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    Dossier: Histoire du Québec

    La face cachée de Wikipedia

    Jacques Dufresne

    Mon article paru dans Le Devoir du mardi 26 janvier, sous le titre Wikipédia et l’enseignement de l’histoire au Québec, a suscité un débat intéressant parmi les lecteurs ayant accès au forum en ligne. Est-il préférable que les historiens québécois utilisent le véhicule gratuit appelé Wikipedia ou qu’ils créent eux-mêmes leur propre site sur l’histoire du Québec? C’est la seconde approche qui est la bonne. Pourquoi? Au cours des 15 dernières années, j’ai écrit plusieurs articles et prononcé quelques conférences sur cette question. Marc Floglia, auteur de Wikipedia, Média de la connaissance démocratique a aussi publié un article de fond sur notre site. Je présente ici une synthèse de tous ces textes sous une série de titres qui mettent en lumière un des enjeux en cause.

    Le Soft Power

    Le Soft Power, cette puissance douce résultant du rayonnement culturel d'une nation, puissance dont la France aurait créé le modèle à la fin du XIXème siècle en fondant l'Alliance française, est aussi, pour les théoriciens américains de la question,  une «arme au sens concret du terme».

    Si l’on en juge par la présentation de la même idée dans un article de Joseph Nye et William Owen  paru dans la revue Foreing Affairs en 1996 (mars/avril), le Soft Power est une propagande doublée d’un rayonnement culturel qui peut désormais être assuré par des moyens techniques incomparablement plus puissants que la radio et le haut parleur dont Hitler fit l'usage que l'on sait.

    C’est en 1990 que paraît le premier livre de sur la question. L’année précédente, le mur de Berlin était tombé, les Américains venaient de gagner la guerre froide. Ils étaient les maîtres du monde sur les plans politique, économique et militaire. Il leur restait à renforcer leur position sur le plan culturel.

    Au même moment, le réseau Internet s’ébauchait. Les Américains ne tirent pas leur force de la planification, mais du fait que les moyens techniques et financiers permettant d’atteindre un objectif politique apparaissent dans le secteur privé au moment précis où sont précisés les objectifs politiques qui leur correspondent.

    «En vérité, écrivent Nye et Owens, c'est le XXIe siècle qui apparaîtra un jour comme ayant été, au plus haut point, celui de la suprématie américaine [...] La beauté de l'information comme source de puissance, c'est qu'en plus d'accroître l'efficacité des armes au sens le plus concret du terme, elle démocratise les sociétés de façon inéluctable.»

    Mais quelle est donc cette démocratie résultant inéluctablement d’un certain usage de la puissance technique? Nye et Owens fournissent eux-mêmes la réponse: «On a désormais la preuve que les changements technologiques et économiques sont des forces de fragmentation induisant la formation de marchés libres plutôt que des forces répressives renforçant le pouvoir central.» La démocratie, c'est le libre marché!
    J’ai pris la liberté de traduire pluralizing forces par «forces de fragmentation».

    Le reste de l'énoncé incite le lecteur à confondre un état-nation centralisé comme la France avec les dictatures, par définition centralisées, comme le furent l'Allemagne nazie et la Russie soviétique. Bien entendu, la conception grecque de la cité, qui repose elle-même sur l'idée que l'homme est un animal naturellement social, est évacuée ici au profit de l'idée selon laquelle une société est et doit être une collection d'individus ayant des droits protégés par un état dont le rôle se limite à cette protection.

    À noter que c’est la technique elle-même, en l’occurrence l’ordinateur et internet, qui est présentée comme une force de fragmentation. A quoi s’ajouteront des contenus allant dans le même sens. Il se trouve que ces contenus corresponde aux princices de Wikipedia : libéralisme, relativisme rationalisme, anarchisme. Source

    Jim Wales, discipline de Ayn Rand

    Il se trouve aussi que le profil personnel de l'un des deux fondateurs, s’inscrit dans la même logique. Jim Wales se présente lui-même comme objectivist, c’est-à-dire disciple d' Ayn Rand, cette ogresse de la raison froide, de l’individualisme forcené et du capitalisme sauvage. Dans le dossier qui lui est consacré dans Wikipedia, Jim Wales précise qu’il est né à la philosophie en lisant, dans sa jeunesse, le roman le plus connu de Ayn Rand, The Fountainhead.

    La façon dont Wales il a éliminé le second fondateur, Larry Sanger est bien dans l’esprit du capitalisme sauvage d’Ayn Rand. Contrairement à Wales, Sanger n’admettait pas qu’on puisse se passer d’appels à l’autorité dans un projet pareil. Le conflit entre les deux fondateurs a pris une forme très personnelle: Sanger accuse Wales de refaire l'histoire et note qu'on a dès 2004 fait mystérieusement disparaître son implication comme co fondateur de Wikipedia dans les revues de presse de la fondation et qu'on y présente Wales comme le seul fondateur.

    Commentaire du Financial Times: «Cette histoire éclaire de façon délicieuse la contradiction au coeur même de Wikipedia, à savoir que chacun est le plus grand expert au monde sur au moins un sujet: sa propre personne. Comment alors faire crédit à qui que ce soit qui se porte garant de sa propre vérité?»

    La pornographie, mamelle de la grande encyclopédie libre

    On ne peut pas reprocher à Jim Wales de manquer de transparence; il raconte lui-même dans Wikipedia comment il a eu recours à la pornographie pour financer son projet. Voici la version que donne Marc Foglia de ces faits.

    «Au départ, Wikipedia a été soutenue financièrement par Bomis, société co-fondée par Jimmy Wales. La société Bomis propose un annuaire de sites et tire ses revenus de la publicité associée à ces rings (série de sites traitant d'un même sujet, comme le ring "Demi Moore"). Le service Bomis Premium offre un accès payant à des photographies de quatre cent trois top-models - ce que l'on appelle du soft-porn - et le service Bomis Babe Reportpropose diverses informations et bavardages sur les célébrités. Ces informations sont en libre accès sur le site de Wikipedia en anglais à l'article "Bomis" ; on consultera aussi l'article "History of Wikipedia", "l'encyclopédie libre" pratiquant à cet égard une politique de transparence. De même que Rabelais, l'inventeur supposé du mot "encyclopédie", fit allaiter par dix-sept mille neuf cent treize vaches son jeune géant Gargantua, ce furent ici quatre cent trois nymphes court vêtues qui veillèrent sur le berceau de celle qui allait devenir la plus grande Encyclopédie du monde. En juin 2003 fut crée et installée à Tampa, en Floride, la Fondation Wikimedia, une organisation sans but lucratif, à laquelle furent aussitôt transférés les droits de propriété intellectuelle, bien que le contenu des articles soit censé appartenir aux auteurs. Le Conseil d'Administration décida de ne pas faire appel à la publicité et installa un modèle économique alternatif, en faisant seulement appel au bénévolat, aux dons et au mécénat. Wikipedia fit également appel aux dons, qui s'élevèrent à environ 600 000 dollars pour l'année 2005. Les dons sont déductibles des impôts aux Etats-Unis. La Fondation a du mal à boucler son budget, d'où le retour nécessaire des campagnes de fundraising.»Source

    La suppression des intermédiaires ou l’idéal de la voiture sans chauffeur.

    Dans une foule de domaine, des machines informatiques, qu’on les appelle comme on voudra (programmes, sites, systèmes experts) tendent à minimiser le rôle des intermédiaires : journalistes, professeurs, médecins, agents de voyage chauffeurs d’autobus ou de taxi. C’est parce qu’elle se situe dans ce contexte que la voiture sans chauffeur est un symbole si puissant.

    C’est le rôle du professeur qu’érode le tandem Google/Wikipedia. Que dois-je lire? demandait jadis l’élève à ses maîtres, ses parents ou ses amis, dans un contexte où l’État avait déjà partiellement répondu à ces questions en mettant des œuvres au programme des écoles. Quelle qu’en soit la source, la suggestion résultait toujours d’un exercice du jugement, éclairé par des valeurs identifiables, dans un contexte humain chaleureux.

    Désormais notre élève s’adresse d’abord à Google, qui lui propose, en une fraction de seconde, les résultats d’un plébiscite sur le thème de sa recherche. Cet engin de recherche fait en effet le décompte des dossiers qui, sur un thème donné, sont recommandés sur d’autres sites et il place aux premiers rangs des résultats ceux qui reçoivent le plus de votes. Le programme qui accomplit cette opération est complexe et ses règles précises sont tenues secrètes, mais on en connaît les grandes lignes. De toute évidence, les adresses générales (agora.qc.ca pour l’Encyclopédie de l’Agora) à titre d’exemple, sont prises en compte, de même que les adresses particulières désignant un dossier, agora.qc.ca/dossiers/eau. Ainsi, la popularité d’un dossierrejaillit sur chaque section du site et inversement. Si bien qu’en accordant des droits d’édition à tous les internautes qui veulent bien les exercer, un site géant comme Wikipedia confère un avantage à tous ceux qui publient sous sa bannière. Quelle est l’importance relative accordée par Google à l’adresse générale et aux adresses particulières ? Cela fait partie du secret bien gardé.

    Au début de l’Encyclopédie de l’Agora, nous avons bénéficié de cet avantage dont jouissent les bases de données : nous étions nous aussi très souvent sur la première page des résultats, sans toujours l’avoir mérité. Même si nos dossiers étaient vides ou presque ils figuraient en bonne place dans les résultats : il suffisait que l’adresse existe.Source

    Une machine à enseigner le relativisme, Google/Wikipedia le sophiste du village global

    Souvenons-nous de la discussion entre Socrate et Protagoras (Théétète 152). « L’homme, disait Protagoras, est la mesure de toutes choses. » L’homme dont il est question ici ce n’est pas l’homme en général, la nature humaine, c’est vous et moi. Chacun d’entre nous est la mesure de toutes choses selon Protagoras. Le mot vérité n’a aucun sens. Une opinion en vaut une autre et c’est la force, celle du nombre ou celle des armes, qui impose l’une plutôt que l’autre. À cette thèse relativiste Socrate oppose sa conviction que par la raison, le logos, l’homme peut se rapprocher de la vérité universelle. L’Occident donnera raison à Socrate et lui restera fidèle, dans son ensemble, jusqu’au XXe siècle.
    Le tandem Google/Wikipedia joue le rôle de Protagoras à l’échelle mondiale et sur un mode mécanique. La liste des résultats d’une recherche Google est le fruit non d’un exercice personnel du jugement, mais d’un tri mécanique. Il arrive souvent que le premier site choisi soit le meilleur. La majorité a parfois raison. Pour faire un choix de livre, il vaut mieux se fier à la liste des best sellers et aux résultats de Google/Wikipedia qu’au hasard. On a toutefois lieu de croire que la fiabilité des résultats est en déclin, depuis que les dossiers Wikipedia reçoivent un traitement de faveur pour la raison exposée précédemment. Cette substitution du calcul au jugement fait de Google/Wikipedia une machine a enseigner le relativisme, à mettre fin au règne du logos grec. Source

    Les dossiers Wikipedia au sommet la liste des résultats Google


    Une étude récente a démontré que, dans 99% des cas le dossier Wikipedia se trouvait dans la première page des résultats de recherches de Google UK, dont 56% en première position et 24% en deuxième position.

    Quelle merveilleuse coopération en effet. Il s’agit d’une symbiose si forte que si Google se mettait à défavoriser Wikipedia, cette dernière perdrait une grande partie de sa valeur et les collaborateurs bénévoles se feraient de plus en plus rare, conformément à une tendance déjà très forte. Google serait tout aussi perdant si Wikipedia, s’associait à un autre moteur de recherche, celui de Microsoft par exemple
    Même si les partenaires restent loyaux l’un par rapport à l’autre, les internautes se détourneront du tandem s’il devient évident que les résultats sont mauvais.

    Les dossiers de l’Agora sur Simone Weil et Gustave Thibon ont longtemps été au sommet de la liste des résultats. Ils sont aujourd’hui à la énième page. Dans les deux cas, c’est le dossier Wikipedia qui est le premier. Chacun peut faire la comparaison.Source

    L’Agora est encore souvent en bonne position dans les résultats, pour la bonne raison que nous sommes là depuis vingt ans. Mais quelles sont les chances qu'un excellent dossier a d’émerger s’il est publié aujourd’hui? Surtout si l’esprit critique y domine? Sur un médicament comme les statines, fortement contesté, l’information la plus riche et la plus à jour en langue française se trouve peut-être l’alter dictionnaire médico-pharmaceutique du docteur Pierre Biron. Je n’ai pas trouvé d’allusion à cette œuvre dans les résultats Google. Cette fois le dossier Wikepedia est au deuxième rang, c’est le dossier du site doctissimo qui occupe le premier rang. Or selon Mikkel Borc-Jacobsen, auteur de La vérité sur les médicaments1 chacun sait que les rapports ce site et les compagnies pharmaceutiques sont loin d'être transparents. Dans le cas de Wikipedia, la prédation par les mêmes compagnies est la règle. Il existe même des firmes spécialisées. telle Manhattan Research en Europe, qui leur indique comment utiliser Wikipedia à des fins commerciales. «Wikipedia, note Jacobsen offre la possibilité d'une publicité invisible, le rêve de tout publicitaire!» 2 Suit un chapitre complet sur la question, truffé d'exemples de manipulations de l'information. Ce conseil donné par Manhattan Research aux compagnies, en dit long sur le rapport de force entre elles et les bénévoles qui ont pour mission d'assurer la qualité de l'information sur Wikipedia: «Et n'oubliez pas que Wikipedia est constamment  mis à jour. Mettez en place un processus de surveillance permanente de Wikipedia et distribuer les tâches à cet effet pour aider à ce que les efforts soient constnts.»3

    1-Gallimard limitée --Édito, Paris, Montréal, 2014
    2-Op.cit.p.244
    3-Op.cit.p.244

     

    Hétérarchie et hiérarchie

    L’hétérarchie (eteros, autre en grec) c’est le pouvoir que je reconnais à l’autre à condition qu’il demeure mon égal et que nous convenions ensemble de coopérer sans suivre un plan et sans jamais nous soumettre à une autorité ni nous laisser aliéner par un chef. Cette coopération a un autre nom : auto organisation, mot qui jouit d’un grand crédit en biologie aussi bien qu’en physique et dans les sciences de l’homme.

    Dans un contexte universel où le respect de l’autorité et de la tradition prend la forme du fondamentalisme et du sectarisme, cette auto organisation apparaît comme la voie du salut. Ce qui explique sans doute pour une bonne part le succès des entreprises humaines fondées sur l’hétérarchie, dont l’encyclopédie Wikipedia est le parfait exemple.

    Certes, il sera toujours souhaitable que les honnêtes gens essaient de s’entendre entre eux, mais l’histoire a maintes fois démontré que s’ils refusent tout recours à une autorité ou à un principe transcendant, il s’ensuivra une situation où l’opinion majoritaire prévaudra contre toute valeur. C’est en descendant trop bas sur cette pente que la démocratie et le libéralisme dont les partisans de l’hétérarchie peuvent se réclamer, finissent par dégénérer en totalitarisme. Hitler, faut-il le répéter, a été porté au pouvoir par une très forte majorité de ses concitoyens.

    Dans un essai publié intitulé: Digital Maoism, Jaron Lanier exprime la même crainte. Wikipedia s'inscrit dans la ligne d'un mouvement plus étendu sur Internet qui vise à mettre une vision de la collectivité au-dessus du jugement personnel.

    Ces conceptions de la collectivité «ont eu des conséquences terribles lorsqu'elles ont été tour à tour imposées aussi bien par l'extrême droite que par l'extrême gauche dans diverses périodes de l'histoire, poursuit Lanier, et le fait qu'elles soient réintroduites de nos jours par d'éminents technologues et futuristes... ne les rend pas moins dangereuses

    En remontant aux origines du mot hétérarchie qui correspond si bien à l’auto organisation, on apprend que parmi les premiers à adopter ce mot, il y eut les biologistes qui étudient les insectes sociaux, comme les fourmis et les termites. L’auto organisation est l’explication qui a aujourd’hui la faveur des savants dans ce domaine et elle sert de modèle aux informaticiens, comme l’indique ce passage d’une conférence prononcée lors d’un colloque :

    «La notion d’hétérarchie dense a été introduite par Wilson en 1988 [Wilson88] pour décrire les mécanismes de communication dans une colonie de fourmis. Dans cette idée, deux canaux de communication sont présents : le canal stigmergique et la communication directe entre individus. Un résultat important est que l’information circule à travers la colonie, chaque fourmi pouvant communiquer avec n’importe quelle autre (cf. Fig. [Heterarchy_channels]a). Un tel système présente des propriétés émergentes remarquables : en effet, si chaque agent opère avec des règles élémentaires et une précision limitée, la population entière, organisée en hétérarchie avec une communication massive, peut présenter des modes de comportement particuliers, qui ont été soulignés dans l’étude de l’auto organisation.» Source : Un nouvel algorythme de colonie de fourmis exploitant le concept d’hétérarchie pour l’optimisation en variables continues. Johan Dreo, docteur en informatique, Congrès : Neuro-Sciences pour l’Ingénieur, 2002). Article complet

    Les auteurs derniers servis et premiers partis

    Les auteurs d’un livre ont droit, chiffres approximatifs, à 10% du prix de vente du livre, l’ éditeur à 30%, plus ou moins, le distributeur à 20%, le libraire à 40%, le catalogue général à 0 %. Les étapes dans la publication en ligne sont grosso modo les mêmes mais tout l’argent va à l’auteur du catalogue, un catalogue dynamique appelé moteur de recherche. Puisque cette situation existe, il faut croire que tout le monde y trouve son compte, mais quel peut-être le degré de fidélité des collaborateurs bénévoles à un site comme Wikipedia?

    Selon un article paru dans le New-York Times le 21 juin 2015 (Est-ce que Wikipedia peut survivre ?), le nombre de collaborateurs est en chute libre depuis quelques années : en 2005, on pouvait donner le titre d’administrateur à 60 collaborateurs chaque mois; aujourd’hui on a peine à en trouver un chaque mois qui soit digne de cette promotion. La cause serait d’ordre technique : il est difficile de communiquer avec la base de données Wikipedia à partir de l’un de ces appareils mobiles de plus en plus utilisés par les jeunes. La fondation Wikimedia n’a pourtant aucune difficulté à lever des fonds : 75, 5 millions en 2014-2015, par rapport à 52.6 millions l’année précédente. Comment distribuer cette manne? On comprend que certains bénévoles frustrés soient tentés de recourir au chantage pour gagner un peu d’argent : ou bien vous me donnez tant ou je fais disparaître le dossier de votre organisation. Source

    Rapprochement entre Google et Wikipedia

    Google vient d'annoncer son intention d'aider le site Wikipedia, encyclopédie de type "open source", libre d'accès et d'utilisation. Google propose à WikiMedia, fondation gérant ce projet, un peu de sa bande passante (ce dont l'encyclopédie en ligne manque bien souvent, il faut bien le dire, au vu des délais de connexion à ses informations certains jours) et des serveurs pour héberger ses données.

    Lu sur Urfistinfo en 2005: Google avale Wikipedia?

    «Nous vous en parlions ici, et depuis une certaine annonce, (une partie de) la blogosphère ne parle que de ça : Google et Wikipedia sont en train de négocier un accord.L’idée est simple : la fondation Wikimedia (qui est entre autre à l’origine du projet Wikipedia, encyclopédie collaborative sur le web) est à la recherche de serveurs et de bande passante pour faire face à son (mérité) succès. Et qui possède une infrastructure technique propre à offrir tout cela ? Google bien sûr. En échange, le contenu entier de Wikimedia serait mis “à disposition” de Google.»

    Quelle est la valeur en dollars des services en question. L’article le dit pas. Les dons recueillis en 2005 s’élevaient à 600,000 $. Il est difficile d’imaginer que le service rendu par Google aient valu moins de 600,000 ?Source

    Sept 2010: Don de deux millions de Google à Wikipedia, selon The Guardian


    Google a mené diverses actions afin d’aider à l’amélioration des articles de Wikipédia dans différentes langues
    Un article paru le 18 février 2010 nous apprenait que Google venait de verser 2 millions dans les coffres de la Fondation Wikimedia, l’organisme qui gère le site. Cette année là la levée de fonds a rapporté 16 millions. Pourquoi ce don? Le vais ici à l’essentiel de l’argumentaire du Guardian. Wikipedia est une base de données dont tous les dossiers sont structurés de la même manière et possèdent une même adresse initiale, ce qui donne à ces dossiers une avance à l’allumage dans les résultats des moteurs de recherche et facilitent aussi leur travail.

    Dans le  rapport de Wikipedia pour l’année 2014-2015, Google Matching Gifts apparaît dans la liste des Major Benefactors. Le rapport ne donne malheureusement pas de précisions sur les sommes en cause. Qu’en est-il des années antérieures? et qui sont les donateurs anonymes. Dans ces grandes entreprises la coopération prend aussi la forme de la représentation dans les conseils d’administration.

    Un ancien de Google vient d’être nommé au conseil de la Fondation Wikimedia.

    Il a un beau curriculum : il a été à l’emploi de Google de 2004 à 2009. Il est aujourd’hui à l’emploi de Tesla Motors.
    Pour assurer son avenir immédiat et compléter ce qui lui rapporte ses petits donateurs en ligne, la Fondation Wikimedia vient de lancer une levée de fonds de 100 millions auprès des grandes fondations.

    Je n’ai exploré, superficiellement, que la face visible de la coopération entre Google et Wikipedia. L’auteur de l’article du Guardian déjà cité note que Google a d’abord soutenu le navigateur Firefox financièrement, pour ensuite profiter de l’information acquise par ce moyen pour créer son propre navigateur,Chrome. C’est pour lui une façon prudente de s’interroger sur les véritables intentions de Google dans son flirt avec Wikipedia. Une chose est certaine : Wikipedia est dans les griffes de l’aigle. Un changement dans les méthodes et les techniques de recherche qui auraient pour effet de défavoriser Wikipedia rappellerait à la grande encyclopédie qu’elle n’est pas aussi libre qu’elle le dit.

     

    Date de création : 2016-01-29 | Date de modification : 2016-02-04
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