Corolle du nénuphar

Rainer Maria Rilke
J'ai toute ma vie, mais qui la dirait mienne
Me priverait, car elle est infinie.
Le frisson d'eau, la teinte aérienne
Sont à moi; c'est encor cela, ma vie.

Aucun désir ne m'ouvre: je suis pleine
Jamais je ne me referme par refus, -
Au rythme de mon âme quotidienne
Je ne désire point -, je suis émue;

Par ce mouvement j'exerce mon empire
Rendant réels les rêves du soir
Car à mon corps du fond de l'eau j'attire
Les au-delà des miroirs...

Autres articles associés à ce dossier

Promenade sentimentale

Paul Verlaine


À lire également du même auteur

Ich lebe mein Leben ...
Le temps spirale. Synthèse du temps cyclique et du temps linéaire?

Première élégie
Première des élégies dites de Duino.




Nos suggestions