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    Dossier: Angleterre

    Jeune musique anglaise

    Léo-Pol Morin
    On avait depuis longtemps perdu l'habitude de parler de la musique anglaise, qui est, on le sait, descendue bien bas au cours du siècle dernier. Mais ainsi que l'enseigne l'histoire, il y eut autrefois une musique anglaise infiniment riche et caractérisée. Une renaissance de cette musique est donc toute naturelle et le mouvement actuel dans les Iles Britanniques, à l'exemple de ceux des autres pays d'Europe, renoue des traditions illustres.
    Un pays à ce point imprégné de folklore et de chanson populaire ne pouvait pas mourir définitivement à la musique. Il ne pouvait pas, non plus, rester éternellement soumis au joug étranger, que ce soit celui de Haëndel et de Mendelssohn dans le passé, celui de Brahms, de Debussy et de quelques autres dans le présent. L'acclimatation de ces diverses musiques étrangères en Angleterre n'a d'ailleurs jamais été complète et les musiciens de la présente génération recherchent l'expression nationale. Comme d'autres, la musique anglaise fut sauvée par le folklore.
    Les jeunes musiciens anglais ont demandé à la France et à la Russie les idées et les directions que ne pouvait en aucune manière leur fournir Sir Edward Elgar, qui s'est toujours maintenu dans un glorieux isolement et qui, par conséquent, n'a pas exercé sur les jeunes musiciens l'influence qu'il eût dû. Il fallait bien qu'ils se tournassent vers l'étranger, une fois de plus, mais cette fois pour s'en délivrer. C'est pourquoi la jeune musique anglaise commence par être internationale. En effet, Cyril Scott, aux promesses jadis si brillantes, Vaughan Williams, Goossens et Ireland ont pour la musique française des prédilections marquées, cependant que Holst et Holgrooke, parmi d'autres, sont attirés par l'Allemagne de Strauss et consorts, et que des plus jeunes comme Lord Berners et Arthur Bliss sont sensibles à Strawinsky et à Bartok.
    Mais Arnold Bax a écrit un jour que « tout art qui s'apparente à une idée nationale doit trouver son inspiration et sa vie dans la vie spirituelle du pays. Il faut ou une atmosphère nationale, ou de la couleur locale, ou, surtout, un état d'âme typique ». Cet état d'âme typique, il fallut même, dit-il encore, « le chercher à la Bourse ou dans les autres temples du commercialisme ».
    Dès lors, trêve de gondoles vénitiennes, de spasmes romantiques allemands et même de « précision française ». Mais il ne faudrait pas croire que le seul bruit d'affaires ou de guinées soit à la base de l'art d'Arthur Bliss, par exemple, ou de celui de Goossens. Ces deux musiciens ne recherchent d'ailleurs pas plus l'expression mystique ou symbolique d'un Bax, que l'orientalisme d'un Holst. Ils sont plus nets, plus près de la vie quotidienne anglaise et aussi de ce sens tragi-comique qui paraît être l'apanage du génie anglais. Leur langue est déjà plus générale, cependant que leur esprit est plus spécialement anglais.
    Arthur Bliss a surgi sans crier gare et il représente à lui seul, quelques années à peine après sa naissance officielle dans le monde de la musique, tout un mouvement de fraîcheur et de liberté. Il semble prendre un malin plaisir à s'amuser de la musique, des formes les plus imprévues et les moins usitées en Angleterre. Aucun art, certainement, n'est, plus que le sien, désintéressé, ni plus gratuit, au sens où l'entendrait, par exemple, André Gide. Il ne se soucie ni de plaire, ni de charmer, ni de choquer. Cet art est à cent lieues d'être féminin, mais sa virilité un peu nerveuse n'empêche cependant pas l'Hymne à Apollon d'annoncer, par sa sagesse et sa tranquillité, les … tendresses de la maturité.
    Eugène Goossens, dans l'art duquel se mêlent humour et mélancolie, s'est arrangé un système harmonique cruel, âpre et agressif, au chromatisme tendu et serré. Musicien cérébral, il n'est peut-être pas loin de penser qu'il est de bon goût de réduire au silence les sensibilités même les plus vives. Et pourtant, le Quatuor à cordes Op. 14, n'est pas l’œuvre d'un homme froid, non plus que bien d'autres oeuvres où, à défaut d'émotion langoureuse, trouve place une sensibilité que ni le pittoresque, ni les raccourcis ne diminuent.
    Mais les raccourcis dont usent Goossens et Bliss, les genres auxquels ils s'attaquent, leur jeunesse, leur nervosité, leur fraîcheur, leurs élans, leur liberté et leur désintéressement ne sont pas de nature à rassurer les esprits caducs, dont l'Angleterre connaît, elle aussi, l'existence. Mais cela ne les empêche pas d'écrire une musique « anglaise » jusque dans son pittoresque, où paraît un rare équilibre, un métier intéressant, un esprit charmant quelquefois, une grande culture et un cœur qui connaît la pudeur et la discrétion. Avec ces deux musiciens, on
    ne peut plus douter qu'il existe une nouvelle musique anglaise qui, par-dessus les ans et les divers accidents continentaux, rejoint la grande tradition et l'esprit des Purcell, des Byrd, des Blow et des Gibbons.
    Date de création : 2012-04-01 | Date de modification : 2012-04-01

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