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Barbara Ward

Jacques Dufresne

Barbara Mary Ward, née le 23 mai 1914 à Heworth (Yorkshire, Royaume-Uni) et morte le 31 mai 1981, est une économiste et auteure britannique, principalement connue pour ses travaux sur les enjeux sociaux et économiques dans les pays en développement, ainsi que sur les questions environnementales, dans lesquelles elle a joué un rôle précurseur. Elle a plaidé en faveur du développement durable — avant que ce terme ne soit couramment employé — et du partage des richesses entre les pays développés et le reste du monde.

Barbara Ward fut co-présidente, avec René Dubos, du premier Sommet de la Terre, celui de Stockholm en 1972. Auparavant elle avait signé, toujours avec René Dubos, le rapport, Nous n'avons qu'une terre,  qui devait lancer les travaux du Sommet. À la lecture de ce rapport, on ne peut manquer d’être étonné par la précision des connaissances déjà acquises sur le réchauffement climatique. Dans le chapitre sur l’air et les climats, que nous reproduisons plus loin on peut lire ce qui suit :

«Il pourrait suffire d'un très petit pourcentage de changement dans l'équilibre énergétique de la planète pour modifier les températures moyennes de deux degrés centigrades. Si cette différence s'exerce vers le bas, c'est le retour à une période glaciaire; au cas contraire, un retour à une terre dépourvue de toute glace. Dans les deux cas, l'effet serait catastrophique.»


L’un des grands mérites de Barbara Ward est d’avoir su incarner les plus grands idéaux dans des institutions sur lesquelles on peut compter ensuite pour veiller sur leur réalisation. On peut porter au moins deux grandes institutions au crédit de Barbara Ward, le mouvement Justice et Paix dans l'Église catholique et l'IIED, (Institut international pour l'environnement et le développement). Cet institut, dont le siège est à Londres, est en ce moment l'un des hauts lieux d'étude et de réflexion de l'actuelle ruée vers les terres. Il vient de publier (2012) sur la question une étude dont nous donnons des extraits plus loin.

 

L'air et les climats (extrait de Nous n'avons qu'une terre)


Nulle part la vulnérabilité et l'interdépendance de l'ensemble de la biosphère ne sont plus évidentes que dans l'enveloppe atmosphérique sur laquelle les activités industrielles de l'homme sont en train d'empiéter de plus en plus. Personne ne se représente que le firmament lui-même pourrait devenir vulnérable à nos intrusions. Et pourtant, si l'on souhaite élucider cette question, il est utile de se reporter un instant à notre connaissance des alphabets de l'espace et du temps : le spectre électromagnétique et l'évolution de la terre au cours des millions d'années. Repensons, par exemple, à l'effet de l'écran solaire sur l'atmosphère terrestre.

Au cours des siècles, le niveau général de la chaleur sur terre a été maintenu à une certaine uniformité par un équilibre critique. Les radiations solaires en provenance de l'astre, associées à la réabsorption par la terre de la chaleur qu'elle dégage elle-même, équivalent à peu près à la quantité de radiations qui sont  bloquées « en route » ou renvoyées par les nuages et la surface terrestre dans l'espace.

Bien entendu, les différentes parties de la planète sont chauffées ou refroidies à des degrés différents, et leurs échanges — par le truchement des vents et des courants aériens, ainsi que par la médiation universelle des océans — constituent ce qu'on peut appeler le climat d'ensemble de notre planète, climat donc totalement interdépendant. Aux tropiques, davantage de chaleur s'absorbe que dans les régions polaires qui ont un pouvoir de réflexion beaucoup plus élevé. La chaleur engendrée au centre tend à s'écouler vers les pôles et l'air plus froid de ceux-ci est renvoyé vers le centre. L'effet général en est de mitiger les extrêmes de température. Mais ce mouvement, relativement simple et direct, est fortement compliqué par la rotation de la terre sur son axe, par le fait que les terres sont massées dans certaines zones et les eaux dans d'autres, par les dimensions des hautes chaînes montagneuses et par la répartition des forêts pluviales et des déserts. Avec tant de variables, il n'est pas surprenant que les systèmes météorologiques locaux pré-sentent d'importantes variations par rapport aux normes attendues. Il est également peu étonnant que le climat global de la terre, dans son ensemble, puisse lui-même subir de profondes modifications.

Pendant environ quatre-vingt-dix pour cent de son existence stable, il semble que notre planète ne comportait pas du tout de glace sur ses pôles. Mais nous savons aussi par des indices géologiques qu'elle a connu cinq ou six périodes de glaciation. Il semble que nous soyons tout à la fin de la dernière, l'ère pléistocène, qui a duré plus d'un million d'années et avait fait avancer les glaciers jusqu'à la Méditerranée. Aujourd'hui, les glaces se sont retirées mais on n'est pas complètement « revenu à la normale ». Car l'effet immédiat des calottes glaciaires sur le climat global est tel que l'état « normal » — autrement dit la dis¬parition totale de toute calotte glaciaire — pourrait signifier une topographie terrestre catastrophiquement différente de celle que nous connaissons : une partie des terres immergée et les autres portées à un gré de chaleur indescriptible.

Il est bien évident que l'homme n'a rien eu à voir avec ces vastes changements climatiques dans le passé. Et, vu l'envergure des systèmes énergétiques, il semblerait raisonnable de supposer qu'il ne pourra probablement pas non plus les influencer dans l'avenir. Mais c'est là que nous nous trouvons face à l'autre aspect de notre existence planétaire : la fragilité des équilibres qui permettent au monde naturel que nous connaissons de survivre. En ce qui concerne le climat, les radiations solaires, les émissions de la terre, l'influence universelle des océans" et celle des glaces sont incontestablement importantes et échappent à toute influence directe de l'homme. Mais, l'équilibre entre les radiations reçues et émises, l'interaction de forces qui maintient le niveau moyen global de température semblent être ni unis, si précis, que le plus léger changement dans l'équilibre énergétique est capable de perturber l'ensemble du système. Le plus petit mouvement du fléau d'une balance suffit à l'écarter de l'horizontale. Il pourrait suffire d'un très petit pourcentage de changement dans l'équilibre énergétique de la planète pour modifier les températures moyennes de deux degrés centigrades. Si cette différence s'exerce vers le bas, c'est le retour à une période glaciaire; au cas contraire, un retour à une terre dépourvue de toute glace. Dans les deux cas, l'effet serait catastrophique.

C'est pourquoi les savants examinent avec beau- | coup d'attention les points sur lesquels certaines actions de l'homme, si minuscules que paraissent leurs effets en regard de l'envergure totale du système énergétique de la planète, peuvent néanmoins déclencher un de ces changements petits mais fatals qui altèrent l'équilibre de la balance.

Dans la masse énorme des activités technologiques / de l'homme, on relève ainsi trois « points d'inflexion » qui suscitent de sérieuses inquiétudes. Le premier concerne le rôle du gaz carbonique, qui intercepte les radiations thermiques terrestres et les renvoie à la terre : c'est ce qu'on appelle « l'effet de serre », mais son action ressemble davantage à celle d'une vitre d'automobile quand les rayons du soleil pénètrent dans la voiture et chauffent les sièges et les jgarnitures à l'intérieur. Le verre ne transmet pas la j chaleur : il laisse passer les rayons et les renvoie à l'intérieur de la voiture, qui devient de plus en plus brûlante. Dans l'atmosphère, le gaz carbonique joue le rôle du verre; il peut donc diminuer le taux de refroidissement de la surface terrestre et nous ignorons I si cet effet est réversible. Lorsqu'il se trouve en quantité normale (c'est-à-dire qu'il ne représente pas davantage que le 0,03 % de l'ensemble de l'atmosphère) le gaz carbonique joue un rôle très restreint, quoique spécialisé, dans le système thermique terrestre. Mais certains indices tendent à prouver qu'au cours de la j dernière décennie, par suite de la consommation J énorme de combustibles fossiles par l'homme, la j quantité de gaz carbonique dans l'atmosphère a augmenté d'environ 0,2 % par an. Et nous ignorons tout à fait où va tout ce gaz carbonique que nous lâchons dans la biosphère année après année. Peut-être la moitié en est-elle absorbée par les océans et par le métabolisme des plantes. Mais si l'on considère sa concentration croissante dans l'air, on doit admettre qu'au rythme actuel de dégagement de gaz carbonique, la température terrestre pourrait augmenter d'environ 0,5° centigrade d'ici à l'an 2000.

Mais le taux actuel peut aussi bien augmenter. En outre, les déboisements excessifs peuvent réduire le taux d'absorption naturelle du gaz carbonique par l'action des feuilles. En même temps, des quantités de plus en plus grandes en sont dégagées dans l'atmosphère au fur et à mesure que l'industrialisation progresse; et les besoins en énergie des sociétés développées s'accroissent encore considérablement. L'extrapolation qu'on peut faire à l'égard des besoins énergétiques du monde en voie de développement suggère que cet accroissement pourrait être encore plus brutal. Quelles seraient les conséquences d'une consommation multipliée d'énergie par les nations en voie de développement si celles-ci de¬vaient atteindre le niveau actuel des sociétés dotées d'une technologie moderne? Nous n'avons même pas besoin d'une hypothèse fantaisiste comme celle qui consiste à envisager la présence de trois milliards et demi d'automobiles à la surface de la terre pour en ve¬nir à la question cruciale : l'ensemble des besoins probables en combustibles fossiles au cours des premières décennies du siècle prochain ne va-t-il pas accroître considérablement l'émission de gaz carbonique dans l'atmosphère et, de ce fait, amener la température de la surface terrestre dangereusement près de cette augmen¬tation de deux degrés centigrades qui peut amorcer le réchauffement à long terme de notre planète?

Ce risque est accru par la possibilité qu'un change¬ment de ce genre ne se produise parallèlement à une tendance latente de notre globe, indépendante de l'ac¬tion humaine et que celle-ci ne ferait que renforcer. Récemment, des savants ont extrait de longues « carottes » de la calotte glaciaire du Groenland et, en se fondant sur les variations observées dans leur degré -de congélation et leur rythme de fusion, ils ont dessiné une sorte de « profil » d'une période glaciaire. Or, fait remarquable, le passage d'une glaciation im¬portante à une absence complète de glace est caractérisé par une série de petites oscillations très semblables les unes aux autres qui vont de la congélation à la fusion. Il n'est donc pas du tout déraisonnable de se demander si un accroissement massif du gaz carbone que dans l'atmosphère coïncidant avec un réchauffement naturel n'est pas susceptible de transformer une très légère oscillation du « fléau de la balance » en un violent déplacement des « plateaux » et d'entraîner des conséquences importantes et imprévisibles pour notre globe.

D'autres risques découlent de l'émission accrue, par les industries, de poussière, de suie et de gaz, qui se combinent les uns avec les autres et avec des goutte¬lettes de vapeur, ce qui a pour résultat d'épaissir l'atmo¬sphère et d'augmenter la couverture de nuages de la terre. Plus ces ' concentrations ont lieu à haute alti¬tude, plus elles paraissent être durables; des particu¬les qui, dans les couches basses de l'atmosphère, s'évanouiraient en quelques semaines peuvent demeu¬rer d'un à trois ans dans les couches élevées. On a déjà la preuve que les cirrus sont en train d'augmen¬ter le long des routes aériennes les plus utilisées de l'hémisphère Nord et que la couverture de nuages de la terre, dans son ensemble, présente certains signes d’épaississement. Ce qui est difficile, c'est de savoir quels sont les effets de telles modifications. Si elles ré¬duisent le passage des radiations solaires, elles peu¬vent abaisser la température terrestre. Si, au contraire, elles réfléchissent les émissions calorifiques de la terre, elles ne font que renforcer 1' « effet de serre ».

A cet égard, les savants ont toutefois quelques indices qui leur permettent d'aller plus loin. En 1963, le volcan Agung, dans l'île de Bali, eut une violente éruption, au cours de laquelle il projeta dans l'atmosphère une impressionnante quantité de terre. Tout comme cela avait été le cas lors de la grande explosion du Krakatoa en 1883, l'éruption de l’Agung remplit la basse stratosphère de particules qui, en réfléchissant la lumière, donnaient au crépuscule une coloration particulière. Cet effet persista pendant plusieurs années et eut des conséquences, sur toute la surface de la terre, qui durèrent six mois. La bande stratosphérique qui surmonte l'équateur se réchauffa de 6 à 7 degrés centigrades immédiatement après l'éruption et demeura pendant plusieurs années à une température de 2 à 3 degrés plus élevée que d'ordinaire. Il n'y a donc aucun doute que les gaz y restant en suspension produisent des effets à l'échelle planétaire et élèvent la température. Ils peuvent aussi avoir d'autres effets, qui se combinent les uns avec les autres de manière imprévisible sous l'influence directe des radiations solaires contre lesquelles nous ne sommes presque pas protégés. On peut par exemple concevoir la for¬mation d'un effet photochimique du type « smog ». On a aussi suggéré que les nitrates et les sulfates en provenance des volcans — ou des gaz d'échappe¬ment des avions supersoniques — pourraient se combiner avec la production critique d'ozone et pri¬ver l'atmosphère supérieure d'un des éléments essen¬tiels qui constituent le bouclier antiradiations de la planète. Soit dit en passant, c'est précisément cette incerti¬tude relative aux effets accumulés du gaz carbonique, des particules de matière, de la vapeur et des gaz dans l'atmosphère qui a conduit certains savants à préconiser, une extrême prudence dans le développement massif des transports supersoniques. Mais quoi qu'il en soit, il existe deux propositions sur lesquelles tous les savants seront d'accord. Les industriels, en utilisant l'air comme un gigantesque égout, peuvent exercer une influence profonde et imprévisible sur le climat de la terre, influence dont les conséquences ne concernent pas seulement les organismes qui s'occupent de la pollution mais la biosphère dans son en¬semble. Et de là découle le second point. Nous avons absolument besoin de disposer de plus de connaissan¬ces, d'une simulation plus élaborée des effets climati¬ques par des ordinateurs géants, d'un contrôle météorologique bien plus poussé sur une base mondiale, d'informations plus exactes relatives à l'action qui s'exerce effectivement sur cette atmosphère que tous les êtres humains sont astreints à se partager.

Toutes ces inquiétudes au sujet de la pollution globale de l'air vont bien au-delà de la protection que peuvent envisager les gouvernements des Etats. Il ne sert à rien qu'une nation utilise son énergie à maintenir en place les calottes glaciaires si aucun gouverne¬ment ne s'associe à cet effort. Il ne sert à rien que les pays économiquement développés proposent d'utiliser moins d'énergie au moment même où les nations en voie de développement considèrent l'utilisation accrue de l'énergie comme leur seul recours contre la misère. L'interdépendance planétaire de l'atmosphère et du climat est telle que les décisions à l'échelle locale sont totalement insuffisantes. (Nous n'avons qu'une terre, Éditions j'ai Lu, Paris, 1972 , p.361-368)

Nous n’avons qu’une Terre (au

« Ce qui nous a toujours manqué, c’est une plus grande motivation à l’unité. Mais les temps ont changé. C’est seulement à l’heure actuelle que les astronomes, les physiciens, les géologues, les chimistes, les biologistes, les ethnologues et les archéologues ont réuni leur connaissance en un seul témoignage pour nous dire que nous appartenons tous à un seul système, manifestant une unité essentielle malgré toutes ses variations, et que sa survie dépend de l’équilibre et de la santé de tout l’ensemble. Aujourd’hui nous pouvons peut-être espérer survivre tout en conservant notre précieuse diversité, à condition de susciter une loyauté fondamentale à l’égard de notre planète la Terre, cette planète unique, si belle et si vulnérable.

Seule dans l’espace, seule (ndlr : à notre connaissance actuelle) à disposer de systèmes propres à entretenir la vie, animée d’énergies invraisemblables qu’elle nous transmet par des processus d’adaptation d’une incroyable complexité, capricieuse, imprévisible, mais nourricière, vivifiante et enrichissante au plus haut point – la Terre (ndlr : la Biosphère) n’est-elle pas pour tous ses habitants le plus précieux des domiciles ? Ne mérite-t-elle pas notre amour ? »

Il y a ceux qui soutiennent que la seule manière de régler le problème de l’assainissement de l’environnement est de ralentir le progrès économique. La racine du mal est le rejet d’effluents de plus en plus nombreux par des usines destinées à produire une quantité de marchandises essentiellement superflues, qui sont connues en général pour se démoder rapidement et qui souvent se substituent à de bonnes vieilles méthodes sûres et peu polluantes : les détergents remplacent le savon ou les fibres synthétiques le coton. Si notre poursuite des biens de consommation était moins passionnée, notre obsession des nouveautés et des gadgets moins grande, et notre usage de l’énergie plus modérée, nos problèmes d’environnement seraient peu à peu simplifiés du simple fait de réfréner notre tendance à dépenser de plus en plus et à polluer encore davantage.
A l’opposé, il y a ceux qui soutiennent que le système économique est fondée sur l’innovation, sur l’espoir qu’un gain substantiel viendra récompenser le succès. Si l’on supprime ce désir de réaliser des gains véritablement productifs, il n’y aurait plus d’enrichissement, donc plus de moyens de reconstruire les villes, d’assainir l’air et l’eau, et de fournir au citoyen moyen des biens de consommation dont il ne semble nullement dégoûté. Allons-nous rester enfermés dans ce cercle vicieux : accroître encore le développement économique pour se procurer les ressources destinées à réparer le gâchis qui résulte précisément dudit développement ; et, ce faisant, créer un gâchis supplémentaire qu’il faudra réparer à son tour ? Alors il est clair qu’un désastre écologique nous menace.

Dans ces conditions, nous allons peut-être nous trouver acculés à des solutions sans nuance : pas d’expansion économique ou tout pour l’expansion économique, un taux de croissance de la population réduit à zéro ou une croissance familiale sans aucunes contraintes, pas d’économie de marché ou pas de planification. Si nous prenons modèle, à l’occasion de ce débat, sur les systèmes écologiques, nous nous rendrons compte qu’on peut parvenir à un équilibre non par une seule solution, mais par la combinaison d’une grande variété de solutions partielles qui ne donneront pas de réponses définitives ; la Biosphère est trop dynamique pour qu’on puisse y établir rien de définitif.»

Achat de terres selon les données de L'IIED en 2012


Toutes les sources confirment que les achats se font rapidement à une grande échelle.

Tous les continents sont touchés

Les pays du Golfe, la Chine, l'Inde compte parmi les acheteurs mais les États-Unis et l'Europe également.

Les acheteurs sont tantôt des entreprises tantôt des nations, mais il est difficile de faire le partage"

Les meilleures terres sont visées

Si le tendance est claire, les données ne sont pas parfaitement sûres, elles varient selon que les sources sont les médias ou les inventaires des pays. Une étude a montré, pour ce qui est de l'Afrique, que 40% des terres achetées l'ont été par des compagnies européennes et 13 % par des compagnies américaines. Présente en Afrique, la Chine s'intéresse surtout aux terres de l'Asie du Sud Est, les achats de l'Inde sont concentrés en Éthiopie, ceux des pays du Golfe au Soudan. En Afrique seulement de 51 millions à 63 millions d'hectares ont été achetés entre 2008 et 2010, soit l'équivalent de la superficie de l'Ukraine, qui est de 603, 700 km2

Estimés pour quelques pays


Pour fins de comparaison, la superficie de la Suisse est de 81 290 km2, celle de la France 552,000 km2

Soudan : entre 3,965,000 et 4, 899, 000 hectares, soit 39 650 et 48 990 km2

Éthiopie : entre 3,619,509 et3,524,000 , soit 36, 195 et 35 240

Mozambique : entre 2,670,000 et 10, 305,000 soit 26,700 et 103,050 km2

Mali : entre 871, 257 et2,417,000 soit 8,712 et 24, 170 km2

Cambodge : entre 958,000 et 943,000, soit 9,580 et 9,430 km2

Si l'on tenait compte des terres achetées en vue de l'exploitation du sous-sol, les chiffres seraient encore plus grands. Il est urgent, conclut l'auteur du rapport de l'IIED de s'assurer : 1) que les règles internationales du jeu sont à jour, 2) que les acheteurs les respectent. Quoique qu'il en soit le risque ques les populations locales soient les grandes perdantes est manifeste.

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