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    Dossier: Culture

    Du mimétisme à la culture

    Françoise Chauvin
    Faire semblant de comprendre et de savoir plutôt que faire attention: sollicités comme nous le sommes par la multiplicité des médias, c'est la tentation qui nous guette et à laquelle l'auteur oppose l'exigence intérieure de l'attention réelle, fondement de toute culture vraie.
    La culture moderne est en grande partie dispensée par l'instruction livresque et l'«information déformante». Cette pseudo-culture est à la fois source de prétentions et source de complexes. On est instruit donc on a son mot à dire. Ce philosophe, ce peintre est à la mode: il doit bien y avoir une raison à cela. Moi qui suis instruit, je devrais comprendre (prétention) mais voilà, je ne comprends pas; c'est sans doute une grave lacune de ma part (complexe): surtout, ne faisons mine de rien et applaudissons...

    Un illettré dirait: «je n'y comprends rien, mais c'est normal, vu que je ne sais rien», et il s'en irait l'esprit libre encore pour contempler la beauté de la nature. - Un homme vraiment cultivé dirait :«c'est étrange: je me nourris de Pascal, j'aime Rembrandt, mais ici, rien ne m'éclaire ou ne me touche: c'est donc absurde ou laid.» - La vraie culture nous fournit ainsi des critères par lesquels nos jugements rejoignent nos intuitions: par là elle assure et développe la liberté de l'esprit, tandis que la fausse culture fait de nous les mimes de l'opinion et les esclaves de la mode. Donc cette ignorance mêlée aux apparences du savoir nous fait douter à tel point de notre jugement que nous préférons être dupes plutôt que d'oser être nous-mêmes.
    [...]
    Mais pourquoi ce déclin de la culture? Cela tient à la mentalité moderne qui est essentiellement paresseuse. Nous nous pâmons devant l'incompréhensible précisément parce qu'il nous dispense de l'effort de comprendre. Et nous négligeons la vraie culture parce qu'elle implique cet effort, et non seulement cet effort, mais tous les efforts auxquels nous engage par la suite le fait d'avoir compris. - Je peux devant l'absurde m'ennuyer la conscience tranquille. Au contraire, mon ennui me paraît coupable chaque fois que je sens qu'un beau texte ou un beau tableau pourrait en venir à bout. Je leur dois toute mon attention, d'abord par respect des réalités éternelles qu'ils représentent, et ensuite parce que l'attention qu'on leur accorde se prolonge en exigence intérieure. Car la culture n'est pas le fait des seuls intellectuels, mais de tout homme qui devient meilleur au contact des choses de l'esprit.

    C'est justement de cela que les hommes ont peur. La culture décline au profit du mimétisme et du snobisme parce qu'il est plus facile de faire semblant que de faire attention. Et parce que faire semblant n'engage à rien, tandis qu'on ne sait jamais à quoi nous engage l'attention. Il est des gens dont toute la vie a été transformée par une seule parole, une seule pensée.
    [...]
    Le propre de l'intelligence n'est pas d'enfouir la réalité sous les fausses profondeurs d'un langage obscur et hermétique, mais au contraire de rendre les mots assez transparents pour nous découvrir. Le langage courant ne s'y trompe pas; les termes de fermeture et d'obscurité s'appliquent à la sottise: on parle donc de « sombre bêtise» et, de quelqu'un qui ne comprend rien, on dit qu'il est «bouché».
    [...]
    Et c'est là qu'éclate la différence entre l'évidence et la banalité. Les banalités sont ou bien des erreurs à la mode (l'opinion fausse de Platon) ou bien des vérités que, faute d'attention, nous avons laissées se dégrader en verbialisme (l'opinion vraie). La réflexion dissipe les banalités tandis qu'elle mûrit les évidences: les banalités meurent de notre attention tandis que les évidences en vivent. Et si, par définition, elles nous dispensent des efforts préliminaires de l'intelligence formelle, elles ont d'autres exigences: elles nous invitent à franchir l'abîme qu'il y a selon Platon, entre savoir et savoir de toute son âme. Entre le savoir qui ne requiert que l'exercice des mécanismes de l'intelligence et celui qui nous imprègne et nous transforme tout entier.
    Date de création : 2012-04-01 | Date de modification : 2012-04-01

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