• Encyclopédies

      • Encyclopédie de l'Agora

        Notre devise: Vers le réel par le virtuel!


      • Encyclopédie sur la mort

        L’encyclopédie sur la mort veut s'intéresser à ce phénomène sous ses multiples aspects et ses diverses modalités.


      • Encyclopédie Homovivens

        Encyclopédie sur les transformations que l'homme opère en lui-même au fur et à mesure qu'il progresse dans la conviction que toute vie se réduit à la mécanique.


      • Encyclopédie sur l'inaptitude

        Tout le monde en conviendra : c'est au sort qu'elle réserve aux plus vulnérables de ses membres que l'on peut juger de la qualité d'une société. Aussi avons-nous voulu profiter ...


      • Encyclopédie sur la Francophonie

        L'Encyclopédie de la Francophonie est l'une des encyclopédies spécialisées qui se développent parallèlement à l'Encyclopédie de l'Agora.

  • Dictionnaires
  • Débats
      • Le Citoyen Québécois

         Après la Commission Gomery, la Commission Charbonneau! À quelles conditions pourrions-nous en sortir plus honnêtes… et plus prospères

      • L'hypothèse Dieu

         Un nouveau site consacré au dialogue entre croyants et non-croyants a été créé. Son titre « L’hypothèse Dieu » annonce-t-il un vira...

  • Sentiers
      • Les sentiers de l'appartenance

        L'appartenance c'est le lien vivant, la rencontre de deux Vies : la nôtre et celle de telle personne, tel  paysage...Quand la vie se retire, le sentiment d'appropriation se substitue au ...

      • Le sentier des fleurs sauvages

        Nous sommes des botanistes amateurs. Notre but est de partager un plaisir orienté vers une science complète où le regard du poète a sa place à côté de celui du botaniste, du généticien, du gastrono...

      • L’îlot Louis Valcke

        Sur les traces de Louis Valcke (1930-2012), professeur, philosophe, essayiste, cycliste, navigateur et pèlerin. Spécialiste mondial de l’œuvre de Pic de la Mirandole.

  • La lettre
    • Édition


    La lettre de L'Agora
    Abonnez-vous gratuitement au bulletin électronique. de L'Agora.
    Si l’Encyclopédie de l’Agora demeure progressiste, c’est dans un nouveau sens du mot progrès, fondé sur la science réparatrice et sur le principe de précaution.
    Média social:
    Facebook:


    Fluxs RSS:

    Impression du texte

    Dossier: Euthanasie

    Entrevue avec Jean Leonetti, le père de la loi française sur la fin de vie

    Christian Rioux

    On ne peut que souhaiter, en lisant les propos de Jean Leonetti, dont nous ne donnons ici qu’un bref aperçu, qu’ils inspirent, d’abord tous ceux qui doivent composer avec les souffrances des mourants dans les Centres de soins palliatifs. Mais aussi et à plus forte raison avec les responsables de la législation de l’aide à mourir ou du suicide assisté.

    Source : Le Devoir du samedi 7 et dimanche 8 mai dernier dans la section Perspectives, page B2.

    «À la question de Christian Rioux à savoir si la France ouvrira la porte au suicide assisté, M. Leonetti répond : Non! Le suicide est un problème très particulier à l’humain. Tous les pays du monde civilisé considèrent qu’il ne peut être incriminé. Mais, est-ce la traduction d’une liberté ou d’une souffrance? Si c’est une liberté, il ne faut pas ranimer les suicidés. Si c’est une souffrance, il faut les réanimer pour leur donner le goût à la vie. (…)

    «Tous les pays posent les curseurs à des endroits différents. Si on pousse le curseur du côté de la liberté, on va jusqu’au suicide assisté. Comme en Suisse où 30% des suicides assistés concernent des personnes âgées qui n’ont pas de maladie grave, mais qui sont fatiguées de vivre. Là on est aux frontières d’une société indifférente à la solitude et à la détresse. Si on pousse le curseur de l’autre côté, c’est le «sachant» qui décide de tout et qui peut imposer au malade l’acharnement thérapeutique. (…)»

    En 2009 M. Leonetti produisait un rapport qui constatait «qu’il y avait encore beaucoup trop de souffrance en phase terminale de la vie. » Était reconnu pour un malade «le droit d’être endormi en attendant la mort. Mais il faut que sa mort soit prochaine et que sa souffrance ne puisse être supprimée par les moyens actuels.» (…)

    Quant au suicide assisté, M. Leonatti soutient que si «la société ne peut pas se désintéresser du drame existentiel de chacun, (…) elle n’a pas pour mission de donner la mort à ceux qui estiment que leur vie ne vaut pas la peine d’être vécue. Je continue à penser que le suicide est une liberté, bien que j’ai toujours eu le sentiment chez les suicidés que j’ai ranimés qu’ils étaient plus désespérés que libres et que par bonheur, on avait raison de les ranimer. (…)

    Dans les cas où il n’y a aucune perspective de vie cérébrale, la loi française permet d’interrompre les traitements fait remarquer Christian Rioux : réponse de M. Léonetti. «La plupart des pays se sont surtout intéressés au libre arbitre. Rares sont ceux qui ont réfléchi à la situation de ces patients qui sont en vie mais qui ont des lésions cérébrales majeures irréversibles et qu’ils n’auront jamais conscience qu’ils existent. Sur ce point la France affirme qu’on peut arrêter un traitement lorsqu’il n’a d’autre but que le maintien artificiel de la vie. (…)
    C’est une atteinte à la dignité de la personne que de maintenir un corps en vie sans le moindre espoir de récupération et de conscience. Là, on est dans le déraisonnable.» (…)

    Question de Christian Rioux : «Diriez-vous qu’au XX1e siècle on ne veut pas voir la mort? Réponse : (…) nos sociétés occidentales ont oublié la mort et en ont fait un tabou. Pour s’en débarrasser elles l’ont médicalisée. C’est le fait d’une humanité qui n’accepte pas sa mort et qui, paradoxalement, l’anticipe pour ne pas avoir à la subir. Or, contrairement à la souffrance, la mort n’est pas un problème médical, c’est un problème intime, existentiel, de société. Et ce n’est pas le rôle de la loi de régler le problème de la mort. Toutes les sociétés ont la mort qu’elles méritent. (…) Je crois que les moments qui précèdent la mort servent à quelque chose, même et surtout si le ciel est vide. Ce sont des moments q qui préparent et apaisent la personne qui s’en va; et qui lui permettent peut-être d’accepter sa finitude sans révolte. Sans compter que ces moments jouent un rôle fondamental pour ceux qui restent. Nous portons toute notre vie la cicatrice de la mort de l’autre. Seigneur, vous m’avez fait puissant et solitaire, laissez-moi m’endormir du sommeil de la terre», écrivait Alfred Vigny. »

    «La loi française comme la loi québécoise, remarque Christian Rioux, refuse le suicide assisté. Mais vous refusez aussi l’idée de l’aide à mourir. Pourquoi?
    Parce que (…) on passe assez facilement du patient qui va mourir à la personne qui veut mourir. On passe ensuite du patient qui va mourir à celui qui va mourir dans six mois. Puis des malades aux handicapés. Puis des majeurs aux mineurs. Puis des malades aux malades psychiatriques. En Suisse et en Belgiquem on peut donner la mort à un malade psychiatrique. (…) Je pense comme Robert Badinter que dans une démocratie on ne donne pas la mort. Et on ne donne pas la mort au plus faible même s’il la réclame. »

    Date de création : 2016-05-11 | Date de modification : 2016-05-11

    0%
    Dons reçus (2018-2019):0$
    Objectif (2018-2019): 25 000$


    Nous avons reçu près de 11 407$ lors de la campagne 2017-2018. Nous vous remercions de votre générosité. Pour la campagne 2018-2019, notre objectif s'élève à 20 000$.

    Contribuez au rayonnement des oeuvres de l'Agora/Homo vivens en devenant membre ou en faisant un don.