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    Dossier: Cathédrale de Joliette

    La cathédrale

    Wilfrid Corbeil
    Texte publié dans L'Estudiant, journal des élèves du Séminaire de Joliette. Novembre-décembre 1943, vol.8 no.2, à l'occasion du centenaire de l'érection canonique de la paroisse,le 23 décembre 1843.
    La cathédrale de Joliette fait partie de cette floraison d'églises qui ont été élevées en si grand nombre à la fin du XIXe siècle, dans l'immense diocèse de Montréal d'autrefois. Les unes ont été construites sur les ruines de plus anciennes consumées par l'incendie, les autres ont remplacé celles qui étaient devenues trop petites. C'est cette dernière raison qui a déterminé les citoyens de Joliette à demander dès 1867 la construction d'une église plus grande.

    À cette époque cependant, il n'y pas que la nécessité qui pousse les paroissiens à construire une belle église; souvent malheureusement, le désir d'avoir une église «dans le style», comme on disait alors, l'engouement pour «l'architecture d'apparât» selon l'expression très juste de Gérard Morisset, ont été le prétexte de la démolition de plusieurs églises vénérables par leur âge et par leur caractère franchement du terroir. Il y a plus de cinquante ans commence à s'introduire dans notre architecture un mode de construction et de décoration en marge de la façon de faire traditionnelle, occasionnée particulièrement par un emploi indiscret de la tôle et du plâtre. Ces deux matériaux ont à cette époque révolutionné, si l'on peut parler ainsi, l'art de construire, comme le fer et le béton armé sont aujourd'hui en train de renouveler l'architecture moderne.

    Or à partir de 1860, peu à peu le plâtre remplace à l'intérieur la sculpture sur bois, et à l'extérieur la tôle fait fonction de décoration. L'on calcue d'avance le fléchissement désastreux de notre art religieux par l'usage abusif de matériaux peu coûteux qu'on employait pour reproduire en série les plus belles scultpures et pour les faire servir au pastiche de tous les styles. Puis les architectes vont en Europe, les gens du clergé visitent les vieux pays; on veut donc se donner le plaisir de voir reproduits chez soi les grands et célèbres monuments de là-bas. Ce sera la fin des anciennes maîtrises d'art des Baillargé et des Quevillon qui, supplantée, de ce pas disparaîtront bientôt. À la fin du XIXe siècle, c'en est fait de notre ancienne architecture religieuse, si simple dans ses lignes et pourtant si riche dans sa sculpture.

    Dans les nouvelles églises de cette époque, le plan et l'élévation restent les mêmes: le plan est celui d'une croix latine, formée par la grande nef et les transepts; à la façade, plus élevée et plus décorée, se dressent une ou deux tours surmontées d'un clocher. La nouveauté, c'est à l'extérieur, l'emploi de la pierre à bosse qui alterne avec les chaines et les cordons en pierre de taille, et à l'intérieur, l'usage de la décoration en plâtre.

    La pierre à bosse uniformément distribuée est d'un aspect triste et ennuyeux; l'utilisation de la pierre taillée pour encadrer les fenêtres et les portes ne suffira pas à corriger cette impression. On ne bâtira plus de ces façades toutes en pierre taillée comme celle de l'église de l'Assomption, qui compte parmi les plus belles du genre; on dédaignera aussi l'emploi de la pierre des champs pour les murs extérieurs aux tonalités chaudes et variées et d'un aspect un peu fruste sans doute, mais combien adaptée et acclimatée au climat et à nos paysages. Les façades bien ordonnées et sobres à la fois ne seront plus à la mode; plus de pilastres qui encadraient si élégamment les portails, plus de ces gracieuses consoles renversées, à la mode des XVIIe et XVIIIe siècles, qui raccordaient avec tant d'élégance le fronton avec le toit, comme à Saint-Alexis, par exemple. Par l'arrangement et la disposition des pierres, on arrivera cependant à obtenir des effets décoratifs nouveaux qui rappellent de loin la décoration des vieilles églises romanes du centre de la France. L'ardoise dont on tirera de jolis dessins géométriques, ainsi qu'on en voyait autrefois sur le toit de la cathédrale de Joliette, remplacera le fer en feuilles couleur de rouille des vieilles églises, qui pourtant se conservent encore bien et qu reluit au soleil comme de l'or. Enfin les clochers, de légers qu'ils étaient parce que aérés et simples, se compliqueront d'ornements en tôle et se chargeront d'une décoration qui finit toujours par les allourdir jusqu'à la surcharge.

    L'intérieur sera très souvent d'une grande somptuosité, si l'on peut appeler de ce mot les imitations des marbres les rares, les plus colorés; l'ensemble sera presque toujours sacrifié à la décoration. Telles sont les principales caractéristiques de nos églises actuelles, et ce en quoi elles se distinguent des églises des époques précédentes. Ces églises au goût «nouveau-riche», pourrait-on dire, ne se sont pas acclimatées au pays et c'est sans doute pour ces raisons d'un ordre tout à fait pratique, que l'on commence à voir surgir d'autres temples d'une esthétique plus vraie et plus belle.

    Quant au style de ces églises qui commence heureusement à dater, on peut dire qu'il ne correspond pas à la chose qu'il désigne; ces églises imitent plus ou moins fidèlement un mode ancien de construire, mais elles n'ont pas le style qu'on leur attribue; c'est une autre chose. Toutes les formules du passé s'y rencontrent, et quelquefois, elles voisinent dans un même édifice à côté d'autres d'époque et de région différentes. Les architectes, pour satisfaire la clientèle, non seulement copient les styles des églises d'Europe, mais souvent, ils font oeuvre d'éclectisme, en combinant les éléments de styles divers. Ce mélange, qui, au premier abord, pourrait faire croire que nos églises sont des monstres architecturaux, est devenu, grâce aux talents incontestables de certains de nos architectes, un élément d'originalité. Après tout, nos églises, même si elles sont des pastiches d'anciens styles, des constructions d'une architecture hybride, restent des oeuvres d'un type particulier, et présentent des caractèristiques qu'on ne trouve pas ailleurs; et c'est à cet égard qu'elles méritent qu'on s'en occupe.

    Quel que soit le style dont elles se réclame, les églises contemporaines de la cathédrale ont nécessairement grande allure: leur façade est toujours accueillante et gaie; leurs clochers, très élevés, la plupart du temps, rappellent par leur flèche, les plus clochers de Bretagne et d'Angleterre; plusieurs d'entre eux, par exemple celui de Longueuil, ne manquent pas de solennité; ils en imposent par leur profil robuste et élégant.

    Voilà la génération, la catégorie à laquelle appartient la cathédrale de Joliette. Il convenait, au cours d'une étude comme celle que nous avons entreprise, de montrer dans quel esprit elle a été bâtie, et de dire à quelles influences on était assujetti au moment de sa construction.

    La cathédrale de Joliette est dans ses grandes lignes d'inspiration romane et byzantine qu'il faut nous prononcer sur le style complexe de la cathédrale. Les éléments étrangers qui la composent, les modifications qu'elle a subies pendant et après sa construction ont fait changer les données primitives du plan et nous empêchent de porter un jugement définitif sur la «pureté» de ses lignes et l'authenticité de son style.

    La façade, comme on le sait, à cause de l'affaissement du sol, a été complètement refaite: une première fois, en 1891, une seconde, trois après. De plus on a retranché sur le plan une travée de dix-huit pieds, ce qui ne se fait pas sans que l'aspect général d'une construction en soit modifié quelque peu.

    À l'intérieur, il semble que l'architecte ait voulu surmonter la nef d'une coupole à l'entrecroisement de celle-ci avec le transept. Les pendantifs qui sont là, le tracé de coupole que souligne la décoration, nous permettent de présumer que l'architecte Ménard, comme il l'avait fait à Varennes et à Longueuil, en 1882 et 1884, ait voulu réaliser ici ce même projet. Le déambulatoire, qui court autour du sanctuaire, là où se trouvent maintenant les stalles, est à moitié fermé par une cloison en bois qui n'est pas dans la manière de l'architecte Ménard; la reconstruction de la façade qui avait nécessité une dépense non prévue, au moment de la présentation des plans et devis, a bien pu empêcher le parachèvement de cette partie de l'édifice. Autant de raisons qui nous commandent de nous tenir sur la réserve dans nos affirmations sur l'exécution des plans de l'architecte. De même, à cause de la chute du clocher, emporté par une tempête en septembre 1901, et remplacé par un autre plus petit, il nous est assez difficile de porter un jugement sur l'extérieur de l'édifice. L'ancien clocher ne formait qu'un tout avec la tour qu'il semblait continuer d'un seul jet et qui portait à 200 pieds dans les airs la croix qui le couronnait. Les photographies du temps, et une peinture à vol d'oiseau qui se trouve au Séminaire, nous donnent une idée de l'ensemble majestueux et de l'élan extraordinaire de l'imposant clocher d'autrefois. Il était de la famille de ceux de Longueuil, de Sainte-Thérèse et de Saint-Lin, qui ont été construits par le même architecte. Le clocher qui le remplace, mais plus petit nécessairemet, et plus court, ne manque pas d'une certaine élégance, mais il sied moins bien à la tour qui est faite pour porter une charge plus lourde. Il n'a que deux fenêtres sur les côtés, alors qu'il devrait, semble-t-il, en posséder trois, comme le premier, pour continuer logiquement le dessin de la tour percée elle-même de trois fenêtres au deuxième et au troisième étage.

    La tour centrale est divisée dans sa largeur en trois parties et dans sa hauteur par trois étages. Au premier, se trouve le grand portail en plein cintre surmonté d'un pignon triangulaire orné de carreaux disposés en damier. Ce premier étage est terminé par une corniche ou bandeau en pierre de taille décoré de denticules; les étages supérieurs sont indiqués par un large cordon de pierre du même dessin que le pignon du porche. Des pilastres verticaux séparent les fenêtres des étages supérieurs et se rejoignent au-dessus par de petites arcades en plein cintre. Les angles de la tour centrale, comme ceux des deux autres, sont faits de grosses assises qui forment des lombardes, c'est-à-dire des bandes verticales de faible saillie et reliées en haut par une suite d'arcatures et de modillons tailllés en doucine.

    La tour est flanquée de deux contreforts terminés par une sorte d'édicule d'où partent les rampants de la toiture qui vont s'appuyer sur les deux petites tours. Le mur qui relie celles-ci à la tour centrale est percé d'une porte et d'une fenêtre cintrées.

    Cette façade est certainement l'une des plus travaillées des églises de l'architecte Ménard, sinon des mieux réussies de l'époque. L'alternance de la pierre blanche et grise, la division ternaire de bas en haut et de gauche à droite, sont une preuve évidente du souci de l'artiste de composer un ensemble bien ordonné; mais je lui reprocherais le pignon du portail qui brise la ligne horizontale de l'étage inférieur et qui nuit ainsi à l'unité des lignes, ce qui d'ailleurs a obligé l'artiste à diviser deux fois le premier étage qui se raccorde mal avec les côtés de la façade. Ce portail à pignon ne se trouve pas à l'église d'Oka dont la tour est exactement du même dessin et où l'ensemble y gagne en unité parce qu'il est mieux divisé.

    Le reste de l'édifice avec son chevet en rond-point à l'arrière et ses transepts terminés par de petites absides semi-circulaires n'ont pas de prétentions à un style particulier mais forment un ensemble harmonieux.

    Tant il est juste d'affirmer que l'artiste, le simple artisan parfois, quand il ne sacrifie pas à la mode ou à un style, crée toujours quelque chose d'intéressant et rencontre souvent la beauté s'il n'a en vue dans l'exécution de l'oeuvre que le développement naturel d'un plan selon la plus simple logique. La photographie ci-contre du chevet de la cathédrale en est une preuve: cette partie de l'édifice où n'apparaît aucun souci de décoration est certes plus imposant et plus beau que la façade elle-même d'un dessin compliqué et recherché.

    L'intérieur de l'église, semble de toutes les églises de Ménard, le mieux réussi. La première impression qu'on a en entrant dans l'église est celle d'un édifice aux vastes proportions et d'un vaisseau au tracé gracieux et élégant. La hauteur des voûtes, l'ouverture très large des transepts, les arcs qui se chevauchent là-haut sur les colonnes de la nef et du pourtour du choeur, nous donnent une singulière impression de vie et de mouvement. Ce déploiement de coupoles et d'arcades d'une belle envolée nous fait l'effet d'une chose insaisissable, mais parfaitement ordonnée. La ligne droite des colonnes, les arêtes vives des piliers apportent leur élément d'ordre et de stabilité au milieu des courbes décrites par les arcs et les corniches qui couronnent le sanctuaire.

    Le plan et l'élévation sont de style roman, mais l'allure générale de l'ensemble, est, pourrait-on dire, de style byzantin, si l'on veut donner un style à la cathédrale. Le roman est majestueux et sévère, tandis que le byzantin, sans manquer de majesté, est plus gracieux et plus léger. La cathédrale reproduit le plan des célèbres églises romanes du XIIe siècle: une nef principale recouverte par une voûte en berceau, c'est-à-dire en plein cintre, sectionnée par des arcs-doubleaux et qui se termine au-dessus du choeur en forme d'une coupole demi-sphérique; de chaque côté, deux autres nefs plus étroites, en voûtes d'arêtes, vont se rejoindre derrière le sanctuaire et forment ainsi le pourtour du choeur ou le déambulatoire. En Europe, ce déambulatoire est libre et se prête magnifiquement aux grandes processions. Ici, ce déambulatoire est occupé par les stalles et par un corridor fermé sur lequel court une claire-voie décorée de gloires et de rinceaux d'un goût douteux.

    Il est bon de faire remarquer qu'à part les chapiteaux et les consoles, il n'y a pas d'ornements en plâtre dans l'église et c'est tant mieux. Le manque de solidité de l'édifice a déterminé les constructeurs à rejeter le plâtre et le crépi pour recouvrir les voûtes et à les remplacer par de la toile peinte en grisaille.

    La décoration générale de l'église est de bon goût et d'une belle tonalité. Les différents membres architecturaux de l'édifice sont soulignés par un dessin en grisaille imitant les baguettes et des arabesques en relief. Cette peinture en camaïeu, si elle n'est pas en tout point dans le style de l'édifice, a le mérite de ne pas détonner par des effets de couleur trop crus et de ne pas nuire à l'ensemble des lignes. Mais ce qui donne toute sa valeur à la décoration ce sont les tableaux qui ornent les voûtes et les murs et les différentes pièces du mobilier. Chaque travée de la voûte est décorée d'une grande peinture représentant un mystère du Rosaire. Ces toiles sont l'oeuvre de M. Ozias Leduc de Saint-Hilaire, qui a à son crédit quantité de peintures décoratives de ce genre. Au dire de M. Leduc lui-même, ces peintures sont des copies de maîtres, ou plus souvent, des arrangements de sa composition; quelques-unes de ces peintures, par leur facture révèlent déjà le talent de M. Leduc qui est un de nos meilleurs peintres.

    La meilleure de toutes ces peintures, on en compte jusqu'à quarante, est sans contredit le tableau placé au-dessus du Maître-Autel, et qui représente Saint-Charles-Borromée, le patron de la cathédrale, distribuant la communion aux pestiférés de Milan.

    Parmi les principales pièces du mobilier qui garnissent l'église, il faut signaler les autels, le trône de l'Evêque, d'une grande pureté de lignes dans le style classique des baldaquins d'autel du XVIIe siècle, et la chaire d'un joli dessin d'inspiration byzantine. Le Maître-Autel, très ouvragé, n'a pas la pureté de lignes de la chaire et du trône; il aurait été dessiné par le frère Vadeboncoeur, c.s.v.

    Enfin ce qui crée l'atmosphère de la cathédrale et achève de lui donner la physionomie qu'on lui connaît et qui plaît, ce sont ses verrières. On a souvent critiqué ces vitraux pour la confection desquels Mgr Joseph-Alfred Archambault, de regrettée mémoire, a mis tant de soin. Lui-même a présidé au choix des scènes de l'Ancien Testament qui y sont representées et à celui des différents dessins qui les accompagnent. Il a préféré avec raison et en connaisseur qu'il était, les verrières de la première façon du moyen âge, celles du XIIe et XIIIe siècles qui sont plutôt une tapisserie de vives couleurs, un écran de pierres préciseuses serties dans les plombs, aux verrières à la mode des siècles suivants qui sont devenus de véritables tableaux aux belles perspectives, mais sans éclat. Les vitraux de la cathédrale sont donc en premier lieu des tapisseries avant d'être des tableaux. Regardez-les aux différentes heures du jour; par temps gris ou du côté de l'ombre, les bleus dominent, tandis qu'au soleil ou du côté de l'ouest, à l'heure du couchant, ils s'embrasent comme s'ils étaient de feu; les rouges éclatent comme des tisons ardents. Tel est l'utilisté de la verrière de dresser autour du temple et de l'autel un rideau aux multiples et changeantes couleurs qui ne laisse passer de la lumière du jour que ce qu'il faut pour composer une lumière plus douce, plus discrète, propre à créer l'ambiance de recueillement et de prière qui convient aux lieux saints.

    C'est enfin, parce que nos églises, la cathédrale en l'occurence, sont le symbole vivant de notre foi, que nous les aimons et que nous les trouvons belles en dépit de ce qu'on peut dire de leur style faux et prétentieux. À ce titre et parce qu'elles sont l'expression de la foi et du zèle de nos pères qui les ont bâties avec les moyens qu'ils avaient et dont il ne faut nier ni l'excellence ni la sincérité de l'intention pour faire ce qu'il y avait de mieux, la cathédrale est une belle église. Aux grandes fêtes, à l'occasion d'une cérémonie, elle apparaît dans toute sa splendeur. La beauté des offices liturgiques, la solennité des cortèges et des processions auxquelles elle se prête si admirablement, l'éclat des lampes, les puissantes harmonies des orgues, la richesse des parures du sanctuaire, jusqu'au moëlleux tapis de velours rouge, tout concourt à nous donner une forte impression de beauté et de grandeur. Cette impression n'est pas naturellement de celle qu'on peut éprouver au spectacle d'une pompe qui se déroule dans les vastes cathédrales du moyen-âge aux murs et aux voûtes de pierre, mais elle n'en est pas moins une impression d'un autre genre de beauté aussi estimable, sinon aussi durable.
    Date de création : 2012-04-01 | Date de modification : 2012-04-01

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