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    La musique au XVIIe siècle

    Léo-Pol Morin
    LA MUSIQUE AU XVIIe SIÈCLE


    La plupart des formes musicales dont on se sert aujourd'hui ont pris naissance au XVIIe siècle. C'est en effet au XVIIe siècle que l'opéra et l'oratorio paraissent en France, en Italie, en Allemagne et en Angleterre. On voit naître la suite d'orchestre en Allemagne, et partout se développer les diverses formes de musique de danse. La fugue, la sonate et le concerto font leur apparition au XVIe siècle. Et ces formes diverses sont mieux qu'ébauchées: elles sont déjà complètes en leurs éléments et les musiciens des siècles suivants n'ont eu qu'à les agrandir et à les perfectionner. Pour l'historien de la musique, le XVIIe siècle est une mine inépuisable. Et on ne saurait expliquer et comprendre le magnifique XVIIIe sans le XVIIe.
    L'orgue a joué un grand rôle dans le développement des formes musicales. Les Gabrielli, à Venise, au XVIe siècle, ont eu une importance considérable et un autre grand musicien italien, Frescobaldi, a poursuivi, achevé et développé l’œuvre des Vénitiens. Frescobaldi, qui vécut de 1583 à 1643, fut le plus grand organiste de son temps. Enfant prodige, on l'a promené par toute l'Italie, et ses biographes disent qu'il fut fêté et comparé « à un ange... ». Son talent d'organiste tenait de la magie et il semble qu'on ait raison de le considérer comme un Bach italien. Il a écrit de nombreuses oeuvres pour son instrument, des caprices, des toccates, des fantaisies, des fugues, et il a aussi laissé de la musique d'orchestre. J'ai ici un disque d'orgue, enregistré par Marcel Dupré, qui donne de Frescobaldi une image magnifique. C'est une toccata d'une grande richesse harmonique, noble et même grave, et qui se déroule avec beaucoup d'ampleur. Déjà, au commencement du XVIIe siècle, cette oeuvre annonce le grand Jean-Sébastien Bach...
    Il y avait en France au XVIIe siècle un grand musicien: Jean-Baptiste Lulli, musicien d'origine italienne. On peut dire sans crainte de se tromper qu'il a régné en monarque absolu sur les destinées de l'opéra français. Mais nous ne voulons pas parler de l'opéra aujourd'hui, et nous ne toucherons à Lulli que comme musicien d'orchestre. Lulli, né à Florence en 1632, vint en France à l'âge de 14 ans, parmi la suite du chevalier de Guise. Il fut marmiton, puis page de Mlle de Montpensier, enfin musicien de la Grande Mademoiselle. Il passa ensuite aux violons du roi et sa carrière fut rapide, brillante, foudroyante même, grâce à l'appui du roi Louis XIV qui s'intéressait beaucoup à la musique, surtout à l'opéra et au ballet. Lulli collabora avec Molière pour la musique du Bourgeois Gentilhomme, et il amusait tout le monde par ses pitreries et ses fantaisies. On raconte qu'un jour, en dansant le ballet devant le roi, il sauta plus haut que d'habitude et tomba dans la fosse d'orchestre à travers un clavecin. Il mourut d'ailleurs de façon étrange, puisque ce fut des suites d'une blessure qu'il s'était faite sur le pied avec son bâton d'orchestre. C'était, bien entendu, un très gros bâton, inventé d'ailleurs par Lulli.
    Les musiciens du XVIIe siècle vivaient selon la mode de leur temps. Ils ne faisaient pas d'archéologie, comme nous du XXe Siècle. Ils étaient modernes. La danse était en honneur et ils en inventèrent de toutes sortes. C'est ainsi qu'on voit des pavanes, des gaillardes, des saltarelles, des courantes, des sarabandes et des gavottes dont la forme précise nous a été transmise. On réunit toutes ces danses sous forme de « suites », et ces suites étaient précédées d'une ouverture ou intrada, entrée, qui est toujours en usage aujourd'hui et qu'on appelait la sonate.
    En même temps que Lulli en France, il y avait en Angleterre un grand musicien, Henry Purcell, qui peut être considéré comme le créateur de l'opéra anglais. Né en 1658, il est mort en 1695. Fils d'un musicien, il devint organiste à l'Abbaye de Westminster et aussi de la chapelle royale, et fut enfin nommé compositeur de la cour. Il a composé de nombreuses musiques de scène pour les drames de Shakespeare et de Dryden, et il est l'auteur du chef-d’œuvre de l'opéra national anglais au XVIIe siècle. Ce chef-d’œuvre, c'est Didon et Enée. Mais il a écrit de nombreuses oeuvres instrumentales, et on ne saurait, par exemple, parler de sonate sans penser aussi à Purcell.
    La sonate et le concerto sont des formes d'origine italienne. On les doit à Corelli, musicien du XVIIe siècle, qui en fixa le premier le plan. La sonate est une pièce instrumentale en trois ou quatre parties, de mouvement et de caractère différents. Dans son sens le plus ancien, sonate veut dire ce qui sonne, par opposition au mot cantate, qui veut dire ce qui se chante; c'est la définition de tous les dictionnaires de musique. Bien des cantates sont précédées de sonate, qui jouent ainsi le rôle d'ouverture instrumentale, comme dans les suites dont je vous parlais tout à l'heure. Les diverses parties de la sonate sont généralement désignées par les termes Allegro, Adagio, Scherzo et Allegro vivace, mais sous ces dénominations on retrouve le caractère des suites de danses: Allemandes, Sarabandes, Menuet et Gigue. Peu à peu, ces danses se sont développées; elles se sont agrandies, sans pourtant perdre leur caractère «originel ».
    Sans doute, la forme sonate prend surtout son essor définitif au XVIIIe siècle, avec Philippe-Emmanuel Bach. Mais les sonates du XVIIe siècle sont pleines d'intérêt. Et j'en ai une sous la main qui est célèbre, et qui a même grande allure. C'est la Golden Sonata de Purcell, qui doit peut-être son titre à ce qu'elle fut commandée et jouée pour la première fois à une cérémonie officielle devant la cour de Jacques II, ou même encore de Charles II, qui furent les protecteurs de Purcell. On peut imaginer qu'elle fut jouée alors dans un salon doré, d'où «sonate dorée », Golden Sonata... La Golden Sonata de Purcell est pour violons, basses et clavecin.
    Date de création : 2012-04-01 | Date de modification : 2012-04-01

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