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    Dossier: Aliénation

    L'asphyxie et le cri

    Jean Onimus
    «Fuck the system», ou comment éviter l'encagement de l'humanité dans un système à la fois rationnel et massivement inhumain.
    Il y a eu des révolutions juridiques celle de 1789 a proclamé pour l'homme des droits fondamentaux. Il y a eu des révolutions économiques: celle de 1917 a voulu assurer une répartition plus juste des biens et des forces de production. Désormais, l'aliénation n'est plus seulement juridique, sociale ou économique, elle est culturelle. Certes, les autres formes d'aliénation sont très loin d'avoir disparu, mais nous savons qu'elles sont techniquement guérissables et que le progrès travaille malgré tout en ce sens. Nous pouvons même espérer, avec les progrès de la justice sociale et de la production industrielle, une période de répit, voire une ère de stabilité. Mais voici que la fièvre repart à un autre niveau — moins objectivement apparent, moins facile à déterminer et à isoler -, à un niveau beaucoup plus profond puisqu'il concerne cette fois les fondements de l'existence.

    Pourvu de ses droits légaux, de son pain quotidien et des plaisirs commodes que lui offre la technique, l'homme n'est pas encore satisfait. Et chose prodigieuse, ce n'est pas d'argent, d'un surcroît d'argent qu'il a besoin mais, si j'ose dire, du contraire — de tout ce que l'argent ne donne pas.

    Qui aurait cru que la jeunesse pourrait en arriver un jour à mépriser l'argent, à tourner le dos à la fortune, à fuir même les métiers lucratifs, à choisir parfois l'austérité, le nomadisme, voire le dénuement? Scandale majeur, impardonnable ! Voici que le moteur tourne à vide, que l'appât ne joue plus. La grève de l'argent est la plus grave des agressions, elle vise au vital. ( ... )

    La révolution culturelle — celle qui met à nu l'absence de culture, la barbarie propre à l'âge technico-scientifique — cette révolution a commencé il y a longtemps. Elle s'annonce dès la Renaissance, se précise à travers les grands remous idéologiques du XVIIIe siècle, époque où pour la première fois le progrès des sciences et des arts a été opposé aux moeurs, c'est-à-dire à l'univers pratique, concret et vital des valeurs, où pour la première fois on a ressenti la connaissance des lois de la nature comme une menace et la civilisation comme un malheur, où pour la première fois, ou presque, on a évoqué avec nostalgie l'innocence et le bonheur des «sauvages». Depuis lors, l'écart n'a fait que s'accroître entre, d'une part, le versant lumineux du progrès et, d'autre part, la tristesse, bientôt l'irritation des sensibilités blessées et des imaginations brutalisées. À mesure que se développait l'épopée de la science et de l'industrie, ces grands vivants que sont les créateurs de culture, artistes et poètes, sont passés de la mélancolie au désespoir et du désespoir à la révolte ouverte. Cette révolte, qui n'atteignait d'abord que les plus lucides et les plus sensibles, a été largement propagée depuis. La prise de conscience de cette impasse a provoqué les turbulences de l'humanité occidentale depuis un siècle. Des révolutions se sont succédées, provoquant la naissance progressive de mentalités nouvelles mieux adaptées au progrès. Mais ce mal qu'on peut qualifier - un peu rapidement - de romantique, n'a cessé de sévir et de croître, s'attaquant à nos productions culturelles avant de faire irruption dans la rue. Compensation délirante mais nécessaire à cet autre mal qu'est l'encagement de l'humanité dans un système à la fois rationnel et massivement inhumain.

    Rien dans le monde étonnant où nous vivons n'est plus extraordinaire que cette fabuleuse insurrection. On s'attendait à Alphaville, au Meilleur des Mondes, aux cauchemars de Jens et d'Orwell, à la Métropolis robotisée, à la méga-machine d'Eisenstein et de L. Mumford, productrice de «bonheurs» mais broyeuse d'hommes. Rien ne semblait pouvoir nous sauver d'une telle fatalité. On voyait déjà, dans un proche avenir, les derniers hommes grouiller comme des insectes dans la close et fade termitière. Et puis, un soir de Noël, il y a vingt ans, des jeunes gens, des enfants, saisis d'une rage insolite, ont joué à tout casser dans les rues de Stockholm. Ce qui n'était encore que littérature, la violence verbale des Angry Young Men, le lyrisme vengeur de Ginsberg et de la Beat Generation, tout cela a brusquement débordé dans la rue: l'insurrection balayait les mots et passait aux actes. Une éruption commençait dont nous n'avons encore entendu que les premiers grondements.

    Gestes sacrilèges: briser la ville, faire sauter les banques, se clochardiser sans motif apparent au coeur des capitales, enterrer solennellement des automobiles, s'attaquer à des ordinateurs et crier de toutes ses forces, écrire sur tous les murs, répéter sur tous les tons «fuck the system»... Je vous le demande, quel sens cela peut-il avoir?
    Date de création : 2012-04-01 | Date de modification : 2012-04-01

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