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La personne exposée

Jacques Dufresne

 Le personne exposée, extrait du chapitre sept de Après l'homme...le cyborg

La personne exposée est celle qui n'est plus entourée par cette membrane à la fois protectrice et nourricière qui entoure normalement les êtres vivants.

Chapitres du livre

Le déclin de la contemplation, de la connaissance immédiate, fusionnelle,
la rupture progressive des liens avec le réel

 

 

la montée consécutive du formalisme,
le mépris des lois de la nature, du principe de clôture en particulier,

La personne exposée,

 

 

 


tous ces facteurs convergent vers le rêve d'un paradis sur terre, au prix d'une désincarnation totale et d'une fausse transcendance.

***

Alieno ex ore sapiunt. Ils goûtent, ils savent par procuration, par une bouche étrangère disait Sénèque, à propos de ces hommes, de toutes les époques, qui sont exagérément sensibles à l’opinion publique. Les représentations forment en eux un être distinct qui se substitue à leur moi authentique, coupant ainsi ce dernier de la réalité. Bien que ce mal soit de tous les temps, nous avons quelques raisons de craindre que la surabondance actuelle des représentations ne l’ait aggravé.

Depuis longtemps, par exemple, les éducateurs se plaignent de ce que leurs élèves plagient sans même s’en rendre compte. Ils semblent incapables de faire la différence entre une chose qu’ils ont pensée eux-mêmes, et une autre qui est une représentation venue de l’extérieur, dont ils ont tiré une copie. Penser pour eux, c’est photocopier. Ce qu’on appelait le jugement semble avoir disparu. Là est toute la question. Comment la personne, de moins en moins protégée par des corps intermédiaires qui eux-mêmes sont en voie de dissolution, peut-elle conserver son énergie et soumettre les apports extérieurs à son jugement intérieur? Ce n’est toutefois pas au niveau élevé du jugement que se situent les enjeux fondamentaux, mais à celui de la connaissance la plus immédiate que l’on peut avoir de soi-même, celle qui se situe dans le prolongement de l’instinct. Grâce à son instinct, à ses comportements déterminés génétiquement, l’animal fait preuve pour survivre d’une vigilance sans failles : il sait distinguer ce qui lui fait du bien de ce qui lui fait du mal, il sait même respecter les limites en toutes choses.

Considérées sur ce plan strictement biologique, la conscience et la liberté sont un défaut chez l’être humain. Elles introduisent l’incertitude là où, chez l’animal, tout va de soi, la démesure là où, chez l’animal toujours, tout est mesure, faisant ainsi apparaître le désir qui par définition est illimité, à côté du besoin limité.

C’est pourquoi l’on peut dire avec les éthologistes que l’homme est un animal dégénéré. C’est uniquement par la culture qu’il peut tirer suffisamment d’avantages de sa conscience et de sa liberté pour devenir supérieur à l’animal. Mais dans cet homme amélioré par la culture, quelle est donc la faculté, qui n’est déjà plus l’instinct et qui n’est pas encore le jugement, par laquelle on peut distinguer ce qui est bon pour soi de ce qui est mauvais? C’est cette faculté qui est en faute lorsqu’une personne se livre à des activités physiques avec une démesure qui provoque une crise cardiaque mortelle, lorsqu’elle choisit une profession qui contrarie sa nature profonde ou lorsqu’elle adopte une conduite qui est contraire à ses besoins spirituels. Il est étonnant qu’il n’existe pas de mot pour désigner une faculté dont dépend au plus haut point l’intégrité physique d’un être, c’est-à-dire sa santé, son intégrité psychologique, c’est-à-dire son bonheur, et son intégrité morale, c’est-à-dire son rayonnement.

La raison imaginative

Peut-être la faculté dont nous cherchons la trace doit-elle demeurer obscure, innommée, pour pouvoir remplir son rôle aux portes élémentaires de notre être. Dans L’apologie des sens, un livre qui ne peut pas laisser indifférents ceux qui s’intéressent à cette question, John Cowper Powys écrit : « L’ouverture et la fermeture des vannes qui peuvent livrer immédiatement passage au bonheur obéissent à des lois de notre être intime qui nous demeurent à ce jour obscures et mystérieuses ».2

Powys nous apprend pourtant que la mystérieuse faculté qui préside à l’ouverture et à la fermeture des vannes a reçu divers noms au cours de l’histoire, dont celui d’intellect agent ou d’estimative dans un certain Moyen Âge, et plus récemment, celui de raison imaginative, « cette faculté que le cardinal Newman appelait le sens illatif. Terme par lequel il entendait, je présume, sensiblement la même chose que ce que le poète Matthew Arnold entendait par l’expression raison imaginative; ce qui me paraît désigner une sorte de vision complexe et sublimée de la totalité de la nature individuelle de chacun, y compris ses cinq sens, ses facultés d’intuition et de connaissance, ses réactions imaginatives et émotionnelles, en même temps que ce que les dieux dans leur bonté, lui ont donné en sus de raison et de logique ».3

Powys a adopté pour son propre compte l’expression raison imaginative. « Parce que nous avons été enfant avant que d’être homme...» Descartes a commencé ainsi son discours sur la raison du mathématicien. Powys remonte plus loin dans le passé pour fonder son discours sur la raison imaginative : parce que nous avons été animal avant que d’être homme. « La raison imaginative de l’homme a conscience, dit-il, d’une foule de régressions ataviques le reliant à la vie sub-humaine des univers animal et végétal ». Et il poursuit : « Analysant ensuite notre Je suis moi, j’ai découvert qu’il contient des éléments de conscience organique relevant du sub-humain aussi bien que du super-humain ».

« Bien! Parvenu à ce point je vais prendre la liberté d’inventer un terme pour désigner cette union, dans notre Je suis moi, de ces éléments sub-humains et super- humains. Et cette union, je la désignerai désormais par le terme moi ichtyosaure, afin de mettre en lumière le lointain arrière-plan de l’âme humaine ». 4

C’est le thème de l’homme coupé à la fois de ses racines dans la terre et de ses racines dans le ciel, de l’élémentaire et du transcendant, pour n’être plus qu’humain, trop humain. Powys reproche à cet homme d’être grégaire, d’en être réduit à chercher dans ses rapports avec ses semblables, à la manière des animaux inférieurs où ne compte que l’espèce, les extases que son double enracinement lui procurait.

« Si nous semblons de nos jours lamentablement malheureux, tous tant que nous sommes, c’est que les éléments humains grégaires de notre Je suis moi ont chassé de celui-ci les éléments sub-humains et super-humains ». « Ces éléments grégaires, ajoute Powys, sont en passe d’exterminer à petit feu toute forme de bonheur calme et extatique, le seul qui soit réellement digne d’organismes comme les nôtres, avec derrière eux cette longue histoire et devant eux ces amples espérances. […] Une certaine jouissance concentrée des sens et de toutes ces subtiles harmoniques et connotations qui les auréolent – c’est sur ce terrain, mouvant et cependant éternel, que je me place pour défendre mes théories. Je plaide la cause d’un culte de la vie basé sur la contemplation statique, en réaction contre la fièvre d’activité de notre temps ». 5


Powys a écrit ces lignes en 1930, au moment où l’instinct grégaire était à son sommet, en Allemagne et en Russie. Dans les deux cas, dans le premier surtout, les médias jouaient un rôle crucial comme moyen de rassembler les gens. Le lien entre la rupture du double enracinement et l’importance prise par les médias au cours du présent siècle est évident. Seul subsistait dans l’homme la zone intermédiaire entre la réalité sensible et la réalité spirituelle. Tout s’est passé comme si l’homme avait déployé horizontalement ses anciennes racines verticales vers ce qui allait le relier à la masse de ses semblables : les médias, l’écran de télévision. Alors que ses racines dans la terre le mettaient en contact avec des modèles de vitalité, et ses racines dans le ciel en contact avec des modèles de sagesse, les massmédias, tout en lui proposant des vedettes fabriquées, à la place de modèles, allaient pour l’essentiel lui renvoyer une image de lui-même, celui d’un être unidimensionnel.

On retrouve ainsi Marcuse à travers Powys. Ce dernier attachait la plus grande importance à la solitude, condition de l’enracinement dans le ciel et dans la terre, par lequel l’homme acquiert sa troisième dimension. Voici ce qui dit Marcuse à propos de la solitude : « La solitude, la condition même qui fortifie l’individu contre la société, est devenue techniquement impossible ».6

La raison imaginative n’est-elle pas condamnée à l’atrophie dans un tel contexte? Du même coup, la capacité de vivre, de mener une existence digne et heureuse en dehors de l’action frénétique et du divertissement permanent, n’est-elle pas menacée? L’humanité ne serait-elle pas ainsi engagée dans une spirale vers le bas où l’appauvrissement de la raison imaginative provoque un besoin accru d’action et de divertissement, lequel en retour appauvrit davantage la raison imaginative? Au bas de cette spirale, il ne resterait plus de membrane, plus de clôture autour de la personne : son âme serait entièrement constituée par l’information orchestrée par les médias autour d’elle.


L’alexithymie, mal du siècle


Peut-être admettra-t-on un jour que la maladie caractéristique du XXe siècle aura été l’alexithymie (du grec lexis, mot, thymos, émotion et a privatif), désignant l’incapacité de faire correspondre des mots à des émotions et divers autres traits qui y sont associés. Celui qui a cru nécessaire de créer ce mot, le professeur Sifneos, de l’Université Harvard, n’hésitait pas à présenter l’alexithymique comme la personnalité de notre temps, indiquant par là que l’ensemble des traits définissant l’alexythimie correspondait « au profil social courant des individus ».

L’idéal correspondant à ce profil a été bien défini par divers savants appartenant aux disciplines les plus représentatives de notre époque : l’intelligence artificielle et la biotechnologie. Pour Marvin Minsky, l’un des grands prêtres de l’IA, le cerveau humain n’est rien d’autre qu’un meat machine, le corps quant à lui n’est qu’une masse sanguinolante de matière organique, un téléopérateur pour le cerveau, l’un et l’autre pouvant être avantageusement remplacés par des machines. L’important dans les êtres vivants, c’est l’esprit. Et cet esprit, Minsky le définit en termes de structures et de routines, c’est-à-dire de programmation. « L’essentiel, conclut-il, est de dépersonnaliser notre intérieur ».7 Ce chantre de l’alexithymie a son laboratoire au MIT, à quelques mètres de l’Université Harvard où Sifneos étudie les maladies de l’homme-machine.

Au début du siècle, un autre prophète savant, J.D. Bernal, avait été encore plus explicite que Minsky dans l’exaltation de l’homme coupé de ses sentiments et de ses émotions. Dans un livre intitulé Le monde, la chair et le diable, une réflexion sur l’avenir des trois ennemis de l’âme rationnelle, il écrit : « les trois ennemis de l’âme rationnelle de l’homme sont la nature, le corps, les désirs et les émotions humaines ». Comme moyen d’échapper à la nature, Bernal recommande la vie dans une station orbitale; comme moyen d’échapper au corps, et par là aux émotions et aux désirs, il préconise le maintien des fonctions du cerveau par des moyens mécaniques. « Tôt ou tard, précise-t-il, l’homme va être contraint de choisir entre son corps et sa vie. Après tout c’est l’esprit qui compte ». 8

Les manifestations alexithymiques dites nucléaires sont au nombre de quatre, explique Jean-Louis Pedinielli, dans le premier ouvrage paru en français sur la question : Psychosomatique et alexithymie.9

1. L’incapacité à exprimer verbalement les émotions ou les sentiments;
2. La limitation de la vie imaginaire
3. La tendance à recourir à l’action pour éviter et résoudre les conflits
4-La description détaillée des faits, des événements, des symptômes physiques.


Il existe divers tests permettant de mesurer le degré d’alexithymie d’une personne, et d’établir des corrélations entre cet état psychologique et diverses maladies. Même si les études sur le sujet ne sont encore qu’à l’état d’ébauche, on possède des données significatives permettant de penser qu’il peut y avoir un lien entre l’alexithymie et les maladies en général, qu’elles soient physiques, réputées psychosomatiques ou psychologiques. Sifneos a montré que 44% des malades psychosomatiques qui ont passé ses tests pouvaient être considérés comme alexithymiques, que le taux évolue entre 33% et 47% dans le cas des maladies respiratoires, entre 30% et 66% dans le cas des douleurs chroniques, entre 20 et 45% dans le cas des maladies du système digestif. Dans la population en général le taux d’alexithymie oscille autour de 8%.

Le principal intérêt de ces études est qu’elles indiquent clairement qu’il y a lien entre la pauvreté de l’imaginaire, que l’on peut connaître par l’étude des rêves, et la morbidité en général. Non seulement faudrait-il, dans ces conditions, revoir les thèses traditionnelles sur les maladies psychosomatiques, mais faire l’hypothèse plus générale qu’en médecine, l’heure est peut-être venue d’accorder à la dimension symbolique autant d’importance qu’à la dimension biologique. Au lieu de miser sur les senseurs pour aider les gens à se familiariser avec leurs propres émotions, il conviendrait peut-être de les aider à découvrir les nourritures symboliques dont ils ont besoin.

Dans la conclusion de son livre, Pedinielli présente l’alexithymie comme une fermeture au sens.

« L’alexithymie, écrit-il, est une forme particulière de fermeture au sens des événements internes (émotionnels) comme externes, fermeture dont le mécanisme et les effets sont totalement différents de ceux de la névrose et de la psychose. Cette privation de sens liée au style particulier de communication fait de l’alexithymie l’un des paradigmes de l’analyse de l’élaboration psychique du somatique, aux côtés de l’hystérie, de l’hypocondrie et du langage d’organe ».10


Il va de soi qu’une telle fermeture au sens des événements internes nuit à la vigilance à l’égard de soi-même. L’alexithymie apparaît comme une déficience de la raison imaginative. Il semble bien qu’il soit possible d’établir une relation entre l’alexithymie et le fonctionnement du cerveau, et du système nerveux en général. Sifneos et ses collègues de Harvard et de France ont commencé des études prometteuses sur cette question infiniment complexe.

Puisque l’alexithymie est un trouble de la communication, est-il permis d’affirmer que les médias en sont responsables? On pourrait, par exemple, faire l’hypothèse qu’à force de s’identifier à des personnages de l’écran, certains sujets en viennent à ne plus pouvoir reconnaître leurs propres émotions. Qui pourrait répondre à une telle question? L’important, dans un débat aussi fondamental, n’est toutefois pas d’apporter des réponses précises et objectives à des questions de ce genre, mais de bien établir le fait qu’il n’est nullement nécessaire de s’appuyer sur des données scientifiques, qui n’existeront peut-être jamais, pour faire des choix qu’exigent aussi bien l’éducation des enfants que la montée des adultes vers le bonheur et la sagesse.

L'éveil de la raison imaginative

Quels soins faut-il accorder à l’enfant pour que sa raison imaginative se développe et qu’il lui soit plus facile, pendant le reste de sa vie, d’exercer une bonne vigilance à l’égard de lui-même? Comment nourrir son imaginaire? John Cowper Powys semble avoir écrit son livre pour répondre à cette question..

Mais on peut aussi y répondre en énonçant un certain nombre de règles simples :

L’amour des parents


Que l’enfant se sente près de ses parents, de sa mère d’abord, attiré vers la vie par leur regard affectueux, attiré vers la parole et la pensée par leur écoute bienveillante, attentive et patiente.

La vie par la vie

Que l’enfant soit le plus souvent et le plus longtemps possible en contact direct avec la vie sous toutes ses formes, depuis la fuite des nuages dans le ciel jusqu’à l’attitude extatique de la marmotte dans les champs. Que la somme du temps qu’il consacre à cette fête de la sensibilité soit au moins aussi importante que celle du temps qu’il consacre à l’ensemble des médias. On trouve une belle évocation de cette fête de la sensibilité dans Féerie dans l’île, livre où Gerald Durrell, frère de Lawrence, raconte les années passées avec sa famille dans l’île de Corfou et ses découvertes émerveillées d’enfant.

Le temps de la vie


Jusqu’à preuve du contraire, les processus vivants ont une durée incompressible. La grossesse chez les êtres humains est de neuf mois et nous n’y pouvons rien. On peut certes réduire le temps de croissance des plantes, mais pas à l’infini, comme c’est pratiquement le cas pour le volume des données informatiques, par exemple. Et il en est ainsi de tous les processus psychologiques, sociaux et culturels. Présumer qu’on peut comprimer sans risques majeurs tous ces processus, c’est déjà les réduire à la mécanique. La méthode, la rationalisation qui donnent des résultats mirobolants dans l’ordre mécanique, sont inadéquates, voire dangereuses dans l’ordre du vivant et de l’humain. Les parents ne peuvent pas comprimer à l’infini le temps d’attention qu’ils accordent à leurs enfants sans que ces derniers en souffrent au point de perdre goût à la vie. Et combien de fois faut-il relire un poème, et se le répéter après l’avoir appris par cœur, pour qu’il libère dans l’âme tout le sens qu’il contient? Combien de fois et pendant combien de temps chaque fois, faut-il contempler le ciel étoilé pour s’en imprégner au point qu’il devienne une présence amicale? Combien de fois et combien de temps chaque fois, faut-il prêter attention aux données d’un problème de géométrie pour que la solution s’esquisse d’elle-même?

Vaut-il mieux que l’enfant accède à la poésie par le texte seulement, dit ou écrit, par la chanson ou par un film? Vaut-il mieux, pour prendre un exemple, qu’il découvre L’homme qui plantait des arbres dans le texte de Giono ou dans le film de Frédéric Back? Si le récit est beau, inspirant, s’il a une valeur archétypale, on a sans doute intérêt à y accéder par le plus grand nombre de voies possibles. Ce qui suppose que l’enfant ait beaucoup de temps à consacrer aux œuvres les plus riches, et donc que ses parents ou ses maîtres aient de leur côté veillé à ce qu’il s’impose une discipline impliquant une sélection rigoureuse des images, des sons et des mots qui ont l’honneur de pénétrer en lui. D’où vient qu’à l’énoncé de cette condition on ait déjà l’impression de rêver?

Les rythmes de la vie


Il y a des saisons dans la nature. Il y a des jours et il y a des nuits. Au lieu d’être contraint à une existence linéaire systématiquement ordonnée à l’atteinte de certains objectifs, l’enfant doit pouvoir osciller entre des moments de plénitude et d’activité intense et des moments de vide, et de voluptueuse passivité. Les besoins fondamentaux de l’âme s’ordonnent ainsi par couples de contraires. On peut prolonger la liste : risque et sécurité, liberté et ordre. Il est souhaitable que l’enfant oscille entre des aventures (réelles et non médiatiques) et des périodes de parfaite sécurité dans l’enceinte familiale, qu’il ait véritablement l’expérience du risque, qu’il fasse ensuite l’apprentissage de la liberté pour trouver ensuite le repos dans l’ordre régnant dans le groupe auquel il appartient.

Les pôles de la vie : l’élémentaire et le transcendant

Il faut que par son contact avec la nature l’enfant permette au pôle animal et végétal de sa propre nature de se développer; mais le sub-humain étant indissociable du super-humain, il faut aussi que l’enfant s’initie à la contemplation, à la vénération, au sens du mystère et du divin.

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