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    Dossier: Art

    Les arts ont une valeur infiniment plus éducatrice que la technique

    Thomas De Koninck

    Les arts du beau ont, à vrai dire, une valeur infiniment plus éducatrice – vitale pour tous, par conséquent – que la technique et la technoscience. Ils concernent, encore une fois, l’être humain tout entier, et sont désirables déjà pour eux-mêmes, c’est-à-dire font sens et donnent sens par eux-mêmes, cependant que ces dernières sont confinées au statut de moyens, et incompétentes quant aux fins qui les commandent. Ils contribuent à élever la raison au-dessus de la simple détermination des moyens (où la technique est reine), jusqu’à celle, autrement plus difficile et plus cruciale, des fins. (Ainsi la vitesse des trains des camps de concentration nazis, pour reprendre l’exemple d’Adorno, ou celle, si on préfère, des armes de mort qui détruiront la planète, par opposition à la vitesse de communication d’informations médicales permettant de sauver des vies humaines.) Piaget a bien fait voir que « l’intelligence sensori-motrice ne recherche que l’adaptation pratique, c’est-à-dire qu’elle vise seulement à la réussite ou à l’utilisation, tandis que la pensée conceptuelle tend à la connaissance comme telle ». Le passage de l’enfant à la « pensée verbale ou conceptuelle » présente de nombreuses difficultés. Aussi longtemps que l’enfant en reste à des assimilations sensori-motrices « et quelle que soit la précision de l’accommodation dont elles font preuve », il y a toujours « la notion d’un résultat pratique à atteindre : par le fait même que l’enfant ne peut pas traduire ses observations en un système de jugements verbaux et de concepts réflexifs, mais simplement les enregistrer au moyen de schèmes sensori-moteurs, c’est-à-dire en esquissant des actions possibles, il ne [127] saurait être question de lui attribuer la capacité de parvenir à de pures constatations ou à des jugements proprement dits ». En tant que telle, une formation purement technique ne permet pas d’accéder au plan réflexif, mais maintient le sujet au stade infantile du sensori-moteur, dans la nuit qui recouvre l’activité technique tant qu’elle n’a pas été éclairée par la réflexion (173).

    Certains bienfaits de la technologie sont trop évidents pour qu’on y insiste. Elle permet notamment d’espérer qu’on puisse résoudre certains des problèmes flagrants d’inégalités dont il a été question au chapitre premier, grâce à l’organisation sociale qu’elle pourrait mieux assurer à condition d’être mise entre les mains de personnes éthiquement intègres. Il reste qu’à son plus bas, la mentalité technicienne s’associe à l’esprit de puissance et s’avère incapable de voir qu’il y a une question du sens. C’est bien ce que veut dire au reste le mot in-sensé. « Sans la beauté de l’esprit et du cœur, écrit Hölderlin, la raison est comme un contremaître que le propriétaire de la maison a imposé aux domestiques : il ne sait pas mieux qu’eux ce qui doit résulter de leur interminable travail, et se contente de crier qu’on se dépêche ; encore est-ce tout juste s’il ne regrette pas que le travail avance : celui-ci terminé, il n’aurait plus d’ordres à donner, et son rôle serait joué. » L’action technicienne a des objectifs à court terme (fabriquer des engins de destruction massive par exemple), pas des finalités proprement dites ; l’effort du technicien devient alors au contraire sa propre finalité et trouve sa justification dans la [128] simple réalisation de ce qui est techniquement possible. Il n’est aucune raison technique pour ne pas fabriquer autant que faire se peut des armes de mort. À pareil niveau, le nihilisme implicite dans la mentalité technicienne ne reconnaît plus même la détresse qui l’habite. Cette mentalité entraîne la disparition du sacré, puisque le transcendant, le religieux, échappent complètement au langage technologique, et elle entraîne la dévaluation du symbole, du signe, puisque ce dernier renvoie à autre chose, à du non-visible. C’est dans ce sens que nous comprenons la prédiction suivante de Dostoïevski : « La beauté est plus importante, la beauté est plus utile que le pain ! Non seulement on ne peut, on ne doit pas vivre, on doit rejeter la vie parce qu’il n’y a rien à faire. Les chemins de fer gâtent. On ne remplira pas la vie avec ça, la beauté seule est le but en vue duquel l’homme vit et la jeune génération périra si elle se trompe ne fût-ce que sur les formes de la beauté. » (174)

    Date de création : 2014-10-17 | Date de modification : 2014-10-17

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