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    Impression du texte

    Dossier: Journal intime

    Journal intime et adolescence au début du XXe siècle : l'exemple d'un dirigé spirituel de Lionel Groulx

    Stéphane Stapinsky

    Depuis toujours la chasse gardée des littéraires (1), l'étude du journal intime s'est grandement développée au cours des deux dernières décennies. Le contexte théorique de la post modernité, avec son souci du fragmentaire, du discontinu, de l'inachevé, y est sans doute pour quelque chose (2).

    L'intérêt des historiens pour une source comme le journal intime est plus récent. Il s'inscrit dans un renouvellement du questionnement apporté notamment par l'histoire des mentalités et l'anthropologie culturelle (3), ainsi que dans un courant plus large de valorisation du subjectif au sein des sciences sociales (4). On mentionnera, parmi les travaux historiques parus au cours des dernières années qui font usage de sources autobiographiques et en discutent certains problèmes, l'excellente Histoire de la vie privée, en particulier le tome 4 dirigé par Michelle Perrot (5).

    Au Québec, l'étude du journal intime et de la littérature personnelle en général, considérés dans une perspective historique, remonte à la fin des années 1970 et au début des années 1980, avec la parution des études de Françoise van Roey Roux (6) et de Pierre Hébert (7), de l'inventaire de sources d'Yvan Lamonde (8), des éditions critiques des journaux personnels de Lionel Groulx (9) et d'Henriette Dessaulles (10).
    .
    Le journal intime, bien qu'il soit rédigé au jour le jour, donc contemporain des faits qu'il relate, et, le plus souvent, sans souci de publication, n'est pas, contrairement à ce que laisse croire une idée reçue, le simple reflet d'une subjectivité «donnée ». On n'insistera jamais assez sur la nature textuelle du journal intime. Comme l'écrit avec beaucoup de justesse Michelle Perrot :

    Correspondances familiales et littérature « personnelle » (journaux intimes, autobiographies, mémoires), irremplaçables témoignages, ne constituent pas pour autant les documents « vrais » du privé. Ils obéissent à des règles de savoir vivre et de mise en scène de soi par soi qui régissent la nature de leur communication et le statut de leur fiction. Rien de moins spontané qu'une lettre; rien de moins transparent qu'une autobiographie, faite pour sceller autant que pour révéler (12).

    Dans le cas précis du journal intime, cette mise en scène de soi à soi implique, comme nous le verrons, l'existence de stratégies d'« encodage (13) », la mise en oeuvre de procédés, conscients ou inconscients, au moyen desquels le diariste peut dévoiler sa subjectivité tout en ayant l'air de ne pas le faire. Une attention particulière à la forme, à la structure du journal intime est donc nécessaire pour déceler ces stratégies.

    Selon Suzanne L. Bunkers, l'« encodage » est particulièrement fréquent dans le cas de journaux intimes rédigés par des individus appartenant à des milieux où le contrôle normatif est fort. Il apparaît « when it is necessary to suppress one's ideas or when one's right to speak has been denied. The writet's use of encoding in [his] diary or journal, then, becomes [his] way of breaking silences, that is, of finding avenues in which to speak, either directly or indirectly, about what has previously remained unspoken". » Le diariste « encode » ainsi son texte afin de maintenir « [...] a perceived sense of self (14) [...] ».

    Dans cet article, nous nous intéresserons au cas particulier du journal intime d'un élève du Collège de Valleyfield, en banlieue de Montréal, dirigé spirituel de Lionel Croulx.

    LE JOURNAL D'ALFRED

    Au préalable, il nous semble nécessaire de présenter brièvement le journal, son rédacteur ainsi que les circonstances qui entourent sa production.

    Le texte

    Le texte du journal comporte 333 pages réparties dans trois cahiers opisthographes (de respectivement 150, 150 et 33 pages) et couvrant au total un peu plus de deux années (du 12 septembre 1914 au 11 novembre 1916). Ce manuscrit est conservé au Centre de recherche Lionel Groulx et a été découvert parmi les papiers personnels de Groulx.

    Le diariste

    Alfred (15), étudiant au Collège de Valleyfield depuis cinq ans déjà, entre en deuxième année de philosophie à l'automne 1914. Il a 20 ans au moment où il commence à rédiger son journal et traverse ce qu'on appelait à l'époque, dans les collèges, la « crise de vocation ». Il hésite en effet, et ce jusqu'aux dernières semaines de sa dernière année de collège, entre le sacerdoce (vers lequel il sent que le pousse son milieu, et en particulier son directeur spirituel) et une carrière en médecine, donc la vie dans « le monde », où son « caractère », dit il, le porte. En proie à une crise de dépression sérieuse, il décidera de quitter le collège avant la fin de l'année scolaire pour s'inscrire en médecine, l'automne suivant, à l'Université Laval de Montréal. On sait, d'après les renseignements recueillis, qu'il en est sorti diplômé et qu'il a pratiqué, d'abord au Québec, puis en Ontario, jusqu'à sa mort survenue en 1961. On sait également qu'il s'est marié et a eu plusieurs enfants.

    Le contexte de rédaction

    Si l'on se penche maintenant sur le contexte de la rédaction du journal, on notera le fait essentiel que notre élève commence à le rédiger spontanément et qu'il le tient même pendant un certain temps (jusqu'au 22 janvier 1915, soit jusqu'à la page 84 du second cahier (16) à l'insu de son directeur spirituel. Cette précision nous paraît importante car, à l'époque où Groulx enseignait à Valleyfield, il suggérait à quelques uns de ses élèves (et cette suggestion tenait presque de l'exigence), dans le cadre de sa pratique de la direction spirituelle, la tenue d'un journal intime comme prolongement de l'examen de conscience (17). Avec le journal d'Alfred, nous sommes en présence d'un cas différent.

    S'il commence à le rédiger spontanément, quelles raisons invoque t il pour en justifier l'existence ? Trois motivations principales ressortent à la lecture du journal, qui sont communes à bien des diaristes : 1) le besoin d'un instrument visant à une meilleure connaissance de soi, 2) la nécessité d'un outil de perfectionnement moral, 3) le besoin d'un ami, d'un confident.

    Le présent journal intime n'est pas le premier rédigé par Alfred. En effet, deux autres l'ont précédé, mais ont été détruits, ainsi que le révèle un passage inscrit à la première page du premier cahier: « Pour la 3e fois je vais recommencer à faire du journal. Cette fois c'est décidé : je vais tenir. J'ai brisé et brulé [sic] dans mon mouvement de nerfs le premier que j'avais fait. Le même sort attendait celui que je commençai au lendemain de ma retraite de décision (18). »

    OCCULTATION ET DÉVOILEMENT DE LA SUBJECTIVITÉ DANS LE JOURNAL D'ALFRED

    Le rôle de miroir du journal intime à l'adolescence a été souligné par plusieurs spécialistes (19). II participerait au processus de maturation en interposant une image construite qui inciterait au changement. Ainsi que l'explique Sophie De Mijolla Mellor :

    l'adolescent, pour accepter d'entrer dans le mouvement d'un devenir autre, peut utiliser la médiation d'une image de lui même qu'il va construire et dépasser dans un écrit. C'est pourquoi il donne à l'écriture cette valeur de nécessité transitoire, relais en attendant que les autres et ses propres activités lui renvoient de lui même l'image de lui même d'un Je devenu réellement autre (20)

    Une fois le cap de l'adolescence passé, une fois sa voie déterminée, le jeune, le plus souvent, cesse d'écrire. Le journal intime aura constitué en quelque sorte un rite de passage.

    La rédaction d'un journal intime, dans le cas d'Alfred, s'insère dans un contexte de crise. Crise concernant son orientation de vie, mais aussi, plus profondément, crise en ce qui a trait à ses attitudes face à certaines normes relatives à l'importance à accorder au corps et à la sensibilité (21). Nous pensons que le journal intime n'a pas été, dans le cas d'Alfred, que le témoin de cette crise, mais qu'il lui a aussi permis de la rendre manifeste à ses propres yeux, ouvrant ainsi la possibilité de sa résolution.

    Pour que cela survienne, il faut toutefois que le diariste puisse, à tra vers son journal, garder contact avec une certaine image de lui même en plein transformation, malgré les contraintes normatives qui pèsent sur son écritur et qui façonnent sa manière de voir et d'exprimer la réalité. Diverses stratégies textuelles, conscientes ou inconscientes, structurées de manière variée, au moyen desquelles se dévoile sa subjectivité, ont donc été mises en œuvre. Nous examinerons les principales.

    La contradiction

    Une stratégie fréquemment rencontrée dans le journal d'Alfred et, à notre avis, l'une des plus significatives, consiste à poser une affirmatioi qu'on fera suivre, immédiatement ou non, d'une proposition qui la contre dit, qui vient en quelque sorte la neutraliser. La proposition affirmative s'écarte sensiblement du discours normatif ou le questionne, alors que la négation va généralement dans le même sens que lui. On notera signe capital, à notre avis, de leur valeur aux yeux du diariste que, s'il revien sur les propos qu'il a écrits, il ne les fait pas pour autant disparaître de soi journal. Mentionnons, à titre d'exemple, ce passage du second cahier: « Ce qu'il s'en est passé des choses depuis lundi ! ! ! ! J'ai eu de fortes, de très; fortes tentations de me laisser aller, en me disant qu'après tout je pourrai être sauvé sans me tenir toujours aux abois. Mais, Dieu m'a tenu assez fort que Satan n'a pas pu m'entraîner (22) »
    Il y a parfois contradiction lorsque survient un échec dans le cheminement moral du diariste. Selon un schéma récurrent, Alfred commence pai remercier la Providence de lui avoir envoyé une épreuve qui le mortifiera puis il se lamente, essaie d'expliquer ce qui lui est arrivé et conclut par k profession de sa soumission à la volonté divine, qui prend parfois la forme d'une phrase cliché (v.g. « Fiat voluntas dei »). On remarque pourtant qu'il revient la plupart du temps sur l'incident quelques lignes ou quelques pages. plus loin; ce qui ne peut que nous laisser sceptique quant à la profondeur de sa résignation à la volonté divine...

    Parfois, la contradiction n'est pas tant révélée par le contenu du texte, que par la forme, exagérément longue, de l'énoncé, qui paraît trahir une blessure intime :
    Je viens d'arriver un des derniers de ma classe avec une moyenne de 80 points. J'ai oublié complètement de répondre à une question dans ma composition de semaine. C'est un hasard permis par la Providence. Lorsque je m'en suis aperçu j'ai presque pleuré de rage, mais Dieu a permis que je revinsse à la raison assez tôt pour que je pusse

    Mon Dieu, j'accepte en vous bénissant cette épreuve que vous m'envoyez. Je vous promets de plus de ne pas m'excuser auprès [de mes] condisciples avec le but de me vanter et de faire croire que ce n'est qu'un accident. Vous avez voulu... Merci. C'est une mortification qui porte puisqu'elle s'attaque directement à mon orgueil ce qui me signifie assez. Eh! bien tout le profit, tout le mérite de ceci, mon jésus, je l'offre pour maman et la santé de Mr. Groulx.

    Pour moi, je ne te demande que de posséder une place dans ton Coeur. Fais donc une fois que je puisse Te placer au dessus de tout ce qui est terrestre et mortel. Donne moi donc, grand Dieu, un Coeur capable de t'apprécier et de t'aimer (23)...


    Quelquefois, la contradiction présente dans le discours n'est pas décelable au premier coup d'oeil. En effet, ce n'est qu'à la lecture de l'ensemble du journal qu'elle devient manifeste. Ainsi, notre diariste écrit: « C'est bien beau de dire que le coeur doit se taire devant la raison, seulement je ne suis pas encore assez aggueri : le coup est trop fort (24). » Plus loin, il affirme toutefois : « [...] Et où que j'irai je [veux] que ce soit la raison qui mène et non les passions (25)... »

    Le silence et l'allusion

    Suzanne L. Bunkers affirme que, dans les journaux intimes de femmes du Midwest américain de la fin du XIXe, « what remained unsaid [is] every bit as important as and, in some cases, more important than what was laid'(26)». C'est également vrai dans le cas du journal d'Alfred. La sexualité, par exemple, n'y est abordée qu'avec d'infinies précautions (27).

    Par ailleurs, lorsqu'il s'agit d'émettre une critique à l'endroit d'une figure de l'autorité, professeur ou directeur spirituel, notre diariste ne s'y prend jamais directement. Avec Groulx, en particulier, il est toujours des plus circonspects. Pourtant, lorsqu'on met en parallèle le contenu de certains passages de son journal avec ce que l'on sait des conceptions éducatives de Croulx à l'époque (28), on ne manque pas d'être frappé par un étrange contrepoint. S'il ne met jamais explicitement en cause son directeur ni ses idées, on peut néanmoins déduire, de certains passages de son journal, une forme de remise en question.

    Ainsi en est il, par exemple, de ces quatre extraits dans lesquels Alfred se démarque nettement de l'idéal de vie très exigeant proposé pal Groulx, avec son spiritualisme poussé, son volontarisme extrême :

    Enfin, mon Dieu, j'accepte tout. De grâce par exemple, laissez moi V. ! Laissez moi quelqu'un mon Dieu! Car je suis incapable de la résignation complète. J'avoue que je suis incapable de cette perfection (28).

    La résignation chrétienne a beau être chose sublime, le coeur humain a besoin de consolation de temps en temps (29)...

    Comment faire pour [arriver] à ceci. Oh! prier d'abord je le sais bien, mais je parle d'un moyen humain à employer. Je vais essayer de me servir d'un livre au lieu de vouloir tout faire par la méditation. Ce n'est pas aussi parfait, en soi, je le sais, mais de deux il faut choisir le moindre (30)...

    Parce que depuis un mois ou plus je me conduis moins mal qu'auparavant il me semble que je n'ai rien à me reprocher et que dire à jésus que je ne suis rien... ce n'est pas juste. (Pardon je ne suis pas allé tout à fait aussi loin: ce serait un blasphème). Il ne manquait plus que cela (31) !

    À propos des fréquentations féminines, vues d'un assez mauvais oeil par son directeur: « C'est vrai que je suis loin de repousser les rencontres de jeunes filles en vacances; mais en vacances, j'ai, je crois, le droit de m'amuser (33)... »

    Dans la correspondance adressée par Groulx à ses dirigés de Valleyfield (34) reviennent fréquemment des injonctions à lutter contre les débordements de l'émotivité, contre la « sensiblerie » : « Et puis, en remontant dans la tour, [...] V. prit ma tête et la pressa bien fortement sur son épaule. Et dans cet épanchement, bien loin de voir trop de sensiblerie ? je dois reconnaître le remède qui m'a peut être ramené (35). »

    Au début du second cahier, Alfred relate une aventure survenue avec l'un de ses condisciples. Après le rappel des faits, il écrit
    À part les manifestations sensibles témoignées, ce dont Dieu je vous remercie le plus c'est de l'impression que Vous m'avez permise lorsque la tête appuyée sur sa poitrine j'ai senti après 4 ans que quelqu'un m'aimait [...] Depuis presque 4 ans je n'avais senti autour de moi que défiance, haine ou pitié; je n'avais pas pu arriver à me convaincre que j'étais réellement aimé. Pour une nature telle que la mienne Dieu sait ce que c'était (36)...

    Un peu plus loin, après être allé voir son directeur, il ajoute: « Pendant 1 heure de temps nous avons causé. Bien indirectement monsieur Croulx m'a reproché d'être sentimentaliste et arriviste (37). » On peut observer, dans le cas de ce dernier exemple, une opposition nette avec la position du directeur de conscience, sur la question de la sensibilité.

    Alfred fait aussi usage de certains termes qui introduisent une indétermination quant aux personnes que visent ses propos. Par exemple, vers la fin du journal, le pronom indéfini « on » est utilisé à quelques reprises de manière assez saillante afin de désigner celui (ou ceux) qu'il blâme pour son échec et qui est, selon toute vraisemblance à cause de la référence aux mouvements d'Action catholique son directeur spirituel: « Ce n'est pas que je renie ces idées là mais on aurait dû comprendre que je n'étais pas capable de remplir ce poste et ne jamais me parler de ça Si moi aussi on m'avait laissé agir seul sans trop me mêler de tous ces mouvements, aujourd'hui je pourrais agir et faire comme je pourrais et ne compromettre personne (38) »

    L'utilisation particulièrement expressive de la ponctuation, surtout des points de suspension et des points d'exclamation, souvent répétés et combinés pour former des ensembles à la graphie saisissante, est à relever parmi les stratégies employées par notre diariste. L'emploi très fréquent des points de suspension accentue, chez le lecteur, le caractère allusif de certains passages, ou la charge d'ironie dont ils sont porteurs : « je me suis redemandé encore les quatre même grâces; être apôtre, être humble, être pur, et supporter chrétiennement toutes les épreuves que Dieu permet à Satan de m'envoyer (39)... »

    Les points d'exclamation, fort nombreux également dans ce journal, trahissent une émotivité à fleur de peau. Ils sont aussi utilisés afin de mettre en évidence un élément précis du discours, afin de lui donner une signification particulière pouvant différer de son sens explicite. Par exemple: « Cette pensée et le souvenir de V. m'ont occupé une grande partie de la journée. Grand Dieu que je l'aime donc lui (40) » !!!

    Le soulignement de certains termes, parfois suivis d'autres signes de ponctuation, permet également d'exprimer une insistance, ou d'attribuer à certains mots ou groupes de mots une connotation particulière. Toujours perplexe quant au choix de sa vocation, il écrit, s'adressant au Christ: « Mon plus grand désir, Jésus, c'est de devenir parfaitement convaincu que c'est Toi et Toi seul qui peux me satisfaire pleinement et d'orienter ma vie en ce sens (41). »

    La représentation de Dieu

    Pierre Hébert a montré l'importance de l'étude des narrataires dans le cas du journal intime de Lionel Groulx, directeur spirituel d'Alfred (42). Dans le journal de ce dernier, on observe également la présence de plusieurs narrataires, dont le plus important, tant par le nombre des occurrences que par le rôle qu'il joue, est Dieu, dans ses différentes manifestations (le Père, Jésus, le Sacré Coeur). Un examen révèle que le diariste met en scène ces diverses représentations de Dieu dans le cadre de certaines stratégies textuelles. La connivence intime (au delà des mots) que la présence de Dieu implique, évite d'abord d'avoir à tout dire, à tout écrire dans le journal : « je m'ennuie... De quoi ?... J'ai hâte... De quoi ? Je songe... À quoi ? Dieu le sait (43) » ; « Il y a quelqu'un ici que je ne qualifie pas du tout mais pour qui vous connaissez mes sentiments. Vous savez le bien qu'il m'a fait; vous saviez quel appui il est pour moi; ne me l'enlevez donc pas, ô grand Dieu, si telle est votre volonté (44). »

    Lorsqu'une insatisfaction survient, Dieu peut également faire l'objet d'un chantage, ce qui contredit évidemment la soumission à la volonté divine professée bien haut en d'autres passages du journal et nous révèle peut être ses véritables sentiments: « Mon Dieu vous savez ce que ça va me casser moi [qui] n'arrête pas de fredonner. Je vous offre cela ! Et si cela ne fait pas, eh! bien [sic] je ferai autre chose. Car il me faut à tout prix obtenir cette guérison (45)... » Ailleurs, il écrit :

    Toute l'après midi, j'ai eu l'esprit traversé de pensées pas trop claires... Mon Dieu, pourquoi donc faut il qu'il tombe si vite l'enthousiasme du lendemain de ma retraite [?] Pourquoi permettez vous que je perde si facilement cette ardeur des premiers jours ? Pourquoi permettez vous que j'aie plus de difficulté à vouloir sans restriction ma vie à l'image de celle de Votre Fils incarné ? Ah ! je sais bien que tout ce que vous faites est sage" (46)

    L'invocation de Dieu permet également, à l'occasion, de faire passer, sans en avoir l'air une critique à l'égard du monde des hommes. Ainsi, plutôt que de s'en prendre aux figures humaines de l'autorité, il va interpeller Dieu, le talonner afin qu'il change le cours des événements. Par exemple, après avoir évoqué le second mariage de sa mère, auquel il s'était opposé à l'encontre de tout son entourage, et la situation de violence conjugale qui en est résultée, il écrit :

    Quand je demandais, grand Dieu, il y a deux ans de ne laisser s'accomplir ce mariage, pourquoi donc ne m'avez vous pas exaucé ? Sans doute alors j'avais tout contre moi : parents, directeurs, professeurs.

    On me fit même sentir qu'il y avait de l'égoïsme dans ma conduite. Je le crus moi même et me tût [sic] Hélas que d'événements depuis! [...] Avant longtemps je ne pourrai aller nulle part sans être montré du doigt, et surtout car, moi, je m'en fiche, je pourrai toujours me cacher, maman devra commencer à 45 ans un enre de vie tout nouveau. Jusques à quand Seigneur cela durera t il ? (47)

    L'ironie

    On perçoit, à travers l'ensemble du journal d'Alfred, une certaine ironie à l'égard de lui même, de sa tentative d'être un catholique exemplaire, un « apôtre », tentative qu'il paraît savoir vouée à l'échec. En maints endroits du texte est en effet perceptible une distance vis à vis de soi, comme si au fond il se connaissait bien et qu'il voyait clairement les efforts inutiles faits pour rejoindre un idéal de perfection qui est au dessus de ses forces. À titre d'exemples, citons les passages suivants :

    Mon caractère vient encore de se manifester. Je n'ai pas été capable [de] résister à la tentation de m'acheter une mitaine. [...] Demain ce sera autre chose et ainsi de suite (48)...

    J'ai eu une pensée presque continuelle à ma vocation depuis quelques jours. Ce matin même, j'ai presque dit en moi même qu'il ne s'agissait plus que de savoir si j'aimais assez jésus. [...] II m'en vient souvent de ces sortes de rêves. lis durent quelque temps, puis... je m'éveille (49).

    Un certain réalisme

    Alfred manifeste généralement un certain réalisme dans les jugements qu'il émet sur ce qu'il vit. On notera l'emploi très fréquent de qualificatifs qui tempèrent le caractère trop absolu de jugements ou d'affirmations, et qui donnent au texte un ton modéré qui contraste avec celui d'autres journaux d'étudiants québécois (celui de Gérard Raymond, par exemple) où la surenchère d'ascétisme est plutôt la règle :

    La même pensée m'est venue: quand on accomplit son règlement, pas encore à la lettre, mais du moins presque très bien et que l'on manque par exemple parce qu'on fait une farce de trop en classe, qu'est ce qu'on peut bien désirer de plus pour sa perfection morale [?] [...] Je veux bien croire que je ne suis pas parfait loin de là. Il me reste beaucoup de travail à faire encore. Seulement je me rends bien compte que dans les rangs par exemple je ne parle plus; qu'à l'étude j'emploie à peu près bien tout mon temps; qu'en classe je suis parvenu à ne plus faire la dissipation. Certes (50) ...

    Ce n'est pas encore la perfection, c'est vrai, mais ce n'est pas tout à fait aussi mal qu'auparavant (51)...

    Au contraire, lorsqu'un ton un peu plus exalté est perceptible, on a alors l'impression qu'il en met trop, comme s'il cherchait à se convaincre lui même: « Me voilà donc à présent à faire de l'apostolat (52) !... », écrit il avec un brin d'ironie.

    CONCLUSION

    On peut se demander s'il y a véritablement un rapport entre la rédaction d'un journal intime par Alfred et la crise qu'il traverse, et le rôle que le journal aurait joué dans sa résolution. La question que nous posons est la suivante: peut on expliquer la trajectoire d'Alfred sans référence à sa pratique du journal intime? Nous ne le pensons pas.

    L'importance du journal intime pour Alfred est attestée clairement par plusieurs passages du texte. Le journal, c'est « sa » vie, va t il même jusqu'à écrire. Par ailleurs, le contenu du journal le montre, l'attachement d'Alfred aux modèles culturels institutionnels (en particulier les conceptions éducatives de Groulx) est très fort.

    Compte tenu de ces deux éléments, nous émettons l'hypothèse que le journal intime a fourni à Alfred, au fur et à mesure qu'il le rédigeait, une image de lui même, image ambiguë certes, mais qui, au gré des relectures qu'il effectuait, lui aura fait prendre conscience des impossibilités de la voie dans laquelle il s'était engagé et l'aura incité à se déterminer autrement.

    Nous avons déjà relevé que la position d'Alfred, telle qu'elle peut être interprétée à la lecture de son journal, semble remettre en question certains éléments du discours ambiant. La remise en question, toute relative, des normes et des modèles présents dans son milieu et auxquels il est soumis, autorisera, on n'en sera pas étonné, la présence, dans le journal, de représentations qui marquent un écart par rapport à ces normes et modèles.

    Toutefois, l'adhésion d'Alfred à ces modèles et à ces normes est si forte, la culpabilité lorsqu'il croit s'en éloigner est si intense, que ce ne sera qu'avec peine qu'il osera s'avouer à lui même ce qu'il ressent réellement. Ce sera sous une forme voilée, implicite, comme nous l'avons vu, que percera, dans le texte, la subjectivité d'Alfred. C'est ici que prennent place les stratégies que nous avons décrites dans cet article, stratégies qui visent à préserver, dans le texte même, une certaine continuité de l'identité (en transformation) du diariste.
    D'une certaine manière, le cheminement d'Alfred, candidat jugé prometteur pour le sacerdoce, semble être un échec pour l'institution qu'est le collège classique. II paraît également donner raison à ceux qui, dans son milieu, faisaient à Croulx ce reproche de proposer « [...] un idéal d'exception à une jeunesse déjà aux prises avec les problèmes de l'adolescence et dont la majorité des éléments sont incapables de se hausser à un tel niveau (53) ».

    On pourrait croire qu'une fois la crise résolue, une fois la rupture consommée, Alfred cesserait d'écrire. Ce n'est pourtant pas ce qu'on observe. Il est vrai que, par suite de son départ précipité du collège, les entrées s'espacent par rapport aux premiers temps. Mais l'emprise de l'idéal est si forte sur lui qu'il va essayer encore et encore de s'y conformer.

    Alfred renouera donc avec le journal au moment où il est à l'université. II se fixe alors de nouveaux objectifs de perfectionnement. Mais, à ce moment, il est déjà trop tard, les enjeux, de spirituels et moraux qu'ils étaient au début, deviennent davantage profanes. Il s'agira désormais pour lui de savoir s'il se mariera un jour, et si oui, avec qui. Il lui importera surtout de se mieux connaître afin de mieux « gérer » sa vie, de discipliner son travail. Alfred cesse d'écrire au moment où il voit qu'il commence à ordonner sa vie :

    Novembre le 11 1916. Suis entré à l'Université cette année, mieux préparé que l'an dernier. Tout d'abord j'avais un an d'expérience, par conséquent une partie de mes illusions & rêves étaient disparus; et puis je sortais de vacances en tous points supérieures à toutes les précédentes. Dès les premiers jours, je me suis tracé un programme de vie qui Mon Dieu! a bien été ébréché par ci par là, mais enfin qui m'a donné comme résultat une vie plus réglée et plus ordonnée qu'auparavant.

    Le fait de m'être engagé à faire telle ou telle chose à telle ou telle heure m'a été d'un grand profit, et j'aurai fait plus de travail, rendu à Noël que l'an dernier, je n'en ai accompli dans l'année entière. Et, non seulement ma somme de travail accompli est plus considérable, mais je m'aperçois en outre, que je vois plus clair dans mon affaire. Si je puis donc enfin arriver à donner une orientation définitive à ma vie & pour ne lus perdre inutilement de temps, ni m'éparpiller à droite et à gauche (54).

    NOTES

    * Cet article résume une partie du mémoire de maîtrise que l'auteur doit présenter au cours de l'été 1993 à l'Université de Montréal. Il remercie son directeur de recherche, Monsieur Pierre Trépanier, sa codirectrice, Madame Micheline Milot, de l'UQAM, pour l'appui qu'ils lui ont manifesté tout au long de cette recherche. Il exprime sa reconnaissance à Messieurs Benoît Lacroix et Pierre Hébert pour leurs commentaires qui ont permis d'améliorer cet article. L'auteur est boursier du fonds FCAR.

    (1) Mentionnons, pour le domaine français, les travaux désormais classiques d'Alain Girard, Le journal intime, Paris, Presses universitaires de France, 1963, 1986, et surtout de Béatrice Didier, Le journal intime, Paris, Presses universitaires de France, 1976.
    (2). Felicity A. Nussbaum écrit, dans son article « Toward conceptualizing diary » : « Now in a postmodern theoretical context, as we begin to relinquish demands for theme, pattern, structure, and certain meaning, it is,1 think, an auspicious moment to consider the formerly unread and unreadable the voluminous autobiographical constructs that defy nineteenth and twentieth century generic paradigms » (James Olney (ed.), Studies in Autobiography, New York/Oxford, Oxford University Press, 1988, p. 128 129).
    (3) Par exemple, à propos du journal intime, l'historien Alain Corbin écrit : « L'écriture de soi constitue une source foisonnante pour qui se livre à cette quête anthropologique dont nous débattons [...] Il n'est pas de meilleure source pour suivre ces processus de délicatesse croissante, de repli sur soi, de vulnérabilité nouvelle aux blessures essuyées dans la mêlée sociale [...] Il n'est pas de meilleure source pour qui s'efforce de percevoir l'historicité des dispositifs affectifs, de repérer la configuration et le fonctionnement des systèmes d'émotions, ou bien encore de discerner les modalités d'apprentissage et d'usage des sens » (« Histoire et anthropologie sensorielle », Anthropologie et sociétés, 14, 2, 1990, p. 16).
    (4) Voir l'essai quelque peu polémique de Franco Ferrarotti, Histoire et histoire de vie la méthode biographique dans les sciences sociales, Paris, Librairie des Méridiens, 1983.
    (5) Michelle Perrot (dir.), Histoire de la vie privée, tome 4 : de la Révolution d la Grande Guerre, Paris, Seuil, 1987. Michelle Perrot a édité avec Georges Ribeill, le journal intime d'une jeune Française de la seconde moitié du XIXe siècle, Le journal intime de Caroline B., Paris, Montalba, 1985. Le texte du journal est suivi d'une enquête exhaustive. Voir aussi, de la même auteure, « journaux intimes: jeunes filles au miroir de l'âme », Adolescence, 4, 1, 1986, p. 29 36.
    (6) Françoise van Roey Roux, La littérature intime au Québec, Montréal, Boréal Express, 1983.
    (7) Pierre Hébert, Le journal intime au Québec : structure, évolution, réception, Montréal, Fides, 1988.

    (8) Yvan Lamonde, le me souviens : la littérature personnelle au Québec, 1860 1980, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1979.
    (9) Lionel Croulx, journal, 1895 1911, édition critique par Giselle Huot et Réjean Bergeron, Montréal, Presses de l'Université de Montréal, 1984.
    (10) Henriette Dessaules, journal, édition critique par Jean Louis Major, Montréal, Presses de l'Université de Montréal, 1989.
    (11) Michelle Perrot (ci ir.), Histoire de la vie privée, op. cit., p. 11.
    (12) Suzanne L. Bunkers définit ainsi le terme: « Encoding [...] means the transmission of the writer's message in an oblique rather than in a direct manner » (« Midwestern Diaries and Journals : What Women Were (not) Saying in the Late 1800s », Studies in Autobiography, p.194). L'« encodage » « [...] enables a writer to use speech and silence selectively (whether consciously or unconsciously) to adress a variety of issues in [his] diary or journal » (Ibid., p. 195).
    (13) Ibid., p. 194.
    (14) Idem.
    (15) Il s'agit d'un pseudonyme que nous utilisons afin de préserver l'anonymat.
    (16) Groulx inscrira aux pages 84 à 87 un long commentaire autographe.
    (17) Même si Groulx a tenu un journal au cours de sa jeunesse, on en sait finalement assez peu sur sa conception du journal intime comme « outil » de développement spirituel. Une analyse du fichier thématique de Croulx à Valleyfield ainsi que des principaux manuscrits de l'époque ne nous a pas permis de découvrir de références précises au journal intime. Madame Juliette Lalonde Rémillard, nièce de Croulx et son adjointe de 1937 à 1967, qui a tenu, à la suggestion de Croulx, un journal intime au moment de son adolescence, n'a pu que confirmer ce que nous savions déjà. Sur un plan plus général, l'observation faite par Pierre Hébert, au sujet de la problématique du journal intime dans la culture catholique du Québec, demeure, à notre avis, toujours valable: « Une certaine « philosophie du journal» demanderait à être développée, et cette philosophie mettrait certes à contribution l'enseignement de l'Église quant à la connaissance de soi » (op. cit., p. 70, note 66).
    (18) Alfred, journal, tome 1, p. 1.
    (19) Voir, par exemple: Béatrice Didier, op. cit. ; Michelle Perrot, Histoire de la vie privée, op. cit. ; idem, « Journaux intimes: jeunes filles au miroir de l'âme » ; François Ladame, « La fonction de l'écriture à l'adolescence », Adolescence, 4, 1, 1986, p. 7 11 ; Sophie De Mijolla Mellor, « L'écriture en secret », ibid., p. 93 103.
    (20) Sophie De Mijolla Mellor, op. cit., p.100.
    (21) Dans un chapitre de notre mémoire, nous avons traité du modèle ascétique et de la dynamique particulière qu'il instaure dans ce journal. Claude Marie Gagnon et Réginald Richard, dans un essai resté inédit sur la spiritualité adolescente dans le journal de Gérard Raymond, ont bien cerné les contradictions de la spiritualité impliquée par un tel modèle ascétique: « Si l'idéal est difficile à réaliser, sa réalisation renvoie à de l'impossible. Sa démarche spirituelle volontariste [celle de G. Raymond] implique logiquement pour lui une difficulté à recevoir une valorisation de lui même, du même coup repérée et identifiée comme amour propre et narcissisme » (Le « Journal » de Gérard Raymond : un exemple de spiritualité adolescente
    traditionnelle, manuscrit, [s.d], p. 6 7). Je remercie Monsieur Richard de m'avoir aimablement communiqué ce texte.
    (22) Alfred, Journal, op. cit., tome 1, p. 1 (c'est nous qui soulignons).
    (23) Ibid., p. 128 129.
    (24) Ibid., tome 2, p. 10.
    (25) Ibid., p. 100.
    (26) Suzanne L. Bunkers, op. cit., p. 191.
    (27) Il dira, par exemple, avoir été un jour violemment tenté par le « démon impur » (Alfred, journal, tome 1, p. 49).
    (28) « Pour former des hommes de la trempe de Montalembert, il faut concentrer les efforts sur la formation du caractère. On comprend son projet de former la volonté [...1 afin, immédiatement, de faire mûrir l'homme dans l'adolescent, et, immédiatement, de préparer pour l'homme d'action de demain des ressources psychologiques à la mesure du devoir social que l'intelligence définira alors. [...] De cette éducation font partie la discipline librement consentie, le culte du travail bien fait et l'assouplissement par le sacrifice, cette gymnastique morale. L'un des buts visés est évidemment la maîtrise de la sensualité. L..] La pureté est le signe d'une volonté en santé; l'impureté, le signe d'une volonté à discipliner. II y a comme une obsession de l'idéal de chasteté » (Pierre Trépanier, « Ascèse et action: les impatiences de Lionel Croulx, 1899 1906 », Lionel Croulx, Correspondance, 1894 1967, tome 1 : le prêtre éducateur, 1894 1906, édition critique par Giselle Huot, Juliette Lalonde Rémillard et Pierre Trépanier, Montréal, Fides, 1989, p. xci).
    (29) Alfred, Journal, op. cit., tome 2, p. 55.
    (30) Ibid., tome 1, p. 33.
    (31) Idem.
    (32) Ibid., p. 77 78.
    (33) Ibid., p. 44.
    (34) Voir le premier tome de l'édition critique de la correspondance de Lionel Croulx, supra note 28.
    (35) Alfred, Journal, op. cit., tome 2, p. 53.
    (36) Ibid., p. 2 3.
    (37) Ibid., p. 3.
    (38) Ibid., p. 114 115 (c'est nous qui soulignons).
    (39) Ibid., p. 50.
    (40) Ibid., p. 66.
    (41) Ibid., tome 1, p. 59. Voir aussi supra note 35.
    (42) Pierre Hébert, op. cit., chapitre 4, « La question du narrataire : le journal de Lionel Groulx », p. 117 131.
    (43) Alfred, Journal, op. cit., tome 1, p. 28.
    (44) Ibid., p. 38.
    (45) Ibid., p. 12.
    (46) Ibid., p. 92 93.
    (47) Ibid., p. 16 17, 82 83.
    (48) Ibid., p. 70.
    (49) Ibid., tome 2, p. 42.
    (50) Ibid., tome 1, p. 46 47.
    (51) Ibid., p. 63.
    (52) Ibid., p. 123.
    (53) Pierre Trépanier, op. cit., p. lxxxix.
    (54) Alfred, Journal, op. cit., tome 3, p. 32 33.
     

    Date de création : 2014-06-18 | Date de modification : 2014-06-18
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