CLIOQUINOL ET SMON : Comment éviter une diarrhée a pu devenir paralysant ou aveuglant.

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Une autre histoire ancienne mais édifiante

Un jour je décroche le téléphone, un cabinet d’avocat me demande si le clioquinol peut affecter la vue d’une enfant. Comment un pharmacovigile salarié à la fac peut-il refuser les honoraires prévus. Une dame de la bourgeoisie locale, du genre qui n’aime pas se salir les mains, vient d’accoucher d’une belle petite fille qui évidemment fait caca, il faut changer les couches. Elle raconte donc à sa gentille pharmacienne, presqu’une amie, que son bébé a la diarrhée et qu’il faut faire quelque chose.

Alors la pharmacienne propose d’essayer le clioquinol TEMPORAIREMENT, ce doit être une infection intestinale passagère. Le hic c’est que les semaines passent, les mois passent, et c’est le renouvellement pendant une année, difficile de contrarier une quasi amie et bonne cliente. Beaucoup moins de couches à changer.

Mais quand arrive le temps de trouver une crèche, car madame a repris son travail à l’extérieur, la bambine qui a maintenant 3 ans semble présenter un trouble visuel. On l’amène voir l’opthalmologiste puis le neuro-opthalmologiste. En effet la vue est affectée, perte de 50% de l’acuité, c’est neurologique. La mère décide donc de traîner en cour le fabricant et je rencontre les avocats de leur assureur. J’ignore la suite, mais me rappelle avoir suggéré un blâme aux trois parties.

L’HISTOIRE

SMON est un emprunt accepté pour la névropathie myélo-optique subaiguë; en anglais Subacute-Myelo-Optic-Neuropathy.
* Le clioquinol est un amoebicide iodé et chloré dérivé de l'oxyquinoléine, de la famille des hydroxy-quinolones halogénées. La dénomination commune internationale clioquinol correspond au di-iodo-hydroxy-quinoléine

* Synthétisé en Allemagne au début du siècle, vendu sous le nom de Enterovioform®, Mexaform®, Emaform® et autres. initialement utilisé en Europe comme désinfectant cutané, il fut proposé comme désinfectant intestinal pour traiter les amibiases (infection intestinale manifestée par des crampes, des diarrhées), puis devint populaire contre la tourista, alors qu’au Japon de fortes doses étaient prescrites au long cours pour toutes sortes de maladies digestives... J’en ai déjà mis dans ma valise, en route pour le Mexique.

 Son utilisation répandue fut suivie d’une véritable catastrophe de pharmacovigilance, dite l’épidémie du SMON, un syndrome neurologique pouvant laisser de graves séquelles.

* Cette histoire est une des plus instructives des sagas de pharmacovigilance, admirablement racontée par Ellison et Duesberg.[1] L’effet indésirable médicamenteux (EIM) est une atteinte neurologique provoquant des troubles visuels chez presque 30%  (jusqu’à la cécité dans près de 15% des cas), des troubles sensitifs et moteurs dans les jambes (jusqu’à la paralysie chez presque 30%, dont 15% en chaise roulante). On l’a désigné neuropathie myélo-optique subaiguë et emprunté l’acronyme SMON[2]

La tragédie fut surtout Japonaise, avec plus de victimes que le Mediator.

* AMM vers 1930 (FR, UK) ; 1934 (JA). Retiré en 1970 (JA) ; en 1973 (UK, FR, DE) ; en 1981 (UK) ; en 1985 (FR, DE, etc.). Des délais variant de 36 à 55 ans

* Le SMON est un syndrome neurologique relié à l’exposition au clioquinol (Enterovioform®; Mexaform, Emaform, etc.), antidiarrhéique qui fit plus de 10.000 victimes presqu’exclusivement japonaises; près de 15% finirent leurs jours paralysés voire en chaise roulante, d’autres devinrent aveugles ou malvoyants (près de 30%) .

* En Occident, le produit en vente libre était utilisé surtout contre la tourista des voyageurs. Il fut introduit au Japon en 1934, consommé abondamment, puis retiré en 1970, un retard inacceptable. Les premières publications argentines lançaient l’alerte en 1935 mais ne furent pas prises en compte parce que non rédigées en Anglais, suffisance universitaire anglosaxone oblige, et le fabricant ne pu que s’en réjouir.

* Il s'est passé 44 ans entre ces publications en langue « étrangère » et le jugement contre le fabricant en 1979 à Tokyo. Le président de l’entreprise dut faire des excuses à genoux à la télévision mais c’est quand même moins pire que de se faire hara-kiri.

* Ce fut une des grandes catastrophes de la pharmacovigilance moderne, en vertu du nombre d’invalidités encourues. L’Orient a ainsi eu son clioquinol et ses adultes paralysés ou aveugles alors que la pharmacovigilance n’y existait pas, mais cette crise majeure la fit démarrer. L’Occident a eu son thalidomide et ses bébés malformés, la crise y déclencha la mise en place de structures nationales de pharmacovigilance (au R.-U. d’abord).

* Les cas signaux furent ignorés. En 1930 le clioquinol est proposé en comprimés comme amoebicide désinfectant intestinal appelé Entero-VioformMD. Il est commercialisé au Japon en 1934. En décembre 1935 deux articles écrits en espagnol par les médecins argentins Grawitz et Barros signalent des complications neurologiques apparues après la consommation de doses excessives.

Ces deux cas-signaux furent totalement ignorés de la communauté médicale et pharmaceutique. Même que l’un des auteurs avisa directement le fabricant Ciba-Geigy.

* Ce fut une histoire d’action collective réussie, mise en branle au Japon en mai 1972, contre le fabricant au Japon, 15 autres distributeurs, 23 médecins et hôpitaux, et le ministère de la Santé. Cette année là, le médecin suédois Olle Hansson témoigna au Japon comme expert, après avoir trouvé une quarantaine de cas dans son pays et devenu un dénonciateur convaincu. Une sorte de Irène Frachon à saveur scandinave.

Les avocats mandatés découvrent que la FDA a déjà restreint le clioquinol depuis 10 ans; que des médecins étrangers qui avaient déjà rapporté les EIM du clioquinol furent contactés par le fabricant et invités à venir gratuitement visiter le fabricant en Suisse et à ne pas venir témoigner au Japon. Le suédois Hanson représente l’exception.

On accusa le fabricant d’avoir :
a) ignoré les premiers signaux argentins en 1935, un an après le lancement en 1934;
b) ignoré les travaux chez l’animal;
c) ignoré les notifications spontanées;
d) blâmé les japonais d’une quelconque susceptibilité raciale

* Le 3.8.1978 la Cour du District de Tokyo condamne le fabricant principal et tous les autres intervenants, malgré 6 ans de manœuvres des avocats de la défense. C’est à genoux à la télé que le représentant du fabricant doit offrir des excuses et une compensation monétaire substantielle aux victimes. La Cour souligne que :

a) le risque était prévisible depuis 1956;
b) des tests de toxicité n'avaient pas été faits après les premiers soupçons;
c) les fabricants sous licence - 186 produits à base de clioquinol - partagaient la responsabilité avec l'innovateur;

d) les médecins prescripteurs n'auraient pas du se fier entièrement aux prétentions des fabricants;
e) le fabricant continuait d'avoir des responsabilités même après la mise sur le marché et l'inclusion dans des formulaires nationaux;
f) les autorités sanitaires japonaises ne l'avaient pas règlementé de facon adéquate

* La lenteur des prescripteurs à réagir fut remarquée. Même quand tous les éléments scientifiques furent disponibles, les médecins japonais ne pouvaient imaginer être à l’origine d’un tel syndrome par leurs propres prescriptions; culpabilité et orgueil obligent, reconnaître une telle chose revenait à un aveu (est-ce uniquement au Japon?). Et pourtant l’imputabilité était forte, appuyée par les arguments suivants :

a) un principe actif commun à Enterovioform, Emaform et Mexaform : le clioquinol
b) une association temporelle avec la consommation individuelle
c) une relation dose-réponse

d) une association temporelle collective, avec les ventes du produit
e) une origine virale exclue après des recherches laborieuses
f) la preuve animale de l’absorbtion systémique
g) un métabolite verdâtre dans les urines des victimes

* Le retrait fut tardif : 11 000 victimes. Il est survenu en 1970 à Tokyo, soit 35 ans après les premiers signaux argentins publiés en espagnol et ignorés de la communauté internationale et du fabricant, et 15 ans après le début au Japon d’une véritable épidémie d’un syndrome neurologique médicamenteux invalidant dont la cause demeurait mystérieuse. Quinze ans de trop entre les premières et les dernières des victimes japonaises entre 1955 et 1970

* L'enquête de pharmacovigilance y accusa de sérieux retards dans l'obtention du retrait parce que les chercheurs japonais cherchaient un nouveau virus. Le retrait survint seulement après avoir entraîné des dégats majeurs au Japon.[3]

* Cette épidémie pharmacologique de l'ère moderne fut presque entièrement limitée au Japon, seulement 200 cas furent connus à l'étranger en 1980; même les japonais émigrés en Amérique du Sud furent épargnés. D'autres pays du Sud-Est asiatique furent de grands consommateurs de clioquinol mais les cas furent rares...

L'existence d'une prédisposition pharmaco-génétique est possible et la posologie moyenne était plus élevée au Japon qu'ailleurs; les personnes le plus sévèrement atteintes prenaient les plus hautes doses. Il n’y eut pas de « pandémie médicamenteuse ».


* Comment expliquer que l’enquête ait duré si longtemps avant de soupçonner le produit ?  Les causes sont multiples et toutes aussi instructives les unes que les autres :

a) On prescrit pour des problèmes gastro-intestinaux, incluant les crampes abdominales et la diarrhée; le SMON débute par des symptômes digestifs qu’on interprète comme une aggravation de la maladie traitée et alors on poursuit à plus forte posologie le traitement au clioquinol. C’est le biais protopathique (appliqué à un EIM) défini comme une prise de médicament motivée par l'apparition des premiers symptômes de la maladie

b) On n’imagine pas que le clioquinol puisse être absorbé car il est présenté par le fabricant comme antiseptique de surface – peau, intestin – et la pharmacocinétique du produit n’est pas connue. Même un pharmacologue japonais n’a pas « cliqué » quand ses souris sont mortes d’intoxication au clioquinol (la cécité était dans ce cas mentale). La pharmacocinétique n’était pas encore à l’ordre du jour.  Aujourd’hui les études de cinétique chez l’animal et l’homme font partie intégrante des dossiers d’AMM.

c) Il y avait une certaine ressemblance avec la polio (paralysie des jambes), en Occident on venait de découvrir les virus lents, la maladie se concentrait dans des familles ou des villages, des virologues dirigaient les enquêtes, les chercheurs japonais étaient convaincus d’une origine virale, peut-être microbienne, et s’obstinaient dans cette voie malgré les résultats négatifs les uns après les autres.

L’entêtement s’avérait supérieur à l’ouverture d’esprit. Peut-être qu’un jour on découvrira que certaines mesures de prévention covidienne relevaient aussi d’un entêtement.

d) Les cliniciens, sans éducation pharmacologique solide, n’avaient pas vérifié dès le début des enquêtes la nature du principe actif contenu dans Enterovioform®, Mexaform®, Emaform. Autrement dit ils ne savaient pas ce qu’ils conseillaient aux clients. Qui sait, peut-être qu’un jour on dira la même chose de certains vaccins C-19.
 

 

 


[1] The SMON Fiasco, Bryan Ellison & Peter Duesberg, Inventing the AIDS Virus, 1996 – The Virus Myth consulté 29.11.2011

[2]

[3] R Kono. The SMON Virus Theory. Lancet, ii (1975): 370-371 - I. Shigematsu, H. Yanagawa, S.I. Yamamoto, and K. Nake, Epidemiological Approach to SMON (Subacute Myelo-Optico-Neuropathy), Japanese Journal of Medicine, Science and Biology, 28 Supplement (1975): 23-33

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Cui-cui # 4 :: LA SANTÉ À TOUT PRIX ? Prise 2

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Des surplus de santé intériorisés jusqu’aux dilemmes covidiens.
Une joute en trois périodes.
Voici un petit traité d'anthropologie médicale permettant de bien situer la pandémie COVID-19  dans le vaste contexte de l'évolution des systèmes de santé.  Pierre Biron est médecin, Jean-Claude St-Onge sociologue.

 

Auteur : Pierre Biron, aidé de Jean-Claude St-Onge

Première période :

Avant la pandémie une certaine médecine préventive à la recherche de « surplus » de santé (pour une santé parfaite) était née de la recherche sur les facteurs de risque et nous a menés à adopter des styles de vie dits « sains » mais contraignants. Ses dogmes intériorisés étaient promus par les entreprises, relayés par les professionnels et les médias puis repris par les gouvernements et leurs santés publiques.

Deuxième période :

Qu’arrive la pandémie, les relais se font en sens contraire : les gouvernements et leur santés publiques sous pression nous imposent des mesures de protection et les directives sont reprises docilement par les professionnels et les médias. Les degrés de contrainte, la rigueur scientifique et le bon jugement varient selon les juridictions et le temps, signes que nos représentants sont dépassés par un virus qui déjoue leurs stratégies et que pour la première fois les incertitudes liées à la science sont mises à nu sur nos écrans.

Troisième période :

Apparaît alors le grand espoir, un sauveteur, la vaccination. L’industrie met en pause ses autres projets : c’est la course effrénée aux brevets, la négociation de prix (derrière des portes closes) avec des ministères inexpérimentés ou influençables pris en otage et des modes de production époustouflants. L’industrie prend le haut du pavé et oriente la pensée dominante. Les agences du médicament coincées entre un vendeur cupide et un acheteur empressé autorisent la commercialisation urgente avant de terminer une évaluation rigoureuse.

AVANT LA PANDÉMIE

Par elle-même la surmédicalisation est déjà contraignante, en fait, auto-contraignante car on intériorise les nouveaux dogmes sanitaires apparus vers la fin du 20e siècle. En effet la médecine ou plutôt la « santé » devenue la « santé parfaite » par glissement sémantique, propulsée par la recherche sur les facteurs de risque renommés maladies, cooptée par l’industrie qui a sauté sur l’occasion et relayée par la santé publique et les élus, avait déjà envahi la vie privée avant la pandémie.

Le surdiagnostic, le dépistage, le surtraitement, la surmédicamentation, l’alimentation « saine », l’anti-sédentarisme et l’anti-tabagisme sont tous devenus monnaie courante, souvent avec raison, parfois avec excès. On recherche la santé parfaite physique et mentale. Les Ivan Illich, les Thomas McKeown, nous l’avaient prédit. Le transhumanisme nous imprègne, certains rêvent de l’homme cyborg. Jacques Dufresne nous le rappelle souvent.

On en vient à s’imposer avec fierté toutes sortes de contraintes et d’activités afin de satisfaire aux conditions associées à un surplus de santé, terme choisi par l’anthropologue américain Joseph Dumit (Drugs for Life. Durham, Caroline du Nord : Duke University Press; 2012).

Davantage de muscles et d’endurance (jogging, gymnase, course), meilleure apparence physique (Botox©, liposuccion, implants, stéroïdes), meilleure performance sexuelle (Viagra© et cie., suppléments hormonaux), meilleure densité osseuse, suppléments alimentaires tous azimuts et diètes miracles, meilleure performance mentale, toujours pour une santé plus que parfaite.

Quant à l’espérance de vie, on recherche la meilleure protection contre la mort par des bilans de santé annuels, des dépistages de masse (cholestérol, glycémie, cancers de la prostate et du sein, …) et les mirages biomédicaux qui en découlent. Une certaine gauche bien-pensante s’en tape les mains sans tenir compte des déterminants sociaux (pollution, pauvreté, ignorance et inégalités sociales).

Le concept de bonne santé se transforme en chiffres (Prescribing by Numbers, Jeremy Greene, Johns Hopkins University Press, 2007). Par exemple des niveaux de tension servent à distinguer la haute pression de la normale, mais cette normalité dépend d’un seuil à ne pas franchir, et ce seuil est d’année en année ramené vers le bas par des instances médicales sous influence pharmaceutique : 160 mmHg, 150, 140 voire 130 ? Une seule mesure dépassant le seuil, un diagnostic fait à la sauvette, et vous voilà étiqueté et médicamenté pour toute une vie.

La réponse dépend de l’expert consulté; les plus sages et indépendants vous diront que cela dépend de l’âge, du sexe, de l’état de santé, de l’espérance de vie. Comme pour la glycémie dans le diabète de l’âge mûr.

Cette médecine dite préventive devenue si envahissante sera qualifiée de présomptueuse, arrogante et péremptoire par nul autre qu’un fondateur de la médecine scientifique moderne dite factuelle (evidence based medicine), David Sackett à Hamilton, Ontario. Mauvaise nouvelle, Steve Morgan de l’Université de la Colombie britannique, a découvert que le Québec était le champion provincial des ordonnances dans ce domaine (The Canadian Rx Atlas, 3rd Edition).

Des médecins généralistes inspirés comme le belge wallon Marc Jamoulle nous proposent comme résistance passive les mesures à prendre pour protéger les bien-portants et les malades des effets pervers de la surmédicalisation et en font une mission de la santé publique.

Il faut se protéger de la prévention mal avisée, alors que la promotion de nouveautés pharmaceutiques est relayée trop docilement par des comités de directives cliniques et que depuis 3-4 décennies, à peine 10% des nouveautés procurent un avantage thérapeutique tangible (Conseil du prix des médicament brevetés au Canada et Revue Prescrire en France).

Savoir déprescrire devient un devoir dans l’optique d’une bonne pratique clinique, surtout en gériatrie; un Réseau canadien de déprescription a d’ailleurs été lancé par l’Institut universitaire de gériatrie de Montréal. L’initiative médicale Choisir avec soin évalue d’autre part à un million par année les interventions médicales inutiles au Canada.

Pendant des décennies les industries sanitaires profitent des dogmes d’une médecine préventive dévoyée et dont les acteurs font preuve d’un manque de sens critique et redéfinissent périodiquement nos surplus de santé aux dépens de nos ressources. Personne n’a plus le droit d’être bien-portant, c’est le retour du Dr Knock (1923) de Jules Romain, « le bien portant est un malade qui s’ignore ».

Heureusement des soignants universitaires clairvoyants comme Gilbert Welch et Nortin Hadler aux É.-U. et Peter Gøtzsche au Danemark, traduits par Fernand Turcotte à Montréal, publient une brochette de livres pour démontrer à un public averti que trop de médecine peut être aussi dommageable que trop peu.

Les généralistes sont-ils libres de lutter contre la surmédicalisation ? Pas sûr. Pas facile pour un médecin de famille de conseiller l’arrêt d’un traitement inutile et risqué prescrit par un spécialiste, pas facile pour un pharmacien de ne pas vendre un médicament inutile quand les ventes sont sources de rémunération, pas facile d’expliquer au client bien-portant du mal fondé de certaines campagnes de dépistage (revue Prescrire 2020; 40(441) : 554 et 557), du traitement trop hâtif d’une « hypertension labile, des hyperlipidémies de bon repas, des diabètes de galette des rois, des mauvais sommeils de 8 heures », des renouvellements inutiles.

On dépense beaucoup, on subit des effets indésirables parfois fatals, on augmente notre niveau d’anxiété pour tenter de vaincre le vieillissement, la fragilité, les limitations, la laideur, même la « brièveté de la vie » car sans religion ou spiritualité vaut mieux éviter d’y penser et la reporter le plus loin possible, quitte à passer ses dernières années dans un état plus ou moins déplorable, si déplorable parfois que le suicide assisté lorsque permis ou l’euthanasie déguisée se pointent le nez.

C’est le nouveau visage de la recherche d’immortalité, celui du transhumanisme qui remplace la religion et la spiritualité. C’est l’absurde « homme nouveau » augmenté. Bref, de l’humain déshumanisé qui refuse ses limites. Tout acharnement préventif se fait aux dépens de la liberté, un dommage collatéral du santéisme. On finit par se demander si les ingénieurs du corps humain en quête de longévité produisent plus de mal ou plus de bien.

À table on va nous dire quoi manger. Pendant des décennies il faut éviter les gras, ce qui appuie d’ailleurs par ricochet l’emploi de réducteurs de lipides sanguins (statines comme Lipitor©, Crestor© et cie.), pilules qui n’ont jamais rempli leurs promesses et dont certains sujets se font renouveler les ordonnances ad vitam aeternam.

On remplace le beurre par la margarine sans avoir la preuve de ses bénéfices cliniques; de toute façon l’hypothèse lipidique n’a plus beaucoup l’appui de scientifiques neutres et des douzaines d’études cliniques confirment que les aînés au « mauvais » cholestérol plutôt élevé vivent plus longtemps (Uffe Ravnskov, sur THINKS.org).

Pendant que les tablettes des grandes surfaces foisonnent de produits « sans cholestérol, faibles en gras », on découvre que le grand prêtre de l’hypothèse lipidique était secrètement financé par l’industrie des sucres : l’Américain Ancel Keyes avait manipulé les faits en choisissant 7 pays parmi les 22 examinés, comme par hasard les seuls qui démontraient une corrélation entre les gras alimentaires et les crises cardiaques. Ses compatriotes se bourrèrent de sucres.

Néanmoins la santé publique et la médecine populaire continuent de contrôler nos assiettes en déconseillant les sucres raffinés. Plusieurs d'entre eux mènent au diabète de la maturité dit type 2 et à l’obésité. Par contre, on utilise des succédanés sans calorie sans trop savoir s’ils augmentent ou diminuent la résistance à l’insuline. Les industries alimentaires introduisent ces sucres dans presque tous les mets préparés vendus en grandes surfaces et au menu des restos rapides. La classe précarisée se contente d’aliments malsains moins chers.

On tolère que laits, yaourts, céréales, charcuteries, etc. soient devenus des produits transformés, même lorsque qualifiés de « nature », bien éloignés de ceux consommés par les grand-mères des îles grecques, italiennes ou japonaises où l’on bat des records de longévité. Îles sans pollution, sans disparité socio-économique marquée, socialement cohésives, où l’on cuisine à la maison. Sommes-nous vraiment libres, citadins des grandes villes à la merci des mondiales de l’agro-alimentaire, de manger autrement ?

Ensuite on s’attaque à l’alcool, on prêche l’abstinence, jusqu’au jour où l’on accepte même aux États-Unis que le régime dit méditerranéen proposé en France (Michel De Lorgeril et autres) est le plus recommandable et inclut un peu de vin avec le repas du soir.

Souvent l’embonpoint peut céder quand on décide de manger moins, moins vite, moins seuls, moins souvent (pas de grignotage, sauter un repas par jour), sans recourir au mirage des diètes miracles mises au rancart l’une après l’autre. Les autorités en nutrition pondent des directives qui changent périodiquement et se contredisent, la nutrition n’étant pas plus exacte que l’économie.

Et puis c’est le sexe qui en prend un coup : qu’arrive le sida et plus question de faire l’amour sans condom, en attendant d’être testé de part et d’autre, et la positivité entraîne la discrimination. La santé publique entre dans la chambre à coucher, cette fois avec raison bien sûr puisque ce virus sait bien comment se propager. Noter qu’aucun vaccin n’a pu être mis au point en 4 décennies.

On valorise une prévention biologique proactive basée sur des calendriers de dépistage d’anomalies dans les molécules plasmatiques et l’imagerie corporelle, d’imperfections de la mémoire des aînés ou de l’humeur à tout âge.

Attention à nos gouvernants qui vendent à rabais ces résultats d’analyse livrés en pâture aux banques de données nuagiques qui les refileront aux mondiales du médicament avides de les interpréter par intelligence artificielle à la recherche de marqueurs et de facteurs de risque dont l’importance et l’utilité pour la santé sera immanquablement exagérée par intérêt commercial.

Une fois testé positif, on est marqué pour longtemps, c’est écrit dans notre dossier médical informatisé et donc partagé. Les produits de santé préventifs qui en découleront enrichiront des actionnaires, permettront aux politiques de mieux jouer aux « protecteurs » de notre santé et faciliteront la discrimination par les assureurs et les employeurs.

DEPUIS LA PANDÉMIE

Pas besoin de mentionner le stress des confinements, des sorties contrôlées, du nombre de personnes qu’on peut recevoir ou visiter, chez qui on peut ou ne peut pas aller selon le type d’habitation, leur lieu de résidence, leur histoire de contacts, leur voyage récent, leur lien de parenté, les risques de leur occupation.

Question sexe, une très sérieuse et compétente hygiéniste en chef a suggéré, le 2 septembre 2020, la masturbation comme activité plus sécuritaire en temps de pandémie ainsi que le port du masque et l’évitement de contacts faciaux lors d’une nouvelle rencontre amoureuse en chair et en os.

Un ami européen, expert en santé publique par surcroît, se plaint durant une période de confinement strict de ne pouvoir sortir de son chalet en bord de Méditerranée pour aller se promener sur son bout de plage déserte, ni d’enlever son masque pour respirer de l’air pur, ni même de faire du kayak près de criques inhabitées, un drone pourrait le retracer et en faire un dangereux délinquant criminalisé… Le masque obligatoire aux bien-portants dans la rue sans rassemblement, c’est logique ?

On ne peut plus aller au théâtre, au cinéma, à l’église, à la librairie, au concert classique, à la bibliothèque, même si la distanciation y est respectée, la ventilation convenable et les masques bien ajustés, ni manger dans des restaurants qui respectent toutes les règles et sont même prêts à fermer leur bar et cloisonner les espaces. Au diable la culture, les carrières de nos artistes, la religion, la socialisation minimale des enfants et des personnes seules, et du répit pour les femmes.

Certains fêtards plutôt jeunes se rassembleront clandestinement malgré l’interdiction, c’est évidemment répréhensible; si quelques-uns d’entre eux diront que le geste est politique, les autres diront que c’est pour décompenser après une année porteuse de privations, d’angoisse quant à leur avenir, et de découragement. Et on ne sévit pas contre les hôtels qui les hébergent.

Les dérapages vont de l’enfermement par l’extérieur du domicile de familles délinquantes (la police chinoise l’a fait à Wuhan) jusqu’au verrouillage de la porte de chambre d’aînés déments en résidence. Votre proche-aidé se meurt à l’hôpital, à la résidence, au Chsld/Ehpad, vous ne pouvez pas quand la fin approche aller lui tenir la main, lui fermer les yeux. Combien en ont-ils été rédduits au suicide ?

On a calculé que l’introduction du virus dans les Chsld provenait surtout du personnel, pas des proche-aidants que l’on interdit souvent et qui ne coûtent rien. L’isolement strict dans leur chambre de résidence communautaire pour aînés autonomes ou semi-autonomes, sans aucun visiteur, est-il acceptable? Quelques uns, quelques unes se sont laissé mourir de faim (dont une dans ma famille élargie).

Que dans une région on n’ait pas le droit de sortir de son domicile, cela se voit durant la guerre (explosions attendues), au cours d’une opération de police (actes de terrorisme) ou pendant le nuage toxique d’un incendie chimique, mais ne dure pas longtemps. Cela nous fait penser à l‘assignation à domicile, une punition substitut de la prison ferme, appliquée à des innocents.

Des amendes plusieurs fois plus élevées qu’en Europe pour se réunir soulèvent des questions. Les rassemblements irresponsables sont certes déplorables, mais la ligne est floue entre dénonciation et délation (on n’est tout de même pas en Allemagne de l’Est à l’époque de la Stasi). L’isolement de la quarantaine stricte a pour effet secondaire d’empêcher de descendre dans la rue pour quelque motif que ce soit, des politiques l’ont sûrement remarqué, et la cerise sur le gâteau, le couvre-feu, mène à davantage de contrôles policiers. Des pays autoritaires en profitent pour peaufiner le contrôle de leur population.

Une consigne de quarantaine peut frapper dur chez les moins nantis. Si vous n’habitez pas seul ou seule, elle peut inclure de dormir dans un autre lit, de passer la journée dans une pièce inoccupée, d’utiliser une toilette qui vous est réservée, de manger en privé, de regarder la télévision en solo, de sortir dans sa cour privée, même d’éviter une promenade en rue déserte par crainte d’être verbalisé.

Mais combien de couples, de familles ou de mères monoparentales au pays ont une chambre pour invités, une pièce inoccupée par les enfants, deux télévisions, deux salles de bain, deux tables à manger, une cour privée, l’Internet, deux lignes pour les réseaux sociaux et un chien pour promenade permise ?

Les masques à l’extérieur affadissent la vie sociale, on teste sans consentement des groupes à risque, le langage paternaliste des autorités culpabilise. Les fermetures commerciales paupérisent, notamment les propriétaires et employés des petites entreprises. Des employés au salaire minimum, des racisés, des immigrants, beaucoup de femmes. Les fermetures éducationnelles en personne découragent nos étudiants collégiaux et universitaires d’ici ou venus de l’extérieur.

La charge mentale des femmes est doublée par le télétravail, les fermetures d’écoles, le chômage du conjoint favorisant la violence conjugale. La téléconsultation médicale rend la pratique difficile et le masque nuit à la relation soignant-soigné durant la consultation en personne. Les ordonnances d’antidépresseurs ne cessent de croître. Les secours psychologiques sont dépassés.

On attend en Amérique du nord un recul historique des natalités à cause des pertes d’emploi, au moment même où il semble impératif de rajeunir la démographie québécoise dont le taux de vieillissement est un des plus élevés au Canada et même dans les pays développés.

Les politiques prennent souvent des décisions sensées mais pas toujours. Dès le 28 février 2020, l’Oms préconisait d’interrompre les chaînes de transmission, de trouver, isoler et prendre en charge chaque cas et rechercher tous les contacts. Plusieurs n’ont pas réagi à temps. Ils pensent aussi à leur popularité chez les électeurs, aux sondages, et ne révèlent pas leurs problèmes avec l’approvisionnement du matériel de protection et des tests, et avec le retraçage. Et on hésite à bannir les voyages à l’étranger et surveiller la quarantaine des arrivants par avion.

Les autorités font des choix parmi les recommandations de la santé publique, elle-même victime des incertitudes épidémiologiques entourant le virus. La transmission d’articles scientifiques fiables aux cabinets ministériels sans accusé réception donne l’impression que cette contribution citoyenne est du temps perdu. Les campagnes de peur et les mensonges par omission ne font qu’augmenter l’anxiété de tous et diminuer la résilience.

Pas besoin de surfer longtemps avant de découvrir ici et ailleurs des mesures contraignantes de protection qualifiées de contradictoires, ratissant trop large, imprévisibles, illogiques, improvisées, mal fondées, trop hésitantes ou trop hâtives, présentées de façon infantilisante ou tronquée.

Les informations grand public sont filtrées. On rapporte des taux de décès covidiens quotidiens sans les comparer aux décès non covidiens survenus le même jour, nous privant du taux de surmortalité virale; il ne faudrait pas que la sensibilité à l’idée de la mort occulte ces réalités. On ignore encore la validité des certificats de décès covidiens, variable selon les régions.

Le public aimerait connaître le taux des faux positifs chez les asymptomatiques avec les tests dits CPR, ce qui inquiète ceux mis en quarantaine. On diffuse peu souvent le taux de mortalité covidienne par habitant, base des comparaisons inter-régionales. Ni par groupe d’âge. Ni par ethnies. Ni par code postal.

On comprend que nos élus actuels aient dû composer avec l'incurie des administrations précédentes mais on se demande pourquoi la province est la plus distincte en termes d’infections et de létalités covidiennes depuis le début; le 19 janvier 2021 le rapport québécois entre les décès et les cas était de 1 décès par 27 cas, celle au Canada de 1 décès par 39 cas, une différence de 44%. Pourquoi cette distinction alors que la 2e vague était prévisible ? La délinquance citoyenne, la mauvaise gouvernance, les incertitudes scientifiques, le choix des conseillers, la hiérarchie des valeurs, l’impossibilité de la mission, les problèmes d’approvisionnement, la contagiosité galopante, la lassitude des décideurs ?

QUATRE RENDEZ-VOUS MANQUÉS

Primo, on aurait pu confier aux médecins généralistes, en les encadrant et les outillant bien, la tâche de surveiller leur clientèle, avec des tests valides et rapides, un questionnaire pertinent, l’auscultation et l’usage de traitements symptomatiques peu dangereux et peu coûteux même s’ils comprennent des médicaments non autorisés dans cette indication, afin qu’ils réfèrent à l’hôpital tous ceux, et seulement ceux ne pouvant être soignés en ambulatoire, pour ainsi retarder le délestage hospitalier.

Encore aurait-il fallu en premier lieu que dans la province l’accès aux médecins de famille ne soit pas si lent, si restreint et si mal réparti. Cette faille importante existait avant la pandémie.

Secundo, depuis la pandémie on intensifie le dépistage des troubles de comportement dans les écoles nord-américaines, sous l’influence des entreprises et la complicité des directeurs pédagogiques et des ministères, pour psychiatriser et médicamenter dès le jeune âge, au risque de gâcher leur vie, alors que ces troubles résultent du manque de contacts sociaux, du télé-enseignement forcé, de la dépendance aux écrans (Elia Abi-Jaoude, CMAJ 2020;192(6) : E136), des familles dysfonctionnelles, du burnout des « femmes à la maison », de la promiscuité dans les petits logements.

On a besoin de personnels appropriés pour appuyer les enseignants, pas de colporteurs de psychotropes. Et si le télé-enseignement au primaire et au secondaire s’est déjà avéré moins efficace chez les jeunes de familles éduquées, c’est encore pire chez les défavorisés. En plus de forcer la vision par trop d’heures d’écran et d’empirer leur sédentarisme.

Tertio, si on doit impérativement réduire l’engorgement des soins hospitaliers et intensifs, c’est que notre système n’était pas et n’est pas encore prêt à affronter une telle pandémie, reflet d’une politique managériale centralisatrice et de restructurations néolibérales qui depuis des décennies ont dépouillé le service public d’une gouvernance efficace, a laissé tomber les Clsc (Centres locaux de santé communautaire), n’a pas obtenu l’accès généralisé aux médecins de famille tout en favorisant les spécialistes par des politiques hospitalo-centristes, et a fermé trop de postes.

Avec ce qu’ont coûté réellement les deux nouveaux centres hospitalo-universitaires de Montréal on aurait pu doter la communauté métropolitaine de plusieurs hôpitaux de moyenne dimension et de cliniques multidisciplinaires bien réparties.

Quarto, avec une fraction des coûts vaccinaux - subventions, contrats anticipés, achats, distribution, responsabilité civile - on aurait pu :
(a) diminuer les facteurs de contagiosité dans les Chsld/Ehpad, les résidences pour aînés, chez les minorités défavorisées, dans les quartiers pauvres, les prisons, au travail;
(b) adapter et équiper écoles et établissements sanitaires à la nouvelle situation;
(c) établir et financer des normes de soins appropriées (gouvernance et personnels) dans les Chsld publics;
(d) légaliser la nationalisation des Chsld privés, dont les taux de négligence mortelle de certains ont soulevé une vague d’indignation au pays, tel que recommandé par Médecins du québec pour un régime public (Avril 2020, sur mqrp.qc.ca).

LE GRAND ESPOIR

Industries, santés publiques et gouvernements promettent la main dans la main des surplus de protection pandémique par l’annonce triomphante de 164 vaccins en essais précliniques dans les laboratoires et 48 en essais cliniques, chiffres de l’OMS en novembre 2020.

Les premiers disponibles début 2021 contiennent le plus d’inconnu – Pfizer/BioNTech et Moderna – car ils introduisent du matériel génétique synthétique dans l’intimité de nos cellules, l’ARN messager porteur de la séquence entière de la protéine virale dite spicule ou protéine S, pour que les cellules synthétisent à leur tour cette spicule qui servira d’antigène devant déclencher la formation d’anticorps spécifiques au c19 par notre système immunitaire.

Des fabricants se sont lancés dans cette voie parce qu’il est devenu plus facile de reproduire des quantités gigantesques de ces « bouts de gènes » synthétiques que d’utiliser des méthodes plus traditionnelles, la production rapide d’ADN ou d’ARN ne requérant que la séquence du matériel génétique viral.

Cet ARNm vaccinal était de 69% à 81% « intègre » dans les lots expérimentaux chez Pfizer, mais on découvrit qu’ils descendaient jusqu’à 51-52% dans les lignes de production massive des lots commerciaux alors il a fallu se réajuster à Puurs en Belgique flamande, d’où le retard de distribution annoncé en janvier 2021. Les agences américaines, européennes et canadiennes du médicament sous haute pression politique ne s’inquiétèrent pas de ce problème en novembre 2020, à savoir une diminution possible de la réponse immunitaire et l’accumulation d’ARN « tronqués » dont on ignore les risques.

Pfizer a promis de retrouver un taux d’intégrité à 75%. Référence : Lise Barnéoud dans Le Monde du 16 janvier 2021 qui s’inspire des documents secrets volés à l’Agence européenne le 20 décembre 2020. Et le virologue Bernard Dugué qui sonne l’alerte fin 2020 sur agoravox.fr.
 

Vaudrait-t-il mieux attendre que les premiers vaccins de type ARN messager soient suffisamment évalués pour éviter de mauvaises surprises avec un mécanisme d’action inédit chez l’humain ? La sagesse traditionnelle dit oui, l’urgence politique dit non. Ceux qui qualifient l’introduction de matériel génétique de synthèse dans nos cellules de « viol qui les transforme en organismes génétiquement modifiés, et la population vaccinée en cobayes » vont trop loin car l’ARNm ne peut entrer dans le noyau cellulaire.

Rappelons-nous que dans tous les domaines de la médecine préventive c’est en vaccinologie que l’omerta est le plus visible, sans jeu de mots, et les données complètes des essais demeurent confidentielles comme des secrets d’État. Même les plus prestigieuses revues scientifiques s’autocensurent en vaccinologie.

Les journalistes influenceurs, tous médias confondus, savent cela et craignent de perdre leur emploi, être dénigrés ou harcelés ou poursuivis juste pour avoir osé poser des questions concernant tout nouveau vaccin. Pourtant l’autocensure dans les débats scientifiques ne fait que nuire à l’éclairage des décideurs sanitaires (Jeanne Lenzer & Shannon Brownlee, Scientific American, 30 novembre 2020).

Jamais, depuis les débuts de la médecine scientifique au milieu du 20e siècle, la vaccinologie a été aussi manipulée par des intérêts politiques et commerciaux, les chercheurs indépendants aussi bâillonnés ou ignorés, les agences du médicament aussi indument asservies (Éditorial, BMJ 2020; 371: m4425). Il faut savoir s’entourer des meilleurs experts en virologie, indépendants et courageux, pour avoir des conseils bien fondés.

« Sans transparence, la confiance du public est impossible. Afin de clarifier de nombreuses questions sur ces vaccins, il faut avoir accès aux données cliniques brutes au niveau des patients par des chercheurs indépendants. Mais aucune des entreprises impliquées dans la stratégie vaccinale de l'Union européenne n’a partagé ces données avec des tiers à ce stade. Pfizer ne commencera à rendre les données disponibles que 24 mois après la fin de l'étude. La déclaration de partage de données de Moderna indique que les données ’peuvent être disponibles sur demande une fois la période d'essai terminée’. Cela veut dire entre le milieu et la fin de 2022, car un suivi est prévu sur 2 ans » (NoGracias.org, 19 janvier 2021)

Les fabricants tirent les ficelles à l’Organisation mondiale de la santé par fondations caritatives interposées, dans des comités d’experts sponsorisés, dans les Santés publiques sous influence et dans les cabinets de nos dirigeants dont les portes restent grandes ouvertes aux lobbyistes. Aux É.-U. des experts des Centers for Disease Control ou CDC ont des intérêts particuliers dans les entreprises vaccinales et les portes tournantes à la direction sont monnaie courante, tout comme à la FDA. Les actionnaires se réjouissent pendant que les gouvernants dépensent, légifèrent et moralisent.

La course folle entre les États pour obtenir en premier ces nouveaux vaccins fait penser à une chasse aux trésors où les plongeurs se battent pour aller ouvrir un coffre aperçu près d’une épave sans savoir si le trésor y est. Tandis que les firmes protègent jalousement leurs brevets sans partager leurs méthodes, c’est à qui négociera en secret le meilleur prix avec des gouvernements en position de faiblesse et qui préfèrent cacher les ententes et les contrats. Censure et déni de la réalité ne sont pas des traitements alternatifs.

On suivra les blogues du professeur de pharmacie américain Peter Doshi sur bmj.com concernant les incertitudes vaccinales et les médiocrités méthodologiques. Ne pas oublier que sans démonstration de réduction de la contagiosité, laquelle se fait attendre, un vaccin ne peut dispenser des mesures avérées utiles contre la transmission.

Qu’en est-il de la vaccination par des produits commercialisés en urgence avant d’avoir été suffisamment étudiés ? L’objectif logique bien sûr, est d’offrir un surplus de protection. Mais quand la covid survient quand même chez des vaccinés, il ne faut pas évoquer seulement une infection préexistante ou intercurrente, faut toujours évoquer aussi l’inefficacité. Faut faire connaître cet événement malheureux, objectif d’une vaccinovigilance réactive et transparente. La censure ne nous guérira pas de la réalité.

En cas d’effet indésirable post-vaccinal invalidant ou mortel, les fabricants jouissent d’une immunité juridique accordée (servilement selon certains) par l’État. Faudra soi-même quémander réparation auprès de l’État; rares sont ceux qui comme au Québec se sont dotés en 1985 d'un programme d'indemnisation des victimes d'une vaccination sans égard à la faute. Le Canada pourrait suivre.

Certains citoyens ou soignants refuseront, dans un premier temps, l’offre vaccinale. Il ne faut pas démoniser ces hésitations car l’expression « Sûr et efficace » utilisée en réglementation pharmaceutique n’a jamais voulu dire « Totalement sûr et totalement efficace »; c’est plutôt une formule technocratique simpliste choyée par les industriels et reproduite par les professionnels et les médias.

Soit par principe, ils n’aiment pas les vaccins. D’accord que certains calendriers vaccinaux dans l’enfance sont très chargés dans certaines juridictions. Chaque vaccin est un cas particulier. Plusieurs sont des grands classiques incontournables, d’autres sont bons alors que quelques uns (grippe, pneumonie) demeurent discutables.

Soit empiriquement parce qu’une connaissance vaccinée a fait une grosse réaction anaphylactique et dut recevoir une injection d’adrénaline (EpiPen©), risque acceptable à condition seulement d’être rarissime et que ledit vaccin soit démontré efficace sur des critères pertinents dans une majorité des exposés à cette vaccination, ce que tous nous souhaitons mais attendons encore.

Soit scientifiquement, quand des soignants et des experts qui ont pris connaissance du peu de données disponibles préfèrent attendre l’achèvement de l’évaluation expérimentale et de l’observation sur le terrain. Ils ont le droit de s’exprimer sans discrimination par leur employeur ou leur ordre tout en souhaitant que l’efficacité vaccinale soit au rendez-vous. Une éventuelle obligation chez les soignants serait controversée.

Finalement, quelques rares refus pourraient être un message à la société : au-delà du matériel dans la vie, il y a du spirituel, et une certaine conception de la liberté consiste à pouvoir faire des choix individuels, à dire non en certaines occasions, cela nous distingue des autres créatures. Pour paraphraser Fiodor Dostoïevski dans ses Notes d’un souterrain, 1864, la liberté fait partie de ce « surplus d’humanité » que l’on retrouve chez l’HomoVivens de Jacques Dufresne.

ÉPILOGUE

Un jeune, étudiant en économie et cycliste urbain fortement affecté par les confinements, m’a récemment posé trois questions déconcertantes :

Dans la Seconde guerre mondiale les Alliés ont sacrifié sans hésiter presque 11 millions de jeunes vies pour « sauver notre civilisation » du danger nazi et depuis la pandémie on voudrait « sacrifier notre civilisation » pour sauver des vieilles vies du danger covidien ?

Sauver du virus 60 vieillards malades dont l’espérance de vie est de 2 ans (120 personnes-années) a-t-il la même valeur que gâcher la vie de 2 vingtenaires dont l’espérance de vie est de 60 ans (120 personnes-années) ?

Notre société de 8,5 millions préfère-t-elle se faire faucher 1% de sa population (85 000) ou gâcher la qualité de vie des 99% (8 415 000) qui survivront ?

J’ai répondu spontanément à cet « invincible » de droite :

Mourir intubé et seul n’est pas mon objectif de vie, et le tien non plus : aimerais-tu après avoir été heurté en vélo par un camion remorque, mourir dans l’ambulance refusée par chaque hôpital débordé de ta région ?

Une réponse longue aurait été trop compliquée. C’est le respect des consignes qui incite à réfléchir sur les conséquences sociales et sociétales de nos réactions individuelles et collectives à la pandémie. Si c’est en temps de crise que se manifestent mieux la puissance des mondiales du vaccin, les stratégies des gouvernants et le caractère des gouvernés, c’est aussi le temps d’apprendre à en dialoguer publiquement et calmement en évitant les politiques et opinions extrêmes de nos voisins du sud. Ne sommes-nous pas déjà trop américanisés?

Chez les Gafam et au Forum économique mondial on jubile pendant que les PME font leur deuil et que la précarité s’allonge inexorablement. Si une pandémie désigne la mondialisation d’une épidémie mortelle, l’appellation mondialisation réfère aussi à une stratégie politique; la citoyenneté doit se demander laquelle est la plus dangereuse. Lors du postmortem pandémique on devra comparer les pertes de vie avec les pertes de libertés. Et les transferts d’argent des 99% vers les 1%. L’examen des cendres de l’incendie covidien devra nous en apprendre davantage sur le noir épisode que nous traversons. L’Histoire nous le dira.

 

 

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Cui-cui # 5 : Efficacité relative ou absolue du vaccin ? Ça fait toute la différence

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En santé, pas d’éthique possible sans un recours honnête et éclairé aux mathématiques. Voici pourquoi. Au vu de ces données, on se demande si, dans sa course effrénée aux vaccins, l’humanité entière n’est pas victime de faked numbers. (J.D.)

Auteur : Pierre Biron avec l’aide de Jean-Claude St-Onge

Dans la vie courante

Miss météo

« Demain l’air fraîchira un peu, on attend 2 degrés de moins qu’aujourd’hui ». On ne s’attend pas à entendre « Demain il fera 4% plus froid » alors qu’aujourd’hui il fait 50 degrés C.

Moyenne au bâton (de baseball)

Quand un frappeur souhaite un nouveau contrat, il fait valoir sa performance en supériorité absolue, pas relative. Quand un club dont la masse salariale est plafonnée compare deux frappeurs en quête d’augmentation de salaire et doit en choisir un, on les compare en différences absolues. Le critère d’évaluation est le nombre de coups sûrs / nombre de présences au bâton. Ce taux dit moyenne au bâton, s’exprime en décimale (0,30) ou en pourcentage (30%). Comparons deux joueurs :

Jim BigBat dont la moyenne est de 30% demande une augmentation et Tommy GrandStand soumet la même demande avec son score de 35%. Tommy sera choisi vue sa supériorité absolue de 5% et non à cause d’une supériorité relative de 17%.  Pour l’anecdote, Babe Ruth et Ted Williams frappaient un coup sûr dans 34% de leurs présences et firent faire des fortunes aux propriétaires de clubs.

En recherche médicale

Une différence relative attribuée à un traitement est un chiffre qu’on peut qualifier de « immatériel » car il peut s’appliquer à n’importe quel critère de la maladie étudiée, et quelle que soit sa fréquence normale dans la population visée, représentée dans un essai clinique par celle du groupe témoin. C’est un chiffre théorique, une abstraction, une variable dérivée utile pour appuyer la confiance dans un lien de causalité et pour faire des comparaisons et des projections en épidémiologie. On l’utilise en recherche fondamentale dont l’objectif est de comprendre les corrélations entre les phénomènes et les liens de causalité qui les expliquent; c’est une science explicative. On l’a utilisé beaucoup pour démontrer que le tabac induit des cancers et des infarctus.

Tandis que la différence absolue est ancrée dans la réalité, on la qualifie de « matérielle », elle concerne du concret. Elle mène à des prises de décisions et elle convient à la recherche médicale appliquée où l’on doit formater les résultats en termes pratiques et utiliser la différence de risque entre témoins et traités. On recherche la pertinence d’un résultat après une intervention. Seule une différence absolue peut servir de base à une décision pragmatique comme celle prise par un prescripteur quand il doit choisir - ou ne pas choisir - un nouveau produit dans le traitment ou la prévention d’une maladie donnée. Dans la vie courante on fait de même.

Pour les initiés, le Nombre Nécessaire de Traiter (NNT, Number Needed to Treat) est l’inverse arithmétique d’une différence absolue. Si celle-ci est de 5% ou 0,05, l’inverse est 1/0,05 = 20. 

Un promoteur formate les résultats 
Risques relatifs pour un bénéfice, risque absolu pour un effet nocif

Référence : Ridker et coll., NEJM 2008 ; 359 : 2195

L’hypercholestérolémie est un facteur de risque controversé, le Crestor© est un médicament de la famille dite des statines présenté comme capable de protéger de la maladie des coronaires, ces artères nourricières du muscle cardiaque; quand elle se bloquent ou se referment, c’est l’angine ou la crise cardiaque.

Les ventes du Crestor© ont rapporté des fortunes après la publication d’un essai clinique biaisé surnommé Jupiter, un rappel des profits astronomiques.

Un bénéfice

Le critère principal d’évaluation était un épisode coronarien grave (angine instable, crise cardiaque, stent, pontage) au cours des 2 ans que dura l’essai.

Le taux de problèmes coronariens sévères fut de 2,8% chez les témoins sous placébo et de 1,6% dans le groupe médicamenté.

La différence absolue en faveur du produit est par soustraction de -1,2%. C’est le vrai taux de protection. Signifiant que 1 patient sur 83 sera protégé (100/1,2 = 83) et que 82 autres prendront la pilule quotidienne pour rien (82 patients x 2 ans x 365 jours = 58 846 comprimés en tout).

La différence relative obtenue par division est de 1,75 fois plus (2,8 / 1,2) d’incidents cardiaques sous placebo et le taux de protection est de 57% (100% / 1.75), ce qui paraît bien. La publication de Jupiter ne mentionna que ce degré de protection dans les conclusions, le résumé et toute la publicité qui en découla. Les cardiologues se mirent à dire aux patients que cette pilule coupait en deux leur risque cardiaque.

Un effet indésirable

Quand ce fut le temps de rapporter un effet secondaire, le promoteur fit l’inverse. L’apparition d’un diabète en est un parmi d’autres. Le taux de nouveaux diabètes apparus durant l’étude fut de 2,4% dans le groupe placébo et de 3% dans le groupe Crestor©.

La différence absolue en défaveur du produit et obtenue par soustraction est de +0,6%, et 1 / 177 patients a souffert de cet effet nocif (puisque 100/0,6 = 177).

Remarquez que l’avantage absolu de 1,2% d’incidents coronariens graves en moins n’est que 2 fois supérieur au désavantage de 0,6% de diabètes en plus.

La différence relative est par division de 1,25 fois puisque 3/2,4 = 1,25, donc 25% plus de risque avec la statine.

Les auteurs se sont bien gardés de souligner le risque relatif de +25%, ils utilisèrent donc le +0,6%. Une façon de minimiser le danger par 42 fois (25/0,6 = 42).

Cette double manipulation, tant du bénéfice que d’un tort, est fréquente dans les rapports préparés en sous-main par les rédacteurs anonymes des promoteurs d’une étude. Et les prestigieuses revues qui publient ces essais ferment les yeux sur ce biais de présentation.

Note : Si les témoins avaient eu un taux de maladie coronaire de 28% en deux ans et de 16% sous Crestor©, la différence absolue aurait été de 12%, un bénéfice tangible puisque 1 patient sur 8 aurait été protégé et seulement 7 l’auraient pris pour rien (7 patient x 2 ans x 365 jours = 5 110 comprimés). La différence absolue tient compte de la fréquence de la maladie chez les témoins dans l’essai. Et le bénéfice aurait été 20 fois plus grand que le risque de diabète.

Un vaccin anti covidien : exemple fictif

Si vous vaccinez 10 000 personnes (groupe traité) avec le vrai vaccin (principe actif + excipients) et 10 000 (groupe témoin) avec son placebo (excipients seulement) et qu’après une année les vaccinés présentent 20 cas de covid hospitalisés (sur 10 000), et que les témoins en présentent 100 (sur 10 000), la différence relative des cas est de 5 fois, puisque 100 cas / 20 cas.

Le fabricant revendique une efficacité de 80% (100 % / 5 fois = 20 %, son complément est 80 %) pour prévenir une complication importante, l'hospitalisation. Sauf que ces considérations sont d’ordre théorique. On peut s’en servir pour comparer deux marques de vaccin ou pour appuyer un lien de causalité entre le vaccin et l’hospitalisation évitée.

Sur le plan pragmatique on utilise un chiffre pertinent aux attentes du vacciné, c.a.d. la probabilité que ce vaccin protégera durant 1 an contre une hospitalisation par le c19. Le taux annuel des cas chez les vaccinés est 20 / 10 000 =  0,002 ou 0,2%) et celui des témoins est 100 / 10 000 = 0,01 = 1%. Le taux de protection est obtenu par soustraction : 1% - 0,2% = 0,8%.

Ce n'est pas fort ; exprimé autrement, 1/125 vaccinés ont été protégés, 124 n’en n’avaient besoin pour éviter l’hospitalisation par le c19. On dit en jargon médical que le Nombre Nécessaire de Vacciner est de 125, l’inverse arithmétique de la réduction absolue, le taux de protection. On est loin du 80% d’efficacité revendiquée, 100 fois supérieure au vrai taux de protection de 0,8%.  

Hormis les statistiques, la validité pragmatique implique aussi que les 20 000 sujets servant à évaluer le vaccin soient représentatifs de ceux qu'on vaccinera en termes de vulnérabilité, laquelle résulte du degré d'exposition et de la santé personnelle.

Vaccin contre le virus ebola : exemple vrai

Référence : Prescrire 2020;40(446) : 885-887

En République démocratique du Congo de 2018 à 2020 est survenue une étude comparative mais non randomisée et sans double insu, on pourrait parler d’enquête prospective. L’effectif totalisait 100 754 personnes, incluant des agents de santé (28 888) et l’entourage des infectés. Le suivi fut de 8 mois.

91 492 furent vaccinés dont 91 tombèrent malades, un taux de 0,1%

9 262 servirent de témoins dont 880 tombèrent malades, un taux de 9,5%

La différence absolue entre les deux taux est, par soustraction, de 9,4%, ou 0,094, c’est le taux de protection. Chaque vacciné a réduit son risque de 9,4% d’être infecté et il faut donc vacciner 11 sujets pour éviter une infection, c’est le Nombre Nécessaire de Vacciner (onze). Comme la maladie est fatale dans environ 2 cas sur 3 (66% ou 0,66), ce succès est fort intéressant et justifie la vaccination.

La population étant de 84 000 000, sauver de la mort 5 211 360 citoyens (84 000 000 citoyens x 0,094 protégés de l’infection x 0,66 décédés) est plus que substantiel. Encore une fois à condition que les vaccinés et les témoins aient été comparables quant à leur vulnérabilité personnelle et à leur degré d‘exposition au virus.

On peut quand même calculer la différence relative entre les deux taux, par division. Elle est de 95 fois puisque 9,5% / 0,1% = 95 ou de +9 500%. On peut utiliser ce ratio très élevé pour appuyer le lien de causalité entre la vaccination et la protection ou comparer le vaccin à d’autres mesures d’hygiène en vaccinologie.

 

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CUI-CUI # 7 : Quand on s'en prend aux enfants!

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Lors des essais cliniques contrôlés en cours (qui se termineront entre 2022 et 2024 pour les vaccins les plus utilisés), on avait exclu à l’entrée les moins de 18 ans. La vaccination de masse est une expérimentation en phase IV, c.a.d après une commercialisation autorisée en urgence avant l’homologation réglementaire habituelle

Lors des essais cliniques contrôlés en cours (qui se termineront entre 2022 et 2024 pour les vaccins les plus utilisés), on avait exclu à l’entrée les moins de 18 ans. La vaccination de masse est une expérimentation en phase IV, c.a.d après une commercialisation autorisée en urgence avant l’homologation réglementaire habituelle.

Oui les adultes servent de cobayes, des cobayes pour la plupart convaincus d’atteindre une telle protection personnelle et collective qu’on pourra mettre fin aux restrictions que l’on subit actuellement. La logique incite à vacciner les plus à risque, on les connaît bien maintenant : en Chsld, chez les aînés, chez les minorités, dans certains métiers et certaines maladies.

Même si on sait que chez les vieux la réponse immunitaire est plus faible ainsi que les réactions défavorables moins importantes (les deux semblent souvent liées), il est incontestable que l’âge est le plus important facteur de risque.

On peut prendre un vaccin de façon « égoïste », pour emprunter la formulation de Luc Perino, pour se protéger soi-même, ou de façon « altruiste » pour protéger les autres.

Des autorités ont décidé, sans preuve à l’appui mais sur des conjectures à propos de vaccins nouveau genre pleins de surprises (alias variants) et encore au stade clinique expérimental, qu’une couverture vaccinale de 75% mettrait fin à la 3e vague et aux contraintes préventives. Pourtant des experts se demandent si cette stratégie vaccinale ne sera pas contreproductive, l’avenir nous dira s’ils ont raison.

C’est devenu un objectif politique, c’est à quel chef poitique reviendra le prestige d’arriver parmi les premiers à atteindre le chiffre magique d’une couverture de 75%. Biden rivalise avec Netanyahou. Les fabricants vaccinaux n’ont plus à dépenser en frais de publicité; les médias, les professions et les autorités la font allègrement pour eux et jusque dans les écoles. De produit pharmaceutique le vaccin se métamorphose en produit politique !

On incite présentement les adultes à se faire vacciner « en masse » pour protéger la population (on ne met plus l’emphase sur l’efficacité clinique personnelle). Donc de façon altruiste (malgré l’absence de preuves concernant la contagiosité) et en assumant les rares risques vaccinaux pour les individus, fussent-ils parfois très graves (genre thrombose). Pour atteindre le 75%.

Il y a en effet à ce jour des centaines de milliers d’effets suspectés notifiés qui sont graves dont des milliers sont des décès, répertoriés dans les archives de vaccino-vigilance étatsunienne et européenne (VAERS et Eudravigilance, respectivement). Il est bien connu que plus on est jeune, plus il y a d’effets indésirables et plus il y a de réponse immunitaire.

Même si la causalité n’était probante que dans 10% (une sous-estimation pour le bénéfice de cette discussion), sachons que les rapports ne concernent que <10% des cas survenus car la sous-notification – non rémunérée et compliquée  à souhait - est notoirement rampante, on l’estime être entre 95 et 99%.

Les adultes qui se font vacciner sont donc consentants (je n’ai pas dit informés), leur geste est « égoïste » s’ils croient à l’efficacité clinique en espérant éviter les séquelles, l’hospitalisation, la réanimation et le décès, et « altruiste » s’ils répondent comme des citoyens patriotes exemplaires aux campagnes de vaccination qui promettent « un passeport vers la liberté », le slogan concocté par des publicitaires à la solde des autorités.

Adolescents

Quant on décide en haut lieu de vacciner les ados (12-18), la protection ne peut qu’être minime car le taux de mortalité y est minime, et celui qu’on rapporte pour les hospitalisations est biaisé car il inclut 4 fois sur 10 des admissions non liées à la covid mais chez des jeunes déjà immunisés naturellement et testés positifs.

Il n’y a donc pas d’urgence, et on ignore les conséquences à long terme d’une thérapie génique nouveau genre sur un organisme en plein développement chez qui les effets indésirables ne font que commencer à poindre. Déjà Israël le 26 mai 2021 estime que l’incidence des myocardites vaccinales pourrait être aussi fréquente que 1/3000 chez les moins de 30 ans et le même jour le Connecticut en recense déjà 18 cas chez des jeunes. Ça ne fait que commencer.

Il n’y a pas chez les jeunes de vaccination « égoïste ». Ce sur quoi la FDA s’est basée pour autoriser en urgence (sic) l’indication chez les moins de 18 ans, c’est un essai aux effectifs (quelques milliers) et de durée (quelques mois) limités, de très pauvre rigueur méthologique (on le découvre en lisant minutieusement l’essai pivot et ses annexes), visant surtout à vérifier la réponse immunitaire dans le sang mais pas les conséquences cliniques (pathogénicité) et épidémiologiques (contagiosité) à moyen et long terme. Autrement dit, des poussières… Que nos dirigeants à tous les niveaux de la société respirent à plein nez.

Il s’ensuit donc que la vaccination des jeunes est doublement « altruiste ». D’abord pour satisfaire les adultes, qui eux, veulent satisfaire les autorités, afin de retrouver une vie normale. Les jeunes ainsi utilisés sont-ils des « consentants informés » ? Rien n’est moins sûr. Le 27 mai 2021 les parents du Québec reçoivent ce message qui confirme cette appréhension :

« Comme vous le savez, le gouvernement a ouvert la vaccination contre la COVID-19 aux jeunes de 12 et plus. Précisons que les jeunes doivent avoir 12 ans au moment de la vaccination.  Pour permettre aux enfants de 12 ans de se faire vacciner rapidement, des plages AVEC et SANS rendez-vous leur ont été réservées dans nos cliniques. Puisque la vaccination des enfants de cet âge nécessite un consentement parental, votre présence en tant que parent est requise lors de leur vaccination et fera office de consentement. Si votre enfant atteindra l’âge de 12 ans plus tardivement, nous vous encourageons à  prendre pour lui un rendez-vous en ligne dès son anniversaire »

Qu’en pensent les autres ?   

D’abord le cri d’indignation du médecin généraliste Éric Murat sur le site de l’Association Internationale pour une Médecine Scientifique, Indépendante et Bienveillante (AIMSIB) le 23 mai 2021: Sacrifier des enfants pour rien, ça se payera un jour… Sa Rédaction l’endosse totalement :

« L’enfer est-il pavé de bonnes intentions? Il semblerait vraiment que oui, tant cette histoire de vaccination anti-Covid des enfants semble relever du plus pur cauchemar industriel, repris sans l’ombre d’une hésitation par toute cette fraction de « scientocrates » qu’aucune roulette russe -jouée sur la tempe des autres- n’effraie...

Déjà des milliers de décès post-vaccinaux d’adultes, et chercher à vacciner les enfants qui n’ont aucun bénéfice à tirer de cette mesure, sérieusement? Toute l’AIMSIB se range derrière l’indignation portée par l’article du Dr Eric Ménat, membre AIMSIB et du Conseil Scientifique Indépendant. Que la société civile et les médecins réfléchissent et se soulèvent avant que l’irréparable absolu ne soit commis » (https://www.aimsib.org/2021/05/23/sacrifier-des-enfants-pour-rien-ca-se-payera-un-jour/)

Ensuite, permettons-nous un retour historique au contexte et aux objectifs évidemment très différents. Dans les anciennes civilisations on faisait des offrandes aux dieux, par exemple en sacrifiant des animaux, et on est même allé jusqu’à sacrifier des jeunes vierges. Espérant que les dieux seraient bienveillants pour leur population.

Dans la même veine, quand les Anglais commencèrent la révolution industrielle, il devint apparent que la main d’œuvre la moins chère serait constituée d’enfants et on les envoya dans les mines et les ateliers dangereux. Pour augmenter le PIB de l’Angleterre et le niveau de vie. On voit le même phénomène dans le tiers-monde, notamment aux Indes, en Asie de l’est et en Amérique du sud, dans les manufactures en ville, dans les récoltes à la campagne.

Le seul point commun, on utilise les enfants dans l’intérêt des autres, pas dans leur intérêt à eux.
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On lira en anglais Lavine et coll. sur https://www.bmj.com/content/bmj/373/bmj.n1197.full.pdf. Ils estiment, avec la rédaction du renommé journal BMJ à Londres, que la vaccination des enfants contre le SRAS-CoV-2 est difficile à justifier actuellement (printemps 2021) pour la plupart des enfants dans la plupart des pays. Pour plusieurs raisons:
a) Protection ? Négligeable. Les enfants présentent une pathogénicité très faible, similaire à celui de la grippe.
b) Transmission ? Le bénéfice dans les chaînes de transmission est probablement marginal en raison de la gamme de types antigéniques et de la faiblesse relative de l'immunité vaccinale comparée à l’immunité naturelle

c) Conséquences involontaires : La réduction de la circulation du virus augmente l'âge de la primo-infection, et comme l'âge est associé à la pathogénicité, cela entraînerait probablement des taux de létalité plus élevés dans le futur. L'immunité induite par le vaccin et celle induite par l'infection sont différentes. Si la durée de l'immunité induite par le vaccin est faible et le taux de changement antigénique viral élevé, la vaccination des enfants pourrait augmenter la fréquence des grandes épidémies saisonnières ».

Au grand bonheur des firmes qui développent déjà des vaccins contre les nouvelles souches et qu’on qualifiera de doses de rappel à des prix que l’on n’ose imaginer.
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« Depuis des mois, nous sommes plongés dans une expérience scientifique. Même un ardent défendeur du processus vaccinal actuel admet qu'on a fusionné la phase 2 et la phase 3, mais qu'on n'est loin d'avoir un produit dûment homologué (il ne le sera pas avant 2022-23).

Or, il y a un principe majeur en éthique qui va probablement être transgressé: on ne donne pas de médicaments expérimentaux aux mineurs (sauf s'ils sont en danger de mort imminente), soit pas avant d'avoir complété la phase 3 et la phase 4 structurée exigée. 

Malheureusement, la campagne de peur instrumentalisée autant pour favoriser l'adhésion aux mesures sanitaires que pour poursuivre cette expérimentation imposée sur la base de l'urgence sanitaire conduit nombre d'adultes effrayés à l'idée d'être hospitalisés et à encourager, voire faire pression, sur les jeunes scolarisés.

On l'a récemment vu avec la centaine d'adolescents amérindiens forcés de se faire vacciner (avant leur tranche d'âge) pour retourner à l'école au Nouveau-Brunswick (CA) et pour les jeunes de plus de 16 ans qui animeront des camps d'été ». (Joël Monzée, QC, Mai 2021, neuro-scientifique indigné) I

Inquiétudes de médecins praticiens

* Une prudence particulière sera requise en ce qui concerne la vaccination potentiellement généralisée des enfants avant qu'il n'y ait de véritables données sur la sécurité ou l'efficacité de ces vaccins dans les essais pédiatriques qui ne font que commencer (lettre de Patrick Whelan, rhumatologue pédiatrique, University of California at Los Angeles, adressée à la FDA le 8.12.2020).

« La vaccination des enfants avec un vaccin expérimental dont les effets secondaires sont inconnus et non colligés, faisant courir un risque à une population (jeunes) non atteinte dans le but très hypothétique et scientifiquement non documenté de protéger une autre tranche de population constitue une formidable dérive qui bafoue non seulement les principes de santé fondamentaux ( primum non nocere) mais les droits des jeunes.
Un jeune de 14 ans me disait récemment: je suis obligé d’être vacciné sinon toutes les activités de l’été seront compliquées et j’aurai à passer des tests de COVID! » (René Lavigueur, généraliste en région, Qc)

Lecture additionnelle

On lira l’Annexe covidienne mots à maux, actualisée dans l’Agora, pour plus de détails.

Pierre Biron, Montréal, 5 juin 2021

 

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CUI-CUI #10 : Recension : effets indésirables des politiques de confinement

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On l’attendait depuis longtemps. Une synthèse méthodique avec méta-analyse sur la bienfaisance et la malfaisance des contraintes, que ce soients les « assignations à domicile », les fermetures commerciales précarisantes, l’isolement des gens fragiles déjà esseulés, l’éducation et les soins virtuels, ou les coupures dans les rencontres administratives, associatives, artistiques, sentimentales, professionnelles, humanitaires, amicales et familiales.

 

Qui a effectué l’analyse ?

Jonas Herby, Lars Jonung & Steve H. Hanke. Trois économistes chevronnés qui ont publié en janvier 2022 dans le numéro 200 de la série Studies in Applied Economics (JHIAE). Respectivement, un chercheur en droit et économie à Copenhague, un professeur à l’Université de Lund et conseiller en économie auprès du gouvernement suédois et de la Commission Européenne, et un américain directeur du Johns Hopkins Institute for Applied Economics à Baltimore, conseiller monétaire et économique, détenteur de 7 doctorats honorifiques et 4 titres de professeur honoraire à l’étranger, nommé en 1998 parmi les 50 personnes les plus influentes par le World Trade Magazine.

 

On est loin ici des amateurs qui monopolisent inlassablement nos écrans. L’article est intitulé : A Literature Review and Meta-Analysis of the Effect of Lockdowns on COVID-19 Mortality.

Une traduction du résumé

« Existe-t-il des preuves empiriques pour soutenir l'idée que les contraintes réduisent la mortalité liée au C19? Les confinements y sont définis comme :

a) l'imposition d'au moins une intervention obligatoire et non pharmaceutique,
b) les mandats gouvernementaux qui restreignent directement le comportement des personnes,
c) les politiques qui limitent les mouvements internes, ferment les écoles et les entreprises, et interdisent les voyages internationaux.

Cette étude commence par un filtrage systématique dans laquelle 18 590 études sont recensées pouvoir potentiellement répondre à la question posée. Après trois niveaux de filtrage, seulement 34 études se sont finalement qualifiées. Sur ces 34 études éligibles, seulement 24 ont pu être incluses dans la méta-analyse. Elles ont été séparées en trois groupes :

a) les études sur l'indice de rigueur du confinement,
b) les études sur l'interdiction de sortir
c) les études sur des mesures sanitaires non pharmaceutiques spécifiques.

Une analyse de chacun de ces trois groupes permet de conclure que les confinements ont eu peu ou pas d'effet sur la mortalité liée au COVID-19.

Plus précisément, les études sur l'indice de rigueur montrent que les confinements en Europe et aux États-Unis n'ont réduit la mortalité due au COVID-19 que de 0,2 % en moyenne [un cinquième de un pour cent]. Les interdictions de sortir ont également été inefficaces, ne réduisant la mortalité due au COVID-19 que de 2,9 % en moyenne. Les études spécifiques sur les interventions non pharmaceutiques ne révèlent pas non plus d'effets notables sur la mortalité due au COVID-19.

Si cette analyse conclut que les confinements ont eu peu ou pas d'effets sur la santé publique, elle suggère aussi qu’ils ont imposé d'énormes coûts économiques et sociaux là où ils ont été adoptés. En conséquence, les politiques de confinement sont mal fondées et doivent être rejetées en tant qu'instrument de politique pandémique. »

Une question de valeurs

De nombreux épidémiologistes ne sont pas d’accord avec ces conclusions tandis que d’autres le sont. Certains choisissent la mortalité hors-contexte plutôt que la perte d’espérance de vie ajustée pour sa qualité. D’autres n’insistent pas assez sur les critères confirmant la cause d’un décès, ainsi que sur la façon trompeuse de rapporter l’efficacité en présentant le degré relatif de protection au lieu de son degré absolu (Montastruc et collègues, Fundamental & Clinical Pharmacology, 2021).

Les confinements ont fait des victimes personnelles. Qu’il s’agisse de précarité (surtout féminine), isolement, anxiété, dépression et fatigue chez une majorité des adultes, ou de cette « génération sacrifiée » (nos enfants). On déplore les fermetures de PME, les congédiements de personnalités jugées trop critiques, les abandons de carrières, l’interdiction de contacts pourtant essentiels.
La firme Deloitte a confirmé à l’Association médicale canadienne que des milliers de décès supplémentaires non covidiens seront bientôt dénombrés (Alain Vadeboncoeur, L’Actualité, Mars 2022). On entrevoit chez les moins nantis l’effet de l’inflation et des restrictions des dépenses publiques découlant de la dette engendrée par la gestion de la pandémie.

Les confinements ont été accompagnés de sérieuses régressions sociétales : affaiblissement de la démocratie, judiciarisation de la santé, progression de la censure et distorsion de la science.

Le ‘cas’ québec

Depuis le début de la pandémie, donc depuis 693 jours, soit du 17 mars 2020 au 6 février 2022, le taux de mortalité attribuée au c19 fut respectivement de 0,00156 ou 0,156% de la population au Québec et de 0,00091 ou 0,091% au Canada (Calculé depuis la documentation officielle).

On se demande comment se fait-il que le taux québécois fut de +70% (ou 1,7) comparé au Canada. Est-ce que ce surplus de fatalités résulte d’avoir inclus des « morts AVEC le c19 » parmi les « morts À CAUSE du c19 » ? Ou se pourrait-il que le bon respect des consignes ne soit pas aussi efficace qu’annoncé ? La réponse viendra un jour.

En fin de compte, même si les décès rapportés covidiens étaient l’étaient entièrement, c’est un Québécois sur 641 qui en serait décédé sur une période de 693 jours et un canadien sur 1099 dans le même horizon temporel.

Le mot de la fin

Il semble que non seulement « Pour la santé à tout prix, la grande entreprise a pris notre argent, les autorités ont restreint nos libertés et la politique a capturé la science » (Chroniques Cui-Cui 1 à 9, agora.qc.ca, 2021), mais aussi, que chez les responsables des Santés publiques la maladie covidienne se soit auréolée de lettres de noblesse au détriment des autres afflictions imposées par la Nature et nos comportements envers elle. 

 

Pierre Biron, Février 2022

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Cui-cui #2 : L’imaginaire vaccinal fin 2020

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Souhaitons-nous pour l’année 2021 que les vaccins qui nous parviendront soient suffisamment efficaces et sécuritaires pour justifier les milliards provenant des payeurs de taxes et généreusement accordés au financement public de la recherche, à l’achat et à la distribution, avant de suffisamment connaître les propriétés du produit.

Dans un échange réglementaire entre la FDA et Pfizer Inc. on apprend en décembre 2020 que 36 523 participants, divisés au hasard en deux groupes, deux échantillons d’environ 18 262 témoins et 18 262 vaccinés, furent suivis durant une médiane de 2 mois (8 semaines) après la 2e dose du vaccin Pfizer-BioNTech mis au point par BioNTech en allemagne.

On observa 162 infections (définis par l’apparition de symptomes même légers + un test positif) chez les témoins et 8 infections chez les vaccinés. Une différence absolue de 154 (obtenue par soustraction), ce qui permet de dire que 154 furent protégés dans le groupe vacciné de 18 262 volontaires, le taux d’efficacité étant donc de 154 sur 18 262 vaccinés, qui équivaut à 0,008 en décimales et 0,8% en pourcentage, permettant de conclure que 1/119 vaccinés furent protégés et que 118 sur 119 n’auraient pas été infectés de toute façon.

Référence : Lettre de Denise Hinton, scientifique en chef, FDA, à Elisa Harkins, Pfizer Inc, USA datée du 11 décembre 2020 et concernant l’autorisation d’utilisation en urgence. https://www.fda.gov/media/144412/download consulté le 15.12.2020

On est loin du 95% d’efficacité clamé par le fabricant et répété à tout vent dans les organismes professionnels et médiatiques. C’est en divisant 154 par 162 qu’on obtient cette statistique dérivée (obtenue par division) qu’on appelle la réduction relative du risque (0,95 ou 95%), chiffre utile en recherche théorique comme dans les modèles mathématiques utilisés en santé publique pour faire des projections, mais insuffisante pour appuyer une décision en recherche appliquée visant à protéger l’individu vacciné.

Ce passe-passe algébrique est un stratagème couramment utilisé pour mieux faire paraître des résultats et devenu presque systématique quand le sponsor contrôle l’étude du début à la fin, de la conception de l’essai jusqu’à la présentation des résultats.

Ce qu’il faut savoir

Aucun vaccin c19 en développement n’a pu démontrer jusqu’ici (décembre 2020) une réduction de la contagiosité, de la sévérité, de l’hospitalisation, des soins intensifs ni de la mort, qui pourtant sont les seuls critères qui justifieraient l’investissement de milliards de dollars et un empressement politique compréhensible mais qui fait fi de la rigueur scientifique.

Et il faudrait l’évaluer selon la vulnérabilité : les très âgés, les aînés fragiles, les gens en Chsld (Ehpad en Europe), les malades chroniques, les minorités, les jeunes ... Ainsi que selon l’exposition : les travailleurs sanitaires, les défavorisés entassés dans de petits logements ... En fait dans tous les sous-groupes où une vulnérabilité ou une exposition accrues appuieraient les priorités qui s’imposent au début de la vaccination.

On devrait suivre les sujets vaccinés beaucoup plus longtemps qu’on ne l’a fait jusqu’à ce jour en décembre 2020, tant à cause du faible taux d’infections symptomatiques sévères dans la population ambulante que par la possibilité d’effets indésirables rares mais graves pouvant remettre en question la balance bénéfice-risque. Et pour savoir combien de temps dure l’immunité.

 

Il faudrait enrôler plus de volontaires moins homogènes, des dizaines de milliers, car seulement une faible proportion des infectés deviennent symptomatiques et, selon les CDCs (la Santé publique étatsunienne) en avril 2020, seulement 1/29 des cas symptomatiques nécessitent l’hospitalisation, répartis ainsi :1/59 avant 50 ans,1/22 avant 65 ans et 1/14 après 65 ans).

 

Des entreprises européennes – la britannique GSK et la française Sanofi - annoncent d’ailleurs en fin 2020 que leurs vaccins ne seront « prêts » que vers la fin de 2021, faisant preuve de réalisme. Ne cherchez pas leurs vaccins dans le sac du père Noël en 2020.

Référence : Peter Doshi, professeur et chercheur en soins pharmaceutique à l’Université du Maryland, É.-U. BMJ 2020;371:m4037, sur <https://www.bmj.com/content/371/bmj.m4037> consulté le 15.12.2020

 

Conclusion

 

Souhaitons-nous pour l’année 2021 que les vaccins qui nous parviendront soient suffisamment efficaces et sécuritaires pour justifier les milliards provenant des payeurs de taxes et généreusement accordés au financement public de la recherche, à l’achat et à la distribution, avant de suffisamment connaître les propriétés du produit.

Référence : Un vaccin contre l’incertitude, Josée Blanchette, Le Devoir, 11.12.2020, sur

 

 

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Cui-cui #3 : La santé à tout prix ?

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Une joute en trois périodes: avant la pandémie, depuis la pandémie, le grand espoir.

Pierre Biron avec l’aide de Jean-Claude St-Onge

Montréal, 6 Janvier 2021

Une joute en trois périodes

Première période : Avant la pandémie une certaine médecine préventive à la recherche de « surplus » de santé (pour une santé parfaite) était née par la recherche sur les facteurs de risque et nous a menés à adopter des styles de vie dits « sains » mais contraignants. Ses dogmes intériorisés étaient promus par les entreprises, relayés par les professionnels et les médias puis repris par les gouvernements et leurs santés publiques.

Deuxième période : Qu’arrive la pandémie, les relais se font en sens contraire : les gouvernements et leur santés publiques sous pression nous imposent des mesures de protection covidienne, et les directives sont reprises docilement par les professionnels et les médias. Les degrés de contrainte varient selon les juridictions et le temps, souvent aux dépens de la rigueur scientifique ou du bon jugement.

Troisième période : Apparaît alors le grand espoir, le Sauveur tant attendu, la vaccination. L’industrie met en pause ses autres projets : c’est la course effrénée aux brevets, la négociation de prix (comptés en milliards) avec des ministères (dont certains incompétents et d’autres complicites) pris en otage, et des modes de production époustouflants. Elle prend le haut du pavé et oriente la pensée dominante covidienne.

Les agences du médicament coincées entre un vendeur cupide et un acheteur empressé autorisent la commercialisation urgente avant la fin d’une irremplaçable évaluation rigoureuse.

Avant la pandémie 

Par elle-même la surmédicalisation est déjà contraignante, en fait, auto-contraignante car on intériorise les nouveaux dogmes sanitaires apparus vers la fin du 20e siècle. En effet la médecine ou plutôt la « santé », propulsée par la recherche sur les facteurs de risque, cooptée par l’industrie sanitaire qui a sauté sur l’occasion, et relayée par la santé publique et les gouvernants, a déjà envahi la vie privée avant la pandémie.

Le surdiagnostic, le dépistage, le surtraitement, la surmédicamentation, l’alimentation « saine », l’anti-sédentarisme et l’anti-tabagisme sont tous devenus monnaie courante, souvent avec raison, parfois avec excès. On recherche la santé parfaite. Les Ivan Illich, les Thomas McKeown, nous l’avaient prédit. Le transhumanisme nous imprègne, certains rêvent de l’homme cyborg. Jacques Dufresne nous le rappelle souvent.

On en vient à s’imposer avec fierté toutes sortes de contraintes et d’activités afin de satisfaire aux conditions associées à un surplus de santé. Le terme vient de l’anthropologue américain Joseph Dumit (Drugs for Life. Durham, Caroline du Nord : Duke University Press; 2012).

Davantage de muscles et d’endurance (jogging, gymnase), meilleure apparence physique (Botox, liposuccion, implants, stéroïdes), meilleure performance sexuelle (Viagra et cie., suppléments hormonaux), meilleure densité osseuse (Fosamax et cie.), suppléments alimentaires tous azimuths et diètes miracle pour une santé plus parfaite. Une certaine gauche bien-pensante s’en tape les mains sans tenir compte des déterminants sociaux.

Quant à l’espérance de vie, on recherche la meilleure protection contre la mort par des bilans de santé annuels, des dépistages de masse (cholestérol, sucre sanguin, cancers de la prostate et du sein, mémoire, humeur …) et les mirages biomédicaux qui en découlent.

Le concept de bonne santé se transforme en chiffres (Health by Numbers): par exemple des niveaux de la tension artérielle servent à distinguer la haute pression de la normale, mais cette normalité est décidée par un seuil à ne pas franchir, et ce seuil est d’année en année ramené vers le bas par des instances médicales sous influence pharmaceutique : 160 mmH, 150, 140 voire 130 ?

La réponse dépend de l’expert consulté; les plus sages et indépendants vous diront que cela dépend de l’âge, du sexe et de l’état de santé. Le même phénomène se produit pour le diabète de l’âge mur, le cholestérol, l’humeur.

Cette médecine dite préventive devenue si envahissante sera qualifiée de présomptueuse, arrogante et autoritaire par nul autre qu’un fondateur de la médecine scientifique moderne dite factuelle (evidence based medicine), David Sackett à Hamilton, Ontario. 

Des médecins généralistes inspirés comme le belge wallon Marc Jamoulle nous proposent comme résistance passive les mesures à prendre pour protéger les bien-portants et les malades de ses effets iatrogènes, en quelque sorte la « protection contre la prévention mal avisée», appuyée par la promotion de nouveautés pharmaceutiques dont la grande majorité depuis 3-4 décennies se sont avérées inutiles (Revue Prescrire, Paris), promotion reprise trop fidèlement par les comités professionnels de directives cliniques.

Savoir déprescrire devient un devoir dans l’optique d’une bonne pratique clinique, surtout en gériatrie; un Réseau canadien de déprescription a d’ailleurs été lancé par l’Institut unversitaire de gériatrie de Montréal.

Pendant des décennies les industries sanitaires profitent des dogmes d’une médecine préventive devenue dévoyée et dont les acteurs font preuve d’un manque de sens critique et redéfinissent périodiquement nos surplus de santé. Personne n’a plus le droit d’être bien-portant, c’est le retour du Dr Knock (1923) de Jules Romain, « le bien portant est un malade qui s’ignore ».

Heureusement des soignants universitaires clairvoyants comme Gilbert Welch et Nortin Hadler aux É.-U. et Peter Gøtzsche au Danemark, traduits par Fernand Turcotte à Montréal, publient une brochette de livres pour démontrer à un public averti que trop de médecine peut être aussi dommageable que trop peu. L’initiative Choisir avec soin évalue d’autre part à un million par année au Canada les interventions médicales inutiles.

On dépense beaucoup, on subit des effets indésirables parfois fatals, on augmente notre niveau d’anxiété pour tenter de vaincre le vieillissement, la fragilité, les limitations, la laideur, même la « brièveté de la vie »  car sans religion ou spiritualité vaut mieux éviter d’y penser et la reporter le plus loin possible, quitte à passer ses dernières années dans un état plus ou moins déplorable, si déplorable parfois que le suicide assisté ou l’euthanasie déguisée se pointent le nez.

C’est le nouveau visage de la recherche d’immortalité, celui du transhumanisme qui remplace la religion et la spiritualité. C’est l’absurde « homme nouveau » augmenté. Bref, de l’humain déshumanisé qui refuse ses limites. Tout acharnement préventif se fait aux dépens de la liberté, un dommage collatéral du santéisme. On finit par se demander si les ingénieurs du corps humain en quête de longévité produisent parfois plus de mal ou plus de bien.

À table on va nous dire quoi manger. Pendant des décennies il faut éviter les gras, ce qui appuie d’ailleurs par ricochet l’emploi de réducteurs de lipides sanguin (statines comme Lipitor, Crestor et cie.), pilules qui n’ont jamais rempli leurs promesses et dont certains consommateurs sont en fin de vie.

On remplace le beurre par la margarine sans avoir la preuve de ses supposés bénéfices cliniques; de toute façon l’hypothèse lipidique n’a plus beaucoup d’appui scientifique et près d’une quarantaine d’études cliniques confirment que les aînés au « mauvais cholestérol » plus élevé vivent plus longtemps (Uffe Ravnskov, THINKS.org).

Pendant que les tablettes des grandes surfaces foisonnent de produits « sans cholestérol, faibles en gras »,  voilà que l’on découvre que le grand prêtre de l’hypothèse du cholestérol était secrètement financé par l’industrie des sucres : l’américain Ancel Keyes avait manipulé les faits en choisissant 7 pays parmi les 22 examinés. Les Américains se bourrèrent de sucres.

Alors la santé publique et la médecine populaire continuent de contrôler nos assiettes : il ne faut plus manger de sucres raffinés. Bien sûr cela mène au diabète de la maturité dit type 2 et à l’obésité. Mais on se met à utiliser des succédanés sans calorie sans savoir s’ils augmentent ou diminuent la résistance à l’insuline tandis que les industries alimentaires sont grandement responsables des sucres raffinés cachés dans presque tout ce qu’on trouve de mets préparés sur les tablettes des épiceries et au menus des restos rapides. Les plus pauvres se contentent d’aliments malsains moins chers que les aliments frais.

On tolère que laits, yaourts, céréales et autres soient devenus des produits transformés, même lorsque qualifiés de « nature », bien éloignés de ceux consommés par les grandmères des îles grecques ou italiennes ou japonaises où l’on bat des records de longévité. Îles sans pollution, sans disparité socio-économique marquée, socialement cohésives, où l’on cuisine à la maison. Sommes-nous vraiment libres, citadins des grandes villes à la merci des mondiales de l’agro-alimentaire, de manger autrement ?

Ensuite on s’attaque à l’alcool, on prêche l’abstinence totale; jusqu’au jour où l’on accepte même aux États-Unis que le régime dit méditerranéen proposé en France (Michel De Lorgeril et autres) est le plus recommandable et inclut un peu de vin avec le repas du soir.

Souvent l’embonpoint peut céder quand on décide de manger moins, moins vite, moins seuls, moins souvent (pas de grignotage, sauter un repas par jour), sans recourir au mirage des diètes miracles que l’on doit mettre au rancart l’une après l’autre.

Et puis c’est le sexe qui en prend un coup : quand le sida arrive, plus question de faire l’amour sans condom, en attendant d’être testé de part et d’autre, et la positivité entraîne la discrimination. La santé publique entre dans la chambre à coucher, cette fois avec raison bien sûr, ce virus sait bien comment se propager. C’est encore vrai aujourd’hui. Noter qu’aucun vaccin n’a pu être mis au point en 4 décennies.

On est déjà entrés dans une période où l’on valorise une prévention biologique proactive basée sur des calendriers de dépistage d’anomalies dans les molécules plasmatiques et l’imagerie corporelle. Attention à nos gouvernants qui vendent à rabais nos données médicales massives livrées en pâture aux banques de données nuagiques qui les refileront aux mondiales du médicament.

Ces cibles et outils interprétés par intelligence artificielle sont à la recherche de marqueurs et de facteurs de risque, dont l’importance et l’utilité pour la santé sera immanquablement exagérée par des intérêts particuliers, corporatifs ou idéologiques.

Les résultats enrichiront certains actionnaires, permettront aux politiques un meilleur contrôle des citoyens et aideront les assureurs et employeurs à discriminer. Une fois testés, si on s’avère positif, on est marqué pour longtemps, c’est écrit dans notre dossier médical informatisé, donc partagé.

Depuis la pandémie 

Pas besoin de mentionner le stress des confinements, des sorties contrôlées, du nombre de personnes qu’on peut visiter ou recevoir; chez qui on peut ou ne peut pas aller selon le type d’habitation, leur lieu de résidence, leur histoire de contacts, leur voyage récent, leur bulle familiale.

Question sexe, l’hyginéniste en chef fédérale canadienne, médecin infectiologue pédiatrique, va jusqu’à suggérer (le 2 septembre 2020, je n’invente pas cela) la masturbation comme activité la plus sécuritaire en temps de pandémie, ainsi que le port du masque et l’évitement de contacts faciaux lors d’une nouvelle rencontre amoureuse (sic).

Un ami espagnol, expert en santé publique par surcroît, se plaint durant une période de confinement strict de ne pouvoir sortir de son chalet en bord de Méditerrannée pour aller se promener sur un bout de plage déserte, ni d’enlever son masque pour respirer de l’air pur, ni même de faire du kayak près de criques inhabitées, un drone pourrait retracer ce dangereux délinquant criminalisé…

On ne peut plus aller au théâtre, au cinéma, à l’église, à la librairie, à la bibliothèque même si la distanciation y est respectée, la ventilation convenable et les masques bien ajustés. Au diable la culture, les carrières de nos artistes, à bas la religion. Votre proche-aidé se meurt à l’hôpital, à la résidence, au Chsld/Ehpad, vous ne pouvez pas y aller même aux derniers moments pour lui tenir la main, lui fermer les yeux.  

Les dérapages vont de l’enfermement par l’extérieur du domicile de familles délinquantes à Wuhan (porte verrouillée par la police chinoise) jusqu’au verrouillage de la porte de chambre d’aînés déments en établissement. Combien en ont-ils été réduits au suicide ?

Que dans une région on n’ait pas le droit de sortir de son domicile, cela se voit durant la guerre (bombardements attendus) ou une opération de police (acte de terrorisme) mais ne dure pas longtemps. Qu’un individu soit condamné à l‘assignation à domicile est un acte juridique. Un confinement généralisé s’adresse à des innocents. Les rassemblements irresponsables sont certes déplorables, mais la ligne est floue entre dénonciation et délation.

Les masques à l’extérieur affadissent la vie sociale, on teste sans consentement des groupes à risque, le langage paternaliste des autorités culpabilise. Les fermetures commerciales paupérisent, notamment les petites entreprises et leurs employées. La charge mentale des femmes a été doublée par le télé-travail et les fermetures d’écoles. En médecine la téléconsultation rend la pratique difficile et le masque nuit à la relation soignant-soigné durant la consultation en personne.

Les politiques prennent souvent des décisions sensées bien sûr, mais AUSSI en pensant à leur popularité chez les électeurs, ET sous l’influence de l’industrie vaccinale. Les autorités choisissent ce qui fait leur affaire parmi les recommandations de la santé publique, elle-même victime des incertitudes épidémiologiques entourant ce nouveau virus. Des gouvernements vont même jusqu’à ingorer les recommandations du fabricant lui-même concernant la 2e dose.

Ce qui explique que certaines mesures nous semblent contraignantes contradictoires, imprévisibles, illogiques, trop tardives ou trop hâtives, pas assez sélectives, ou sans surveillance (comme la quarantaine).

Les informations grand public sont filtrées. On rapporte des taux de décès covidiens quotidiens sans les comparer aux décès non covidiens survenus le même jour, pour connaître le taux de surmortalité covidienne. On ignore encore la validité des certificats de décès covidiens.

On nous prive de l’intervalle de confiance du nombre de testés positifs (dits « les cas »), car il y a des faux positifs. On voit rarement le taux de mortalité covidienne par million de population. Ni par groupe d’âge. Ni par ethnies. Ni par code postal. Faut rechercher soi-même depuis des sources fiables.

Deux rendez-vous manqués

On aurait pu confier aux médecins généralistes, en les encadrant et les outillant bien, la tâche de surveiller leur clientèle, avec des tests valides, l’isolement au besoin, et l’usage de traitements symptomatiques peu dangereux, pour qu’ils réfèrent à l’hôpital tous ceux, et seulement ceux ne pouvant être soignés en ambulatoire, pour prévenir le délestage hospitalier.

Depuis la pandémie on intensifie le dépistage des troubles de comportement dans les écoles nord-américaines, sous l’influence des entreprises et la complicité des directeurs pédagogiques et des ministères, pour psychiatriser et médicamenter dès le jeune âge, au risque de gâcher leur vie, alors que ces troubles résultent des confinements, du manque de contacts sociaux, du télé-enseignement forcé, de la dépendance aux écrans, des familles dysfonctionnelles, du burnout des « femmes à la maison », de la promiscuité dans les petits logements. On devrait plutôt engager le personnel voulu, formé en psychopédagogie sans pilules.

Le grand espoir

Industries, santés publiques et gouvernements promettent la main dans la main des surplus de protection pandémique par l’annonce triomphante de 164 vaccins en essais précliniques dans les laboratoires et 48 en essais cliniques, chiffres de l’OMS en novembre 2020.

Les premiers disponibles sont les plus risqués – Pfizer/BioNTech et Moderna – car ils introduisent du matériel génétique dans l’intimité de nos cellules qui doivent alors lire le code pour synthétiser une protéine de la spicule virale qui servira d’antigène devant déclencher la formation d’anticorps spécifiques au c19 par notre système immunitaire. On lira le virologue Bernard Dugué (sur agoravox.fr) qui sonne l’alerte en fin 2020.

Concernant les premiers vaccins contre de type ARN messager, vaudrait mieux attendre qu’ils soient suffisamment évalués pour éviter de mauvaises surprises avec un mécanisme d’action inédit en virologie humaine.

Ceux qui qualifient l’introduction de matériel génétique dans nos noyaux cellulaires de « viol qui les transforme en Organismes génétiquement modifiés (OGM) et la population vaccinée en cobayes » vont trop loin, espérons-le.

Les fabricants se sont lancés dans cette voie parce qu’il est devenu plus facile de reproduire des quantités gigantesques de ces « bouts de gènes » que d’utiliser des méthodes plus traditionnelles, la production rapide d’ADN ou d’ARN ne requiérant que la séquence du matériel génétique viral. Rappelons-nous que dans tous les domaines de l’industrie pharmaceutique, c’est en vaccinologie que l’omerta est le plus visible, sans jeu de mots. Et les données brutes des essais cliniques demeurent confidentiels, comme des secrets d’État.

Les journalistes influenceurs, tous médias confondus, le savent et craignent aussi de perdre leur emploi, être dénigrés ou harcelés ou poursuivis pour avoir juste osé poser des questions au sujet de tout nouveau vaccin ou calendrier de vaccination.

Les fabricants tirent les ficelles à l’Organisation mondiale de la santé par fondations caritatives « amies » ou comités d’experts sponsorisés, dans les Santés publiques -- aux É.-U. les experts des Centers for Disease Control (CDC) ont des intérêts particuliers dans les entreprises vaccinales -- et dans les cabinets de nos dirigeants dont les portes restent grandes ouvertes aux lobbyistes.

Les pdg, les hygiénistes en chef, les gouvernants parlent d’une seule voix. Les actionnaires s’enrichissent, les hygiénistes moralisent et les gouvernants dépensent (notre argent). Avec une partie des coûts vaccinaux (subventions, achats et distribution) on aurait pu redresser la contagiosité dans les Chsld, chez les minorités défavorisées, dans les quartiers pauvres, et adapter écoles et établissements sanitaires à la nouvelle situation.

A-t-on la liberté de se faire ainsi vacciner ou non par des produits commercialisés en urgence avant d’avoir été suffisamment étudiés ? Tout dépend de la région que l’on habite. L’objectif logique bien sûr, est d’offrir un surplus de protection contre le virus. Mais les conséquences ne doivent pas apporter un surplus de problèmes de santé physique.

Certains citoyens ou soignants refuseront l’offre ou une éventuelle obligation.

Soit par « principe », ils n’aiment pas les vaccins; pourtant il y en a de bons, et de moins bons. D’accord que certains calendriers vaccinaux chez l’enfant sont très chargés dans certaines juridictions. Chaque vaccin étant un cas particulier.

Soit empiriquement parce qu’une connaissance vaccinée a fait une grosse réaction anaphylactique et dut recevoir une injection d’adrénaline (EpiPen), risque acceptable à condition seulement d’être rarissime et que ledit vaccin soit démontré efficace sur des critères pertinents dans une majorité des exposés à cette vaccination.

Mais pour quelques-uns le refus pourrait être un message à la société : au delà du matériel dans la vie, il y a du spirituel, et une certaine conception de la liberté consiste à pouvoir faire des choix individuels, à dire non en certaines occasions, cela nous distingue des autres créatures. Pour paraphraser Fiodor Dostoïevsky dans ses Notes d’un souterrain, 1864, la liberté fait partie de ce « surplus d’humanité » que l’on retrouve chez l’HomoVivens de Jacques Dufresne.

Épilogue

Certains jeunes désirant fêter se rassembleront clandestinement malgré l’interdiction, ils diront que le geste est politique, pour décompenser après une année porteuse de privations, d’angoisse quant à leur avenir, de découragement.

Un ado québécois décrocheur rencontré récemment et très blessé par les confinements m’a posé une question :

Dans la Seconde guerre mondiale les Alliés ont sacrifié sans hésiter presque 11 millions de jeunes vies pour « sauver notre civilisation » du danger nazi. Depuis la pandémie on voudrait « sacrifier notre civilisation » pour sauver du danger covidien 100% des vieilles vies. Pourquoi un tel décalage ? 

J’ai eu envie de lui ai répondre :

On voulait réduire l’engorgement hospitalier car notre système pourtant moderne n’est pas prêt à affronter une pandémie, pas étonnant puisque depuis une quarantaine d’années on a fermé la moitié des lits dans la province.

Mais finalement j’ai préféré me taire, c’est trop compliqué…

 

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Cui-cui #6 : La santé à tout prix ? ou L’entreprise a tout pris ?

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La pandémie en perspective. Vue d'ensemble du rapport à la santé. Nouvelle version, allongée de Cui-cui # 4.

Auteur : Pierre Biron, Co-auteur : Jean-Claude St-Onge

 

UNE JOUTE EN TROIS PÉRIODES

Première période :

Avant la pandémie une certaine médecine préventive à la recherche de « surplus » de santé (pour une santé parfaite) était née de la recherche sur les facteurs de risque et nous a menés à adopter des styles de vie dits « sains » mais contraignants. Ses dogmes, promus par les entreprises et relayés par les professionnels et les médias puis repris par les gouvernements et leurs santés publiques, ont été intériorisés.

Deuxième période :

Qu’arrive la pandémie, les relais se font en sens contraire : les gouvernements et leur santés publiques sous pression nous imposent des mesures de protection et les directives sont reprises docilement par les professionnels et les médias. Les degrés de contrainte, la rigueur scientifique et le bon jugement varient selon les juridictions et le temps, signes que nos représentants sont dépassés par un virus qui déjoue leurs stratégies et que pour la première fois les incertitudes liées à la méthode scientifique sont mises à nu sur nos écrans.

Troisième période :

Apparaît alors le grand espoir, un sauveteur, la vaccination. L’industrie met en pause ses autres projets : c’est la course effrénée aux brevets (et aux monopoles), la négociation de prix (derrière des portes closes) avec des ministères inexpérimentés ou influençables pris en otage et des modes de production époustouflants. L’industrie prend le haut du pavé et oriente la pensée dominante. Les agences du médicament coincées entre un vendeur cupide et ingrat, et un acheteur empressé, autorisent la commercialisation urgente avant de terminer une irremplaçable évaluation rigoureuse.

AVANT LA PANDÉMIE

Par elle-même la surmédicalisation est déjà contraignante, en fait, auto-contraignante car on intériorise les nouveaux dogmes sanitaires apparus vers la fin du 20e siècle. En effet la médecine ou plutôt la « santé » devenue la « santé parfaite » par glissement sémantique, propulsée par la recherche sur les facteurs de risque renommés maladies, cooptée par l’industrie qui a sauté sur l’occasion et relayée par la santé publique et les élus, avait déjà envahi la vie privée avant la pandémie.

Le surdiagnostic, le dépistage, le surtraitement, la surmédicamentation, l’alimentation « saine », l’anti-sédentarisme et l’anti-tabagisme sont tous devenus monnaie courante, souvent avec raison, parfois avec excès. On recherche la santé parfaite physique et mentale. Les Ivan Illich, les Thomas McKeown, nous l’avaient prédit. Le transhumanisme nous imprègne, certains rêvent de l’homme cyborg. Jacques Dufresne nous le rappelle souvent.

On en vient à s’imposer avec fierté toutes sortes de contraintes et d’activités afin de satisfaire aux conditions associées à un surplus de santé, terme choisi par l’anthropologue américain Joseph Dumit (Drugs for Life. Durham, Caroline du Nord : Duke University Press; 2012).

Davantage de muscles et d’endurance (jogging, gymnase, course), meilleure apparence physique (Botox©, liposuccion, implants, stéroïdes), meilleure performance sexuelle (Viagra© et cie., suppléments hormonaux), meilleure densité osseuse, suppléments alimentaires tous azimuts et diètes miracles, meilleure performance mentale, toujours pour une santé plus que parfaite.

Quant à l’espérance de vie, on recherche la meilleure protection contre la mort par des bilans de santé annuels, des dépistages de masse (cholestérol, glycémie, cancers de la prostate, du sein, de la thyroïde … ) et les mirages biomédicaux qui en découlent. Une certaine gauche bien-pensante s’en tape les mains sans tenir compte des déterminants sociaux (pollution, pauvreté, ignorance et inégalités sociales).

Le concept de bonne santé se transforme en chiffres (Prescribing by Numbers, Jeremy Greene, Johns Hopkins University Press, 2007). Par exemple des niveaux de tension servent à distinguer la haute pression de la normale, mais cette normalité dépend d’un seuil à ne pas franchir, et ce seuil est d’année en année ramené vers le bas par des instances médicales sous influence pharmaceutique : 160 mmHg, 150, 140 voire 130 et pouquoi pas 120 ?

Une seule mesure dépassant le seuil, un diagnostic fait à la sauvette, et vous voilà étiqueté et médicamenté pour toute une vie. La réponse dépend de l’expert consulté; les plus sages et indépendants vous diront que cela dépend de l’âge, du sexe, de l’état de santé, de l’espérance de vie et de la répétition des mesures.

Cette médecine dite préventive devenue si envahissante sera qualifiée de présomptueuse, arrogante et péremptoire par nul autre qu’un fondateur de la médecine scientifique moderne dite factuelle (evidence based medicine), David Sackett à Hamilton, Ontario. Mauvaise nouvelle, Steve Morgan de l’Université de la Colombie britannique, a découvert que le Québec était le champion provincial des ordonnances dans ce domaine (The Canadian Rx Atlas, 3rd Edition).

Des médecins généralistes inspirés comme le belge wallon Marc Jamoulle nous proposent comme résistance passive les mesures à prendre pour protéger les bien-portants et les malades des effets pervers de la surmédicalisation et en font une mission de la santé publique et de la médecine de famille.

Il faut se protéger de la prévention mal avisée, alors que la promotion de nouveautés pharmaceutiques est relayée trop facilement par des comités de directives cliniques et que depuis 3-4 décennies, à peine 10% des nouveautés procurent un avantage thérapeutique tangible (Conseil du prix des médicament brevetés au Canada et Revue Prescrire en France).

Savoir déprescrire devient un devoir dans l’optique d’une bonne pratique clinique, surtout en gériatrie; un Réseau canadien de déprescription a d’ailleurs été lancé à l’Institut universitaire de gériatrie de Montréal. L’initiative médicale Choisir avec soin évalue d’autre part à un million par année les interventions médicales inutiles au Canada. En France on gaspillerait 10 milliards par an par le mauvais usage généralisé du médicament (Bernard Bégaud, La France malade du médicament; 2020)

Pendant des décennies les industries sanitaires profitent des dogmes d’une médecine préventive dévoyée et dont les acteurs font preuve d’un manque de sens critique et redéfinissent périodiquement nos surplus de santé aux dépens de nos ressources. Personne n’a plus le droit d’être bien-portant, c’est le retour du Dr Knock (1923) de Jules Romain, « le bien portant est un malade qui s’ignore ».

Heureusement des soignants universitaires clairvoyants comme Gilbert Welch et Nortin Hadler aux É.-U. et Peter Gøtzsche au Danemark, traduits par Fernand Turcotte à Montréal, publient une brochette de livres pour démontrer à un public averti que trop de médecine peut être aussi dommageable que trop peu. « La poursuite exclusive de la santé conduit toujours à quelque chose de morbide » est une citation bien à propos, par le londonien Gilbert Keith Chesterton. La pratique d’une « médecine des bien-portants » ne représente pas la meilleure utilisation de nos ressources médicales limitées.

Les généralistes sont-ils libres de lutter contre la surmédicalisation ? Pas sûr. Pas facile pour un médecin de famille de conseiller l’arrêt d’un traitement inutile et risqué prescrit par un spécialiste, pas facile pour un pharmacien de ne pas vendre un médicament inutile quand les ventes sont sources de rémunération, pas facile d’expliquer au client bien-portant du mal fondé de certaines campagnes de dépistage de masse (revue Prescrire 2020;40(441): 554; 557), du traitement trop hâtif d’une « hypertension labile, des hyperlipidémies de bon repas, des diabètes de galette des rois, des mauvais sommeils de 8 heures », des renouvellements inutiles.

On dépense beaucoup, on subit des effets indésirables parfois fatals, on augmente notre niveau d’anxiété pour tenter de vaincre le vieillissement, la fragilité, les limitations, la laideur, même la « brièveté de la vie » car sans religion ou spiritualité vaut mieux éviter d’y penser et la reporter le plus loin possible, quitte à passer ses dernières années dans un état plus ou moins déplorable, si déplorable parfois que le suicide assisté lorsque permis ou l’euthanasie déguisée se pointent le nez.

C’est le nouveau visage de la recherche d’immortalité, celui du transhumanisme qui remplace la religion et la spiritualité. C’est l’absurde « homme nouveau » augmenté. Bref, de l’humain déshumanisé qui refuse ses limites. Tout acharnement préventif se fait aux dépens de la liberté, un dommage collatéral du santéisme. On finit par se demander si les ingénieurs du corps humain en quête de longévité produisent plus de mal ou plus de bien.

À table on va nous dire quoi manger. Pendant des décennies il faut éviter les gras, ce qui appuie d’ailleurs par ricochet l’emploi de réducteurs de lipides sanguins (statines comme Lipitor©, Crestor© et cie.), pilules qui n’ont jamais rempli leurs promesses et dont certains sujets se font renouveler les ordonnances ad vitam aeternam.

On remplace le beurre par la margarine sans avoir la preuve de ses bénéfices cliniques; de toute façon l’hypothèse lipidique n’a plus beaucoup l’appui de scientifiques neutres et des douzaines d’études cliniques confirment que les aînés au « mauvais » cholestérol plutôt élevé vivent plus longtemps (Uffe Ravnskov, sur THINKS.org).

Pendant que les tablettes des grandes surfaces foisonnent de produits « sans cholestérol, faibles en gras », on découvre que le grand prêtre de l’hypothèse lipidique était secrètement financé par l’industrie des sucres : l’Américain Ancel Keyes avait manipulé les faits en choisissant 7 pays parmi les 22 examinés, comme par hasard les seuls qui démontraient une corrélation entre les gras alimentaires et les crises cardiaques. Ses compatriotes se bourrèrent de sucres.

Néanmoins la santé publique et la médecine populaire continuent de contrôler nos assiettes en déconseillant les sucres raffinés. Bien de ceux-ci mènent au diabète de la maturité dit type 2 et à l’obésité. Par contre, on utilise des succédanés sans calorie sans trop savoir s’ils augmentent ou diminuent la résistance à l’insuline. Les industries alimentaires introduisent ces sucres dans presque tous les mets préparés vendus en grandes surfaces et au menu des restos rapides. La classe précarisée se contente d’aliments malsains moins chers.

On tolère que laits, yaourts, céréales, charcuteries, etc. soient devenus des produits transformés, même lorsque qualifiés de « nature », bien éloignés de ceux consommés par les grand-mères des îles grecques, italiennes ou japonaises où l’on bat des records de longévité. Îles sans pollution, sans disparité socio-économique marquée, socialement cohésives, où l’on cuisine à la maison. Sommes-nous vraiment libres, citadins des grandes villes à la merci des mondiales de l’agro-alimentaire, de manger autrement ?

Ensuite on s’attaque à l’alcool, on prêche l’abstinence, jusqu’au jour où l’on accepte même aux États-Unis que le régime dit méditerranéen proposé en France (Michel De Lorgeril et autres) est le plus recommandable et inclut un peu de vin avec le repas du soir.

Souvent l’embonpoint peut céder quand on décide de manger moins, moins vite, moins seuls, moins souvent sans recourir au mirage des diètes miracles mises au rancart l’une après l’autre. Les autorités en nutrition pondent des directives qui changent périodiquement et se contredisent, la nutrition n’étant pas plus exacte que l’économie.

Et puis c’est le sexe qui en prend un coup : qu’arrive le sida et plus question de faire l’amour sans condom, en attendant d’être testé de part et d’autre, et la positivité entraîne la discrimination. La santé publique entre dans la chambre à coucher, cette fois avec raison bien sûr puisque ce virus sait bien comment se propager. Noter qu’aucun vaccin n’a pu être mis au point en quatre décennies.

On valorise une prévention biologique proactive basée sur des calendriers de dépistage d’anomalies dans les molécules plasmatiques et l’imagerie corporelle (vecteurs de fortuitomes), d’imperfections de la mémoire des aînés ou de l’humeur à tout âge.

Attention à nos gouvernants qui vendent à rabais nos résultats d’analyse livrés en pâture aux banques de données nuagiques (Américaines) qui les refileront aux mondiales du médicament avides de les interpréter par intelligence artificielle à la recherche de marqueurs et de facteurs de risque dont l’importance et l’utilité pour la santé sera immanquablement exagérée par intérêt commercial.

Une fois testé positif, on est marqué pour longtemps, c’est écrit dans notre dossier médical informatisé et donc partagé. Les produits de santé préventifs qui en découleront enrichiront des actionnaires, permettront aux politiques de mieux jouer aux protecteurs de notre santé et faciliteront la discrimination par les assureurs et les employeurs.

DEPUIS LA PANDÉMIE

Pas besoin de mentionner le stress des confinements, des sorties contrôlées, du nombre de personnes qu’on peut recevoir ou visiter, chez qui on peut ou ne peut pas aller selon le type d’habitation, leur lieu de résidence, leur histoire de contacts, leur voyage récent, leur lien de parenté, les risques de leur occupation.

Question sexe, une très professionnelle et compétente hygiéniste en chef est allée jusqu’à suggérer (le 2 septembre 2020) la masturbation comme activité plus sécuritaire en temps de pandémie ainsi que le port du masque et l’évitement de contacts faciaux lors d’une nouvelle rencontre amoureuse en chair et en os. Sans commentaire.

Un ami européen, expert en santé publique par surcroît, se plaint durant une période de confinement strict de ne pouvoir sortir de son chalet en bord de Méditerranée pour aller se promener sur son bout de plage déserte, ni d’enlever son masque pour respirer de l’air pur, ni même de faire du kayak près de criques inhabitées, un drone pourrait le retracer et en faire un dangereux délinquant criminalisé. Le masque obligatoire aux bien-portants dans une rue déserte, c’est logique ?

On ne peut plus aller au théâtre, au cinéma, à l’église, à la librairie, au concert classique, à la bibliothèque, même si la distanciation y est respectée, la ventilation convenable et les masques bien ajustés, ni manger dans des restaurants qui respectent toutes les règles et sont même prêts à fermer leur bar et cloisonner les espaces. Au diable la culture, les carrières de nos artistes, la religion, la socialisation minimale des enfants et des personnes seules, le répit pour les femmes « à la maison ».

Certains fêtards plutôt jeunes se rassembleront clandestinement malgré l’interdiction, c’est évidemment répréhensible; si quelques-uns d’entre eux diront que le geste est politique, les autres diront que c’est pour décompenser après une année porteuse de privations, d’angoisse quant à leur avenir, et de découragement. Et on ne sévit pas contre les hôtels qui les hébergent.

Les dérapages vont de l’enfermement par l’extérieur du domicile de familles délinquantes (la police chinoise l’a fait à Wuhan) jusqu’au verrouillage de la porte de chambre d’aînés déments en résidence. Votre proche-aidé se meurt à l’hôpital, à la résidence, au CHSLD/EHPAD, vous ne pouvez pas quand la fin approche aller lui tenir la main, lui fermer les yeux. Combien ont envisagé le suicide ? Combien de grands parents n’ont pu voir leur progéniture depuis des mois alors que c’est le seul plaisir qui leur reste dans la vie ?

On a calculé que l’introduction du virus dans les CHSLD provenait surtout du personnel, pas des proche-aidants que l’on interdit souvent et qui ne coûtent rien. L’isolement strict dans leur chambre de résidence communautaire pour aînés autonomes ou semi-autonomes, sans aucun visiteur, est-il acceptable? Quelques-uns, quelques-unes sont laissé mourir de faim (dont une dans ma famille élargie).

Que dans une région on n’ait pas le droit de sortir de son domicile, cela se voit durant la guerre (explosions attendues), au cours d’une opération de police (actes de terrorisme) ou pendant le nuage toxique d’un incendie chimique, mais ne dure pas longtemps. Cela nous fait penser à l‘assignation à domicile, un substitut de la prison ferme, appliqué à des innocents.

Des amendes plusieurs fois plus élevées qu’en Europe pour se réunir soulèvent des questions. Les rassemblements irresponsables sont certes déplorables, mais la ligne est floue entre dénonciation et délation, et on n’est tout de même pas en Allemagne de l’Est à l’époque de la Stasi. L’isolement de la quarantaine stricte a pour effet secondaire d’empêcher de descendre dans la rue pour quelque motif que ce soit, des politiques l’ont sûrement remarqué, et la cerise sur le gâteau, le couvre-feu, mène à davantage de contrôles policiers.

Des pays autoritaires en profitent pour peaufiner le contrôle de leur population. Mais même en démocratie certaines autorités pourraient utiliser la santé publique par ambition politique personnelle. Cela fait penser au plaisir qu’éprouvait le Dr Knock d’avoir pris le contrôle de son village: « Dans quelques instants, il va sonner 10 heures, pour tous mes malades c'est la deuxième prise de température rectale, et dans quelques instants, 250 thermomètres vont pénétrer à la fois… ».

Une consigne de quarantaine peut frapper dur chez les moins nantis. Si vous n’habitez pas seul ou seule, elle peut inclure de dormir dans un autre lit, de passer la journée dans une pièce inoccupée, d’utiliser une toilette qui vous est réservée, de manger en privé, de regarder la télévision en solo, de sortir dans sa cour privée, même d’éviter une promenade en rue déserte par crainte d’être verbalisé.

Mais combien de couples, de familles ou de mères monoparentales ont une chambre pour invités, une pièce inoccupée par les enfants, deux télévisions, deux salles de bain, deux tables à manger, une cour privée, l’Internet, deux lignes pour les réseaux sociaux et un chien pour promenade permise ?

Les masques à l’extérieur affadissent la vie sociale, on teste sans consentement des groupes à risque, le langage paternaliste des autorités culpabilise. Les fermetures commerciales paupérisent, notamment les propriétaires et employés des petites entreprises. Des employés au salaire minimum, des racisés, des immigrants, beaucoup de femmes. Les fermetures éducationnelles en personne découragent nos étudiants collégiaux et universitaires d’ici ou venus de l’extérieur. L’augmentation de la dépendance aux substances.

La charge mentale des femmes est doublée par le télétravail, les fermetures d’écoles, le chômage du conjoint favorisant la violence conjugale. La téléconsultation médicale rend la pratique difficile et le masque nuit à la relation soignant-soigné durant la consultation en personne. Les ordonnances d’antidépresseurs ne cessent de croître. Les secours psychologiques sont dépassés.

On attend un recul historique des natalités à cause des pertes d’emploi, au moment même où il semble impératif de rajeunir la démographie québécoise dont le taux de vieillissement est un des plus élevés au Canada et même dans les pays développés.

Une généraliste chef d’équipe médicale en soins à domicile dénonce le confinement dans les résidences privées pour aînés autonomes – pas le droit de sortir prendre l’air, de recevoir un proche - elle a l’impression qu’on sacrifie la vie de ces personnes âgées pour avoir de belles statistiques de mortalité et a constaté des impacts plus graves que la covid elle-même tels que la malnutrition, la dépression, voire la psychose (Le Devoir, Montréal, Section Santé, 1.3.2021).

Les politiques prennent des décisions parfois sensées mais parfois insensées. Dès le 28 février 2020, l’Oms préconisait d’interrompre les chaînes de transmission, de trouver, isoler et prendre en charge chaque cas et rechercher tous les contacts. Plusieurs n’ont pas réagi à temps. Ils pensent aussi à leur popularité chez les électeurs, aux sondages, et ne révèlent pas leurs problèmes avec l’approvisionnement du matériel de protection et des tests, avec le retraçage et avec l’isolement des infectés. Et on hésite à bannir les voyages de loisir à l’étranger et à surveiller de près la quarantaine des arrivants par avion.

Les autorités font des choix parmi les recommandations de la santé publique, elle-même victime des incertitudes épidémiologiques entourant le virus, et parfois les contredisent ou les ignorent. La transmission d’articles scientifiques fiables aux cabinets ministériels sans accusé de réception donne l’impression que cette contribution citoyenne est du temps perdu. L’entretien de la peur documentaire et les mensonges par omission ne font qu’augmenter l’anxiété de tous, diminuer la résilience et fragiliser le contrat social.

Pas besoin de surfer longtemps avant de découvrir ici et ailleurs des mesures contraignantes de protection qualifiées de contradictoires, ratissant trop large, imprévisibles, illogiques, improvisées, mal fondées, trop hésitantes ou trop hâtives, présentées de façon infantilisante ou tronquée. Pourtant certains pays ont réussi avec la triade ‘dépistage, retraçage, isolement’ d’une minorité tout en laissant les gens sortir, écoles, commerces et restaurants ouverts. Corée du Sud, Australie, Nouvelle-Zélande, Taïwan, Vietnam, Japon ont été beaucoup moins touchés, alors pourquoi ?

Les informations grand public sont filtrées. On rapporte des taux de décès covidiens quotidiens sans les comparer aux décès non covidiens survenus le même jour, nous privant du taux de surmortalité virale; il ne faudrait pas que la sensibilité à l’idée de la mort occulte ces réalités.

On ignore encore la validité des certificats de décès covidiens, variable selon les régions; on ne peut signer la cause d’un décès de façon laxiste voire intéressée quand on sait que l’attribution au c19 nourrira les statistiques sur lesquels les décideurs se fonderont pour prendre de graves décisions. On diffuse peu souvent le taux de mortalité covidienne par habitant, par groupe d’âge, par ethnies, par code postal, par lieu et type d’habitation.

Le public aimerait connaître le taux des faux positifs chez les asymptomatiques avec les tests dits CPR, ce qui inquiète ceux mis en quarantaine. Quand un aîné fragile en institution sanitaire décède et qu’on attribue la mort au c19 en se fiant seulement sur un PCR positif, si c’est un faux positif le diagnostic du décès est faux lui aussi et les taux de mortalité en sont gonflés.

La difficulté à contrôler la pandémie est attribuée, selon les régions du globe, à la délinquance citoyenne (pays latins), l’improvisation, les changements de cap, les incertitudes scientifiques, moins de grands-parents à la maison, la hiérarchie des valeurs, l’impossibilité de la mission, des hôpitaux mal préparés, l’opacité des messages, les contrats sans appel d’offre, une virulence croissante, les problèmes d’approvisionnement de matériaux de protection, trop de voyages, les ruptures de personnel soignant, une contagiosité accrue, la lassitude des décideurs, une population plus vieilissante, des facteurs culturels (catholicisme et francophonie), moins d’immigrants (généralement en meilleure santé), un variant sournois, et j’en passe.

On comprend que nos élus actuels au Québec aient dû composer avec l'incurie des administrations précédentes mais on se demande pourquoi la province est la plus distincte en termes d’infections et de létalités covidiennes depuis le début. En fin de première vague de juin 2020 les morts cumulées du Québec faisaient un peu plus de la moitié de toutes celles du reste du Canada, surtout à cause de l’hécatombe dans nos CHLSD/EHPAD. Et durant la seconde vague le 19 janvier 2021, le rapport québécois entre les décès et les cas était de 1 décès par 27 cas, celle au Canada de 1 décès par 39 cas, une différence de 44%.

Pourquoi cette distinction du reste du Canada alors que la 2e vague était prévisible ? Un premier livre au Québec tente de répondre :

« Système d’alerte en panne, fausses pistes scientifiques, préparation en catastrophe des hôpitaux, tragédie dans les CHSLD, chasse planétaire aux équipements de protection, hésitations sur le port du masque, sévère plan de confinement pour Montréal… Ce suspense se lit comme un roman sauf que tout est vrai. La réalité dépasse la fiction dans le livre de Alec Castonguay chez Québec Amérique, Montréal, 2012 : Le printemps le plus long : au cœur des batailles politiques contre la COVID-19. (Distributeur français : www.librairieduquebec.fr).

Au plaisir de lire les enquêtes en France, elles ne manqueront pas de croustillant.

POTS CASSÉS À RÉPARER

LES MÉDECINS DE FAMILLE

Si on doit impérativement réduire l’engorgement des soins hospitaliers et intensifs, c’est que notre système provincial n’était pas et n’est pas encore prêt à affronter une telle pandémie, reflet d’une politique managériale centralisatrice et de restructurations néolibérales qui depuis des décennies et notamment quand des médecins étaient au pouvoir, ont dépouillé le service public d’une gouvernance efficace, a laissé tomber les CLSC (Centres locaux de santé communautaire), n’a pas obtenu l’accès généralisé aux médecins de famille tout en favorisant les spécialistes par des politiques hospitalo-centristes, et a fermé trop de postes.

Avec ce qu’ont coûté réellement les deux nouveaux centres hospitalo-universitaires de Montréal on aurait pu doter la communauté métropolitaine de plusieurs hôpitaux de moyenne dimension et de cliniques multidisciplinaires bien réparties.

On aurait pu confier aux médecins généralistes, en les encadrant et les outillant bien, la tâche de surveiller leur clientèle dès les premiers symptômes avec des tests valides et rapides, un questionnaire pertinent, l’auscultation, des conseils sur les moyens naturels pour renforçer l’immunité, voire des traitements symptomatiques pour lesquels il y aurait des données relativement fiables même s’ils comprennent des médicaments présentement non autorisés dans cette indication, afin qu’ils réfèrent à l’hôpital tous ceux, et seulement ceux, ne pouvant être soignés en ambulatoire et ainsi alléger le fardeau hospitalier.

Encore aurait-il fallu en premier lieu que dans la province l’accès aux médecins de famille ne soit pas si lent, si restreint et si mal réparti. Cette faille importante a commencé avant la pandémie. Une montréalaise me confiait le 28 janvier 2021 qu’elle devra attendre 435 jours avant d’avoir un médecin de famille du régime public. Un citoyen qui se croit atteint n’a que deux choix, une clinique privée ou les urgences.

LE MENTAL DES ENFANTS

Depuis la pandémie on intensifie le dépistage des troubles de comportement dans les écoles américaines et canadiennes, sous l’influence des entreprises et la complicité des directeurs pédagogiques et des ministères, pour psychiatriser et médicamenter dès le jeune âge, voire en les y obligeant légalement, au risque de gâcher leur vie, alors que ces troubles résultent du manque de contacts sociaux, du télé-enseignement forcé, de la dépendance aux écrans (Elia Abi-Jaoude, CMAJ 2020;192(6) : E136), des familles dysfonctionnelles, du burnout des « femmes à la maison », de la promiscuité dans les petits logements.

On a besoin de personnels appropriés pour appuyer les enseignants, pas de colporteurs de psychotropes. Et si le télé-enseignement au primaire et au secondaire s’est déjà avéré moins efficace chez les jeunes de familles éduquées, c’est encore pire chez les défavorisés. En plus de forcer la vision par trop d’heures d’écran et d’empirer leur sédentarisme.

RECOMMANDATIONS

Avec une fraction des 6 types de coûts vaccinaux - subventions, précommandes, achats, distribution, inoculation et responsabilité civile - on aurait pu :


(a) diminuer les facteurs de contagiosité dans les CHSLD/EHPAD, les résidences pour aînés autonomes, chez les minorités défavorisées, dans les quartiers pauvres, dans les prisons, au travail;
(b) adapter et équiper écoles et établissements sanitaires à la nouvelle situation;
(c) établir et financer des normes de soins appropriées (gouvernance et personnels) dans les CHSLD publics;
(d) légaliser la nationalisation des CHSLD privés, dont les taux de négligence mortelle de certains ont soulevé une vague d’indignation au pays et tel que recommandé par Médecins du Québec pour un régime public (Avril 2020, sur mqrp.qc.ca).

LE GRAND ESPOIR

Industries, santés publiques et gouvernements promettent la main dans la main des surplus de protection pandémique par l’annonce triomphante de 164 vaccins en essais précliniques dans les laboratoires et 48 en essais cliniques, chiffres de l’OMS en novembre 2020.

Les premiers disponibles début 2021 contiennent le plus d’inconnu – Pfizer/BioNTech et Moderna – car ils introduisent du matériel génétique synthétique dans l’intimité de nos cellules, l’ARN messager porteur de la séquence de la protéine de la spicule du virus, dite aussi protéine S (Spike), pour que les cellules synthétisent à leur tour cette spicule qui servira d’antigène devant déclencher la formation d’anticorps spécifiques au c19 par notre système immunitaire.

Des fabricants se sont lancés dans cette voie qui consiste à reproduire des quantités gigantesques de ces « bouts de gènes » synthétiques au lieu d’utiliser des méthodes plus traditionnelles, la production d’ADN ou d’ARN ne requérant que la séquence du matériel génétique viral.

Cet ARNm vaccinal était de 69% à 81% « intègre » dans les lots expérimentaux chez Pfizer, mais on découvrit qu’ils descendaient jusqu’à 51-52% dans les lignes de production massive des lots commerciaux et alors il a fallu se réajuster à Puurs en Belgique flamande. On a donné, comme explication des retards de livraison, la nécessité d’agrandir et de moderniser l’usine, ce qui affecte grandement le Canada.

Les agences américaines, européennes et canadiennes du médicament sous haute pression politique ne s’inquiétèrent pas de ce problème en novembre 2020, à savoir une diminution possible de la réponse immunitaire et l’accumulation d’ARN « tronqués » dont on ignore les risques.

Pfizer a promis de retrouver un taux d’intégrité à 75% mais on attend la confirmation. Lire Lise Barnéoud dans Le Monde du 16 janvier 2021 qui s’inspire des documents secrets volés à l’Agence européenne le 20 décembre 2020. Vaudrait-t-il mieux attendre que les premiers vaccins de type ARN messager soient suffisamment évalués pour éviter de mauvaises surprises avec un mécanisme d’action inédit chez l’humain ? La sagesse traditionnelle dit oui, l’urgence politique dit non.

Restons prudents, on a vu ce qui arrive aux avions 737 MAX quand Boeing « tourne les coins ronds » (québécisme populaire). Ceux qui qualifient l’introduction de matériel génétique de synthèse dans nos cellules de « viol qui les transforme en organismes génétiquement modifiés, et la population vaccinée en cobayes » vont trop loin car l’ARNm de Pfizer-BioNTech et Moderna ne peut entrer dans le noyau cellulaire. Le mécanisme diffère toutefois chez Astra-Zeneca dont voici le principe actif:

« Adénovirus de chimpanzé codant pour la glycoprotéine Spike du c19, produit sur des cellules rénales embryonnaires humaines génétiquement modifiées et par la technologie de l’ADN recombinant. Ce produit contient des organismes génétiquement modifiés » (Monographie européenne de A-Z, EMA, RCP, 29.1.2021).

Souvenons-nous que dans tous les domaines de la médecine préventive c’est en vaccinologie que l’omerta est la plus visible, sans jeu de mots, et les données complètes des essais demeurent confidentielles comme des secrets d’État. Même les plus prestigieuses revues scientifiques s’autocensurent en vaccinologie. Un autre genre d’endémie.

Les journalistes influenceurs, tous médias confondus, savent cela et craignent de perdre leur emploi, être dénigrés ou harcelés ou menaçés de poursuite juste pour avoir osé poser des questions concernant tout nouveau vaccin breveté. Pourtant l’autocensure dans les débats scientifiques ne fait que nuire à l’éclairage des décideurs sanitaires (Jeanne Lenzer & Shannon Brownlee, Scientific American, 30 novembre 2020).

Quant aux médecins universitaires qui publient ou diffusent des effets indésirables graves pouvant affecter les ventes d’un produit vaccinal ou non, ils savent qu’ils s’exposent à des rétorsions coûteuses comme des harcèlements, des blocages d’évolution de carrière, des congédiements, des réputations ternies, tellement les firmes sont influentes dans ces milieux.

Jamais, depuis les débuts de la médecine scientifique au milieu du 20e siècle, la vaccinologie a été aussi manipulée par des intérêts politiques et commerciaux, les chercheurs indépendants aussi bâillonnés ou ignorés, les agences du médicament aussi indument asservies (Éditorial, BMJ 2020; 371: m4425). Sous la terreur trumpienne la capture réglementaire a atteint des sommets à la FDA.

On peut dire comme Luc Perino que « La covid-19 a malmené les citoyens, les politiques et l’économie, mais il a surtout brutalisé la science […] et la modélisation d’une épidémie est une tâche insurmontable ».

Deux commentaires sont révélateurs:

« Pfizer a signé un accord avec la B&M Gates Foundation en septembre 2019. Le développement du vaccin a commencé le 10 janvier 2020 (Polack et al. N Engl J Med, 31 décembre 2020; 383: 2603-2615).

Le vaccin Moderna a commencé à être développé début février 2020 (Moderna Inc. 25 janvier 2021 sur https://investors.modernatx.com/node/10841/pdf, mais la déclaration d’état de pandémie n’a été proclamée par l’OMS que le 11 mars 2020 [après l‘avoir qualifiée le 30 janvier 2020 de « Urgence de santé publique internationale »].

Il est difficile de soutenir, comme c’est encore le cas actuellement, que les gouvernements ont été confrontés par surprise à cette pandémie ! » (Emma Kahn, AIMSIB, 21 février 2021). Au Québec la pandémie fut déclarée le 13 mars 2020.

« Sans transparence, la confiance du public est impossible. Afin de clarifier de nombreuses questions sur ces vaccins, il faut avoir accès aux données cliniques brutes au niveau des patients, par des chercheurs indépendants. Mais aucune des entreprises impliquées dans la stratégie vaccinale de l'Union européenne n’a partagé ces données avec des tiers à ce stade ...

Pfizer ne commencera à rendre les données brutes disponibles que 24 mois après la fin de l'étude. La déclaration de partage de données de Moderna indique que les données ’peuvent être disponibles sur demande une fois la période d'essai terminée’. Cela veut dire entre le milieu et la fin de 2022, car un suivi est prévu sur 2 ans » (NoGracias.org, 19 janvier 2021).

Les fabricants tirent les ficelles à l’Organisation mondiale de la santé par fondations caritatives interposées, dans des comités d’experts sponsorisés, dans les Santés publiques sous influence et dans les cabinets de nos dirigeants dont les portes restent grandes ouvertes aux lobbyistes.

Aux É.-U. des experts des Centers for Disease Control ou CDC ont des intérêts particuliers dans les entreprises vaccinales et les portes tournantes à la direction sont monnaie courante, tout comme à la FDA. Les actionnaires se réjouissent pendant que les gouvernants dépensent, légifèrent et moralisent.

La course folle entre les États pour obtenir en premier ces nouveaux vaccins fait penser à une chasse aux trésors où les plongeurs se battent pour aller ouvrir un coffre aperçu près d’une épave sans savoir si le trésor y est. « Père, pardonne-leur parce qu’ils ne savent pas ce qu’ils [convoitent] » (Luc 23 :34) 

Tandis que les firmes protègent jalousement leurs brevets sans partager leurs méthodes, c’est à qui négociera en secret le meilleur prix avec des gouvernements en position de faiblesse et qui préfèrent cacher les ententes et les contrats, incluant le prix par dose, la prime de livraison et sa cédule, l’immunité juridique, la propriété intellectuelle. Des milliards sont en jeu. Pauvres contribuables.

Ces tout puissants fabricants refusent de partager leurs méthodes avec les concurrents afin d’accélérer le développement en temps de pandémie, même si elles en ont été substantiellement subventionnées. Elles refusent aussi à mettre en œuvre la promesse d’un accès abordable en temps opportun dans les pays pauvres touchés. Tout cela à cause des [maudits] brevets qui font obstacle à cet accès (Pierru, Stambach et Vernaudon, Le Monde Diplomatique, No 804, Mars 2021).

On suivra les blogues du professeur de pharmacie américain Peter Doshi sur bmj.com concernant les incertitudes vaccinales et les médiocrités méthodologiques. Aussi les réflexions de Bernard Dugué sur agoravox.com. Ne pas oublier que sans démonstration de réduction de la contagiosité, laquelle se fait attendre, un vaccin ne peut dispenser des mesures avérées utiles contre la transmission.

Qu’en est-il de la vaccination par des produits commercialisés en urgence avant d’avoir été suffisamment étudiés ? L’objectif logique bien sûr, est d’offrir un surplus de protection. Mais quand la covid survient quand même chez des vaccinés, il ne faut pas évoquer seulement une infection préexistante ou intercurrente, faut toujours évoquer aussi l’inefficacité. Faire connaître l’échec chez les vaccinés est un des objectifs d’une surveillance réactive, indépendante et transparente.

En cas d’effet indésirable post-vaccinal invalidant ou mortel, les fabricants jouissent d’une immunité juridique accordée servilement par l’État auprès duquel il faut soi-même quémander réparation. Le Québec se dotait en 1985 d'un programme d'indemnisation des victimes d'une vaccination sans égard à la faute mais en pratique seulement 6 523$ ont été versés entre 1988 et 2020, des poussières administrées par la Société de l’assurance automobile du Québec. Aux É.-U. le Countermeasures Injury Compensation Program a rejeté 90% des réclamations vaccinales durant la dernière décennie. Il faut prouver le lien de causalité, aller en appel, bonne chance…

On commence à rapporter des décès européens colligés par Eudravigilance et survenus après la première dose chez des personnes très fragiles en EHPAD, sans toutefois divulguer les éléments cliniques, recueillis avant et après la vaccination, pourtant si essentiels pour évaluer un lien de causalité.

Le nombre de personnes à vacciner pour en protéger une commence à être connu. Le Nombre Nécessaire de Vacciner (NNV) tel qu’observé dans les essais cliniques vaccin c. placebo et donc en conditions expérimentales et destinés aux agences de santé en vue d’une autorisation d’urgence et aux revues savantes, est l’inverse arithmétique de la réduction absolue du risque, seule variable valide pour exprimer l’efficacité clinique, contrairement à la réduction relative du risque trompeusement proposée à cet effet par les sponsors vaccinaux rapportant le résultat de leurs études.

À titre d’exemple, certains résultats pour le Moderna permettent de calculer un NNV expérimental de 176 pour prévenir la maladie et de 1 370 pour en prévenir une forme grave (Cunningham, BMJ 2020; 371: m4471), bien que l’efficacité présentée était une réduction relative du risque à hauteur de 94,5%. Le même raisonnement s’applique aux autres vaccins.

Certains citoyens et soignants, dans un premier temps, refuseront l’offre vaccinale:

a) Soit par principe, ils n’aiment pas les vaccins. D’accord que certains calendriers vaccinaux dans l’enfance sont très chargés dans certaines juridictions. Chaque vaccin est un cas particulier. Plusieurs sont des grands classiques incontournables, d’autres sont bons alors que quelques-uns demeurent discutables.

b) Soit empiriquement parce qu’une connaissance vaccinée a fait une grosse réaction anaphylactique et dut recevoir une injection d’adrénaline intramusculaire, risque acceptable à condition seulement d’être rarissime et que ledit vaccin soit démontré efficace sur des critères pertinents dans une majorité des vaccinés, ce que tous nous souhaitons mais attendons encore.

c) Soit scientifiquement, quand des soignants et des experts qui ont pris connaissance du peu de données disponibles préfèrent attendre l’achèvement de l’évaluation expérimentale et de l’observation sur le terrain. Ils ont le droit de s’exprimer sans discrimination par leur employeur ou leur Ordre tout en souhaitant que l’efficacité vaccinale soit au rendez-vous. Une éventuelle obligation, même chez les soignants, serait non éthique et d’ailleurs le Conseil de l’Europe s’y oppose en Assemblée parlementaire le 27.1.2021 (pace.coe.int/fr/files/29004/html).

d) Finalement, quelques rares refus pourraient être un message à la société : au-delà du matériel dans la vie, il y a du spirituel, et une certaine conception de la liberté consiste à pouvoir faire des choix individuels, à dire non en certaines occasions, cela nous distingue des autres créatures. Pour paraphraser Fiodor Dostoïevski dans ses Notes d’un souterrain, 1864, la liberté fait partie de ce « surplus d’humanité » que l’on retrouve chez l’HomoVivens de Jacques Dufresne.

Il ne faut pas démoniser ces hésitations car l’expression « Sûr et efficace » utilisée en réglementation pharmaceutique n’a jamais voulu dire « Totalement sûr et totalement efficace »; c’est plutôt une formule technocratique simpliste choyée par les industriels et reproduite par professionnels et médias.

Si un vaccin s’avère efficace contre l’hospitalisation, cette protection avantagera la personne et les ressources médicales ; s’il protège aussi contre la contagiosité, la citoyenneté et les ressources médicales en profiteront. Ce sera alors un vaccin « égoïste » et « altruiste » selon la formule de Luc Périno (Médecine 2018;14(2):56).

Ce qu’on attend d’un vaccin est qu’il protège longtemps toutes les catégories de sujets quant à la virulence et à la contagiosité, en plus d’être accessible. Nous verrons si les vaccins proposés tiennent leurs promesses; si c'est le cas tant mieux, sinon le Grand espoir pourrait se métamorphoser en Grande arnaque par acharnement vaccinal.

Durant la fausse pandémie H1N1 en 2009, le Québec fut champion au pays (3 fois plus de dépenses par habitant) et mondialement (par 5 fois) quant à sa couverture médiatique promouvant la vaccination (influencecommunication.ca, Bilan 2009). J’ai bien peur que cette distinction se répète en 2021, avant d’avoir le recul nécessaire, c.a.d. sans avoir comparé dans les mêmes milieux la mortalité des vaccinés à celle des non vaccinés.

ÉPILOGUE

Un jeune étudiant en économie et cycliste urbain fortement affecté par les confinements, m’a récemment posé trois questions déconcertantes :

a. Dans la Seconde guerre mondiale les Alliés ont sacrifié sans hésiter presque 11 millions de jeunes vies pour « sauver notre civilisation » du danger nazi et depuis la pandémie on voudrait « sacrifier notre civilisation » pour sauver des vieilles vies du danger covidien ?

b. Sauver du virus 60 vieillards malades dont l’espérance de vie est de 2 ans (120 personnes-années) a-t-il la même valeur que gâcher la vie de 2 vingtenaires dont l’espérance de vie est de 60 ans (120 personnes-années) ?

c. Une société de 8,5 millions (Qc) préfère-t-elle se faire faucher 0,5% de sa population (42 500) ou gâcher la qualité de vie des 99,5% (8 457 500) qui survivront ?

J’ai répondu spontanément à cet invincible :

Mourir intubé et seul n’est pas mon objectif de vie, et le tien non plus : aimerais-tu après avoir été heurté en vélo par un camion remorque, mourir dans l’ambulance refusée par chaque hôpital débordé de ta région ?

Une réponse longue aurait été trop compliquée.

C’est le respect des consignes qui incite à réfléchir sur les conséquences sociales et sociétales de nos réactions individuelles et collectives à la pandémie. Si c’est en temps de crise que se manifestent mieux la puissance des mondiales du vaccin, les stratégies des gouvernants et le caractère des gouvernés, c’est aussi le temps d’apprendre à en dialoguer publiquement et calmement en évitant les politiques et opinions extrêmes de nos voisins du sud. Ne sommes-nous pas déjà trop américanisés ?

Chez les Gafam, Big Vaccine (dont Bill Gates) et autres Big, et au Forum économique mondial, on applaudit pendant que les PME font leur deuil et que la précarité grandissante gruge inexorablement la santé physique et mentale. Si une pandémie désigne la mondialisation d’une épidémie mortelle, l’appellation mondialisation réfère aussi à une stratégie politique. Comme citoyen, laquelle est la plus dangereuse ?

Lors du post-mortem pandémique on pourra comparer les pertes de vies avec les pertes de libertés, et calculer les transferts d’argent des 99% vers les 1%. L’examen des cendres de l’incendie covidien devrait nous en apprendre davantage sur le noir épisode que nous traversons. L’Histoire pourra nous éclairer mais elle sera sujette aux valeurs de ceux qui l’écriront, on s’en doute et même on le redoute.  Il faudra comme le penserait Hegel attendre quelque temps pour mieux saisir rétrospectivement les leçons, encore insaisissables, à tirer de la pandémie.

 

 

 

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Cui-cui #8 : Échange épistolaire avec Santé Sécurité Québec sur la vaccination pédiatrique

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LETTRE AU MINISTRE DE LA SANTÉ DU QUÉBEC
Sujet: Campagne massive de vaccination pédiatrique
Pierre Biron, 23 juin 2021


“ Il est contraire à la santé publique québécoise de vacciner les 12 et 13 ans sans consentement parental, c’est la loi. L'utilisation d'autobus de vaccination c19 pour rejoindre les ados jouant dans les parcs ne devrait-il pas exiger la preuve d'âge ? Les enfants sans leurs parents n'en ont probablement pas sur eux quand ils sont là pour jouer, et de toute façon ne pourraient-ils pas mentir et déclarer un an ou deux de plus aux vaccinateurs afin de « faire comme les amis » ?

S'en prendre aux enfants, dont le risque covidien est minime, alors que les effets à moyen et long terme sur des organismes encore en développement sont incertains pour les vaccins déployés, est déjà très controversé. Mais surtout on utilise cette population pour atteindre une couverture vaccinale devenue une condition pour les adultes de retrouver leurs libertés voire le bonheur selon certaines publicités, une opération politique qui mérite d’être débattue publiquement.

Utiliser des autobus, voire une loterie, de la crème glacée ou tout autre récompense, me semble dépasser les bornes de l'éthique médicale.

Vacciner est un acte médical, que la santé publique peut déléguer lors d'une crise comme celle que nous traversons, mais pas au point de vacciner sans consentement éclairé une tranche de la population où le bénéfice-risque est à peu près nul voire négatif, alors que la myocardite-péricadite commence à être rapportée chez les ados, comme chez ce jeune américain de 13 ans qui vient de mourir 3 jours après sa 2e dose (Pfizer) au Michigan, de myocardite-péricardite découverte à l'autopsie »

RÉPONSE BUREAUCRATIQUE POLIE MAIS LANGUE DE BOIS
« Cher Monsieur. Nous avons  attentivement  pris connaissance de votre courriel du 23 juin 2021, dans lequel vous exprimez votre désaccord au sujet de la vaccination dans les parcs, pour contrôler les éclosions de la pandémie de la COVID-19, plus spécifiquement celles liées aux nouveaux variants plus contagieux.

Nous reconnaissons pleinement votre droit de ne pas être en accord avec certaines décisions. Il convient toute fois de se rappeler que les mesures prises sont nécessaires pour sauver des vies, assurer la scolarisation la plus adéquate possible des enfants, garder les travailleurs au travail et maintenir un contrôle sur le réseau de la santé. Entre l’objectif de sauver des vies, et celui de maintenir la qualité de vie de l’ensemble des Québécois, il est essentiel de garder un équilibre.

Les personnes vaccinées doivent présenter leur carte d'assurance-maladie, laquelle indique la date de naissance. Les enfants de moins de 14 ans, ne peuvent obtenir le vaccin sans le consentement de l'autorité parentale. Nous souhaitons vous préciser que les décisions gouvernementales sont prises en considérant la faisabilité des recommandations émises par les experts de la Santé publique, lesquelles tiennent compte d’une multitude de critères, de facteurs et d’études. 

Avant de finaliser toute décision, les avantages et les inconvénients de celle-ci sont longuement soupesés. Malheureusement, chaque choix qui est fait, même avec la meilleure des intentions, ne peut satisfaire tous les Québécois étant donné les intérêts divers de ceux-ci. Nous sommes conscients que les mesures prises pour lutter contre la pandémie comportent leur lot de désagréments. Toutefois, cette situation exceptionnelle nécessite la mise en place de mesures toutes aussi exceptionnelles »

Signé :  Équipe de Santé et Sécurité Québec, 8 juillet 2021
 

 

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CUI-CUI #9 : Gestionnaires de la pandémie et Fables de La Fontaine

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Les courtisans chez Jean de La Fontaine – mort en 1695 - sont à tous les niveaux. Le Roi d’alors, le grand Louis XIV, c’est pour nous le chef du gouvernement.

Les courtisans chez Jean de La Fontaine – mort en 1695 - sont à tous les niveaux. Le Roi d’alors, le grand Louis XIV, c’est pour nous le chef du gouvernement. (Même si quand on y regarde de plus près, nos leaders se comportent trop souvent comme s’ils étaient des courtisans des PDG des firmes vaccinales, mais faut s’initier aux pratiques honteuses de ces commercants pour en connaître les détails).

Le communicateurs pandémiques sont des courtisans :

Professionnels qu’on voit à la télé, porte-paroles des ordres et syndicats professionnels, journalistes, communicateurs et lobbyistes de carrière, députés du parti au pouvoir, cadres et employés de la Santé publique, rédacteurs signataires ou anonymes de publications scientifiques, de quotidiens et d’hebdomadaires grand public, influenceurs dans les réseaux sociaux, tous se faisant véhicules des campagnes de peur et de vaccination à outrance, diffuseurs du discours dominant (j’évite le terme pensée dominante car ils ne pensent pas), etc.

Ils servent une ‘bonne cause’ à l’occasion, mais sont complices des atteintes à la science et aux libertés, deux dommages collatéraux qui s’ajoutent aux abaissements actuels et futurs de nos statuts socioéconomiques et de notre qualité de vie mentale et physique. Quant aux critiques (les non-courtisans), ils se font baillonner ou attaquer ou congédier.

Dans Le Loup et l’Agneau, le message est clair : ‘La raison du plus fort est toujours la meilleure’. Le pouvoir des autorités est trop puissant, souvent injuste, parfois cruel. Les courtisans sont décrits comme des parasites, des machinateurs d’imposture dans Le Berger et le Roi ou encore des flatteurs dans La Cour du Lion ainsi que dans Le Lion malade et le Renard.

Un autre message porte sur la mort. Dans Le Songe d’un habitant du Mogol il ressort que la sagesse c’est de ne pas s’inquiéter trop de sa mort et plutôt de mieux profiter de la vie. Ce qui rejoint notre motto inaugural : La Santé à tout prix a fait que l’Entreprise a pris notre argent et les Autorités nos libertés.

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Lexique nautique anglais-français

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Auteur de L'alter dictionnaire médico-pharmaceutique, aussi attaché à la langue française que passionné par la navigation à voile, Pierre Biron, a trouvé sur les eaux du Lac Champlain l'inspiration pour régiger un lexique nautique anglais-français contenant dix mille entrées. Le voilier illustre à ses yeux un rapport harmonieux avec la nature tandis que le bateau à moteur illustre la volonté de la dominer,

Avertissement au lecteur : ouvrage destiné aux plaisanciers qui souhaitent naviguer en français, aux instructeurs, modélistes navals et d’arsenal, constructeurs amateurs, traducteurs en herbe, journalistes et adeptes de sports nautiques et lecteurs de revues spécialisées. Il subsiste moult coquilles, doublons et lacunes dont l’auteur s’excuse à l’avance. Des miliers d’ajouts et corrections ont été apportés depuis les années 80 et les entrées sont dorénavant accompagnées d’un ou plusieurs domaines. L’auteur autodidacte n’a pas fait réviser l’ouvrage par un traducteur professionnel mais l’apport de généreux plaisanciers, qui ont fait parvenir corrections et suggestions depuis plus de trois décennies, contribue à cet ouvrage offert gracieusement dans un but strictement non lucratif, pour usage personnel et libre partage en ligne avec les amoureux de la navigation et de la langue française. Les clubs et écoles de voile sont encouragés à s’en servir, à le diffuser aux membres et aux étudiants. Tous droits réservés de propriété intellectuelle de l’ouvrage dans son ensemble; toutefois la citation de courts extraits est autorisée et encouragée.

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