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    • Édition


    Impression du texte

    Monseigneur Georges Cabana, le maître d’oeuvre de la Faculté de théologie de l’Université de Sherbrooke (1958-1964)

    Lucien Vachon

    Le négociateur modèle

    Mais il reste que l’initiateur et maître-d’œuvre, de l’obtention de cette faculté canonique de théologie fut Mgr Georges Cabana, alors archevêque de l’archidiocèse de Sherbrooke et chancelier de l'université. Son projet d’une faculté canonique de théologie date au plus tard de 1958. Et on peut penser qu’il avait, comme il l'avait fait en faveur de son projet d'université, déjà mis en prière la communauté religieuse de mère Marie-Léonie pour la réalisation rapide de son projet, cette dernière étant à cette époque à la recherche d’un miracle. Monseigneur Cabana croyait au miracle et, à la limite, saurait «faire» le miracle.

    Monseigneur Georges Cabana se signalait par son esprit surnaturel, sa confiance en la Providence mais aussi par son efficacité et son habileté à mobiliser des collaborateurs laïcs et religieux. Il lui faudra utiliser au maximum toutes ses ressources pour mener à terme ce projet, car il lui faut convaincre Rome. Et Mgr Cabana connaît bien la prudence de Rome quand il s’agit d’engager son prestige dans l’érection d'une université catholique et sans doute qu’une plus grande prudence jouera dans le cas de l'érection d’une faculté canonique de théologie.

    Il connaissait bien, lui aussi, pour les avoir vécues, les difficultés énumérées par Mgr Maurice O’Bready dans un texte déjà cité: «longues démarches auprès du gouvernement civil, permission expresse de Rome, Statuts détaillés, période de probation qui peut s’étendre sur 30 ans, obligations de fournir des preuves de fonctionnement normal et d'enseignement sûr». Il les avait vaincues grâce à l’astuce étonnante et à l'efficacité magique de Mgr A. Parisella qui, à cette époque, n'était ni préfet, ni pro-préfet mais simplement sous-secrétaire de la Sacrée Congrégation des séminaires et universités. Monseigneur Georges Cabana pourra-t-il, osera-t-il, devra-t-il refaire le coup? Pourra-t-il trouver le même ou un autre intermédiaire romain aussi malin que Mgr Parisella? Oui.

    Cet intermédiaire est nouveau et se nomme Mgr A. Romeo. Monseigneur Romeo, à ce qu'on sait, travaille en tant qu’aviseur auprès de la Sacrée Congrégation des séminaires et universités. De plus, il est étroitement lié à l’Université du Latran. Ces deux facteurs en font un complice extrêmement compétent pour porter auprès des instances vaticanes le projet de Mgr Cabana. En prime, il est très proche de Mgr l'archevêque de Sherbrooke. Son adresse civile le situe dans la Cité du Vatican.

    Les archives disponibles ne nous disent pas quelles circonstances ont permis de tisser cette très grande amitié entre Mgr Cabana et Mgr Romeo. Car, grande amitié il y a et profonde complicité. Son travail d’aviseur romain aura été à ce point important que Mgr Cabana lui écrit le 18 août 1961:

    J’ai reçu il y a deux jours la lettre de la Sacrée Congrégation des séminaires et universités, qui accorde in fieri une faculté de théologie. Je n'ignore pas que le principal artisan de tout ce travail c'est vous-même et nous vous en disons un chaleureux merci. [La Faculté de théologie in fieri dont il est question dans cette lettre est bien la faculté canonique de théologie puisque la faculté civile était déjà fondée par l'Université de Sherbrooke mais avec la permission expresse de Rome depuis le 13 juin 1961 (1)

    La correspondance entre Mgr Cabana et Mgr Romeo est très abondante. Nous prenons la liberté de l'exposer à son mérite et de façon détaillée, allant jusqu'en publier un ou deux pièces in extenso. Il nous faut nous expliquer à ce sujet. En prenant connaissance de cette correspondance, nous avons du coup réalisé jusqu'à quel point l'obtention de cette faculté de théologie a coûté d'efforts à l’archevêque de Sherbrooke. Nous ne parlons pas dans ce dossier de quelques lettres, d'un ou deux voyages à Rome, mais d’un travail presque quotidien. Un travail fait d'audace, de patience, d’habiletés, d'efficacité, de ténacité. Une instrumentation très rodée de négociation appuyée sur une grande dévotion à l'Église, un souci paternel de «ses» grands séminaristes, une souffrance très vive et très sincère -- partagée par son interlocuteur romain -- devant les maux qui affligent «son» Église. Pareilles habiletés, pareille ténacité et pareille efficacité méritent d'être connues. Quelques libertés prises aux dépens de la vérité vraie, quelques restrictions mentales, quelques arabesques politiques ne peuvent ternir autant de travail bien fait.

    Ainsi mieux détaillé, le travail de Mgr Cabana nous convainc qu’il a, et à lui seul, mené à terme ce projet en vue de l'obtention d”une faculté canonique de théologie. La première pièce que les archives de l’archevêché de Sherbrooke nous livrent de cette correspondance tient dans une lettre, en date du 30 septembre 1958, que Mgr Romeo adresse à Mgr Cabana. Cette première lettre nous fournit déjà un premier modèle de ce qu’on retrouvera dans à peu près toutes les autres pièces de cette correspondance à la fois amicale et d’«affaire» :

    -- remerciement pour l’argent dont Mgr Cabana accompagne toujours ses demandes de service (ici l'argent est destiné à Mgr Romeo, au cardinal Pizzardo et à Mgr Confalonieri, secrétaire de la Congrégation);

    -- accusé-réception du service demandé par Mgr Cabana et l’assurance que la demande a été, dans ce cas-ci, bien reçue (il s'agit, ici, du projet d’affiliation du Grand Séminaire de Sherbrooke à la Faculté de théologie du Latran);

    -- suggestion pour faire progresser le dossier (ici, suggestion de faire sans tarder la demande au cardinal Pizzardo);

    -- échange de vues sur les dangers qui menacent l’Église;

    -- déclaration finale d’affectueuse humilité «je me déclare votre très humble et très affectionné in Christo».

    Étant donné que cette lettre présente un schéma qu'on retrouvera partout ailleurs dans les autres et pour éviter des répétitions, nous reproduisons une partie de cette lettre :

    Le vaste plan d’attaque contre la foi catholique, à l’intérieur même de l'Église, se déroule avec une habileté vraiment satanique. Que de prêtres, hélas!, y prennent part, souvent par pure légèreté (pour «être de son temps» !). Bien peu sont angoissés par cette défensive de la «puissance des ténèbres», que pourtant le Saint-Père a si souvent dénoncée. Veuille Votre Excellence prier et faire prier (Vous disposez d’un magnifique «capital» de prière !) pour que Jésus N.-S. «Vie qui est la Lumière des hommes», déjoue par St. Michel et les légions angéliques la propagande des doctrines de négation (2).

    Cette lettre nous dit déjà, ce que les autres répéteront, le très grand attachement à leur Église que partagent Mgr Cabana et Mgr Romeo (3). Elle nous instruit, en même temps, sur l’anxiété profonde qui les ronge devant tous les comportements pervers des ennemis intérieurs et extérieurs de l’Église, des nombreuses hérésies qui ébranlent la sainte Tradition de l’Église. D’où, bien évidemment, l’urgente nécessité qu'ils partagent également, de promouvoir un enseignement qui «suive à la lettre les directives du Saint-Père».

    La motivation sera grande et tenace pour promouvoir la fondation d’une faculté de théologie, sous le regard attentif et sévère de Rome en même temps que se révélera rapidement la figure et la couleur de cette faculté.

    L’analyse un peu détaillée de la première lettre disponible de Mgr Romeo, appelle naturellement une analyse du schéma classique de la lettre-réponse de Mgr Cabana.

    -- Exceptionnellement, cette lettre ne contient pas de chèque;
    -- assurance d’un attachement commun au Saint-Siège et pour toutes les directives du pape;
    -- son dernier avis a été suivi;
    -- nouvelle demande d'avis touchant l’évêque de Nicolet (évêque suffragant de l’archidiocèse de Sherbrooke);
    -- accord sur les dangers qui menacent l’Église et l’archidiocèse de Sherbrooke;
    -- déclaration de reconnaissance pour les services déjà rendus;
    -- accueil de toute nouvelle suggestion;
    -- liste des efforts que fait Sherbrooke pour se rendre digne d'obtenir une université (il faut lire faculté) franchement catholique.

    Avec promesse de ne pas récidiver, nous présentons quelques parties de cette lettre de Mgr Cabana à Mgr Romeo en date du 6 octobre 1958.

    Selon votre avis j’envoie une demande d'affiliation à Son Éminence le cardinal Pizzardo, avec entente que nous aurons une agrégation. Ne croyez-vous pas que Mgr Martin, de Nicolet, devrait aussi être affilié. Il ne faudrait pas trop retarder, car il ne comprendrait pas trop bien pourquoi Sherbrooke est affiliée et Nicolet ne l'est pas. Vous savez combien nous désirons dans la province ecclésiastique de Sherbrooke protéger notre milieu contre toutes les influences délétères qui nous viennent d'ailleurs.

    Vous voudrez bien me faire savoir quelles démarches il nous faudra continuer. Je sais que vous comprenez notre situation et que vous ferez tout en votre pouvoir pour nous donner un bon coup demain. Vous avez bien raison de nous recommander d’avoir l'œil ouvert et de faire étudier nos gens. Déjà nous avons commencé à élaborer des plans d'étude. Nos aumôniers d'action sociale se préparent un plan. J’ai demandé aux prêtres du Grand Séminaire de préparer un plan pour étudier les anges (bons et mauvais) [...]

    Si vous avez des suggestions à me faire ne vous gênez pas. Nous voulons établir une université catholique.

    Une négociation établie sur un plan d'action aussi précis et efficace ne pouvait pas ne pas réussir. Pareille méthode appliquée à l’obtention d'une université avait porté ses fruits après quatre années d'efforts incessants; étonnamment, il en faudra six pour obtenir l’érection de la faculté canonique de théologie.

    L'argumentaire : l'horizon

    L’argumentation se situe sur une toile de fond qui, par des touches successives de couleur et d'importance variées, est peinte des dangers qui menacent la foi, les mœurs, l’Église, le magistère et de la nécessité d’institutions d’enseignement assurant la formation de catholiques instruits et vertueux. Voici quelques exemples :

    Ces dangers se multiplient, d’où l’urgence de la riposte dont un élément majeur sera de «suivre à la lettre les différentes directives du Saint-Père». Les couleurs de ces dangers réels : «vaste plan d'attaque contre la foi catholique» et «offensive de la puissance des ténèbres».

    Les «fils des ténèbres» sont beaucoup plus «prudents» que ceux qui ont mission de sauver les âmes. Il est très triste de constater qu’ici l’on ne se préoccupe guère, en dehors du Saint-Père, qu'on isole le plus possible, des conquêtes de Satan. Parmi le clergé «libéré» ou «émancipé», la foi décline lamentablement. Bien de nos confrères, depuis quinze ans, ravalent tout au niveau -- naturel, humain, mondain, sont très fiers des valeurs terrestres et revendiquent comme finalité le progrès social et les biens temporels. Le matérialisme socialiste (ou social) se répand en Occident non moins qu’en Orient.

    La lutte est maintenant à l'intérieur de l’Église. Garder ou nier (plus ou moins ouvertement) la foi traditionnelle. L'essence même de la religion catholique est en jeu. To be or not to be. Beaucoup d’ecclésiastiques (surtout cénobites) se sont adjugé la tâche de détruire les bases mêmes du catholicisme pour mettre à leur place les « idées modernes» dites aussi «idées de l'avenir». L’audace de beaucoup de cénobites (s.j., o.p., etc.) ne connaît plus de bornes. Il faut voir comment ils dépeignent aux yeux des jeunes (en leur chuchotant à l’oreille) le pape et les évêques, «qui ne savent rien, qui ne comprennent rien...»

    Que c’est terrible, aujourd’hui que de s'opposer aux «organisations» qui, à l’intérieur même de l'Église, s'emparent de certains leviers pour vider notre religion de tout contenu, pour démolir la révélation biblique en lui substituant la «pensée d’aujourd'hui» contre toutes les directives du magistère (pape et évêques)! Il nous faut beaucoup prier, car l'assaut des modernistes d'aujourd’hui est bien plus vaste et bien moins contenu que celui de 1900-1907!

    Ici la lutte pour la foi est de jour en jour plus pénible. L'idée que propagent les prêtres et religieux progressistes qui se disent «savants», c’est que notre foi, ne s’appuie pas sur des faits historiquement démontrables. Les faits eux-mêmes relatés par les Évangiles sont la création de la foi des communautés chrétiennes primitives. Par conséquent la résurrection de Jésus-Christ, la primauté conférée à Pierre par Jésus, tout le reste, sont des créations de la foi. Notre religion est réduite à un cercle vicieux. Le monítum du Saint-Office 20-S-1961 veut enrayer cette apostasie. Mais les soi-disant «savants» de l'Institut biblique, qui disposent de beaucoup de moyens, ont fait savoir partout que le monitum ne condamne aucune erreur, «mais qu’il recommande seulement de la prudence» pour que les «conquêtes des savants» ne scandalisent pas les ignorants... Ils ont réussi à noyauter l'encyclique Humani generis de 1950; ils espèrent bien réussir pour un simple monitum. En comparaison de cette lutte pour sauvegarder les fondements mêmes du christianisme, tout le reste est peu de chose... (4)

    Dans une lettre en date du 30 juillet 1963, Mgr Cabana énumère, à son tour, quelques dangers qui affligent l’Église de Sherbrooke et qui peuvent être évités grâce à tout ce qui se fait déjà à Sherbrooke et qui se ferait encore mieux par les retombées bénéfiques d’une faculté canonique de théologie qui encouragerait le travail remarquable de nombreux prêtres de Sherbrooke.

    L’argumentaire spécifique

    Les arguments invoqués par Mgr Cabana en vue de l'obtention d'une faculté canonique de théologie se présentent sous diverses formes. Il les exploite toujours avec habileté.

    Bien sûr, comme nous pensons l’avoir montré, l’argumentaire général englobe les nombreux dangers qui menacent la foi, l'Église et son magistère et, en conséquence, soutient la nécessité de renforcer l'orthodoxie catholique grâce à une meilleure formation théologique qui serait étroitement supervisée par Rome. Mais Mgr Cabana sait être plus précis. Faisant preuve de son efficacité habituelle, il formulera des demandes successives et progressives qui le conduiront à une victoire finale.

    Dans un premier temps, il demande que les grands séminaires de Sherbrooke, de Saint-Hyacinthe et de Nicolet -- en somme de l'archidiocèse de Sherbrooke --, soient affiliés à la Faculté de théologie de l’Université du Latran. Dès 1958, dans une lettre à Mgr Romeo, en date du 29 octobre, il formule ainsi sa demande : «N’y aurait-il pas moyen que les trois grands séminaires de la province ecclésiastique de Sherbrooke : Sherbrooke, Saint-Hyacinthe et Nicolet, puissent donner le baccalauréat? Ce serait important pour nos étudiants qui vont étudier à Rome. «Ce serait en même temps faciliter les relations entre les trois diocèses où les évêques collaborent aux mêmes œuvres [...] Je sais que vous ferez tout votre possible pour solutionner ce problème (5).»

    Dès le 11 mars 1959, Mgr Romeo, tout en lui suggérant un peu de patience, l’assure que : «Pour l’affiliation à la Faculté de théologie du Latran des trois studía theologica de la province ecclés. de Sherbrooke, [...] Pour votre arrivée à Rome, tout sera bien mûri et vous emporterez le décret d'affiliation avec vous (6).»

    Or, du moins à l’époque, la Faculté de théologie du Latran portait fièrement la réputation d’être tout à fait orthodoxe et d’entretenir des liens étroits avec la hiérarchie ecclésiastique de Rome.

    Dans les années 1960, le Québec vit les années de la révolution tranquille et on peut penser que déjà mai 68 se prépare en Europe, l’Église est malmenée. Tout est remis en question. D’où les inquiétudes de l’archevêque de Sherbrooke et de Mgr Romeo à travers leur correspondance. Leurs inquiétudes -- et plus particulièrement celles d’un évêque -- sont continuellement alimentées par un monde en ébullition et en mode rejet. Le clergé est vulnérable à ces dangers qui touchent la foi et les mœurs.

    Rome ne peut être insensible à cette ébullition. Elle qui, peut-être déjà, prépare le concile Vatican II. En tout cas, Mgr Romeo, qui enseigne à l’Université du Latran, n’est pas insensible. À tout le moins, les séminaristes doivent être «armés» pour faire face à ces nombreuses hérésies, pratiques ou doctrinales, et l'Université du Latran s'y emploie.

    C'est d’ailleurs à cette Université du Latran que l’archevêque de Sherbrooke inscrit les prêtres qu’il envoie «aux études». Il en fera un argument qu’il servira aux autorités romaines avec une insistance qui frisera la mauvaise humeur. C°était en 1963 et dans une très longue lettre en date du 30 juillet adressée à Mgr Romeo. C’était une période où les négociations en vue d'obtenir l’érection d’une faculté canonique s’étaient sérieusement corsées sans doute parce que le cardinal Pizzardo lui avait rappelé, dans une lettre précédente, les exigences très élevées que la Sacrée Congrégation imposait à une faculté canonique de théologie. (Nous reviendrons sur cette période particulièrement intéressante et éclairante). Qu’il suffise, ici et en ce moment, de citer la partie de sa lettre où Mgr Cabana, avec une conviction non feinte, plaide son attachement, sinon sa dévotion, à l’Université du Latran.

    J’ai dû dépenser depuis 1954 près de 60 000$ pour tenir des étudiants à Rome. En 1963, j’en avais 6; en 1962, 7; cette année j’en aurai encore 4. Si vous croyez que c’est du temps perdu, j’aimerais mieux le savoir tout de suite. J’ai envoyé mes prêtres dans les universités les plus recommandables (7).
     
    Déjà en 1959, plus précisément le 11 mars, Mgr Cabana avait obtenu l’affiliation des grands séminaires avec le Latran. Le protocole vaut pour cinq ans, soit jusqu’en 1964. Grâce à cette affiliation à l'Université du Latran, Mgr Cabana permettait aux séminaristes des trois grands séminaires de son archidiocèse de voir leurs études théologiques sanctionnées par un diplôme universitaire, c’est-à-dire un baccalauréat parfaitement canonique aux conditions habituelles.

    Par souci de vérité, il faut ajouter que tout le monde ne partageait pas l'opinion généreuse de Mgr Cabana touchant la Faculté de théologie de l'Université du Latran. Déjà à l’époque, certains étudiants, nouveaux diplômés du Latran, se plaindront que leur diplôme n’est pas reconnu dans les autres universités. Et, progressivement, plusieurs prêtres de l'archidiocèse de Sherbrooke choisiront d’aller parfaire leur formation dans d'autres universités, à Rome ou ailleurs.

    Nouvelle demande

    La stratégie se corse. La prochaine demande portera sur une possible affiliation à une université canadienne (on peut lire sherbrookoise).

    À cette époque, la province ecclésiastique de Sherbrooke comptait trois grands séminaires auxquels s’ajoutaient les études théologiques de l'abbaye de Saint-Benoît-du-Lac. Ensemble, ces institutions comptaient quelque 160 étudiants, tous clercs. (On verra qu’en 1969, quand un certain nombre de ces séminaires rejoindront la Faculté de théologie installée sur le campus, les chiffres auront dramatiquement fondu.) La qualité des corps professoraux faisait que plusieurs de ces étudiants étaient aptes à soutenir les exigences de l’Université du Latran et à se mériter le diplôme de baccalauréat. (Même si sur les 34 professeurs qui composent ces quatre corps professoraux, une dizaine seulement seront accrédités par la Sacrée Congrégation comme professeurs d’une faculté universitaire strícto sensu [dans le sens où Rome l’entendait].)

    La grande préoccupation de Mgr Cabana, préoccupation qu’il veut faire partager à la Sacrée Congrégation par l’entremise de son grand ami Mgr Romeo, est donc «le bien total» de ses grands séminaristes. Pour ses grands séminaristes clercs, il plaidera qu’une affiliation à une faculté de théologie canadienne leur vaudra des bourses d’études et peut-être des subventions à leurs institutions. Il plaide cette cause devant Mgr Romeo dans une lettre qu’il lui adresse en date du 16 avril 1960 :

    Le gouvernement de Québec a commencé à solutionner avec le gouvernement d’Ottawa la question des universités. L’Université de Sherbrooke a déjà reçu près d’un million de dollars. Les collèges classiques recevront une moyenne de 270 $ par étudiant universitaire (à partir de «belles-lettres à philosophie» inclusivement). Dans les autres provinces, les séminaristes des séminaires de théologie reçoivent une allocation de 200 $ (dans quelques provinces un peu plus). -- Ce n'est pas encore décidé dans la province de Québec. On exige l'affiliation à une université canadienne pour la réception de cet octroi, -- N’y aurait-il pas moyen d’affilier nos trois grands séminaires de Sherbrooke, Nicolet, Saint-Hyacinthe à l’Université de Sherbrooke. Si Québec donne des octrois aux grands séminaires, ces trois grands séminaires ci-dessus mentionnés pourraient en recevoir (8).

    Cette demande révèle on ne peut plus clairement la conception que Mgr Cabana se fait de la faculté de théologie canonique qu’il veut obtenir de Rome: une institution universitaire qui permet aux grands séminaires d’être affiliés à une université canadienne afin de recevoir des subventions tout en continuant à dispenser eux-mêmes l’enseignement théologique aux futurs prêtres. Rome se fait une conception différente d’une faculté de théologie.

    Les «anciens séminaristes»

    Toujours pour ses clercs, Mgr Cabana étend sa sollicitude jusqu’aux prêtres non inclus dans le protocole de 1959 mais qui auraient été jugés aptes à subir l'examen du Latran à la fin de leurs études dans les différents grands séminaires. Il confie cette proposition à Mgr Romeo et dans une lettre en date du 29 octobre 1959, il affirme ou presque, que les préfets d’études pourraient les inscrire et... à moins que son aviseur romain le lui défende.
     
    Ils m'ont demandé s’ils pourraient faire subir l’examen à des jeunes prêtres qui avaient le pourcentage requis sur leurs examens durant leurs années de grand séminaire. Nous en avons dans les trois grands séminaires qui seront des étudiants dans les facultés de théologie à Rome ou ailleurs. Il serait bien important qu’ils aient leur baccalauréat. Je leur ai dit qu’ils pourraient les inscrire et leur faire subir l’examen à la fin de l’année comme on le fait à Montréal et à Québec (à ce que l’on m’a dit).

    On enseignera cette année l’hébreu ou le grec biblique. À Nicolet on a un professeur d’arabe. On se propose de faire des recherches en équipe. Je suis revenu enchanté du bel esprit et de la poussée vers les études que donnera l’affiliation au Latran. Si vous croyez que nous ne devrions pas présenter ces jeunes prêtres, veuillez me le faire savoir (9).

    Cette autorisation fut accordée -- mais beaucoup plus tard.

    La province ecclésiastique de Sherbrooke

    C°est Mgr Desranleau, alors évêque du diocèse de Sherbrooke, qui, après avoir ouvert son diocèse à des nombreuses communautés religieuses et après avoir multiplié de manière presque exponentielle le nombre de paroisses, avait obtenu, le 2 mars 1951, l’érection de la province ecclésiastique de Sherbrooke. Ce succès lui avait valu d'être lui-même promu archevêque. La nouvelle province ecclésiastique comprenait, outre le diocèse de Sherbrooke, les diocèses, devenus suffragants, de Saint-Hyacinthe et de Nicolet.

    Monseigneur Cabana utilisera, tout au long de ses négociations, la «carte archidiocèse» pour démontrer que le projet d'une faculté de théologie favorisera la collaboration entre les trois diocèses et que, grâce au regroupement des institutions, de théologie, les études théologiques connaîtraient un nouvel essor. Surtout, si une faculté canonique permettait de canaliser cet essor.  En cela, il anticipait une recommandation du concile Vatican II, ainsi que certaines recommandations de la Commission royale d’enquête sur l’enseignement (1963-1964).

    Avec son habileté et sa ténacité habituelles, il réussit à convaincre Mgr Martin, évêque de Nicolet, des avantages pour son grand séminaire et son diocèse de la fondation d’une faculté de théologie. Il réussit, moins facilement semble-t-il, à obtenir la collaboration de Mgr Douville, évêque de Saint-Hyacinthe. Il était connu que le cardinal Pizzardo tenait Mgr Martin en très haute estime. Le cardinal Pizzardo était préfet de la Sacrée Congrégation des séminaires et universités (SCSU). La SCSU était le dicastère romain qui accorderait ou non une faculté canonique de théologie. Monseigneur Martin se voyait donc attribuer une importance toute particulière. Est-ce pour cette raison que la documentation disponible contient exclusivement des échanges épistolaires entre Mgr Cabana et Mgr Martin?

    Quelle est la force de cet argument et qu'en est-il de la cohésion de l’archidiocèse? Selon quelles conditions la collaboration a-t-elle été obtenue et accordée? Il vaut la peine d’y regarder d’un peu plus près. Rappelons d'abord pour mémoire que Mgr Douville, évêque de Saint-Hyacinthe, avait déjà manifesté son opposition à la création de la province ecclésiastique de Sherbrooke et qu’il avait carrément refusé son concours au projet de fondation de l’Université de Sherbrooke. Rappelons aussi que l'évêque de Saint-Hyacinthe avait entrepris des tractations avec le Grand Séminaire de Montréal en vue d’une affiliation. C’est Mgr Cabana qui nous le révèle dans une lettre à Mgr Romeo en date du 29 octobre 1958 (10). Notons au passage que Mgr Cabana avait lui-même demandé, le 1er février 1953, une affiliation de son grand séminaire à la Faculté de théologie de l’Université Laval.

    D’autre part, Mgr Martin, évêque de Nicolet, ne cachait pas son admiration pour l’Université Laval et sa faculté de théologie. Son amitié pour Mgr Cabana lui commandait, bien sûr, une collaboration à tout prendre utile et facile dans les circonstances actuelles. Quand se présenterait l’occasion d’un choix, on peut penser que des considérations intellectuelles ne favoriseraient pas Sherbrooke. La fondation de l’Université du Québec avec une succursale à Trois-Rivières allait peut-être offrir ce choix. Nicolet suivrait-il Sherbrooke et Saint-Hyacinthe en permettant à ses séminaristes de fréquenter la faculté canonique de théologie établie sur le campus de l’Université de Sherbrooke? La réponse sera négative. Ces divers éléments nous permettent de douter de la solidité de la cohésion entre les trois diocèses. De son côté, Rome n’avait sans doute aucune bonne raison d'en douter. Plus important, on verra plus loin à quelles conditions l’affiliation de leurs grands séminaires à la Faculté de Sherbrooke avait été consentie par les évêques de Saint-Hyacinthe et de Nicolet.

    À ces arguments importants et susceptibles de convaincre les autorités romaines, Mgr Cabana en ajoute quelques autres qu’il suffit d'évoquer: le voisinage d’une faculté de théologie protestante, les multiples petits efforts faits par Sherbrooke pour rehausser la qualité de la vie intellectuelle dans les institutions théologiques, par exemple: élaborer des plans d’étude, cours sur les anges (mauvais et bons), introduction de l'étude du grec, de l’hébreu, etc.

    Ainsi donc, au tournant des années 1960,

    -- les grands séminaires de la province ecclésiastique de Sherbrooke, ainsi que l’abbaye de Saint-Benoît-du-Lac, étaient affiliés -- depuis 1959 et, pour une durée de six ans -- à la Faculté de théologie de l’Université pontificale du Latran, à Rome. Grâce à cette affiliation, les étudiants, tous clercs, de ces établissements pouvaient obtenir un baccalauréat parfaitement canonique en théologie;

    -- de toute évidence, cette affiliation n’était qu'une mesure temporaire destinée à prendre fin dès que Rome émettrait le décret d’érection canonique d’une faculté de théologie à l'Université de Sherbrooke; Mgr Romeo le confirme, dans une lettre en date du 26 novembre 1960: «Nous pouvons commencer à organiser, peu à peu, la Faculté (canonique) de théologie de l’Université de Sherbrooke. Avec la fin de la période d’affiliation au Latran, soit, en 1964, commencera la Faculté de théologie autonome de l’Université de Sherbrooke.» Et il conseille d’en faire la demande pour «l’ensemble des études ecclésiastiques (11)», l’horizon de Rome demeurant toujours la faculté canonique.
     
    Il est également clair que Rome n’était pas pressée d’émettre ce décret, vu que les démarches pour son obtention semblent bien remonter aussi loin que 1958 et que l’aviseur romain, Mgr Romeo, conseille à Mgr Cabana de revenir à la charge -- «encore cette année» -- auprès de la Sacrée Congrégation des séminaires et universités; on voit nettement, par ailleurs, l'existence d”une double urgence à Sherbrooke: 1) les octrois. aux grands séminaires et 2) la diplômation des enseignants religieux et laïcs; la création d'une faculté civile de théologie apporterait une certaine solution aux problèmes posés par la double urgence indiquée ci-dessus et, de surcroît, pourrait hâter l’avènement de l'érection canonique dans la mesure où elle contribuerait à mettre en place les conditions gagnantes exigées par Rome.
     
    En 1959, Mgr Cabana obtient l’affiliation de ses grands séminaires à l’Université du Latran. Dès 1960, il suggère à Mgr Romeo que les grands séminaires soient affiliés à une université, canadienne (en l’occurrence, celle de Sherbrooke) afin que ces institutions, ainsi que les étudiants, puissent bénéficier de certaines subventions accordées par le gouvernement du Québec. Pareille affiliation à une université canadienne permettrait en même temps aux enseignants religieux et laïcs de recevoir des diplômes.

    Il semble difficile d’affirmer que Rome ait été sensible à cet argument. Coïncidence ou non, Rome prend l’initiative de suggérer à l’Université de Sherbrooke de fonder une faculté civile de théologie.

    L’idée de fonder une faculté de théologie civile dans une université catholique et canonique est donc venue de Rome. Considérant la fameuse «Note romaine» touchant la Faculté de théologie de Montréal, il paraît très remarquable qu’au vu et au su de la Sacrée Congrégation et avec son assentiment, et sur le conseil d’un de ses membres, l’Université de Sherbrooke se soit donnée une faculté civile de théologie.

    Il faut aussi dire que la Sacrée Congrégation n’était pas très pressée d’accorder l’érection canonique, compte tenu de la piètre qualité du dossier de Sherbrooke en comparaison des exigences très élevées qu’elle imposait quant à l’excellence académique. Comme nous le constaterons -- abondamment --, la Sacrée Congrégation avait le souci très aigu de ne pas compromettre le prestige scientifique de l’Église.

    Dans une lettre en date du 24 mai 1961, Mgr Cabana annonce à Mgr Martin, évêque de Nicolet : 

    J’ai écrit à Son Éminence le cardinal Pizzardo pour lui annoncer que nous fonderions à l’Université de Sherbrooke une faculté de théologie au point de vue civil, comme me l’avait conseillé Mgr Romeo. Son Éminence me répond (le 9 mai 1961) : «Je serai toujours à votre disposition, Excellence, pour faciliter l’efficacité de vos grands séminaires et j’espère que, avec la grâce du Seigneur, on pourra aplanir les difficultés éventuelles (12)».

    Cette réponse du cardinal Pizzardo est doublement étonnante: d’une part, à l’annonce de la fondation d’une faculté civile de théologie qui visera, par défaut, une clientèle laïque, il répond en référant à l’«efficacité de vos grands séminaires» comme pour rappeler l’objectif vrai du projet; d'autre part, à la joie de Mgr Cabana, il soulève l’hypothèse de «difficultés éventuelles.»

    Monseigneur Cabana ne s’arrête pas à ces détails. Immédiatement, son charisme d’entrepreneur prévoit un plan d’action :

    Nous resterons affiliés à l’Université du Latran [...]
    Mgr Romeo me suggère que nous demandions, encore cette année, une faculté de théologie canoniquement érigée [...]
    Il faudra apporter des améliorations à notre programme [...]
    Il sera suffisant de nommer un doyen avec un conseiller -- un prêtre -- dans chaque diocèse [...]
    Nous pourrions nommer l’abbé Marc-André Poulin de Sherbrooke, doyen de la faculté civile de théologie [...]
    La faculté pourrait décerner des diplômes à nos religieux et religieuses et laïcs qui suivent des cours de religion [...]
    Au point de vue des octrois, nous serions plus dans l'ordre (13).

    Au sujet des octrois souhaités, deux documents fournissent les informations suivantes: un premier document provenant des archives personnelles de l’abbé Marc-André Poulin, alors vice-supérieur du Grand Séminaire de Sherbrooke et doyen de la faculté civile indique d’une part que «de 1961 à 1969, les subventions des gouvernements accordées aux universités nous (le Grand Séminaire) ont rapporté 166 316,01 $ et d”autre part qu’«il n'y aura plus (en 1969) de subvention du gouvernement, nos. étudiants étant tous inscrits à l’université même»; un autre document, le procès-verbal de la 7e réunion du conseil de la faculté (civile) de théologie, en date du 14 août 1962, nous apprend «que le gouvernement provincial n'accordera pas de bourses d’études aux étudiants du Grand Séminaire cette année (14)». Cette question des subventions n'est décidément pas claire.

    Notes

    (1) SAAS, A13/A3, 6.3.1, lettre-réponse de Mgr Georges Cabana, archevêque de Sherbrooke, à Mgr A. Romeo, 18 août 1961.
    (2) SAAS, A13/A3, 6.3.1, lettre de Mgr A. Romeo à Mgr Georges Cabana, 30 septembre 1958.
    (3) SAAS, A13/A3, 6.3.1, lettres de Mgr A. Romeo à Mgr Georges Cabana, 6 octobre 1958 et 8 septembre 1959.
    (4) SAAS, A13/A3, 6.3.1, lettre de Mgr A. Romeo à Mgr Georges Cabana, 8 septembre 1959.
    (5) SAAS, A13/A3, 6.3.1, lettre de Mgr A. Romeo à Mgr Georges Cabana, 29 octobre 1958.
    (6) SAAS, A13/A3, 6.3.1, lettre de Mgr A. Romeo à Mgr Georges Cabana, 11 mars 1959.
    (7) SAAS, A13/A3, 6.3.1, lettre de Mgr Georges Cabana à Mgr A. Romeo, 30 juillet 1963.
    (8) SAAS, A13/A3, 6.3.1, lettre de Mgr A. Romeo à Mgr Georges Cabana, 16 avril 1960.
    (9) SAAS, A13/A3, 6.3.1, lettre de Mgr Georges Cabana à Mgr A. Romeo, 29 octobre 1959.
    (10) SAAS, A13/A3, 6.3.1, lettre de Mgr Georges Cabana à Mgr A. Romeo, 29 octobre 1958.
    (11) SAAS, A13/A3, 6.3.1, lettre de Mgr A. Romeo à Mgr Georges Cabana, 26 novembre 1960
    (12) SAAS, A13/A3, 6.3.1, lettre de Mgr Georges Cabana à Mgr A. Romeo, 24 mai 1961.
    (13) Ibid.
    (14) Extrait du procès-verbal de la 7e réunion du conseil de la faculté (civile) de théologie, 14 août 1962.
     

    Date de création : 2017-09-19 | Date de modification : 2017-09-20

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