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    Dossier: Plante

    Asclépiade

    Jacques Dufresne, ,
    Sur le printemps, saison où éclot la fleur qui porte son nom, le poète Asclépiade de Samos (IIIe siècle av. J-C) composa cet épigramme:

    La Cachette des amants

    Douce en un chaud midi une boisson de neige,
    Doux au printemps les vents légers, les flots cléments,
    Lorsque l'hiver enfin a levé un long siège.
    Mais plus doux le manteau qui couvre deux amants,
    Couchés sur le sol tiède, également épris,
    Et se donnant l'un l'autre en offrande à Cypris.

    MARGUERITE YOURCENAR, La couronne et la lyre, Gallimard, 1979


    Cette plante qu'on retrouve à l'état sauvage dans l'Est du Canada a été ainsi nommée en l'honneur d'Asclépios. «Les Grecs utilisaient autrefois une espèce voisine de l'asclépiade... contre les morsures de serpent; reconnaissant ses vertus thérapeutiques, ils la dédièrent à Asclépios, dieu grec de la médecine». Les Amérindiennes l'utilisaient comme contraceptif. (1)

    La famille des asclépiadacées comporte environ 200 genres et 2000 espèces, très abondantes dans les régions tropicales et subtropicales, mais toutes possèdent du latex.

    L'asclépiade qui compte une centaine d'espèces presque toutes originaires d'Amérique est représentée au Québec par l'asclépiade incarnate (Asclepias incarnata) clairsemée dans les régions marécageuses de l'ouest du Québec, espèce employée par les Indiens du sud comme plante textile. L'autre espèce, très répandue est l'asclépiade commune (Asclepias syriaca).


    Asclépiade commune. Asclepias syriaca. Petit cochon.

    Plante exclusivement américaine, elle fut l'une des premières à être décrite scientifiquement par Cornut qui l'assimila à une espèce d'Asie Mineure d'où son nom d'asclépiade de Syrie endossé par Linné.

    «Cette espèce indigène a toujours attiré l'attention par d'apparentes possibilités économiques. Peu exigeante pour le sol, elle fournit deux produits intéressants : du caoutchouc et une matière textile (aigrettes) ». Les tentatives pour en extraire le caoutchouc ou pour mêler les aigrettes à la soie, la laine ou le coton n'ont pas donné les résultats escomptés(2). À l'heure actuelle, on l'utilise pour en faire des recettes originales, mais attention, toutes les parties de la plante se mangent cuites, son latex pouvant être irritant. Jeunes pousses mangées comme des asperges ou faites en beignets, boutons floraux encore verts cuisinés comme des brocolis, toutes les fantaisies sont permises.(3)

    Le suc des fleurs est odorant, très sucré et il attire bon nombre d'insectes, les abeilles en particulier, mais sa faune entomologique est des plus remarquables: Danaus archippus, le plus grand lépidoptère québécois; Tetraopes tetraophtalmus, un coléoptère entièrement rouge; Labidomera clivicollis, coléoptère ressemblant au doryphore mais rouge à taches noires; Lygaeus Kalmii, hémiptère noir mais bordé de rouge. Ces insectes spécifiques se nourrissent des racines et des feuilles depuis l'état de larve jusqu'à l'état adulte. Mais les fleurs attirent aussi et en abondance les papillons dont le Monarque.

    Celui-ci pond sur l'asclépiade, les chenilles s'en nourrissent et comme l'asclépiade est vénéneuse, chenilles et plus tard papillons deviennent inconsommables pour leurs éventuels prédateurs...merci l'asclépiade !

    Les fleurs de l’asclépiade commune ( Asclepias syriaca ) , déjà bien connue pour attirer le papillon Monarque , attireraient également les femelles des moustiques transmettant la malaria .Des chercheurs américains travaillant au contrôle des ravageurs s’emploient à isoler la substance attractive de l’asclépiade pour s’en servir comme piège à moustiques .


    Notes
    (1)Plantes sauvages des villes et des champs, Fides, 1979, p. 72.
    (2) Flore Laurentienne ,Les presses de l'université de Montréal , 1964 , p.519
    (3) Cuisinons nos plantes sauvages , L'Aurore , 1977 , p.45
    Date de création : 2012-04-01 | Date de modification : 2012-04-01


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