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    Dossier: Irak

    Vol d'un faucon au-dessus de Bagdad

    Josette Lanteigne
    Il n'y a peut-être aucun lien entre les atrocités du 11 septembre et Saddam Hussein. Wolfowitz n'en soutient pas moins qu'on doit faire un tel lien pour défendre la démocratie.
    Paul Wolfowitz est considéré comme le plus fervent partisan de la guerre en Irak. Pourquoi? Commençons par rappeler qui est ce personnage: numéro 2 du Pentagone, adjoint direct du secrétaire de la défense… mais d'abord fils d’un mathématicien polonais dont toute la famille restée en Europe fut massacrée dans les camps de concentration nazis. Il ne fait donc pas de doute que cet homme croit à la réalité de la guerre. Il est même connu pour sa méthode paranoïaque: pour lui, la prudence se ramène à imaginer que se produisent les pires scénarios :

    «Au département de la Défense, aussi bien au niveau militaire que civil, nous avons réfléchi prudemment pendant des mois aux différentes manières dont les choses peuvent aller de travers, parce que c'est le seul moyen de faire des plans avec prudence.»

    Il a ainsi réussi à prévoir quelques conflits, dont celui du Golfe, mais il peut aussi errer, comme lorsqu’il a proposé à la première administration Bush d’envahir la Russie, dans le cas où celle-ci ne reconnaîtrait pas aux Lituaniens le droit de se séparer (CNN). Bras droit de Donald Rumsfeld, le secrétaire de la Défense, intellectuel néo-conservateur, la démocratie a plus d’importance à ses yeux qu’à ceux de ses frères faucons (MM. Richard Cheney, Donald Rumsfeld, Paul Wolfowitz, Richard Perle, Douglas Feith, Jack D. Crouch, John R. Bolton, etc.) au sein de l’administration Bush. Mais il n’en fait pas moins partie du trio héroïque déterminé à mettre fin au régime de Saddam Hussein: Bush, Powell, Wolfowitz.

    Plusieurs voix s’élèvent pour demander: Pourquoi l’Irak? Saddam Hussein est malheureusement loin d’être le seul tyran actuel et comme le fait remarquer Ignacio Ramonet, «lorsque cela servait ses intérêts, Washington n'a jamais eu le moindre scrupule à soutenir M. Saddam Hussein, dans les années 1980, et d'autres dictateurs: Marcos aux Philippines, Suharto en Indonésie, le chah en Iran, Somoza au Nicaragua, Batista à Cuba, Trujillo à Saint-Domingue, Pinochet au Chili, Mobutu au Congo-Zaïre, etc.» La réponse à la question soulevée se trouve-t-elle donc dans la loi de la Thora: oeil pour oeil, dent pour dent? Quatre jours après le terrible attentat du 11 septembre, lors de la réunion des hauts responsables à Camp David, Wolfowitz émettait déjà une note discordante lorsque la meute voulait continuer de traquer Ben Laden, le cerveau de l’attentat, dans les cavernes de l’Afghanistan où il s’était réfugié. Wolfowitz aurait voulu qu’on se tourne tout de suite vers le bunker de Saddam Hussein à Bagdad. Simple esprit de vengeance? Il s’agit plutôt du calcul d’un homme intelligent qui se dit qu’on aurait pu prévoir qu’en laissant se développer des régimes ouvertement anti-américains, méprisant les valeurs qui sont celles de l’Amérique, comme la démocratie et les droits des individus, la libre entreprise, la tolérance, on finirait par en subir les douloureuses conséquences. Après le 11 septembre, Wolfowitz était bien décidé à secouer la complaisance américaine: «Me, worry?» Son discours est celui d’un homme qui se reproche d’avoir été faible et qui entend prêcher le courage: «Le 9/11 a remis les pendules à l'heure, y compris la mienne. Nous savons maintenant quels sont les enjeux et à quoi nous devons faire face», confiait-il en substance au Times.

    «Si nous ne sommes pas fidèles à nos principes, nous ne servons pas les intérêts de notre contrée. Une nation s'identifie à ce qu'elle est prête à défendre. C'est plus qu'une entité physique.»

    Le rêve de ce vélociraptor (dinosaure intelligent mais agressif) est de déstabiliser le monde arabe pour y favoriser l'émergence de la démocratie:

    «Nous regarderons peut-être ce moment de l'histoire comme celui où l'Occident a décidé de lui-même pour le XXIe siècle, non pas en termes de géographie, de race, de religion, de culture ou de langue, mais en termes de valeurs, celles de la liberté et de la démocratie.» (texte en anglais)

    Le fait de renverser Saddam au moyen d'une courte guerre aurait un effet bénéfique en permettant d'instaurer la démocratie en Irak et de favoriser l'émergence de nouvelles démocraties dans la région, ce qui contribuerait également à diminuer la haine à l'endroit des Américains. Mais l'opinion publique mondiale refuse de souscrire à ce rêve, de peur qu'il ne se transforme en cauchemar. Un coup d'épée au centre du monde arable et on refait l'échiquier du monde, pense le super faucon. Mais comment espérer transmettre les valeurs de l'Occident de cette façon brutale? Seules l'éducation, la confiance peuvent permettre aux extrêmes que sont les valeurs américaines et les convictions du monde arabe de se toucher. La paix repose sur la confiance réciproque. Déjà, les Européens aiment à se penser et à se dire distincts des Américains, même si ils ne peuvent pas les chasser totalement du ciel de la civilisation occidentale. Alors comment voulez-vous que les Arabes partagent les valeurs américaines? Parce que ce sont les meilleures, soutient Wolfowitz. Celui-ci considère que des actions qui peuvent paraître excessives (au regard de la souffrance du peuple irakien) sont pourtant indispensables si on veut assurer une plus grande paix. Voilà pourquoi il veut mettre fin immédiatement au régime de Saddam Hussein. On ne sait pas si celui-ci fera quoi que ce soit de si terrible, mais on sait qu'il en a l'intention. Il a construit des armes de destruction massive. Il a assassiné des milliers d'irakiens. Il vaut mieux prévenir que guérir car si on attend, ça risque de coûter beaucoup plus cher.


    Pour en savoir plus:
    Vidéo: What Does Disarmament Look Like?, conférence de Paul Wolfowitz devant le Concil on Foreign Nations, 23 janvier 2003.
    David Plotz, Paul Wolfowitz, Bush's testosterone man at Defense, 12 octobre 2001.
    Date de création : 2012-04-01 | Date de modification : 2012-04-01

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