Le paysage dans l’art de la Grèce antique

Rainer Maria Rilke

(…) les hommes nus y sont tout pareils à des arbres qui portent des fruits et des guirlandes de fruits, ou à des buissons qui fleurissent et à des printemps où chantent les oiseaux. En ce temps-là, le corps que l'on cultivait ainsi qu'une terre, sur lequel on prenait de la peine comme pour en tirer une récolte, et que l'on possédait ainsi que l’on possède un bon terrain, était la seule beauté qui retînt le regard, l’image que traversaient en rangs rythmiques toutes les significations, dieux et animaux, et tous les sens de la vie. L’homme, quoiqu’il durât depuis des millénaires, était encore trop neuf pour lui-même, trop enchanté de lui pour porter son regard ailleurs et loin de soi-même. Le paysage, c’était le chemin sur lequel il marchait, la piste sur laquelle il courait, c’étaient tous ces stades et ces places de jeux ou de danse où s’accomplissait la journée grecque; c’étaient les vallées où se rassemblait l’armée, les ports d’où l’on partait pour l’aventure et où l’on rentrait, plus vieux et plein de souvenirs inouïs (…) – c’était le paysage où l’on vivait.

Autres articles associés à ce dossier

La figure des paysages

Remy de Gourmont


De visages en paysages

Jacques Dufresne

Le titre, de visages en paysages, indique bien le contenu de cet article, où l'art de remodeler les paysages est comparé à l'art de remodeler les v

À lire également du même auteur

Ich lebe mein Leben ...
Le temps spirale. Synthèse du temps cyclique et du temps linéaire?

Première élégie
Première des élégies dites de Duino.




Nos suggestions