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    Dossier: Vachon Lucien

    Nomination de Lucien Vachon à la tête de la Faculté canonique de théologie de l’Université de Sherbrooke

    Lucien Vachon

    Le premier doyen de la faculté canonique de théologie fut l’abbé Lucien Vachon. À la séance du conseil d'administration de l’Université de Sherbrooke, en date du 7 janvier 1965, «Mgr le recteur fait part au conseil de l'érection à l’Université catholique de Sherbrooke par la Sacrée Congrégation des séminaires et universités, en date du 30 novembre 1964, de la Faculté de théologie qui pourra décerner un baccalauréat après quatre ans, une licence après cinq ans et un doctorat après six ans (3)».

    Constatant que la congrégation considère l’abbé Lucien Vachon comme un candidat au décanat, le conseil d'administration tient à signifier à Mgr le chancelier qu’il serait heureux que l’abbé Lucien Vachon soit nommé doyen de la Faculté de théologie (4). Le 19 janvier 1965, Mgr Georges Cabana promulgue la nomination après avoir pris l’avis du conseil de l’Université de Sherbrooke et après avoir obtenu le Nihil obstat du siège apostolique (5). Le 31 mars, le cardinal Pizzardo signe officiellement la nomination (6).

    Cette nomination n’était pas évidente. On se souviendra que la négociation entre Sherbrooke et Rome avait porté, et ce, sans exception, sur les grands séminaires et les clercs. Les premiers artisans de la faculté civile avaient été choisis parmi les professeurs des grands séminaires et
    majoritairement parmi des diplômés de l’Université du Latran, en plus d'appartenir à la famille spirituelle de Mgr Georges Cabana.

    Or, l’abbé Lucien Vachon ne montrait aucune de ces qualités. Bien sûr, il avait, pendant trois bienheureuses années, soit de 1952 à 1955, été professeur de théologie au Grand Séminaire de Sherbrooke, mais l’archevêque l’en avait démis, en compagnie du supérieur de l°époque, le chanoine Félicien Rousseau (le chanoine Rousseau s’est expatrié et connaît une longue et fructueuse carrière à la Faculté de théologie de l’Université Laval) -- pour motif de dissonance intellectuelle. Promu aumônier général des étudiants en 1955, il travaillera à l'université jusqu'en 1965, sauf une absence involontaire de deux ans de 1960 à 1962, pour même raison, et trois années d’études doctorales à l’Université Angélique de Rome de 1962 à 1965.

    Il était donc déjà imbibé d’université et Mgr Cabana, lui, était habité par l’histoire et, plus particulièrement par l’histoire de l’université catholique qu’il avait fondée en 1954. La faculté de théologie canonique qu’il s’apprêtait à installer en plein campus constituerait un organisme ontologiquement témoin de la foi catholique. Mgr Cabana n’a jamais voulu une université cléricale. Il témoignait une confiance absolue envers les laïcs, ceux qui l’avaient aidé à obtenir l”université et ceux qui, maintenant, administraient les nouvelles facultés. Mais il désirait une université catholique.
     
    À cet effet, dès 1954-1955, il créa le poste d°aumônier général des étudiants et y nomma un prêtre qu’il venait de libérer de ses tâches de professeur de théologie, soit l’abbé Lucien Vachon. Il attachait une grande importance à cette fonction.

    L’aumônier général est le représentant catholique de Mgr l’archevêque sur le campus et plus particulièrement auprès des étudiants : son homme à tout faire. Il est chargé de cours à l'école normale de Mgr O’Bready; en tant que chargé d'enseignement, il doit assurer des cours de religions, c’est-à-dire des cours de morale professionnelle, dans toutes les facultés, sauf celle des arts.

    Il est aumônier des étudiants, c’est-à-dire le chargé de pouvoirs de l’archevêque, gardien de la foi et des mœurs. Il est officiellement censeur du journal étudiant, le Vert et Or, qui prend le nom de Campus Estrien en novembre 1968. Il est aumônier du conseil de l’Association générale des étudiants de l’Université de Sherbrooke (AGEUS). Ce premier conseil regroupe les Robert Malouin (génie), Jean Melançon (droit), André Charpentier (commerce), Claude Dubois (école normale), Richard Royer (génie), Claude Pinard (droit), Jacques Bélanger (école normale), Adrien Leroux (génie), Jacques Daniel (prémédicale).

    Pour les besoins du culte, la Faculté des sciences a mis un local-chapelle à la disposition des étudiants. Dans ce local, se célèbrent des messes (quelquefois la nuit, après le bal de la reine des étudiants) et s’échangent des confidences. Pendant les premières années, à l'occasion de la rentrée, il organise une messe très solennelle et très courue, baptisée la messe du Saint-Esprit.   

    Il est surtout l’ami-complice des étudiants ce qui lui vaut de posséder une auto -- une autorisation difficile à obtenir à l”époque pour un prêtre --, car il lui faut visiter les étudiants de droit, logés au palais de justice, les étudiants de commerce logés dans une école de Sherbrooke Est, les étudiants de l’école normale logés au Séminaire Saint-Charles et les étudiants de la Faculté des sciences-génie qui, à cette époque, suivaient leur cours dans des locaux situés derrière l’archevêché de Sherbrooke.

    Ces premiers étudiants de science y étudieraient sous la protection très compétente et très catholique du fameux frère Théode auquel ils vouaient une reconnaissance très méritée et une dévotion bien sentie. Au point que chaque année, encadrés par le frère Théode et l’aumônier
    général, ils acceptaient d”effectuer, en autobus et en récitant le chapelet, un pèlerinage au sanctuaire de Beauvoir pour, notamment, se confesser d”être exagérément bruyants derrière l’archevêché où résidait Mgr Cabana (ce dernier avait à des occasions répétées, chargé l'aumônier de les inviter à plus de silence). Ou se confesser d’avoir dansé à l’occasion de tel bal. Mgr l’archevêque en était averti par quelque espion chargé de prendre des photos durant ces fêtes païennes et de les remettre à l’archevêque qui les remettait au recteur (Mgr Pinard, à l’époque) qui, sans trop de zèle, les faisait voir à l'aumônier général dont on savait qu’il eût pu identifier chaque étudiant. Le processus n’allait pas plus loin: secret de la confession et amitié obligent. Qu encore, d’avoir, un jour, plus précisément le 27 mars 1958, sous l’effet d'une colère pourtant sainte, arraché l’immense pancarte plantée devant le séminaire Saint-Charles, de l’avoir précipitée dans la rivière Magog, pour bien faire comprendre que ce n’était pas le séminaire Saint-Charles qui avait permis la fondation de l’Université de Sherbrooke, mais bien le frère Théode.

    Plus sérieusement, l’aumônier-général avait eu le privilège d’être membre du comité chargé d’organiser la première campagne de souscription de l’université en 1958.
     
    Ce travail avait permis à l’aumônier général de vivre, pendant cinq ans, en contact très étroit avec les étudiants de toutes les facultés, de connaître les directions de facultés, le juge Samson, Gaétan Côté, Jacques Lemieux, le Dr Cousineau. Tous ces fondateurs pourraient servir de modèle. Il était en contact régulier avec les autorités de l'université ainsi qu’avec l’archevêque. En somme, il était imbibé d’université, quoique toujours catholique pratiquant.

    C’était ce même candidat que Mgr Cabana choisissait, en 1964, pour mettre en place, sur le campus, une faculté canonique de théologie, porteuse de catholicité. La transition ne pouvait être ni plus naturelle, ni plus douce... ni plus difficile.

    Administrer une faculté de théologie, déjà civile et maintenant canonique, dont le siège serait sur le campus, riche de quatre grands séminaires affiliés, dotée, selon l’usage et les spécifications de Rome, d’un corps professoral qualifié, d’étudiants réguliers, de programmes de structure et de niveau universitaires, d’une bibliothèque, de locaux, de budget. Une aventure certes, mais une mission possible.

    Notes

    (3) 17e séance du conseil d’administration de l’Université de Sherbrooke, année 1964-1965, 7 janvier 1965, point 165.
    (4) Ibid., point 166. Le suivi de ce point du conseil d’administration a donné lieu à une lettre de l’abbé Antoine Sirois, secrétaire général, à Mgr Georges Cabana, grand chancelier de l'Université de Sherbrooke, 15 janvier 1965
    (5) Fonds Service des ressources humaines, Université de Sherbrooke -- 7322. Lettre de Mgr Georges à l’abbé Lucien Vachon.
    (6) Fonds Service des ressources humaines, Université de Sherbrooke -- 7322. Lettre du cardinal G. Pizzardo, de la Sacrée Congrégation, 31 mars 1965.

    Date de création : 2017-09-19 | Date de modification : 2017-09-19

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