• Encyclopédies

      • Encyclopédie de l'Agora

        Notre devise: Vers le réel par le virtuel!


      • Encyclopédie sur la mort

        L’encyclopédie sur la mort veut s'intéresser à ce phénomène sous ses multiples aspects et ses diverses modalités.


      • Encyclopédie Homovivens

        Encyclopédie sur les transformations que l'homme opère en lui-même au fur et à mesure qu'il progresse dans la conviction que toute vie se réduit à la mécanique.


      • Encyclopédie sur l'inaptitude

        Tout le monde en conviendra : c'est au sort qu'elle réserve aux plus vulnérables de ses membres que l'on peut juger de la qualité d'une société. Aussi avons-nous voulu profiter ...


      • Encyclopédie sur la Francophonie

        L'Encyclopédie de la Francophonie est l'une des encyclopédies spécialisées qui se développent parallèlement à l'Encyclopédie de l'Agora.

  • Dictionnaires
  • Débats
      • Le Citoyen Québécois

         Après la Commission Gomery, la Commission Charbonneau! À quelles conditions pourrions-nous en sortir plus honnêtes… et plus prospères

      • L'homme, la nature, la techique

        Réflexions inspirées de Bernard Charbonneau et Jacques Ellul, avec la collaboration de l'Association Aquitaine B.Charbonneau J.Ellul, sous la présidence de Sébastien Mor...

  • Sentiers
      • Les sentiers de l'appartenance

        L'appartenance c'est le lien vivant, la rencontre de deux Vies : la nôtre et celle de telle personne, tel  paysage...Quand la vie se retire, le sentiment d'appropriation se substitue au ...

      • Le sentier des fleurs sauvages

        Nous sommes des botanistes amateurs. Notre but est de partager un plaisir orienté vers une science complète où le regard du poète a sa place à côté de celui du botaniste, du généticien, du gastrono...

  • La lettre
    • Édition


    La lettre de L'Agora
    Abonnez-vous gratuitement au bulletin électronique. de L'Agora.
    Si l’Encyclopédie de l’Agora demeure progressiste, c’est dans un nouveau sens du mot progrès, fondé sur la science réparatrice et sur le principe de précaution.
    Média social:
    Facebook:


    Flux RSS:

    Impression du texte

    Dossier: Bach Jean-Sébastien

    Jean-Sébastien Bach

    Léo-Pol Morin
    JEAN-SÉBASTIEN BACH


    Jean-Sébastien Bach est le pivot central d'une dynastie de musiciens qui a alimenté tout le XVIIIe siècle et dont l'influence se fait toujours sentir. Ai-je vraiment besoin de vous dire qu'un génie comme celui de Jean-Sébastien Bach est aussi indispensable à la musique que le sont à la pensée humaine les grands philosophes, à la littérature un Shakespeare ou à l'art un Michel-Ange. On ne peut pas imaginer la musique sans le grand Jean-Sébastien...
    Jean-Sébastien Bach est né en 1685 à Eisenach, en Allemagne, et il est mort en 1750. I1 était fils, petit-fils et même arrière-petit-fils de musiciens. Il perdit ses parents très jeune et fut élevé par son frère Jean-Christophe qui lui enseigna la musique. Tout jeune, il chante comme soprano à l'église de Lunebourg, où il poursuit ses études musicales. Car les maîtrises d'église étaient aussi, en ce temps-là, des écoles de musique. Il voyage en Allemagne et il va même jusqu'à la ville de Zelle, où la musique de la cour était réglée sur celle que Lulli dirigeait à Paris à la cour de Louis XIV. C'est ainsi qu'il commença la carrière musicale, laquelle fut pour lui toujours dure et pénible. En effet, il n'a pas connu la gloire brillante des autres grands musiciens de son temps, comme Lulli ou Rameau en France, Haendel en Angleterre et Scarlatti en Italie. Il n'a jamais vu la France, ni l'Angleterre, ni l'Italie. Quelques triomphes dans quelques cours princières ou grand-ducales sont le seul éclair dans toute cette grisaille que fut la vie de l'un des plus grands musiciens de tous les temps.
    Mais il connut les joies de son art et celles de la famille. Marié deux fois, d'abord avec sa cousine Maria-Barbara Bach, ensuite avec la cantatrice Anna-Magdalena Wulken, il eut vingt ou vingt et un enfants, dont neuf lui survécurent. Enfin, vers les 1723, il fut nommé Cantor de Saint-Thomas de Leipzig, et y resta jusqu'à sa mort. Ainsi que Haëndel, Bach mourut aveugle.
    Quatre de ses fils furent des musiciens célèbres et il est certain que deux au moins d'entre eux ont exercé sur leurs contemporains plus d'influence que leur père. Mozart disait de l'un d'eux: «Ceux d'entre nous qui savent bien faire le doivent à Philippe-Emmanuel Bach... » L'histoire apprécie à sa juste valeur l'importance de Philippe-Emmanuel Bach. On le reconnaît comme l'inventeur de la forme sonate, d'où découle la symphonie, et à quoi Mozart et Haydn ont par la suite donné l'élan et l'éclat définitif.
    Guillaume-Friedman Bach était, lui aussi, génialement doué. Mais ce fils vagabond, de mœurs dissolues, n'a pas donné toute sa mesure. Il a d'ailleurs fait le désespoir de son père, lui de mœurs si simples, si pures, si conventionnelles.
    Jean-Christophe fut également un musicien très connu et apprécié. Mais un autre, Jean-Chrétien, le fut bien davantage encore. Une fois converti au catholicisme, Jean-Chrétien devint organiste du Dôme de Milan, ce qui semble l'avoir mené à la musique profane, et même au style galant.
    Jean-Sébastien Bach est le grand maître de la polyphonie inaugurée au cours des XVe et XVIe siècles. Il en est le couronnement magnifique. Que ce soit dans les admirables Chorals, dans les grandes fugues d'orgue - car Bach était un remarquable virtuose de l'orgue - enfin que ce soit dans le Clavecin bien Tempéré, dans les concertos ou autres musiques dites profanes, son imagination est intarissable et constamment soutenue par une science infaillible.
    Bach était avant tout un compositeur de musique religieuse. Ses services à l'église l'obligeaient à écrire beaucoup, car il fallait en ce temps-là tout écrire. Les organistes ne trouvaient pas la musique toute faite, comme aujourd'hui. Les Messes de Bach, les Chorals, les Motets, les Passions, les Cantates, furent donc écrits par nécessité. Les Cantates, qui sont au nombre de cinq cents, représentent cinq cycles complets d'années liturgiques. Nous en possédons à peu près deux cents... Mais, ainsi que je viens de le dire, Bach a aussi écrit de la musique profane, et même de la musique légère, ce dont témoigne la très amusante Cantate du Café, qui date du temps où le café commençait à faire les délices du monde civilisé.
    Mais tous ces monuments magnifiques, grandioses et inégalables que sont les Messes, les Cantates et les Passions de Bach, comme on les redoute ! Leur beauté, leur solennité effraie. On ose à peine s'en approcher, habitué que l'on est à des musiques plus aimables, plus faciles, disons plus laïques et plus quotidiennes. Pour la plupart des auditeurs de notre province. Bach est un «classique », ce qui veut dire un musicien froid, distant, difficile, scolastique, par conséquent éloigné de la chair et de l'émotion. C'est que nous nous trompons sur le sens qu'il convient de donner au mot classique et de sots préjugés, à moins que ce ne soit simplement de l'ignorance, nous empêchent de sentir l'humanité profonde de cette oeuvre unique. Nous n'en voulons pas sentir la fantaisie, la passion, l'amour, la joie, la bonté et même l'ardeur pré-romantique qu'elle contient si abondamment.
    Et pourtant, il faut étudier cette musique avec attention pour y découvrir des accents d'une bouleversante humanité. Car il n'y a pas que le Bach des Préludes et Fugues, souvent arides, du Clavecin tempéré, qui font le désespoir des jeunes étudiants de la musique dans nos collèges et nos couvents. Il y a le Bach des Suites alertes et divertissantes. Il y a le Bach des cantates vives et gaies, et celui des Concertos, il y a le Bach des beaux Adagios et des Andantes, dont l'émotion est aussi profonde que la beauté. C'est à propos de l'une de ces pages splendides du grand Jean-Sébastien que Debussy écrivait un jour ceci: « La beauté de l'andante du Concerto de violon de Jean-Sébastien Bach est telle que, sincèrement, on ne sait plus où se mettre, ni comment se tenir pour se rendre digne de l'entendre. Elle vous hante longtemps après et l'on s'étonne, en sortant dans les rues, que le ciel ne soit pas plus bleu, et que le Parthénon ne surgisse pas de terre... »
    On remarque que le culte de Bach est loin d'avoir pénétré toutes les couches de la société, et ce musicien ne sera peut-être jamais installé dans le cœur humain comme l'est par exemple Beethoven, ou encore Wagner. Tout le temps qu'il a vécu, on n'a voulu voir en Bach que le grand virtuose de l'orgue, remplissant avec une scrupuleuse honnêteté les multiples obligations de sa charge d'organiste. On n'a prêté aucune attention sérieuse à sa musique, qu'on trouvait lourde et empâtée. Ces belles et grandes oeuvres écrites pour les besoins du service religieux, on n'en a compris la portée humaine et artistique que beaucoup plus tard. De nos jours encore, beaucoup d'entre nous ignorent que ces grandes oeuvres sont des monuments impressionnants de compassion et d'humaine bonté, et qui contiennent toute la puissance tragique et dramatique dont soit capable l'esprit humain.
    C'est à Mendelssohn que revient l'honneur d'avoir fait le premier exécuter à Berlin, en 1829, la Passion selon Saint-Mathieu. Cette oeuvre monumentale fit tout de suite une impression profonde, et c'est alors que commence, soixante-quinze ans après sa mort, la véritable gloire de Bach.
    L’œuvre de Bach est si considérable et si varié que j'ai hésité à choisir celle que je voulais vous faire entendre. Les grandes oeuvres d'orgue sont assez souvent jouées, et aussi certains extraits de la Messe en si et des Passions. On connaît aussi un peu les concertos de violon, mais bien peu les Cantates et les Concertos Brandebourgeois. Les Concertos Brandebourgeois de Bach furent des oeuvres demandées. Bach en reçut la commande du Margrave de Brandebourg, qui voulait avoir de la musique écrite pour lui, et jouée spécialement pour lui. Le Margrave de Brandebourg, grand seigneur, avait un orchestre de chambre chez lui et il pouvait s'offrir le luxe de musiques composées pour lui seul. Bach lui envoya donc six concertos.
    Date de création : 2012-04-01 | Date de modification : 2012-04-01
    Loading

    Contribuez au rayonnement des oeuvres de l'Agora/Homo vivens en devenant membre ou en faisant un don.