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    Jacques Dufresne: contre «l'immortalité sur disque dur»

    Jean-Sébastien Marsan
    Le philosophe est souvent le seul à dénoncer la contradiction qui est le pain quotidien de la majorité des hommes.
    Le philosophe et auteur québécois Jacques Dufresne, prônant un jeûne des médias, dénonce l'utopie des chantres des NTIC: «Ce genre de paradis sur Terre qu'on nous fait rêver est plus dangereux que ceux du marxisme et du nazisme.»

    Invité par l'Office des communications sociales à prononcer une conférence à Montréal sur les nouvelles technologies de l'information et de la communication (NTIC), Jacques Dufresne a repris un chapitre de son ouvrage lancé l'an dernier (Après l'homme... le cyborg?, Éditions MultiMondes). Fondateur de la revue Critère en 1970 et plus récemment éditeur du magazine L'Agora,philosophe à bon marché pour les uns, habile vulgarisateur pour les autres, Jacques Dufresne est connu du public québécois pour ses regrettées chroniques «philo» dans les journaux La Presse et Les Affaires.

    Jacques Dufresne confie sa stupéfaction face au «nombre impressionnant de savants de premier ordre» qui vantent les mérites du cyborg. Utilisé pour la première fois dans les années 60, le cyborg, diminutif de cyber organisme, désigne l'être humain organiquement lié à la machine. Autrement dit, ajoute Jacques Dufresne, «l'idée du paradis sur terre revient, non comme une utopie mais comme une chose prochaine, grâce aux nouvelles technologies. Le système devient la médiation entre moi-même et mon corps».

    Devant un auditoire médusé, Jacques Dufresne a cité de nombreux savants américains obnubilés par le cyborg, théories toutes plus ahurissantes les unes que les autres (que l'on peut d'ailleurs lire dans son ouvrage). Pour Marvin Minsky, professeur au Massachusetts Institute of Technology, l'être de chair et d'os n'est qu'un «bloody mess of organic matter». Hans Moravec, de l'Université Carnegie-Mellon, a pour sa part décrit l'intervention chirurgicale consistant à greffer un cerveau humain sur un ordinateur, ce dernier prenant le relais de l'être humain vieillissant, ainsi promis à la vie éternelle. Même John Von Neumann, considéré comme le père de l'ordinateur, «a élaboré une théorie des automates cellulaires capables de se reproduire», relate Jacques Dufresne dans son ouvrage.

    Pour l'auteur, tous ces discours relèvent du millénarisme (qui n'a rien à voir avec la peur de l'an 1000, malgré la croyance populaire). Interprétation de l'Apocalypse de Saint Jean, le millénarisme est une doctrine stipulant qu'après l'Armageddon, sorte de bataille titanesque opposant le bien et le mal, les bons l'emporteront et s'ensuivront 1 000 ans de paix et de paradis sur Terre. Au Moyen Âge, les premiers religieux et philosophes ayant diffusé la doctrine millénariste (notamment le moine bénédiction Joachim de Flore, vers 1175) véhiculaient un «culte de la science et de la technique», rappelle Jacques Dufresne. Aujourd'hui, à l'heure des technologies numériques, ces nouveaux mystiques «puritains» rêvent d'une immortalité post-biologique, «l'idée que par le progrès technique, l'homme sera rétabli dans sa situation d'avant le péché originel.»

    Leur discours, désincarné, est de l'ordre de la foi. Ce n'est pas un hasard si le terme «technologie» est davantage en vogue que le mot «technique». Introduit dans la langue anglaise au XIXe siècle par un professeur de l'Université Harvard, Jacob Bigelow (qui est aussi à l'origine de la dénomination du célèbre Massachusetts Institute of Technology), «le mot technologie a une subtile et secrète connotation religieuse, elle fait passer la technique dans une sphère supérieure», note Jacques Dufresne. Il en tient pour preuve que l'hypermédiatisé bogue de l'an 2000, qui aurait pu ruiner en procès tous les informaticiens du globe, les a plutôt sacralisés.

    Le remède? «Il faut de toute urgence prôner les rapports concrets avec le réel plutôt que des rapports médiatisés.» Un jeûne des médias, par exemple, ou le retour à l'observation sur le terrain dans les sciences de la nature enseignées à l'école, suggère Jacques Dufresne. Ou encore sa révision, toute personnelle, des sept péchés capitaux (qui deviennent l'orgueil, le gaspillage, le voyeurisme, le ressentiment, la boulimie, l'indifférence et l'hyperactivité!).

    Le site agora.qc.ca, mis sur pied par Jacques Dufresne (on y trouve une encyclopédie et des textes du magazine), est cependant une contradiction à sa face même. Son créateur le reconnaît et dit l'assumer. Jacques Dufresne en appelle à la production de «contenus libérateurs»: «les bons médias sont ceux qui s'effacent en tant que média et qui nous conduisent vers le réel.»

    Jean-Sébastien Marsan

     Dufresne, Jacques. Après l'homme... le cyborg?, Éditions MultiMondes, Sainte-Foy, 1999, 178 p.
     Un exemple de cyborg: le wearable computing



    Réactions dans le Forum Multimedium
    Immortalité sur disque dur - Cénec Gérard - 05:26:13 26/1/2000 (3)
    Re: Immortalité sur disque dur - moi - 02:28:12 27/1/2000 (0)
    Re: Immortalité sur disque dur - Lyta - 12:18:54 26/1/2000 (0)
    Re: Immortalité sur disque dur - Timoté - 08:49:53 26/1/2000 (0)

    Source

    Date de création : 2012-04-01 | Date de modification : 2012-04-01

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