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    • Édition

    L'Encyclopédie sur la mort


    Souvenir des morts

    Jean-Hugues Déchaux

    Dans Le souvenir des morts. Essai sur le lien de filiation, Paris, PUF, « Le Lien social », 1997, Jean-Hugues Déchaux apporte une distinction très éclairante, au sujet du souvenir des défunts, entre la commémoration et la remémoration. Nous essayerons de le suivre dans sa démarche en nous inspirant de sa pensée et en ayant recours à son écriture.
    La commémoration

    La commémoration des défunts est spécifiquement « une célébration ritualisée de la mémoire des défunts » (o.c., p. 16), une mise en scène « d'une mémoire assez clairement circonscrite et un groupe ou un individu la célébrant » (p. 141). « Collective et volontaire », elle consiste « en une séquence stéréotypée d'actes et figurant à une date fixe du calendrier », elle « s'inscrit dans un temps social ». Elle « suppose une démarche volontaire qui n'est d'ailleurs pas forcément vécue comme un choix personnel » (p. 16-17).

    Jean-Hugues Déchaux considère la fête des morts comme l'exemple par excellence de la commémoration :

    « Il existe dans le calendrier une fête consacrée aux défunts, célébrée par les familles : il s'agit de la Toussaint ou plutôt du jour des morts (dit aussi jour des trépassés). Bien que la liturgie catholique distingue nettement Toussaint, la célébration joyeuse de tous les saints et élus le 1er novembre, des rites funéraires de la fête des morts le lendemain, la pratique déborde depuis longtemps la liturgie et conduit la plupart des gens à confondre l'une et l'autre. Le langage courant utilise l'expression de "fête des morts"* » (p. 16)

    La remémoration

    La remémoration est « une réalité plus informelle ». Elle est « la mémoire familiale dans sa composante "organique", pour reprendre le terme de Pascal Ory (Une nation pour mémoire, Paris, Presses de Sciences-Po, 1992). Quittant le domaine des pratiques de mémoire instituées, nous pénétrons dans celui, plus évanescent, des formes d'évocation du souvenir » (p. 17).

    Jean-Hugues Déchaux tente « d'identifier les formes diverses que recouvre la remémoration en relevant ce que produit le "travail" mnémonique » (p. 141). Il aborde le travail de mémoire sous trois aspects :


    la configuration morphologique des mémoires : « d'un côté, les défunts sont "ancestralisés" et concourent à maintenir un sentiment d'appartenance à un groupe de parenté; de l'autre, le lien avec les morts apparaît comme la poursuite post-mortem d'une relation entamée du vivant de la personne » (p. 141-142).

    les supports à partir desquels le souvenir est susceptible de se déployer : la « mémoire constituée », codifiée et léguée par la famille, et la « mémoire intime », celle que l'égo se reconnaît subjectivement (ibid.).

    l'impact des conflits, ruptures et tabous sur la remémoration :

    « L'existence de cadres familiaux de la mémoire ne laisse pas l'individu sans initiative. Ce dernier participe activement à sa recomposition, soit qu'il s'agisse de se défaire d'une mémoire constituée dans laquelle il ne se reconnaît pas, soit qu'il s'agisse de combler un manque ».

    L'auteur distingue deux stratégies de recomposition :

    le "déplacement" « cherche à satisfaire le désir de mémoire en investissant un objet substitut qui peut être ou non strictement familial » ;

    la "segmentisation" « pose égo en point d'origine d'une filiation nouvelle ».

    L'auteur conclut : « à l'égard des morts, la conscience personnelle a ses propres exigences qui ne coïncident pas forcément avec celles que traduit la démarche commémorative du groupe familial. En outre, l'analyse de la remémoration montre à partir des cas de mémoires endommagées par le conflit ou le silence combien le désir individuel de mémoire est fort (p. 142) ».
    Date de création:-1-11-30 | Date de modification:-1-11-30

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