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    Dossier: Roy Gabrielle

    Le réalisme de Gabrielle Roy, entre la détresse et l’enchantement

    Maxime Huot Couture

    Gabrielle Roy est sans contredit l’une des figures littéraires les plus marquantes du Canada français. Sa contribution au roman, et plus précisément au roman de mœurs, est bien connue à travers des ouvrages comme Bonheur d’occasion (1945), La petite poule d’eau (1950) ou Rue Deschambault (1955). Son œuvre a finalement été couronnée par une autobiographie, inachevée et publiée de façon posthume, initialement en deux volumes : La détresse et l’enchantement et Le temps qui m’a manqué. Alors que le théâtre québécois a tout récemment fait revivre ce récit personnel1, il est opportun de nous poser la question des raisons de l’actualité de la romancière manitobaine et de la force de son œuvre. C’est à cette réflexion que nous voulons contribuer ici, principalement à partir des textes autobiographiques.

    ***

    La détresse et l’enchantement : ce sont les mots qu’a choisis l’auteure. Leur sens nous est aujourd’hui peu familier. On les utilise généralement comme attributs extérieurs : on parlera d’une situation de détresse et d’un décor enchanteur. Ce qui surprend, c’est que Gabrielle Roy les inscrit dans une sorte de grammaire de la vie intérieure, de sa vie intérieure, qu’ils viennent résumer. Deux mots qui ont dès lors été choisis pour leur exhaustivité et leur puissance de signification, sans toutefois oublier leur insuffisance intrinsèque à décrire pleinement ce monde intérieur : « Les mots ne sont jamais assez forts pour exprimer nos sentiments et tout ce qui est du domaine de l’âme. J’ai pourtant tout le temps essayé au cours de ma vie de faire passer dans les mots cette agitation, ce frémissement perpétuel, cette vie intérieure de notre être. » (Lettre à Bernadette, 30 avril 1970).

    Cet extrait nous introduit parfaitement à l’oeuvre de Gabrielle Roy, qui véhicule de part en part une pensée de la tension. L’agitation dont il est question ici est ce mouvement incessant entre la grandeur de nos aspirations et le sentiment d’insuffisance de nos mots et de nos actions, entre la joie d’aimer et le chagrin de ne jamais aimer assez. Ceci est l’expérience constante de la romancière : « Je n’ai donc pas souvent rencontré de douleur qui n’ait pas laissé au moins une toute petite part à quelque joie, de même que je n’ai pas rencontré souvent de joie si grande qu’elle n’ait laissé entrer dans la place quelque sentiment de douleur. » (Le temps qui m’a manqué, p. 92, note 28)2. Lucide, l’auteure comprend que cette expérience est inhérente à toute vie humaine qui s’assume et chercher à s’approfondir : « Dès qu’en ce monde on se fait l’allié de quoi que ce soit, on se découvre mille ennemis, on n’a plus de repos. » (Un jardin au bout du monde, p. 122). Notre désir de jouir des biens de ce monde, surtout des plus universels, est sans cesse déçu par l’impossibilité de les saisir et de les posséder une fois pour toute.

    Bien sûr, cette tension, aggravée par l’expérience de la finitude et du mal, est hautement inconfortable. Notre société semble s’efforcer aujourd’hui à en réduire la portée, à en supprimer les manifestations en ramenant les pôles de la vie humaine au point médian du « confort et de l’indifférence ». Pourtant, Gabrielle Roy nous apprend à travers ses histoires et ses personnages que cet effort est vain, puisque l’objectif est impossible. Elle est disciple de saint Augustin sur ce point : « … notre coeur est toujours agité de trouble et d’inquiétude jusqu’à ce qu’il trouve son repos en Vous » (Confessions, I. I). De nombreuses lettres écrites dans sa vieillesse le confirmeront. La croissance économique et un discours politique bon enfant peuvent temporairement le faire oublier, mais toute espérance d’un bonheur véritable ne peut qu’encourir les risques de la déception et de la détresse. Comment alors trouver la force de faire face à ces sentiments contradictoires? Qu’est-ce qui a permis à Gabrielle Roy de répéter toute sa vie ce pari risqué du bonheur véritable? Nous suggérons ici une réponse simple en apparence, mais d’une importance fondamentale : son sens aigu de la réalité, celui qui lui a permis de décrire avec tant d’acuité la vie personnelle et sociétale qui l’entourait.

    L’abbé Samuel Baillargeon écrit que « l’accent de vérité, de sain réalisme qui marque les écrits de Madame Roy, provient de la profondeur d’observation et de l’exactitude de la transcription » (Littérature canadienne-française, p. 433). Nous affirmons ici l’inverse : la profondeur d’observation et l’exactitude de la transcription proviennent de ce « sain réalisme » qui marque les écrits et la vie de Gabrielle Roy. Il ne s’agit pas ici d’une approche réaliste au sens machiavélien, qui réduit la réalité aux choses observables et les motifs humains aux intérêts les plus immédiats. Il s’agit plutôt d’affirmer l’indépendance de l’être par rapport à la connaissance que nous en avons. Dans cette perspective, l’art, tout comme la pensée spéculative, ne cherche pas à idéaliser les choses, mais à aborder en premier lieu leurs manifestations concrètes pour ensuite en extraire les différentes manifestations de vérité.

    Il ne suffit pourtant pas d’adopter la doctrine réaliste pour être capable de l’appliquer. Le sens de la réalité est aussi une aptitude psychologique, une posture intérieure nous permettant d’accepter le monde tel qu’il est, c’est-à-dire tel qu’il se manifeste et tel qu’il devrait être. Gabrielle Roy n’est pas philosophe de profession ; cette attitude a été développée en partie inconsciemment. Mais comment? Son autobiographie peut nous donner des pistes de réponse. Nous en développerons brièvement trois : par l’expérience du dénuement, par la confrontation avec la mort et par l’expérience de l’altérité.

    Tout lecteur de Bonheur d’occasion se rappellera avec quelle finesse Gabrielle Roy a décrit la misère du quartier Saint-Henri et la psychologie des pauvres familles qui s’y entassaient. Ayant elle-même grandi dans une situation économique précaire, l’auteure de Saint-Boniface a été témoin dès son plus jeune âge de l’ascétisme forcé du pauvre, de son sommeil agité et de l’angoisse de coûteux imprévus. Après un de ceux-ci – une opération nécessaire à la santé de la jeune Gabrielle – elle capte une conversation de ses parents : « … je saisis la question à laquelle je m’attendais, si familière, et qui pourtant ne manquait jamais de me porter un coup. "C’est combien, Mélina?… Cent dollars, Mélina! Comment est-ce qu’on va faire?" » (La détresse et l’enchantement, p. 39-40). La pauvreté peut subtilement introduire l’habitude de quantifier les problèmes et nous cacher dès lors la valeur véritable de nos relations et du bonheur que nous rechercherons. L’expérience du dénuement familial semble à cet égard avoir été pour Gabrielle Roy une révélation de la fragilité du lien qui nous relie au bien et au beau – ce qui la motivera plus tard à saisir l’occasion de se rendre en Europe malgré la déception à peine cachée de sa famille. En même temps, elle sera sensible à la ténacité de la poursuite du bonheur chez les plus pauvres et aux multiples façons dont on peut s’y approcher. La fragilité du réel, doublée de sa générosité, est un gage de sa richesse infinie.

    Gabrielle Roy a particulièrement pris conscience de cette fragilité du bien et du beau lors de deux décès qui jalonnent sa vie, comme deux entractes d’une pièce en trois actes : la mort de son père et la mort de sa mère. La mort de sa mère est un moment charnière : c’est par cet événement que débute la deuxième partie de son autobiographie, au moment où elle fait ses premières armes dans l’écriture. Elle fera alors l’expérience du « temps qui lui a manqué » pour montrer sa gratitude et donner à sa mère l’espoir d’une vie meilleure à travers celle de sa fille.   

    Mais les choses se déroulèrent autrement et lui apparut alors l’évidence d’une sorte de réfraction entre nos activités extérieures et nos désirs intérieurs, réfraction qui appelle à une attention toujours renouvelée envers notre entourage. Quant à la mort de son père, survenue plus tôt au début de sa vingtaine, le récit qu’elle en fait parle par lui-même et il convient de le citer longuement :

    Quand nous sommes entrés Fernand et moi, nous tenant toujours par le petit doigt, la maison était pleine de gens. J’aurais été en peine de dire qui était là. Je n’avais d’yeux que pour la tête sur l’oreiller. Jamais je n’avais vu sur un visage humain un tel aveu de la douleur. Non pas la douleur physique; de celle-là au moins, mon père était délivré sous l’effet d’un calmant puissant, qui atteignait aussi sans doute les régions pensantes de l’être, car il paraissait inconscient, quoique, de temps en temps, il poussât encore un faible gémissement, mais plutôt comme au souvenir d’une souffrance que sous son effet actuel. Ce que ses traits, toute défense tombée, racontaient, c’était l’incroyable somme de douleurs qu’une vie à elle seule peut avoir assumée. J’étais fasciné par ce visage à découvert, me laissant entendre pour la première fois de ma vie ce long cri silencieux de l’âme. Ainsi donc était la vie, me disais-je, cette effroyable torture que le visage à la fin ne peut plus masquer. Et je pense que c’est cette terrible, cette inhumaine franchise qui, finalement, rendrait la mort auguste et belle à mes yeux… C’était la première mort à laquelle j’assistais, et je crois bien que, comme pour tous, ce qu’elle éveillait en moi c’était d’abord une ardente, infinie et si terrible curiosité qu’elle me distrayait pour l’instant jusque du chagrin. En pleine insignifiante bataille de ce qu’on appelle vivre : passer ses examens, préparer son avenir… j’étais prise par la nuque et livrée au mystère entier de l’existence, qui n’en disait pas plus long aujourd’hui qu’à la première mort qui surprit les hommes. (La détresse et l’enchantement, p. 90-91).

    La mort de son père est pour Gabrielle Roy une occasion de franchise. Au sein de nos existences, la mort est un aveu radical de notre impuissance. En même temps, elle est aussi une saisie du mystère de la vie elle-même et comme tout mystère elle consiste dans cette expérience de la vérité poussée à son extrême limite. C’est pourquoi la mort dévoile souvent tant de choses de la vie de l’agonisant. Être ainsi témoin de la mort est bien sûr beaucoup moins fréquent aujourd’hui, à une époque où le corps n’est plus exposé aussi longuement – voire pas du tout – et où la souffrance est la plus cachée possible. La tendance de plus en plus répandue de transformer le deuil en « fête de la vie » n’occulte-t-elle pas toutefois la signification profonde de la mort? N’est-il pas en quelque sorte salutaire que celle-ci nous oblige à s’arrêter un moment et à nous questionner sur notre condition humaine et ses fins dernières?

    Finalement, Gabrielle Roy eut l’occasion de prendre conscience de l’altérité irréductible du monde et des autres. Canadienne-française, habitant près de Winnipeg, elle expérimente d’abord l’altérité culturelle et politique. Le chemin parcouru avec sa mère entre le village de St-Boniface et la capitale qui « jamais ne [les] reçut tout à fait autrement qu’en étrangères » (La détresse et l’enchantement, p. 11) est déjà l’occasion d’une décentration de soi : « J’y acquérais sans doute déjà ce sentiment de dépaysement, cette sensation de dérive de nos habitudes qui, par la légère angoisse qu’elle engendre, n’a pas son pareil pour nous obliger de tout voir, de tout saisir, de tout retenir au moins un instant. » (Fragiles lumières de la terre, p. 155). Le sentiment de dépaysement permet une vision plus vaste du monde s’il s’accompagne de la capacité d’enchantement que l’on retrouve entre ces lignes. L’émerveillement est la genèse de la connaissance, parce que l’on ne vise pas ainsi à s’approprier la réalité, mais à la comprendre et éventuellement à l’aimer, non pas seulement en tant que concept, mais dans une relation réciproque et constitutive. Il faut ici se rappeler ces mots du pape Jean-Paul II : « Sans émerveillement, l’homme tomberait dans la répétitivité et, peu à peu, il deviendrait incapable d’une existence vraiment personnelle. » (Lettre encyclique Foi et raison, p. 9). À la lumière de cette attitude, il ne faut pas nous surprendre des nombreuses aventures qui jalonnèrent la vie de Gabrielle Roy, ni de la forte impression qu’elle faisait à ceux qui la rencontraient.

    « L’homme doit avoir juste assez de foi en lui-même pour vivre des aventures, et juste assez de doute de lui-même pour les apprécier », selon la belle formule de G.K. Chesterton (Orthodoxy, p. 171). Des doutes, Gabrielle Roy en a eu plus que quiconque. Sur sa vocation d’artiste, sur l’accomplissement de ses devoirs, sur sa capacité à aimer. Elle eut toutefois cette confiance latente, faible mais constante, qui la poussa à se rendre disponible à certains moments clés de sa vie, à saisir les occasions et à prendre des risques, comme cette fois où elle partit en Gaspésie sans objectif défini, sinon celui d’atterrir à « l’endroit qui lui semblera le plus beau ». Et comme la détresse attire la compassion, la bonne volonté de quelques-uns ramena l’enchantement dans le coeur de la jeune femme : « À peine la porte refermée, seule dans ma chambre des merveilles je me jetai sans même enlever mes souliers sur lit et le visage contre la courtepointe qui embaumait le grand air, je pleurai que Dieu, à certaines heures, parût m’accorder tout ce que je souhaitais du fond du cœur. Tant me combler, tant me déchirer, je comprenais de moins en moins ma vie et moi-même. » (Le temps qui m’a manqué, p. 85-86).

    Ainsi l’expérience du dénuement, de la mort et de l’altérité culmine chez Gabrielle Roy dans l’expérience de Dieu. La présence de Dieu dans sa vie affermit sa sensibilité à la générosité du réel au-delà des drames de ce monde. « Si nous aimons tant la vie c’est qu’elle est Dieu, une part de Dieu, une part quelque peu tangible de Dieu alors que l’autre part, immense, nous échappe par-delà l’horizon. » (Lettre à Bernadette, 22 avril 1970). Cette foi en Dieu lui permet une confiance profonde (bien qu’incertaine) en elle-même et en son destin, destin qui lui réservait finalement le succès que nous connaissons et l’affection que nous lui portons encore, 35 ans après sa mort.

    C’est à l’aventure que nous convie l’oeuvre de Gabrielle Roy. Elle nous invite à cette poursuite du bonheur parmi l’incertitude et la détresse. Elle nous encourage à ne pas nous contenter d’un « bonheur  d’occasion », mais à être attentif à ce qui enchante le monde et à accueillir toute la profondeur du réel. Nous y perdrons en confort ce que nous gagnerons toutefois en force et en espérance.

    Références
    Ballargeon, S. Littérature canadienne-française, préf. Lionel Groulx, Montréal, Fides, 1957.
    Chesterton, G.K. Orthodoxy. Chicago, Moody Publishers, 2009.
    Jean-Paul II. Foi et raison. Paris, Pierre Téqui éditeur, 2013.
    Roy, G. « Héritage du Manitoba », dans Fragiles lumières de la terre. Montréal, Stanké, 1982.
    Roy, G. La détresse et l’enchantement. Montréal, Édition du Club Québec Loisirs, 1984.
    Roy, G. Le temps qui m’a manqué. Montréal, Éditions du Boréal, 2000.
    Roy, G. Ma chère petite sœur. Lettres à Bernadette 1943-1970. Montréal, Éditions du Boréal, 1988.

    Notes

    1 La pièce éponyme La détresse et l’enchantement, une coproduction du Théâtre du Nouveau Monde, du Théâtre du Trident et de Trois Tristes Tigres, a d’abord été présentée au TNM en mars 2018 puis cet automne au Trident, à Québec. Marie-Thérèse Fortin assure toute la distribution, en plus du montage dramaturgique, et Olivier Kemeid signe la mise en scène. 
    2 Cette phrase est la dernière de son autobiographie, écrite sur une feuille volante et jointe au manuscrit.

    Date de création : 2018-12-16 | Date de modification : 2018-12-16

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