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    Dossier: Thé

    Un maître de thé

    Didier Saada
    «Dans le liquide ambré qui emplit la tasse ivoirine, l'initié peut goûter l'exquise réserve de Confucius, le piquant de Laotsé, et l'arôme éthéré de Cakyamouni lui-même.»
    Le Goût du Thé ou l'initiation d'un maître de Thé...
    «Dans le liquide ambré qui emplit la tasse ivoirine, l'initié peut goûter l'exquise réserve de Confucius, le piquant de Laotsé, et l'arôme éthéré de Cakyamouni lui-même.»

    Okakura Kakuso, Le livre du Thé

    Comment donner le goût du thé? Non pas celui que certaines personnes croient connaître sous forme de sachets ou de thé jeté au fond d'une théière, non! celui du véritable goût dont l'arôme vous accompagne le long de la journée.

    Ce goût unique, perméable, qu'un maître de thé saura vous faire découvrir et partager...

    Ainsi, pour savoir déguster le thé, il faut 5 choses:

    * Du nez, pour sentir les effluves,
    * Un palais, pour goûter les arômes,
    * De la précision, pour la manipulation
    * De la mémoire, pour chaque infusion,
    * et le principal... de l'esprit pour philosopher et savoir pleinement aimer le thé.

    Pour mon premier maître de thé, d'origine japonaise, comme pour nous autres, l'art du thé reste avant tout une philosophie: «le Théisme». Le thé n'est donc pas qu'une boisson: il est l'essence même de la vie, une spiritualité.

    Avant de savoir boire du thé, il faut savoir l'apprécier et pour cela en parler et s'en laisser conter, nous commencerons donc par là...

    Le thé est LA boisson universelle: il s'en consomme environ 15 000 tasses à la seconde. Avec plus de 3 milliards de buveurs, elle ne connaît qu'un concurrent sérieux: l'eau.

    Avant d'en arriver là, l'idée naquit il y a plus de 5 000 ans d'infuser les feuilles de cet arbuste appelé Thea Sinensis, symbole de spiritualité et quintessence du continent asiatique. La naissance du thé est une légende.

    En 2737 avant notre ère, en Chine, alors que L'Empereur Shen Nung, à l'abri d'un arbre, faisait bouillir de l'eau qu'il s'apprêtait à boire, une légère brise agita les branches. Des feuilles tombèrent, se mêlèrent à l'eau qui s'en trouva parfumée. L'Empereur apprécia. L'arbre était un théier sauvage: le thé était né.

    Partant donc de Chine, le thé va imprégner l'esprit des pays voisins. On le retrouve au VIIe siècle au Tibet, puis à la même époque en Corée. La Corée étant située entre la Chine et le Japon, c'est donc au IXe siècle, par le biais d'un moine bouddhiste (de la secte Tendai) que le thé y fait son apparition. Jusqu'à devenir, au XIe siècle, une cérémonie.

    Le thé comme rituel religieux n'est pas né au Japon, mais c'est là qu'il sut trouver son apogée.

    En Chine, chaque école a dû évoluer en développant ses règles spécifiques. Sous la dynastie Tang, il était bouilli avec du riz, des épices, du lait et des oignons sous forme de gâteau.

    Sous la dynastie des Song, il est préparé en décoction; les feuilles sont broyées, l'eau est ajoutée et on bat le mélange en mousse. C'est sous cette forme qu'on le retrouvera au Japon, lors de la cérémonie du thé notamment.
    Sous les Ming, le thé se consomme enfin sous sa forme la plus courante, en infusion dans un récipient.

    Lu Yu développe ainsi au VIIe siècle dans le Ch'a King: la cueillette, la qualité de l'eau, le choix des tasses et de la théière; rituel permettant à la préparation de thé d'apporter à chacun la sérénité de l'âme, l'harmonie universelle et surtout, ce que le poète Lu T'ung a sans nul doute le mieux traduit en écrivant: «Je ne m'intéresse nullement à l'immortalité, mais seulement au goût du thé.» Ce qui pour nous humains est le chemin menant à la libération spirituelle.

    Cette Voie du Thé, Cha Dô pour les Japonais, ne saurait être une simple manipulation que l'on retrouve seulement lors de la cérémonie du thé (Cha no yu); elle doit être de tous les instants de la vie, elle doit se retrouver dans chaque thé infusé. C'est pourquoi ... «Il n'existe pas plus de recette pour faire du thé parfait que de règles pour produire un Sesshu. Mais le thé étant une oeuvre d'art, j'ai besoin de la main d'un maître pour manifester ses plus nobles qualités.»

    Mes maîtres avaient l'habitude d'ajouter qu'il n'existait pas de bon ou de mauvais thé, tout dépendait simplement du maître qui officiait.

    Qu'il soit Blanc (de Chine uniquement) Vert, Jaune, Noir (semi-fermenté ou fermenté), ou Rouge (d'Afrique du Sud), chaque thé a sa manipulation, son odeur, son goût...

    Nul besoin parfois d'être aromatisé de fleurs (Jasmin, Lotus...), de fruits (fruits noirs, agrumes...) ou fumé (pour le Lapsang Souchong de Chine), la terre sait lui donner toutes les senteurs.

    Quant aux feuilles, elles peuvent être brisées, broyées, entières, et même dans ce cas roulées, torsadées, plates, pour les thés verts. Pour certains thés noirs, le grade des feuilles est important car il donne deux indications: le type de cueillette, la taille de la feuille (entières...). À ce propos, dans les grades le mot «orange» n'a rien à voir avec l'agrume, il signifie «royale» du nom de la dynastie hollandaise; quant à «pekoe» il vient du chinois «Pah-ho» qui désigne le «duvet fin» que l'on retrouve sous les feuilles de thé et sur le bourgeon terminal avant sa floraison. Ces grades permettent aux spécialistes de choisir leurs thés noirs selon les cueillettes plus ou moins fines.

    Exception faite du Darjeeling, ayant 4 cueillettes différentes, le thé ne connaît qu'une seule cueillette.

    La feuille des thés verts, des Oolongs (thés semi-fermentés) et de certains thés noirs aux noms évocateurs ne se précise pas.

    Chaque thé a son heure et ses vertus bénéfiques, reconnues depuis l'antiquité: il «soulage la fatigue, délecte l'âme et fortifie la volonté.» Pour garder ses propriétés, seule une infusion dans les règles de l'art du thé s'impose, mon second maître de thé citait souvent un proverbe chinois: «On peut pardonner un meurtre, une incorrection durant le thé jamais!»

    Sans doute cette constante exigence dans l'art du thé, ce cheminement intérieur, ce premier pas commencé à 12 ans, et qui s'est poursuivi durant toutes ces années de recherche, de découverte, de passion a permis la réalisation d'un salon de thé depuis 1995.

    Dans ce lieu voué à l'amour du thé. Mes maîtres m'accompagnent dans chaque infusion (environ 150 variétés) que je prépare pour chacun d'entre nous. Apporter le bien être par l'esprit du thé c'est la mission qu'en tant que maître de thé je me suis fixé alors...

    À vous d'essayer d'atteindre la sérénité par l'esprit du thé, et si ce court exposé n'a pas su vous tenter alors jugez par cette phrase laissée un jour en hommage par un de nos «invités»:

    Thé! Espace de beauté
    Qui remplit l'intérieur
    Qu'on verse en une tasse,
    Liqueur d'esprit, fluide d'espace...

    Jacques Bec
    Date de création : 2012-04-01 | Date de modification : 2012-04-01
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