des groupes sombres;
    Et ceci se passait dans des temps très anciens.

    Les tribus d'Israël avaient pour chef un juge;
    La terre, où l'homme errait sous la tente, inquiet
    Des empreintes de pieds de géants qu'il voyait,
    Était encor mouillée et molle du déluge.

    Comme dormait Jacob, comme dormait Judith,
    Booz, les yeux fermés, gisait sous la feuillée;
    Or, la porte du ciel s'étant entrebâillée
    Au-dessus de sa tête, un songe en descendit.

    Et ce songe était tel, que Booz vit un chêne
    Qui, sorti de son ventre, allait jusqu'au ciel bleu;
    Une race y montait comme une longue chaîne;
    Un roi chantait en bas, en haut mourait un Dieu.

    Et Booz murmurait avec la voix de l'âme:
    «Comment se pourrait-il que de moi ceci vînt?
    Le chiffre de mes ans a passé quatre-vingt,
    Et je n'ai pas de fils, et je n'ai plus de femme.

    «Voilà longtemps que celle avec qui j'ai dormi
    Ô Seigneur a quitté ma couche pour la vôtre;
    Et nous sommes encor tout mêlés l'un à l'autre,
    Elle à demi vivante et moi mort à demi.


    «Une race naîtrait de moi! Comment le croire?
    Comment se pourrait-il que j'eusse des enfants?

    «Quand on est jeune, on a des matins triomphants,
    Le jour sort de la nuit comme d'une victoire;

    «Mais, vieux, on tremble ainsi qu'à l'hiver le bouleau.
    Je suis veuf, je suis seul, et sur moi le soir tombe,
    Et je courbe, ô mon Dieu ! mon âme vers la tombe,
    Comme un boeuf ayant soif penche son front vers l'eau.»

    [...]

    Victor Hugo Booz endormi

    Lieux sacrés

    Au début du XXe siècle, Charles Péguy invitait les étudiants de Paris à le suivre dans un pélerinage à pied vers la cathédrale de Chartres. Voici les vers que cette marche lui a inspirés.


    Deux mille ans de labeur ont fait de cette terre
    Un réservoir sans fin pour les âges nouveaux.
    Mille ans de votre grâce ont fait de ces travaux
    Un reposoir sans fin pour l'âme solitaire

    Présentation de la Beauce à Notre-Dame de Chartres

    Étoile de la mer voici la lourde nappe
    Et la profonde houle et l'océan des blés
    Et la mouvante écume et nos greniers combles,
    Voici votre regard sur cette immense chape

    Et voici votre voix sur cette lourde plaine
    Et nos amis absents et nos coeurs dépeuplés,
    Voici le long de nous nos poings désassemblés
    Et notre lassitude et notre force pleine.

    Étoile du matin, inaccessible reine,
    Voici que nous marchons vers votre illustre cour,
    Et voici le plateau de notre pauvre amour,
    Et voici l'océan de notre immense peine.

    Un sanglot rôde et court par delà l'horizon.
    À peine quelques toits font comme un archipel.
    Du vieux clocher retombe une sorte d'appel.
    L'épaisse église semble une basse maison.

    Deux mille ans de labeur ont fait de cette terre
    Un réservoir sans fin pour les âges nouveaux.
    Mille ans de votre grâce ont fait de ces travaux
    Un reposoir sans fin pour l'âme solitaire.
    Poème complet

    Visions

    Hymne à la nuit


    Novalis
    Présentation
    Où l'on voit que ce n'est pas en se tournant vers la lumière, comme dans le
    mythe de la caverne que l'âme est libérée, mais en accédant à la nuit.
    Extrait
    L'éternité reposait en ses yeux - j'étreignis ses mains, et ce fut un étincelant, un indéfectible lien que nous firent les larmes. Les millénaires passaient au loin comme un orage. Et ce furent des larmes d'extase que je versai sur son épaule, au seuil de la vie nouvelle.
    Hymne III
    "Un jour que je versais amèrement des larmes, que défaite en douleur, mon espérance allait s'évanouir, - et j'étais solitaire, debout près de ce tertre aride qui, dans son lieu obscur et resserré, détenait l'être de ma vie - solitaire comme aucun solitaire n'avait jamais été - oppressé d'une angoisse indicible, à bout de force, plus rien qu'un souffle de détresse... Comme alors je quêtais des yeux quelque secours, ne pouvant avancer ni reculer non plus, un immense regret me retenait à la vie qui fuyait, s'éteignait; - alors, du fond des bleus lointains, de ces hauteurs de ma félicité ancienne, vint un frisson crépusculaire, - et par un coup se rompit le lien natal : la chaîne de la lumière.
    Loin s'est enfuie la terrestre splendeur, et avec elle ma désolation : - le flot de la mélancolie est allé se résoudre en un nouveau, un insondable monde. O nocturne enthousiasme, toi le sommeil du ciel, tu m'emportas : - le site s'enlevait doucement en hauteur, et sur le paysage flottait mon esprit libéré de ses liens, né à nouveau. Le tertre n'était plus qu'un nuage de poussière, que transperçait mon regard pour contempler la radieuse transfiguration de la bien-aimée. L'éternité reposait en ses yeux - j'étreignis ses mains, et ce fut un étincelant, un indéfectible lien que nous firent les larmes. Les millénaires passaient au loin comme un orage. Et ce furent des larmes d'extase que je versai sur son épaule, au seuil de la vie nouvelle.
    Ce fut là le premier, l'unique rêve, - et depuis lors, à jamais, je sens en moi une foi éternelle, immuable, en le ciel de la Nuit et sa lumière, la Bien-Aimée."
    (traduction Armel Guerne)


    Date de création : 2012-04-01 | Date de modification : 2012-04-01

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