La grande peur covidienne

Yan Barcelo

La réponse économique a été complètement disproportionnée par rapport à la menace réelle. Yan Barcelo est philosophe, musicien et journaliste spécialisé en économie.

 

Quelques rares journaux dans le monde se dressent contre la panique « covidienne » qui sévit depuis un an. On dénonce les informations partielles et partiales, les campagnes de peur systématiques et le conformisme bêta des grands médias qui adoptent sans aucune critique les positions officielles. Cependant, je crois que, même dans ces journaux courageux, on oublie de bien mettre en lumière le véritable scandale : la fermeture d’un tiers de l’économie mondiale, geste aberrant si jamais il en fut.

Je suis journaliste au Canada, pays où le conformisme à la doxa sanitaire est total. Pourtant, voici quelques chiffres malencontreux, tous extraits de sites statistiques officiels. Du 1er mars 2020 au 13 mai 2021 (14 mois), le nombre de décès liés à la covid au Canada s’élevait à 24 825, soit 1,8% du nombre total de 1 312 408 cas de contamination pour la même période.

Considérons que pour l’année 2019, selon les données même de Statistiques Canada, le nombre de décès pour tumeurs malignes s’élevait à 80 152 (six fois les décès covidiens!), pour maladies du cœur, à 52 541, pour maladies respiratoires, à 12 823. Or, on sait que les maladies du cœur sont liées en grande partie à la malbouffe et à la consommation de viande : a-t-on jamais fermé les chaînes McDonald et interdit la vente de bavettes de boeuf?

Pourtant, dès avril 2020, on a interdit une multitude d’acteurs économiques et mis à pied plus de 3 millions de travailleurs canadiens, dont environ 700 000 à ce jour sont encore au chômage. On peut s’attendre au cours de la prochaine année, quand les aides gouvernementales vont cesser, à ce que des dizaines de milliers d’entreprises petites et moyennes ferment leurs portes et que des centaines de milliers d’emplois se perdent encore. Cela n’entraîne pas seulement un immense coût économique, mais aussi un coût moral de dépressions, de foyers déstabilisés, de troubles psychologiques, de malades non-soignés.

La réponse économique a été complètement disproportionnée par rapport à la menace réelle. On a tout fermé, alors qu’il aurait fallu organiser une répartie mieux calibrée. Un rare pays à avoir fait preuve d’un peu de rationalité est la Suède, qui a refusé de fermer son économie; mais puisque tous ses voisins mondiaux l’avaient fait, elle s’est retrouvée à pâtir autant que tous les autres.

Au Québec, 91,2%  des décès covidiens sont survenus chez les plus âgés de 70 ans, et 97,5% chez les plus de 60 ans (Données sur la COVID-19 au Québec | Gouvernement du Québec (quebec.ca)).  Nous avons fermé un tiers de l’économie, jeté des millions de gens au chômage ou à la rue, provoqué en marge des malheurs innombrables, tout ça pour « sauver » la vie des gens, en premier lieu celle de ces aînés. Rappelons que ceux-ci présentent une vie active économique réduite. Or, comble d’ironie, ce sont ces mêmes aînés que nous avons le moins bien protégés!

 Le nombre de décès réels reste à colliger, un nombre qu’on jugera sans doute relativement insignifiant une fois proportionné à la population en général. Ainsi, pour une population de 8,34 millions, on comptait au 15 mai dernier 11 034 décès, soit un taux de décès de 0,0013 représentant 1 300 décès par million d’habitants (Données COVID-19 au Québec | INSPQ). Autre ironie, on comptait en avril 2021 trois fois plus de cas confirmés qu’en avril 2020, pourtant le nombre de décès était trois fois moindre (idem, tableaux 1.2 et 2.2). Pourtant, le gouvernement a cadenassé l’économie plus vigoureusement encore. Il est troublant de constater que le nombre de décès associés à deux conditions de santé préexistantes s’élève à 90% (idem, tableau 5.6). Le nombre de décès « purs », par covid uniquement, sans problème de santé préexistant, n’est que de 3,1%!

Un chiffre reste à révéler (jamais présenté) : le nombre de victimes souffrant de séquelles du Covid, situation certes éprouvante, mais probablement plutôt rare, surtout si on est en mesure de déterminer combien de ces séquelles sont vraiment liées au virus. Mais voilà, on ne le saura sans doute jamais car les autopsies ont officiellement été interdites au Québec comme c’est le cas dans presque toutes les juridictions de la planète. Et maintenant, on nous impose un vaccin approuvé dans la précipitation. Cette « grand’peur » collective systématiquement attisée suscite chez moi une forte tentation de croire aux théories de complot, mais je me retiens. Une chose est certaine : la réponse planétaire à ce virus est totalement disproportionnée par rapport à la menace réelle. L’heure de régler les comptes reste à venir.

 

Extrait

Considérons que pour l’année 2019, selon les données même de Statistiques Canada, le nombre de décès pour tumeurs malignes s’élevait à 80 152 (six fois les décès covidiens!), pour maladies du cœur, à 52 541, pour maladies respiratoires, à 12 823. Or, on sait que les maladies du cœur sont liées en grande partie à la malbouffe et à la consommation de viande : a-t-on jamais fermé les chaînes McDonald et interdit la vente de bavettes de boeuf?

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