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Hélas! le crime paie

Jacques Dufresne

La difficulté pour ceux qui sortent de prison est double: ils doivent réintégrer la communauté, mais celle-ci doit aussi être prête à les recevoir.

Les plus grands pauvres de la société sont ceux qui se sont enrichis de façon criminelle et qui ont tout perdu lorsqu'ils ont été emprisonnés : les vendeurs de drogues. Aux jours fastes, ils gagnaient 2 000$ ou davantage par semaine. Comment les empêcher de retomber dans la filière, comment les amener à se contenter d'un faible revenu lorsque, leur peine terminée, ils se réintègrent à la société? « Une seule façon, répond le sociologue Alain Roy, leur présenter un autre code de valeurs, les faire sortir de la société de consommation. La richesse que leur apportait leur acte criminel, ils l'ont payée durement par l'emprisonnement, la perte de la liberté. Ils tiennent à la liberté retrouvée. Il faut leur montrer que cette liberté est d'abord quelque chose d'intérieur, et que les biens de consommation qu'ils accumulaient les entraînaient dans le cercle vicieux qui les a conduits en prison. Ils vendaient leurs drogues pour pouvoir consommer des choses dont ils avaient à peine le temps de jouir. Les vraies valeurs, les vrais biens, ils doivent les découvrir : les relations avec les autres, les liens amoureux ou amicaux, la liberté de circuler, les loisirs au grand air. Des mois ou des années de réclusion ou de réflexion peuvent les conduire à faire plus facilement qu'on croit ce changement de valeurs... Je connais d'anciens toxicomanes qui vivent de rien dans la nature et qui n'échangeraient plus cette vie pour celle qu'ils ont connue antérieurement ».

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