Titre de l'article
Associer cet article à un dossier ou un autre article

  • Corps de l'article
    Images
    Afficher les images et les légendes et crédits

    Source

    Fichiers

    Choisissez les fichiers à joindre à cet article. Ils sont affichés automatiquement à la fin de l'article
    Documents connexes
  • Auteur/e/s
    Mots-clés
  • Présentation
  • Extrait
  • Pour ajouter une vidéo à cet article, copier simplement l'adresse de partage de la vidéo. Sur Youtube, l'adresse ressemblera à ceci: https://youtu.be/ID=6QZz7OnTI, sur Vimeo: https://vimeo.com/1234567. Le code d'intégration sera automatiquement complété. Vous pouvez également inscrire directement le code d'intégration avec des paramètres personnalisés.
  • Sommaire
    Générer un sommaire à partir du contenu

    Balise à utiliser pour générer le sommaire (h1,h2,h3,h4 ou h5)

  • Balises standard
    Titre
    Mots-clés (catégories)
    Description
    Langue
    Sujet
    Auteur-e-s
    Logiciel
    Revisiter après (jours)
    Expiration (en jours)
    Pragma
    Données mises en cache
    Balises Open Graph (Facebook)
    Titre
    Type
    URL
    Image
    Locale
    Nom du site
    Description
    ID Page Facebook
    Courriel
    Balises Twitter
    Type de carte (valeurs possibles: App,Player,Summary, Summary With Large Image)
    Titre du tweet
    @Nom d'utilisateur
    Description / contenu du tweet
  • Éditer le contenu en mode HTML (sans éditeur visuel). Enregistrer la page pour activer les changements.
    Rôles particuliers de cet article (optionnel)
    Article principal de série   Article principal de sentier  
    Date de publication

    Version de l'article - nombre de modifications
    Pour classement alphabétique (ex. "Miron, Gaston ; Misérables (les)...)
    Titre avec marquage HTML (ex. "Titre avec une expression en <em>italique</em>")
    Le groupe auquel cet article appartient
    Type de contenu (requis)
    Utiliser ce modèle de page plutôt que le modèle défini dans la page d'affichage




;


Maladie

La maladie: écart mesurable par rapport à une moyenne, la température du corps, par exemple, ou état subjectif vécu comme un changement qualitatif? On pourrait dire de ces deux aspects qu'ils sont le corps et l'âme de la maladie. Si dans des cas exceptionnels la maladie peut sembler exclusivement subjective et dans d'autres exclusivement objective, en général elle oscille entre ces deux pôles et la sagesse consiste à accorder à chacun sa juste importance. Suite à la découverte de l'ADN et quelques décennies plus tard à la cartographie du génome, le balancier s'est rapproché du pôle organique objectif, à un point tel que l'on a pu croire que la maladie s'expliquait par une causalité linéaire entre un ou plusieurs gènes et telle ou telle lésion accompagnée de tel ou tel symptôme. Or, une fois la cartographie du génome achevée, il a fallu conclure que c'est la complexité qui régnait là où l'on avait cru voir une causalité linéaire, et que c'est dans une dialectique gène-environnement qu'il faut chercher l'explication de la maladie. Par environnement, il faut entendre ici l'environnement social et l'environnement symbolique autant que l'environnement physique.

Essentiel

Lorsque nous sommes malades, nous avons souvent le sentiment diffus d'expier une inconduite ou d'être l'objet d'un mauvais sort, d'une vengeance: de la société, de la nature ou de Dieu. Chez certaines personnes, ce sentiment de culpabilité ou de persécution prend une forme aiguë, nouvelle souffrance qui s'ajoute à celle dont elles sont déjà est déjà atteint.

Dans les sociétés archaïques, une telle affliction allait de soi. À Babylone par exemple, où la médecine et la religion ne faisaient qu'un, le mal physique était en effet indissociable du mal moral, la maladie apparaissait comme un châtiment pour les péchés commis ou comme une vengeance inexplicable des dieux.

Sur ce plan, l'être humain n'a peut-être pas changé autant qu'il semble au cours de son histoire.

C'est dans la Grèce classique que, pour la première fois dans l'histoire de l'humanité, la maladie a été dissociée du mal moral, la souffrance de la vengeance des dieux. On lui attribue enfin des causes naturelles.

En Grèce même, les malheureuses victimes de la maladie sacrée, l'épilepsie, étaient souvent réduites aux supplications du Juste souffrant. Or, voici la position d'Hippocrate sur l'épilepsie: «Certaines personnes croient qu'il s'agit d'une intervention divine. C'est faux. Il s'agit d'une maladie naturelle dont on ne comprend pas encore la cause.»

Le Juste souffrant

De ce Babylonien, dont les malheurs rappellent ceux de Job, l'histoire n'a même pas retenu le nom. C'est pourquoi on l'appelle le Juste souffrant. Il avait mené une vie exemplaire... Il a néanmoins été frappé par la maladie: il ne nous reste de lui que ces quelques phrases «Je suis malade, j'ai été mis au rang de celui qui, dans sa folie, oublia son Seigneur, de celui qui profane le nom de son Dieu. Et pourtant, je n'ai pensé qu'à prier et supplier. La prière a été ma règle, le sacrifice ma loi.»

Les sentiments qui accompagnent en nous la maladie ne font-ils pas de nous des frères du Juste souffrant?


* * *


136. Les âmes des morts de la guerre sont plus pures que celles des morts de maladie.

Fragment d'Héraclite

Essentiel

Lorsque nous sommes malades, nous avons souvent le sentiment diffus d'expier une inconduite ou d'être l'objet d'un mauvais sort, d'une vengeance: de la société, de la nature ou de Dieu. Chez certaines personnes, ce sentiment de culpabilité ou de persécution prend une forme aiguë, nouvelle souffrance qui s'ajoute à celle dont elles sont déjà est déjà atteint.

Dans les sociétés archaïques, une telle affliction allait de soi. À Babylone par exemple, où la médecine et la religion ne faisaient qu'un, le mal physique était en effet indissociable du mal moral, la maladie apparaissait comme un châtiment pour les péchés commis ou comme une vengeance inexplicable des dieux.

Sur ce plan, l'être humain n'a peut-être pas changé autant qu'il semble au cours de son histoire.

C'est dans la Grèce classique que, pour la première fois dans l'histoire de l'humanité, la maladie a été dissociée du mal moral, la souffrance de la vengeance des dieux. On lui attribue enfin des causes naturelles.

En Grèce même, les malheureuses victimes de la maladie sacrée, l'épilepsie, étaient souvent réduites aux supplications du Juste souffrant. Or, voici la position d'Hippocrate sur l'épilepsie: «Certaines personnes croient qu'il s'agit d'une intervention divine. C'est faux. Il s'agit d'une maladie naturelle dont on ne comprend pas encore la cause.»

Le Juste souffrant

De ce Babylonien, dont les malheurs rappellent ceux de Job, l'histoire n'a même pas retenu le nom. C'est pourquoi on l'appelle le Juste souffrant. Il avait mené une vie exemplaire... Il a néanmoins été frappé par la maladie: il ne nous reste de lui que ces quelques phrases «Je suis malade, j'ai été mis au rang de celui qui, dans sa folie, oublia son Seigneur, de celui qui profane le nom de son Dieu. Et pourtant, je n'ai pensé qu'à prier et supplier. La prière a été ma règle, le sacrifice ma loi.»

Les sentiments qui accompagnent en nous la maladie ne font-ils pas de nous des frères du Juste souffrant?


* * *


136. Les âmes des morts de la guerre sont plus pures que celles des morts de maladie.

Fragment d'Héraclite

Articles


Le Juste souffrant

Jacques Dufresne

Malades de la médecine

Henri F. Ellenberger

Fausse guérison

Marc-Aurèle
Mieux vaut une blessure qui tarde à se cicatriser qu'une blessure cicatrisée mais mal guérie.

Dossiers connexes




Articles récents