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Neige

La neige constitue la forme principale des précipitations atmosphériques solides. Elle résulte d’une condensation lente et progressive de la vapeur d’eau contenue dans l’atmosphére à une température voisine de 0°. Cette condensation se fait le plus souvent en cristaux en formes d’étoiles à six branches. Par temps très froid (moins de – 20°) elle peut se faire sous forme de longues aiguilles prismatiques très minces. Si les cristaux subissent au contraire une fusion partielle, ils s’agglomèrent au cours de leur chute pour former des flocons. C’est sous cette forme que la neige est familière à l’habitant des régions tempérées. Dans les régions équatoriales enfin, la neige — limitée ici comme bien l’on pense aux sommets des hautes montagnes — revêts souvent la forme de cristaux grossiers, agglomérés en grains, parfois mêlés de véritables grêlons. Il n’est pas rare qu’elle soit accompagnée de phénomènes électriques, chose exceptionnelle aux lattitudes tempérées.

Charles-Pierre Péguy, La Neige, 2e édition mise à jour, Paris, Presses universitaires de France, coll. « Que sais-je ? », 1968, p. 9.

Essentiel

Un absolu de vide et de silence :

La neige apparaît donc bien dans sa qualité acoustique comme une matière poétique, et par là comme un tremplin métaphysique. Remonte-pente vers l’absolu, elle nous révèle cependant une forme particulière de cette absoluité. C’est un absolu de vide et de silence. Peut-être touchons-nous là un des caractères fondamentaux de la rêverie neigeuse : elle est rêverie négatrice, elle est antithèse.

Gilbert Durand, « Psychanalyse de la neige », dédié à Gaston Bachelard, in Mercure de France, no 1080, août 1953, p. 621.

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