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    Dossier: Arts martiaux

    Quelques mots à propos des arts martiaux

    Jacques Atlan
    Article paru dans le numéro 1 des Cahiers de médiologie consacré au thème «La querelle du spectacle».
    Une défense et illustration des rites, des cérémonies et du spectacle ne peut esquiver le phénomène vaste et complexe des Arts martiaux. Une partie de la violence humaine y trouve un exutoire selon ce que l'on pourrait appeler une échelle de sublimation progressive.
    Par exemple, avec le «Karaté-do» (la Voie de la Force), ce qui ailleurs serait destructivité brutale devient entraînement méthodique pour casser une brique avec le tranchant de la main.
    Lorsqu'un judoka pénètre sur le Dojo (la salle consacrée à l'étude, au travail et aux échanges) puis sur le Tatami (le tapis sur lequel ont lieu l'entraînement et les combats), il se dépouille d'une partie de sa violence. De la Force physique pure, on passe à la Souplesse (le «Ju-do», c'est «la Voie de la Souplesse»). Et le judoka utilise souvent la violence de l'agression de l'autre pour le faire tomber. Avec l'Ai-ki-do (la Voie de l'utilisation du «Ki», c'est-à-dire de l'Energie au sens le plus large du terme), comme avec le Tai Ji Quan (gymnastique que les chinois effectuent dans les parcs et les jardins), l'expression de la combativité humaine parvient comme à une sorte de «danse».
    Un combat célèbre eut lieu un jour entre Morihei Ueshiba, 57 kilos, créateur de l'Aikido, et un karate-ka de 80 kilos. Ce dernier se refusait à croire qu'une énergie «plus fine» pourrait venir à bout de sa force physique bien entraînée.
    - «Quoi que vous prétendiez», dit-il à Maître Ueshiba, «si avec mes 80 kilos, je vous envoie un coup de poing, vous serez projeté à six mètres».
    - «Il n'en sera rien», dit le fondateur de l'Aikido.
    Le défi ayant été lancé, un combat public fut organisé. Après le cérémonial d'usage, le Maître Ueshiba se présenta torse nu devant son adversaire. Celui-ci prit son élan et frappa un grand coup dans la poitrine. À sa grande surprise, ce fut comme s'il avait frappé dans du vide. Sans même avoir vacillé, son adversaire souriait.
    - «Recommencez, je vous prie», dit-il au jeune homme décontenancé.
    Ce dernier prit un nouvel élan et frappa de toutes ses forces. Maître Ueshiba ne bougea pas plus que la première fois, mais par contre le Karate-ka poussa un cri de douleur. Son poignet venait de se briser net. Au premier coup, le maître s'était contenté d'absorber le choc, d'offrir une non-résistance. La seconde fois, au contraire, il avait renvoyé l'énergie même de l'adversaire, qui avait en quelque sorte reçu en retour sa propre force décuplée.
    Par sa ritualisation, par sa mise en spectacles bien codifiés, l'agressivité humaine se socialise, devient acceptable pour la société, puis s'affine (lorsque l'on passe d'une forme d'Art martial à une autre), devenant, à chaque étape, un objet de l'admiration collective.
    L'anecdote précédente montre bien qu'il y a des rivalités entre Arts martiaux différents. Cependant, au sein d'un club de Judo, on voit fort rarement quelqu'un qui est devenu «ceinture noire» casser le poignet ou la jambe de ceux qui sont «ceinture blanche», ou étrangler «pour de bon» ceux qui ne sont que «ceinture jaune». Celui qui a passé «sa» ceinture noire pourrait très facilement lui aussi casser le poignet ou provoquer la mort (par étouffement) d'un néophyte. De même, dans un club de Karaté, on n'entend pas parler d'un maître qui aurait brisé d'un coup sec les vertèbres cervicales de cinq ou six personnes fréquentant le club. Les débutants ne vivent pas en ces lieux dans la terreur de ceux qui sont plus avancés. Au contraire, ceux qui, par exemple, sont «ceinture noire» aident méthodiquement ceux qui n'ont pas encore atteint ce grade à progresser dans cette direction.
    On rencontre ici un point tout à fait décisif : l'existence, dans les clubs d'Arts martiaux, de ce que l'on pourrait appeler des micro-sociétés aux hiérarchies non oppressives. Une micro-société où chacun avance a son rythme, où il existe des différences à la fois «marquées» et bien assumées, où le plus fort ne tyrannise pas ceux qui sont moins avancés (alors qu'il en aurait la possibilité physique), et ne s'efforce pas non plus de tirer d'eux des avantages matériels, n'y aurait-il pas là comme une leçon à méditer?
    Date de création : 2012-04-01 | Date de modification : 2012-04-01
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