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    Dossier: Voyage

    Voyage de Magellan

    Antoine Pigafetta
    nous: nous en fîmes autant, ainsi que tous ceux qui nous suivaient. Le roi me prit alors par la main, et un des principaux en fit de même à mon camarade, et nous nous rendîmes ainsi sous une espèce de hangar fait de roseaux, où était un balangai qui avait environ cinquante pieds de long, et qui ressemblait à une galère. Nous nous assîmes sur la poupe, et tâchâmes de nous faire entendre par des gestes, parce que nous n'avions point d'interprète avec nous. Ceux de la suite du roi l'entouraient, se tenant debout, armés de lances et de boucliers.

    On nous servit alors un plat de chair de porc, avec une grande cruche pleine de vin. A chaque bouchée de viande nous buvions une écuellée de vin, et lorsqu'on ne vidait pas entièrement l'écuelle (ce qui n'arrivait guère) on versait le reste dans une autre cruche. L'écuelle du roi était toujours couverte; et personne n'osait y toucher que lui et moi. Toutes les fois que le roi voulait boire, il levait avant de prendre l'écuelle les mains au ciel, les tournait ensuite vers nous, et au moment qu'il la prenait avec la main droite, il étendait vers moi la gauche le poing fermé; de manière que la première fois qu'il fit cette cérémonie, je crus qu'il allait me donner un coup de poing; et il restait dans cette attitude pendant tout le temps qu'il buvait; m'étant aperçu que tous les autres l'imitaient en cela, j'en fis autant avec lui. Ce fut ainsi que nous fîmes notre repas, et je ne pus me dispenser de manger de la viande quoique ce fût un vendredi saint.

    Avant que l'heure de souper n’arrivât, je présentai au roi plusieurs choses que j'avais sur moi pour cet effet; et lui demandai en même temps les noms de plusieurs objets dans leur langue: ils furent surpris de me les voir écrire.

    Le souper vint: on porta deux grands plats de porcelaine, dont l'un contenait du riz, et l'autre du porc cuit dans son bouillon. On suivit en soupant les mêmes cérémonies qu'au goûter. Nous passâmes delà au palais du roi, qui avait la forme d'une meule de foin 1. Il était couvert de feuilles de bananier et se trouvait soutenu assez loin de terre par quatre grosses poutres, pour que nous eussions besoin d'une échelle pour y monter.

    Quand nous y fûmes, le roi nous fit asseoir sur des nattes de roseaux avec les jambes croisées, comme les tailleurs sur leur table. Une demi-heure après on apporta un plat de poisson rôti, coupé par morceaux, du gingembre qu'on venait de cueillir, et du vin. Le fils aîné du roi étant survenu, il le fit asseoir à notre côté. On servit alors deux autres plats, un de poisson cuit dans son bouillon, et l'autre de riz, pour en manger avec le prince héréditaire. Mon compagnon de voyage but sans mesure et s'enivra.

    Leurs chandelles sont faites d'une espèce de gomme d'arbre 2 qu'ils appellent anime, qu'on enveloppe dans des feuilles de palmier ou de figuier.

    Le roi, après nous avoir fait signe qu'il voulait se coucher, s'en alla, et nous laissa avec son fils, avec qui nous dormîmes sur une natte de roseaux, ayant la tête appuyée sur des oreillers faits de feuilles d'arbre.

    Le lendemain le roi vint me voir dans la matinée, et m'ayant pris par la main, me conduisit dans l'endroit où nous avions soupé la veille, pour y déjeuner ensemble; mais comme notre chaloupe était venue nous chercher, je fis mes excuses au roi, et partis avec mon compagnon. Le roi était de très bonne humeur; il nous baisa les mains, et nous lui baisâmes les siennes.

    Son frère, qui était roi d'une autre île 3, vint avec nous accompagné de trois hommes. Le capitaine général le retint à dîner et lui fit présent de plusieurs bagatelles.

    Le roi qui nous accompagna nous dit qu'on trouvait dans son île des morceaux d'or gros comme des noix, et même comme des œufs, mêlés avec de la terre, qu'on passait au crible pour les trouver, et que tous ses vases, et même quelques ornements de sa maison, étaient de ce métal 4. Il était vêtu fort proprement selon l'usage du pays, et c'était le plus bel homme que j'aie vu parmi ces peuples. Ses cheveux noirs lui tombaient sur les épaules: un voile de soie lui couvrait la tête, et il portait aux oreilles deux anneaux d'or. De la ceinture jusqu'aux genoux il était couvert d'un drap de coton brodé en soie: il portait au côté une espèce de dague, ou d'épée, qui avait un manche d'or fort long: le fourreau était de bois très bien travaillé. Sur chacune de ses dents on voyait trois taches d'or 5; de manière qu'on aurait dit qu'il avait toutes ses dents liées avec ce métal. Il était parfumé de storax et de benjoin. Sa peau était peinte, mais le fond en était olivâtre.

    Il fait son séjour ordinaire dans une île où sont les pays de Butuan et de Calagan 6; mais quand les deux rois veulent conférer ensemble, ils se rendent dans l'île de Massana, où nous étions actuellement. Le premier s'appelle raja (roi) Colambu, et l'autre raja Siagu.

    Le jour de Pâques, qui était le dernier du mois de mars, le capitaine général envoya le matin de bonne heure à terre l'aumônier avec quelques matelots pour y faire les préparatifs nécessaires pour dire la messe; et en même temps il dépêcha l'interprète vers le roi pour lui dire que nous nous rendrions dans l'île, non pour dîner avec lui, mais pour remplir une cérémonie de notre culte; le roi approuva tout, et nous envoya deux porcs tués.

    Nous descendîmes à terre au nombre de cinquante, n'ayant pas notre entière armure; mais étant cependant armés et habillés le plus proprement possible, au moment que nos chaloupes touchèrent au rivage, on tira six coups de bombarde en signe de paix. Nous sautâmes à terre, où les deux rois, qui étaient venus à notre rencontre, embrassèrent le capitaine, et le mirent au milieu d'eux. Nous allâmes ainsi, en marchant en ordre, jusqu'à l'endroit où l'on devait dire la messe, qui n’était pas fort éloigné du rivage.

    Avant qu'on commençât la messe, le capitaine jeta de l'eau musquée sur les deux rois. Au temps de l'oblation, ils allèrent, comme nous, baiser la croix; mais ils ne firent point l'offrande. A l'élévation, ils adorèrent l'eucharistie avec les mains jointes, imitant toujours ce que nous faisions. Dans ce moment, les vaisseaux ayant reçu le signal, firent une décharge générale de l'artillerie. Après la messe quelques-uns d'entre nous communièrent, et ensuite le capitaine fit exécuter une danse avec des épées, ce qui fit beaucoup de plaisir aux deux rois.

    Après cela il fit apporter une grande croix garnie des clous et de la couronne d'épines, devant laquelle nous nous prosternâmes, et les insulaires nous imitèrent encore en cela. Alors le capitaine fit dire aux rois, par l'interprète, que cette croix était l'étendard qui lui avait été confié par son empereur, pour la planter partout où il aborderait; et que par conséquent il voulait l'élever dans cette île, à laquelle ce signe serait d'ailleurs favorable; parce que tous les vaisseaux européens qui dorénavant viendraient la visiter connaîtraient en le voyant que nous y avions été reçus comme amis, et ne feraient aucune violence ni à leurs personnes ni à leurs propriétés; et que, dans le cas même où quelqu'un d'entre eux serait pris, il n'aurait qu'à montrer la croix pour qu'on lui rendit sur-le-champ la liberté. Il ajouta qu'il fallait placer cette croix sur la sommité la plus élevée des environs, afin que chacun put la voir; et que chaque matin il fallait l'adorer. Il ajouta qu'en suivant ce conseil, ni la foudre ni l'orage ne leur feraient désormais aucun mal. Les rois, qui ne doutaient nullement de tout ce que le capitaine venait de leur dire, le remercièrent, et le firent assurer, par l'interprète, qu'ils étaient parfaitement satisfaits, et que ce serait avec plaisir qu'ils exécuteraient ce qu'il venait de leur proposer.

    Il leur fit demander quelle était leur religion? s'ils étaient Maures ou Gentils 7? Ils répondirent qu'ils n'adoraient aucun objet terrestre; mais, levant les mains jointes et les yeux au ciel, ils firent entendre qu'ils adoraient un Être Suprême, qu'ils appelaient Abba; ce qui fit un grand plaisir à notre capitaine. Alors le raja Colambu, levant les mains vers le ciel, lui dit qu'il aurait bien désiré de lui donner quelques preuves de son amitié. L'interprète lui ayant demandé pourquoi il y avait si peu de vivres? Il répondit que cela venait de ce qu'il ne faisait pas sa résidence dans cette île, où il ne venait que pour la chasse, ou pour y avoir des entretiens avec son frère; et que sa résidence ordinaire était dans une autre île, où demeurait aussi sa famille.

    Le capitaine dit au roi que s'il avait des ennemis, il se joindrait volontiers à lui avec ses vaisseaux et ses guerriers pour les combattre. Le roi lui fit répondre qu'il était véritablement en guerre avec les habitants de deux îles; mais que ce n'était pas alors le temps propre de les attaquer, et il le remercia. On résolut d'aller l'après-midi planter la croix sur le sommet d'une montagne, et la fête finit par le feu de nos mousquetaires, qui s'étaient formés en bataillons; après quoi le roi et le capitaine général s'embrassèrent, et nous retournâmes sur nos vaisseaux.

    Dans l'après-dîner nous descendîmes tous à terre en simple gilet, et accompagnés des deux rois nous montâmes sur le sommet de la montagne la plus élevée des environs, et y plantâmes la croix. Pendant ce temps le capitaine fit connaître les avantages qui devaient en résulter pour les insulaires. Nous adorâmes tous la croix, et les rois en firent autant. En descendant nous traversâmes des champs cultivés, et nous nous rendîmes à l'endroit où était le balangai, dans lequel les rois firent apporter des rafraîchissements.

    Le capitaine général avait déjà demandé quel était dans les environs le port le plus propre pour ravitailler ses vaisseaux, et pour y trafiquer avec ses marchandises? On lui dit qu'il y en avait trois; savoir, Ceylon, Zubu et Calagan 8; mais que Zubu était le meilleur; et comme il était décidé de s'y rendre, on lui offrit des pilotes pour le conduire. La cérémonie de l'adoration de la croix étant finie, le capitaine fixa au lendemain notre départ, et offrit aux rois de leur laisser un otage pour répondre des pilotes jusqu'à ce qu'il les eût renvoyés. Les rois y consentirent.

    Le matin, lorsque nous étions sur le point de lever l'ancre, le roi Colambu nous fit dire qu'il viendrait volontiers nous servir lui-même de pilote; mais qu'il était obligé de différer encore de quelques jours pour faire la récolte du riz et d'autres produits de la terre: il priait en même temps le capitaine de vouloir bien lui envoyer des gens de son équipage pour l'aider à achever plus vite ce travail. Le capitaine lui envoya effectivement quelques hommes; mais les rois avaient tant mangé et tant bu le jour précédent, que soit que leur santé en eut été altérée, soit par suite d'ivresse, ils ne purent donner aucun ordre, et nos gens se trouvèrent par conséquent à rien faire. Pendant les deux jours suivants ils travaillèrent beaucoup, et on acheva la besogne.

    Nous passâmes sept jours dans cette île, pendant lesquels nous eûmes occasion d'observer leurs usages et coutumes. Ils ont le corps peint, et vont tout nus, en couvrant seulement les parties naturelles d’un morceau de toile. Les femmes portent un jupon d'écorce d'arbre qui leur descend de la ceinture en bas. Leurs cheveux sont noirs et leur tombent quelquefois jusque sur les pieds. Leurs oreilles sont trouées et ornées de bagues et de pendants d'or. Ils sont grands buveurs, et mâchent toujours un fruit appelé areca 9, qui ressemble à une poire: ils le coupent par quartiers et l'enveloppent dans des feuilles du même arbre, appelé betre 10, qui ressemblent à celles du mûrier, et ils y mêlent un peu de chaux. Après qu'ils l'ont bien mâché ils le crachent, et leur bouche devient toute rouge. Il n'y a aucun de ces insulaires qui ne mâche le fruit du betre, lequel, à ce qu'on prétend, leur rafraîchit le cœur; on assure même qu'ils mourraient s'ils voulaient s'en abstenir. Les animaux de cette île sont les chiens, les chats, les cochons, les chèvres et les poules; et on y trouve pour végétaux comestibles le riz, le millet, le panis, le maïs, les noix de coco, l'orange, le citron, la banane, et le gingembre. Il y a aussi de la cire.

    L'or y est en abondance, ainsi que le prouveront deux faits dont j'ai été témoin. Un homme nous apporta une jatte de riz et des figues, et demanda en échange un couteau. Le capitaine, au lieu du couteau, lui offrit quelques pièces de monnaie, et entre autres, une double pistole d'or; mais il les refusa, et préféra le couteau. Un autre offrit un gros lingot d'or massif pour avoir six fils de grains de verroterie; mais le capitaine défendit expressément de faire cet échange, de peur que cela ne donnât à comprendre à ces insulaires que nous apprécions plus l'or que le verre et nos autres marchandises.

    L'île de Massana est par le 9° 40' de latitude nord, et à 162° de longitude occidentale de la ligne de démarcation. Elle est à vingt-cinq lieues de l'île de Humunu 11.

    Delà, dirigeant au sud-est, nous partîmes, et passâmes au milieu de cinq îles qu'on appelle Ceylon, Bohol,Canigan, Baybay et Gatigan 12.

    Dans cette dernière, nous vîmes des chauves-souris aussi grosses que des aigles. Nous en tuâmes une que nous mangeâmes, et à laquelle nous trouvâmes un goût de poulet 13. Il y a aussi des pigeons, des tourterelles, des perroquets, et d'autres oiseaux noirs et gros comme une poule, qui font des œufs aussi gros que ceux de canard et qui sont fort bons à manger. On nous dit que la femelle pond ses neufs dans le sable, et que la chaleur du soleil suffit pour les faire éclore. De Massana à Gatigan il y a vingt lieues.

    Nous partîmes de Gatigan en mettant le cap à l'ouest; et comme le roi de Massana, qui voulut être notre pilote, ne pouvait pas nous suivre avec sa pirogue, nous l'attendîmes près de trois îles appelées Polo, Ticobon et Pozon 14. Lorsqu'il nous eut rejoint, nous le fîmes monter avec quelques-uns de sa suite sur notre vaisseau; ce qui lui fit grand plaisir, et nous nous rendîmes à l'île de Zubu 15. De Gatigan à Zubu il y a quinze lieues.

    Le dimanche, 7 avril, nous entrâmes dans le port de Zubu. Nous passâmes près de plusieurs villages, où nous vîmes des maisons construites sur les arbres. Quand nous fûmes près de la ville 16, le capitaine fit arborer tous les pavillons et amener toutes les voiles, et l'on fit une décharge générale de l'artillerie; ce qui causa une grande alarme parmi les insulaires.

    Le capitaine envoya alors un de ses élèves avec l'interprète comme ambassadeur au roi de Zubu. En arrivant à la ville, ils trouvèrent le roi environné d'un peuple immense alarmé du bruit des bombardes. L'interprète commença par rassurer le roi, en lui disant que c'était notre usage, et que ce bruit n'était qu'un salut en signe de paix et d'amitié pour honorer en même temps le roi et l'île. Ce propos rassura tout le monde.

    Le roi fit demander par son ministre à l'interprète ce qui pouvait nous attirer dans son île, et ce que nous voulions? L'interprète répondit que son maître, qui commandait l'escadre, était capitaine au service du plus grand roi de la terre; et que le but de son voyage était de se rendre à Malacco; mais que le roi de Massana, où il avait touché, lui ayant fait de grands éloges de sa personne, il était venu pour avoir le plaisir de lui rendre visite, et en même temps pour prendre des rafraîchissements en donnant en échange de nos marchandises.

    Le roi lui fit dire qu'il était le bienvenu; mais qu'il l'avertissait en même temps que tous les vaisseaux qui entraient dans son port pour y trafiquer, devaient commencer par lui payer un droit: en preuve de quoi il ajouta qu'il n'y avait pas quatre jours que ce droit avait été payé par une jonque 17 de Ciam 18, qui y était venu prendre des esclaves et de l'or; il appela ensuite un marchand Maure qui venait aussi de Ciam, pour le même objet, afin qu'il témoignât la vérité de ce qu'il venait d'avancer.

    L'interprète répondit que son maître, étant le capitaine d'un si grand roi, ne payerait de droit à aucun roi de la terre: que si le roi de Zubu voulait la paix, il avait apporté la paix; mais que s'il voulait la guerre, il lui ferait la guerre. Le marchand de Ciam, s'approchant alors du roi, lui dit en son langage: cata raja chita; c'est-à-dire, seigneur, prenez bien garde à cela. Ces gens-là (ils nous croyait Portugais) sont ceux qui ont conquis Calicut, Malacca, et toutes les Grandes-Indes. L'interprète, qui avait compris ce que le marchand venait de dire, ajouta que son roi était encore beaucoup plus puissant, tant par ses armées que par ses escadres, que le roi de Portugal, dont le Ciamois avait voulu parler: que c'était le roi d'Espagne et l'empereur de tout le monde chrétien; et que s'il eut préféré l'avoir plutôt pour ennemi que pour ami, il aurait envoyé un nombre assez considérable d'hommes et de vaisseaux pour détruire son île entière. Le Maure confirma au roi ce que venait de dire l'interprète. Le roi se trouvant alors embarrassé, dit qu'il se concerterait avec les siens, et donnerait le lendemain sa réponse. En attendant il fit apporter au député du capitaine général et à l'interprète un déjeuner de plusieurs mets, tous composés de viande, dans des vases de porcelaine.

    Après le déjeuner nos députés revinrent à bord, et nous firent le rapport de tout ce qui leur était arrivé. Le roi de Massana, qui, après celui de Zubu, était le plus puissant roi de ces îles, se rendit à terre pour annoncer au roi les bonnes dispositions de notre capitaine général à son égard.

    Le jour suivant, l'écrivain de notre vaisseau et l'interprète allèrent à Zubu. Le roi vint au-devant d'eux accompagné de ses chefs, et après avoir fait asseoir nos deux députés devant lui, il leur dit, que, convaincu par ce qu'il venait d'entendre, non seulement il ne prétendait aucun droit, mais que, si on l'exigeait, il était prêt à se rendre lui-même tributaire de l'empereur. On lui répondit alors qu'on ne demandait d'autre droit que le privilège d'avoir le commerce exclusif de son île. Le roi y consentit, et les chargea d'assurer notre capitaine, que s'il voulait être véritablement son ami, il n'avait qu'à se tirer un peu de sang du bras droit et le lui envoyer, et qu'il en ferait autant de son côté; ce qui serait de part et d'autre le signe d'une amitié loyale et solide. L'interprète l'assura que tout cela se ferait comme il le désirait. Le roi ajouta alors que tous les capitaines ses amis qui venaient dans son port lui faisaient des présents, et qu'ils en recevaient d'autres en retour; qu'il laissait au capitaine le choix de donner le premier ces présents ou de les recevoir. L'interprète répondit que puisqu'il paraissait mettre tant d'importance à cet usage, il n'avait qu'à commencer; ce que le roi consentit à faire.

    Le mardi au matin, le roi de Massana vint à bord de notre vaisseau avec le marchand Maure, et après avoir salué le capitaine de la part du roi de Zubu, il lui dit qu'il était chargé de le prévenir que le roi était occupé à rassembler tous les vivres qu'il pouvait trouver pour lui en faire présent, et que dans l'après-midi il lui enverrait son neveu avec quelques-uns de ses ministres pour établir la paix. Le capitaine les remercia, et il leur fit en même temps voir un homme armé de pied en cap, en leur disant que dans le cas qu'il fallut combattre, nous nous armerions tous de la même manière. Le Maure fut saisi de peur en voyant un homme armé de cette manière; mais le capitaine le tranquillisa en l'assurant que nos armes étaient aussi avantageuses à nos amis que fatales à nos adversaires; que nous étions en état de dissiper tous les ennemis de notre roi et de notre foi avec autant de facilité que nous en avions à nous essuyer la sueur du front avec un mouchoir. Le capitaine prit ce ton fier et menaçant pour que le Maure allât en rendre compte au roi.

    Effectivement après dîner nous vîmes venir à notre bord le neveu 19 du roi et qui était son héritier, avec le roi de Massana, le Maure, le gouverneur ou ministre et le prévôt major avec huit chefs de l'île, pour contracter une alliance de paix avec nous. Le capitaine les reçut avec beaucoup de dignité: il s'assit dans un fauteuil de velours rouge, donnant des chaises de la même étoffe au roi de Massana et au prince: les chefs furent s'asseoir sur des chaises de cuir, et les autres sur des nattes.

    Le capitaine fit demander par l'interprète si c'était leur coutume de faire les traités en public, et si le prince et le roi de Massana avaient les pouvoirs nécessaires pour conclure un traité d'alliance avec lui? On répondit qu'ils y étaient autorisés, et qu'on pouvait en parler en public. Le capitaine leur fit sentir alors tous les avantages de cette alliance, pria Dieu de la confirmer dans le ciel, et ajouta plusieurs autres choses qui leur inspirèrent de l'amour et du respect pour notre religion.

    Il demanda si le roi avait des enfants mâles? On lui répondit qu'il n'avait que des filles, dont l'aînée était la femme de son neveu, qui était alors son ambassadeur, et qui, à cause de ce mariage, était regardé comme prince héréditaire. En parlant de la succession parmi eux, on nous apprit que quand les pères ont un certain âge on n'a plus de considération pour eux, et que le commandement passe alors aux fils. Ce discours scandalisa le capitaine, qui condamna cet usage, attendu que Dieu, qui a créé le ciel et la terre, disait-il, à expressément donné aux enfants d'honorer leurs père et mère, et menaçait de châtier du feu éternel ceux qui transgressent ce commandement; et pour leur faire mieux sentir la force de ce précepte divin, il leur dit que nous étions tous également sujets aux mêmes lois divines, parce que nous sommes tous également descendus d'Adam et d'Eve. Il ajouta d'autres passages de l'histoire sacrée, qui firent grand plaisir à ces insulaires, et excitèrent en eux le désir d'être instruits des principes de notre religion; de manière qu'ils prièrent le capitaine de leur laisser, à son départ, un ou deux hommes capables de les enseigner, et qui ne manqueraient pas d'être bien honorés parmi eux. Mais le capitaine leur fit entendre que la chose la plus essentielle pour eux était de se faire baptiser, ce qui pouvait se faire avant son départ; qu'il ne pouvait maintenant laisser parmi eux aucune personne de son équipage; mais qu'il reviendrait un jour leur conduire plusieurs prêtres et moines pour les instruire sur tout ce qui regarde notre sainte religion. Ils témoignèrent leur satisfaction à ces discours, et ajoutèrent qu'ils seraient bien contents de recevoir le baptême; mais qu'ils voulaient auparavant consulter leur roi à ce sujet. Le capitaine leur dit alors qu'ils eussent soin de ne pas se faire baptiser par la seule crainte que nous pouvions leur inspirer, ou par l'espoir d'en tirer des avantages temporels; parce que son intention n'était pas d'inquiéter personne parmi eux pour avoir préféré de conserver la foi de ses pères; il ne dissimula pas cependant que ceux qui se feraient chrétiens seraient les plus aimés et les mieux traités. Tous s'écrièrent alors que ce n'était ni par crainte ni par complaisance pour nous qu'ils allaient embrasser notre religion, mais par un mouvement de leur propre volonté.

    Le capitaine leur promit alors de leur laisser des armes et une armure complète, d'après l'ordre qu'il en avait reçu de son souverain; mais il les avertit en même temps, qu'il fallait baptiser aussi leurs femmes, sans quoi ils devaient se séparer d'elles et ne point les connaître, s'ils ne voulaient pas tomber en péché. Ayant su qu'ils prétendaient avoir des fréquentes apparitions du diable qui leur faisait grande peur, il les assura que s'ils se faisaient chrétiens, le diable n'oserait plus se montrer à eux qu'au moment de la mort 20. Ces insulaires, émus et persuadés de tout ce qu'ils venaient d'entendre, répondirent qu'ils avaient pleine confiance en lui; sur quoi le capitaine, pleurant d'attendrissement, les embrassa tous.

    Il prit alors entre ses mains la main du prince et celle du roi de Massana, et dit que par la foi qu'il avait en Dieu, par la fidélité qu'il devait à l'empereur son seigneur, et par l'habit même 21 qu'il portait, il établissait et promettait une paix perpétuelle entre le roi d'Espagne et le roi de Zubu. Les deux ambassadeurs firent la même promesse.

    Après cette cérémonie on servit à déjeuner; ensuite les Indiens présentèrent au capitaine de la part du roi de Zubu des grands paniers pleins de riz, des cochons, des chèvres et des poules, en faisant leurs excuses de ce que le présent qu'ils offraient n’était pas plus digne d'un si grand personnage.

    De son côté, le capitaine général donna au prince un drap blanc de toile très fine, un bonnet rouge, quelques fils de verroterie, et une tasse de verre dorée, le verre étant très recherché par ces peuples. Il ne fit aucun présent au roi de Massana, parce qu'il venait de lui donner une veste de Cambaie 22 et quelques autres choses. Il fit aussi des présents à toutes les personnes qui accompagnaient les ambassadeurs.

    Après que les insulaires furent partis, le capitaine m'envoya à terre avec un autre porter les présents destinés au roi, lesquels consistaient en une veste de soie jaune et violette faite à la turque, un bonnet rouge et quelques fils de grains de cristal, le tout dans un plat d'argent, avec deux tasses de verre dorées que nous portions à la main.

    En arrivant dans la ville, nous trouvâmes le roi dans son palais, accompagné d'un grand cortège. Il était assis par terre sur une natte de palmier. Son corps était tout nu, n'ayant qu'une pièce de toile de coton qui lui couvrait les parties naturelles, un voile brodé à l'aiguille autour de la tête, un collier de grand prix au cou, et aux oreilles deux grands cercles d'or entourés de pierres précieuses. Il était petit, replet et peint de différentes manières par le moyen du feu 23. Il mangeait à terre sur une autre natte, des œufs de tortue contenus dans deux vases de porcelaine, ayant devant lui quatre cruches pleines de vin de palmier couvertes d'herbes odoriférantes. Dans chacune de ces cruches il y avait un tuyau de roseau, par le moyen duquel il buvait 24.

    Après que nous eûmes rendu notre salut au roi, l'interprète lui dit que le capitaine son maître le faisait remercier du présent qu'il venait de lui faire, et lui envoyait en retour quelques objets, non comme une récompense, mais comme une marque de l'amitié sincère qu'il venait de contracter avec lui. Après ce préambule nous lui endossâmes la veste, lui mîmes sur la tête le bonnet, et lui présentâmes les autres dons que nous avions pour lui. Avant de lui offrir les tasses de verre je les baisai et les élevai au-dessus de ma tête. Le roi en fit de même en les recevant. Ensuite il nous fit manger de ses œufs et boire de son vin avec les tuyaux dont il se servait. Pendant que nous mangions, ceux qui étaient venus sur le vaisseau lui rapportèrent tout ce que le capitaine avait dit touchant la paix, et de quelle manière il les avait exhortés à embrasser le christianisme.

    Le roi voulut aussi nous donner à souper; mais nous nous excusâmes et prîmes congé de lui. Le prince son gendre nous conduisit dans sa propre maison, où nous trouvâmes quatre filles qui faisaient de la musique à leur manière: une battait un tambour pareil aux nôtres, mais posé par terre 25; l'autre avait auprès d'elle deux timbales et dans chaque main une espèce de cheville ou petite massue dont l'extrémité était garnie de toile de palmier, dont elle frappait tantôt sur l'une et tantôt sur l'autre; la troisième battait de la même manière une grande timbale; la quatrième tenait à la main deux petites cymbales, qu'elle frappait alternativement l'une contre l'autre, et qui rendaient un son fort doux. Elles se tenaient toutes si bien en mesure qu'on devait leur supposer une grande intelligence de la musique. Ces timbales, qui sont de métal ou de bronze, se fabriquent dans le pays du Sign’Magno 26, et leur tiennent lieu de cloches; on les appelle agon. Ces insulaires jouent aussi d'une espèce de violon, dont les cordes sont de cuivre.

    Ces filles étaient fort jolies, et presque aussi blanches que nos Européennes; et quoiqu'elles fussent déjà adultes, elles n'en étaient pas moins nues; quelques-unes avaient cependant un morceau de toile d'écorce d'arbre qui leur descendait depuis la ceinture jusqu'aux genoux, mais les autres étaient dans une parfaite nudité; le trou de leurs oreilles était fort grand, et se trouvait garni d'un cercle de bois pour l'élargir davantage et lui donner de la rondeur 27. Elles avaient les cheveux longs et noirs, et se ceignaient la tête d'un petit voile. Elles ne portent jamais de souliers ni aucune autre chaussure. Nous goûtâmes chez le prince, et retournâmes ensuite à nos vaisseaux.

    Un de nos gens étant mort pendant la nuit, je retournai le mercredi matin chez le roi avec l'interprète, pour lui demander la permission de l'enterrer, et de nous indiquer un lieu pour cela. Le roi, que nous trouvâmes environné d'un nombreux cortège, nous répondit que, puisque le capitaine pouvait disposer de lui et de tous ses sujets, à plus forte raison il pouvait disposer de sa terre. J'ajoutai que pour enterrer le mort nous devions consacrer l'endroit de la sépulture, et y planter une croix. Le roi, non seulement y donna son consentement, mais ajouta qu'il adorerait, comme nous, la croix.

    On consacra le mieux qu'il fut possible la place même de la ville destinée à servir de cimetière aux chrétiens, selon les rites de l'église, afin d'inspirer aux Indiens une bonne opinion de nous, et y enterrâmes ensuite le mort. Le même soir nous en enterrâmes un autre.

    Ayant débarqué ce jour-là beaucoup de nos marchandises, nous les mîmes dans une maison que le roi prit sous sa protection ainsi que quatre hommes que le capitaine y laissa pour trafiquer en gros. Ce peuple, qui est ami de la justice, a des poids et des mesures. Ses balances sont faites d'un bâton de bois soutenu au milieu par une corde. D'un côté est le bassin de la balance attaché à un bout du bâton par trois petites cordes: de l'autre il y a un poids en plomb équivalant au poids du bassin. Du même côté on attache des poids qui représentent des livres, des demi livres, des tiers, etc., et on met sur le bassin les marchandises qu'on veut peser. Ils ont aussi leurs mesures de longueur et de capacité.

    Ces insulaires sont adonnés au plaisir et à l'oisiveté. Nous avons déjà dit la manière dont les filles battent des timbales: elles jouent aussi d'une espèce de musette qui ressemble beaucoup à la nôtre, et qu'ils appellent subin.

    Leurs maisons sont faites de poutres, de planches et de roseaux, et il y a des chambres comme chez nous. Elles sont bâties sur pilotis; de manière qu'au-dessous il y a un vide, qui sert d'étable et de poulailler, pour les cochons, les chèvres et les poules.

    On nous dit qu'il y a dans ces mers des oiseaux noirs semblables à des corbeaux, qui, lorsque la baleine paraît à la surface de l'eau, attendent qu'elle ouvre la gueule pour se jeter dedans, et vont directement lui arracher le cœur, qu'ils emportent ailleurs pour s'en nourrir. La seule preuve qu'ils nous donnaient de ce fait, était qu'on voit l'oiseau noir mangeant le cœur de la baleine, et qu'on trouve la baleine morte sans cœur. Ils ajoutaient que cet oiseau s'appelle lagan; qu'il a le bec dentelé, la peau noire; mais que sa chair est blanche et bonne à manger 28.

    Le vendredi nous ouvrîmes notre magasin et exposâmes toutes nos marchandises, que les insulaires admiraient avec étonnement. Pour le bronze, le fer, et autres grosses marchandises, ils nous donnaient de l'or. Nos bijoux et autres petits objets se troquaient contre du riz, des cochons, des chèvres et autres comestibles. On nous donnait dix pièces d'or, chacune de la valeur d'un ducat et demi, pour quatorze livres de fer. Le capitaine général défendit de montrer trop d'empressement pour l'or; sans cet ordre chaque matelot aurait vendu tout ce qu'il possédait pour se procurer ce métal, ce qui aurait ruiné pour toujours notre commerce.

    Le roi ayant promis à notre capitaine d'embrasser la religion chrétienne, on avait fixé pour cette cérémonie le dimanche 14 avril. On dressa pour cet effet dans la place que nous avions déjà consacrée un échafaud garni de tapisseries et de branches de palmier. Nous fûmes à terre au nombre de quarante, outre deux hommes armés de pied en cap qui précédaient la bannière royale. Au moment que nous mîmes pied à terre les vaisseaux firent une dé


    Notes

    1. Par la carte III enluminée qui représente l’île de Zubu, copiée sur notre manuscrit, on peut se faire une idée de ces maisons soutenues sur des poutres, qui ont beaucoup de ressemblance avec les maisons et les chalets de nos Alpes.
    2. C'est plutôt de la résine.
    3. Nous verrons dans la suite que les rois dont il est question ici possédaient deux pays sur la côte orientale de l'île de Mindanao, dont l'un s'appelait Butuan, et l'autre Calagan. Le premier a conservé le même nom, et le second s'appelle Caragua. Le roi de Butuan était aussi roi de Massana, ou Mazzana, qui est probablement la Limassava de Bellin.
    4. Sonnerat (tome II, p. 117) parle aussi de Mindanzo comme d'une île qui abonde en or. Par cette raison on a cru que les Philippines étaient les îles de Salomon.
    5. Fabre et Ramusio disent qu'à chaque doigt il avait trois bagues d'or; mais notre manuscrit porte clairement: in ogni dente haveva tre machie d'oro, che parevano fosseno legati con oro. La chose paraîtra moins étrange quand on saura qu'à Macassar, île peu éloignée des Philippines, quelques-uns se font arracher les dents pour y substituer des dents d'or. (Hist. générale des voyages, tome XV, p. 97)
    6. C'est-à-dire, Mindanao.
    7. Voyez la seconde note de la page 70.
    8. Ceylon est l’îte de Leyte, que Pigafetta a coupé en deux, donnant à la partie septentrionale le nom de Baybay, qui est le nom d'un port. Calagan est Caragua, dans l'île de Mindanao, et Zubu est l'île de Sebu, dont il sera beaucoup parlé.
    9. L'usage de mâcher l'arec (areca cathecu, Linn.) enveloppé dans les feuilles de bétel, subsiste toujours.
    10. C'est le bétel.
    11. Limassava est véritablement dans la latitude indiquée par l'auteur; mais il y a une grande erreur dans la longitude.
    12. Bohol a toujours le même nom. Candigan et Gatigan, se trouvent dans les anciennes cartes, et particulièrement dans la carte XVIII d'Urbain Monti. Bellin a placé ici des îles sans nom.
    13. Vespertilio vampyrus, Linn.
    14. Polo et Pozon, îles qu'on voit aussi dans les cartes de Monti et de Ramusio: mais trop éloignées l'une de l'autre.
    15. Dans la planche III enluminée ci-jointe on voit les îles de Zubu et de Mattam copiée exactement sur notre manuscrit.
    16. La ville dessinée sur la carte III enluminée, qui a le même nom que l'île.
    17. Jonque, gros navire dont il donne ailleurs la description.
    18. Siam.
    19. L'héritier présomptif du royaume.
    20. Candish et Noort (Histoire générale des voyages, tome XV, p. 222) parlent de la crainte que les habitants des Philippines ont de l'apparition du diable.
    21. Probablement c’était la soubreveste de l'ordre de Saint-Jacques dont il était commandeur.
    22. Cambaie est une des villes les plus commerçantes de l'Inde, particulièrement pour les toiles.
    23. Aujourd'hui les Sauvages ne se servent plus du feu pour se tatouer; mais ils se font des incisions dans lesquelles ils versent des liqueurs colorantes, ou bien ils y appliquent des sucs caustiques.
    24. L'usage de boire par le moyen d'un roseau a été observé aussi par Noort chez ces peuples.
    25. Même aujourd'hui dans les îles de la mer du Sud les tambours et les cymbales sont les principaux instruments de musique des habitants.
    26. Le Sinus Magnus de Ptolomée, qui est le golfe de la chine.
    27. Cook (second Voyage, tome II, p.194) a expliqué la manière dont, au moyen de cercles élastiques de feuilles de roseau, on dilate les trous faits au bout des oreilles.
    28. C'est un des contes que Pigafetta a entendu faire, et qu’il rapporte de bonne foi. Cependant on a observé que plusieurs oiseaux vivent de baleines mortes, et jetées sur le rivage. Un corbeau qui est entré dans la gueule ouverte d'une baleine morte, peut avoir donné lieu à ce conte.
    Date de création : 2012-04-01 | Date de modification : 2012-04-01
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