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    Dossier: Thérapie

    Thérapeutiques naturelles: réalité ou imposture?

    Jean-Pierre Muyard
    De quel droit utilisons-nous le terme «naturel» associé à la médecine ou à une thérapeutique? Est-ce seulement l'exploitation publicitaire d'une mode «écologique» qui préconise un «retour à la nature» ou la préparation du «Nouvel Âge»?
    Si le terme de «médecine naturelle» ne doit pas être une imposture scientifique ni une bonne image de marque, naïve, il est nécessaire d'examiner les fondements qui justifient que des médecins, des biologistes, des pharmaciens, des chiropraticiens, des physiothérapeutes, des infirmières redécouvrent à travers l'homéopathie, l'acupuncture, la phytothérapie, des lois de la nature, négligées, quelquefois méprisées par la Science officielle.

    La Science officielle appliquée à la Médecine découle des lois «naturelles» aussi, mais selon une méthode analytique (réductionniste) qui découpe le corps humain en morceaux. Au XIXe siècle, le corps a été découpé en organes par de grands anatomistes (Bichat, Broussais, Pinel, etc.) qui disséquaient des cadavres pour découvrir les lésions post mortem des malades décédés. Ce fut la première démarche scientifique de la médecine dont les conséquences actuelles résident dans l'organisation de la pratique clinique en spécialités (cardiologie, gastro-entérologie, neurologie, etc.). Si vous souffrez de l'intestin, vous êtes conduit chez un gastro. Si vous avez un fibrome de l'utérus, vous allez chez un gynécologue. Cette première étape de la médecine moderne a été bien décrite par Michel Foucault dans son ouvrage: Naissance de la Clinique.

    Puis la découverte du microscope a amené les médecins à rechercher les causes des maladies dans l'infiniment petit. Mais Pasteur, chimiste (donc non médecin) met plusieurs décennies à faire admettre que les microbes et les bactéries existent. On oublie que le grand découvreur des microbes (qui sont considérés par les microbiologistes comme les ennemis de notre vie quotidienne aujourd'hui) a été condamné plusieurs fois par l'Académie de Médecine et n'a été soutenu par Claude Bernard qu'après la victoire, c'est-à-dire le succès de la vaccination contre la rage.

    Donc, grâce à un paria de la médecine, la biologie naissante intègre une réalité de plus: les microbes. Puis ce seront les virus plus tard. Des êtres vivants, invisibles à l'oeil nu, peuvent-ils nous faire mourir? Quelle épreuve pour l'orgueil de l'homme confronté à sa fragilité, sa vie étant menacée par des organismes minuscules et invisibles! Il est alors facile de comprendre comment la logique de la recherche des causes a justifié la mise au point de microscopes de plus en plus performants pour rechercher l'ennemi caché dans le sang, dans les cellules, et dans les structures moléculaires... et maintenant dans les gènes.

    Le but de la médecine est de débusquer cet ennemi et de le tuer pour sauver le fragile être humain injustement attaqué! Arrivent ainsi dans le décor les sulfamides, les antibiotiques (Fleming), produits naturels puisque la pénicilline est en fait le produit d'un champignon (il y a de la pénicilline dans les fermentations de certains fromages bleus). Les prescriptions d'antibiotiques ont comme but de tuer les microbes.

    Dans un premier temps, on tue les microbes et on sauve de nombreuses vies humaines affectées par des maladies graves (méningite, tuberculose, septicémie, syphilis, etc.). Ces succès spectaculaires ont développé la même énergie de guerre à l'encontre des virus et en particulier, du cancer. Le Président Nixon ne voulait-il pas convertir l'argent investi dans la guerre du Vietnam dans une nouvelle guerre plus noble, celle contre le cancer? Cette croisade n'a pas vraiment abouti et le cancer est toujours la cause dominante de mortalité dans les pays occidentaux. Non seulement l'arme absolue n'est pas trouvée, qui permettrait de traiter la cause du cancer, mais on est confronté à une nouvelle maladie, le sida, qui comme par hasard, relève d'un déficit du système immunitaire.

    Ne voit-on pas dans l'usage abusif des armes biologiques, un retour de flamme des systèmes vivants qui dans leur carence naturelle ne répondent pas à une logique de guerre? Les microbes résistent maintenant aux antibiotiques, les virus, étant des morceaux d'ADN, ne semblent pas dérangés par les produits antiviraux. Ne devons-nous pas revoir complètement le problème et retrouver les lois de la nature dont une des manifestations dans l'espèce humaine a été le principe d'homéostasie (état d'équilibre du milieu intérieur découvert par Claude Bernard) et d'autorégulation: c'est-à-dire qu'un organisme vivant est capable de se défendre si on lui donne les moyens de réagir correctement à une agression quelconque.

    Cela nous oblige à considérer l'être dans sa globalité et à comprendre pourquoi il est malade et non seulement comment il est malade. La maladie est aussi une production naturelle: elle signifie qu'une personne n'est plus capable de s'auto-réguler. La plupart des maladies chroniques sont la conséquence de perturbations neurovégétatives, métaboliques, psychosomatiques, immunologiques, toxicologiques (dans lesquelles il faut mettre maintenant la pollution atmosphérique et alimentaire). Les troubles considérés comme non significatifs par la médecine scientifique qui ne connaît que les maladies et non les malades, sont les premiers signes de déséquilibre. Le malentendu entre la médecine scientifique et la médecine holistique est complet, alors que les deux démarches sont complémentaires.

    La première (la médecine scientifique) ne peut intervenir que lorsque le sujet est malade et a dépassé son stade d'auto-régulation, donc il faut décapiter les symptômes qui pourraient être dangereux sans avoir toujours le moyen d'évaluer le risque de dangerosité. Ce qui aboutit souvent à soigner tous les enfants atteints d'otite par des antibiotiques pour éviter les risques de mastoïdite ou de méningite (dont l'incidence statistique est marginale). De nombreuses études hospitalières recommandent d'ailleurs la non-intervention antibiothérapique. Dans les deux ou trois premiers jours après le début de l'otite, si les signes généraux ne sont pas dramatiques et que le système de défense de l'enfant efficace, la fièvre et la transpiration sont utiles pour rétablir l'équilibre des colonies microbiennes qui se sont développées; la perte de l'appétit permet à l'enfant de faire une petite diète qui peut être nécessaire. Si ces signes de réaction active de l'organisme sont vécus dans un climat de peur des complications et, derrière toujours, la peur de la mort, on va créer un climat où la maladie n'est plus naturelle; c'est alors le grand Méchant Mal (le grand méchant loup) qui veut dévorer mon enfant! Le manichéisme est ainsi entretenu et par conséquent le comportement magique qui cherche le secours de la toute puissance du sorcier-médecin qui terrasse le mal par un moyen radical, violent et terriblement efficace.

    Mais pourtant, Pasteur avant de mourir laissait un testament étrange pour quelqu'un qui a découvert la réalité microbienne: le microbe n'est rien, le terrain est tout. Le terrain? c'est cela qu'explore l'autre médecine, la médecine holistique. En l960, quand je faisais mes études de médecine à Lyon, mon professeur de physiologie disait: le terrain, qu'est-ce que c'est, je ne l'ai jamais vu!!! C'est un fantasme. Quand le professeur Jean Dausset a découvert la structure des HLA (Human Leucocytes Antigens) permettant de caractériser les corrélations existant entre la typologie génétique et les globules blancs et certaines maladies (sclérose en plaques, diabète, polyarthrite rhumatoïde), la biologie moderne a dû admettre que les notions approximatives et intuitives de terrain utilisées par les homéopathes au début du XIXe siècle n'étaient pas illusoires.

    L'évaluation de ces notions de terrain s'est faite par l'extérieur. Elle est fondée sur une vision globale de l'organisme qui postule que les traits extérieurs dominants d'un sujet peuvent être la signature d'un fonctionnement métabolique interne. D'où la notion de constitution et de typologie qui permet de définir des facteurs de risque, car en rapport avec des équations physiologiques spécifiques de la personne. Par exemple, un grand maigre introverti au visage blanc et qui a besoin de marcher pour activer sa respiration n'a pas le même métabolisme que son voisin qui est petit et gros, rouge de figure, en vasodilatation fréquente, accompagnée de transpiration, de congestion, et d'une grande vivacité de parole ou de gestes.

    Les différences caricaturales ont permis à Hippocrate, le père de la Médecine, et à de nombreuses générations de médecins, d'avoir une grille de correspondances entre l'extérieur et l'intérieur et en particulier de pouvoir comprendre, avant que le sujet ne soit malade, quels sont les facteurs de risque.

    L'acupuncture, depuis 3000 ans, utilise la loi de circulation de l'énergie dans le corps humain qui permet de définir cinq bio- psychotypes de sujets que tout médecin moderne qui a la patience de se plonger pendant quelques heures ou quelques semaines dans la lecture de ces textes anciens, peut vérifier chaque jour dans sa pratique. De même, l'école du professeur Martiny (l930-l980) a validé par des études statistiques la modernité des quatre tempéraments d'Hippocrate. Enfin, l'efficacité de l'homéopathie ne réside pas seulement dans l'usage des granules dans lesquels il n'y aurait rien (selon l'interprétation actuelle de la Corporation des Médecins) mais aussi et surtout sur une grille d'évaluation très précise: des signes, des caractéristiques réactionnelles spécifiques à chaque malade et d'une lecture du corps, des émotions et du comportement des patients qui donnent une véritable méthode de compréhension psychosomatique et synthétique du sujet.

    La globalité ou la vue holistique n'est pas seulement un concept abstrait, c'est aussi un véritable outil de lecture du patient dont l'opérationalité se vérifie quand on l'utilise chaque jour.

    Pour que la médecine redevienne vraiment naturelle, il suffirait que les deux voies de connaissance de la nature, la voie analytique (cerveau gauche) et la voie synthétique (cerveau droit), decident de se donner rendez- vous pour étudier ce que l'une peut apporter à l'autre et réciproquement.
    Date de création : 2012-04-01 | Date de modification : 2012-04-01
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