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Le cirque vicieux

Nicole Morgan

Le cirque Américain est un cirque planétaire que l'internet, les tweets et les chambres d’écho ont rendu particulièrement vicieux ajoutant quelques degrés à la toxicité décrite par Neil Postman en 1985 dans un livre à relire :  Amusing Ourselves to Death Se distraire à en mourir »)

                                                    La politique c’est ce qui définit Qui a quoi, quand et comment.  ( Harold Lasswell )

Une des rubriques du New York Time Magazine (dit NY Mag) qui couvre l'actualité politique s'intitule The National Circus (Le cirque national). Ses articles signés souvent de Frank Rich[1] sont excellents, analytiques et fouillés allant au-delà d'un spectacle qui ne nous réjouit plus mais nous fascine autant qu'elle nous épuise et nous affole.

Ce qui, nous essayerons de le démontrer, est d'ailleurs bien le but de ce spectacle monté de toute pièce. 

Pour cette rubrique, Je vais donc emprunter l'image du cirque en lui ajoutant le mot vicieux et en éliminant le qualificatif trop restrictif de National.  Le cirque Américain est un cirque planétaire que l'internet, les tweets et les chambres d’écho ont rendu particulièrement vicieux ajoutant quelques degrés à la toxicité décrite par Neil Postman en 1985 dans un livre à relire :  Amusing Ourselves to Death Se distraire à en mourir »)

Mort est bien le mot car il sera de plus en plus difficile de gérer ce bien commun incontournable qu'est notre planète sans parler d'abord du réchauffement politique qui invalide tous les efforts des défenseurs du fragile village global qui est en train de se créer. Il s'agit de revoir à l'heure du net, la fameuse formule de McLuhan « Le médium, c'est le message »

Ajoutons que le cirque vicieux est un cercle vicieux puisqu'il faut passer par tous les médias pour  trouver les articles et livres qui en font une critique.  Le cauchemar commence car de fait toutes les critiques sur le cirque seront jugées fausses et mal séantes par les monteurs de spectacles ou exagérées sinon hystériques par les croyants, en une histoire qui se répète et par tous ceux qui croient connaître l’Amérique. 

ENTRONS DANS LES COULISSES

Je vais lancer la balle avec un article publié, le 4 Octobre, dans The Guardian et qui va paraître bien anecdotique. Il l’est. C'est mon truc pédagogique : je commençais mes cours de philosophie politique ou de politique par ce genre de fait divers dont je savais qu'il allait réveiller mes étudiants et étudiantes souvent à moitié assoupis, épuisés par la rigueur de l'entraînement militaire.  On partait de ce rien, on s’indignait, on riait et en quelques minutes sans crier garde j’embrayais sur Machiavel, Hobbes ou même, pourquoi pas Wittgenstein. Pour l’anthropologue philosophe que je suis, pour moi rien de ce qui est humain n'est vraiment anodin.

Ce matin donc du 4 Octobre, alors qu'une nuée médiatique assiégeait l’hôpital où le Président des États Unis avait été admis, Jerry Schwartz[2]  ouvrit  le rideau des coulisses et révéla l’empereur dans sa nudité.

Jerry Schwartz fut un auteur de l’ombre qui écrivit pour Donald Trump L’art de la négociation (The art of the Deal).  Le livre parut en 1987, sur un fond médiatique de glorification de la croissance économique avec cérémonie de couronnement des super chefs d’entreprise : les businessmen. Jouant les grandes âmes entrepreneuriales, de celles qui faisait entrer en pamoison Ayn Rand, Donald Trump pouvait se vanter sans vergogne avec audience assurée:  Je ne le fais pas pour l’argent, susurrait-t-il. J'en ai assez, bien plus que ce dont j'aurais jamais besoin. Je le fais pour le faire. Les deals sont ma forme d'art. D'autres personnes peignent magnifiquement sur toile ou écrivent de merveilleux poèmes. J'aime faire des affaires, de préférence de grandes affaires. Je ne vis que pour cela.

En fait il n'y avait pas de négociation possible. C’était plutôt de l’extorsion avec comme hommes de main des avocats brutaux.  Donald Trump a bâti sa carrière dans l'immobilier sur le principe que tout est renégociable, achetable, manipulable par la force avec pour seul but de gagner. Une fois un immeuble terminé, (il) invoquait la piètre qualité des travaux (ou d'autres prétextes) pour éviter d’honorer ses engagements. Il imposait alors de nouvelles conditions aux divers corps de métier, en leur déclarant par exemple : « Je ne vous paierai que 75 % du montant dont nous avions convenu. » C'était à prendre ou à laisser. Ceux qui refusaient sa proposition n’avaient qu’à le traîner devant les tribunaux, prenant ainsi le risque de procédures judiciaires coûteuses et à l’issue incertaine face à des avocats aussi retors que coriaces.

Dans un livre séquence paru en 2004 :  Think Like a Billionaire (Penser comme un milliardaire), il doubla la mise comme d'habitude. Il conseillait à ses lecteurs de ‘’toujours contester les factures ‘’. Ses procédés de mauvais payeur étaient bien connus des fournisseurs et des banquiers, dont beaucoup refusaient de traiter avec lui. Dans Think Big and Kick Ass : In Business and Life (Être ambitieux et déchirer en affaires comme dans la vie, 2007), il dit aimer ‘’ écraser l'autre camp et encaisser les profits ‘’, et bien se moquer des banquiers qui ont perdu les sommes qu'ils lui avaient avancées. ‘’ C'est leur problème ; pas le mien. Je leur ai dit qu’ils n’auraient pas dû me les prêter» .[3]

Ce détail est d'importance car faute de créditeurs américains Donald Trump alla les chercher jusqu'en Russie.  Ce dont se vanta cette fois son fils, Eric  “We don't rely on American banks. We have all the funding we need out of Russia.” (On n’a pas besoin des banques américaines. La Russie nous donne tous les fonds nécessaires)[4]

L'art de la négociation se vendit en millions d’exemplaires. Des émissions de télé-réalité dont l’Apprenti suivirent toutes aussi lucratives. The Apprentice, lancé en 2004, dont il était le producteur exécutif, mettait en scène ce dernier dans son propre rôle de magnat de l'immobilier. Une télé-réalité comme en raffolent les Américains. Cruelle à souhait, elle faisait s'affronter des candidats dans le but de décrocher un poste dans une des sociétés de Trump. Et le dénouement de l'épisode se déroulait toujours de la même manière. Donald Trump, dans son grand fauteuil, faisait face aux candidats assis côte à côte, tels des prisonniers alignés face au peloton d'exécution.  [5]  Une autre image s'impose puisque nous parlons de cirque : celle de Néron qui ne pointait pas du doigt mais abaissait son pouce pour condamner les gladiateurs dé-méritants.

Il se prend au jeu des projecteurs. Il est le plus grand, le meilleur gestionnaire du monde et dit à tous ceux qui veulent l'entendre que s'il était au pouvoir il réglerait tous les problèmes en un rien de temps. De là à vouloir gérer l'état comme une entreprise, il n'y a qu'un pas qu'il va vite franchir sous les Vivas de tous ceux, et ils étaient nombreux, qui pensaient que le secteur privé devait remplacer le secteur public. Dans la tradition des oligarques russes qu’ils allaient devenir, ils piaffaient dans l'impatience de s'approprier tous les joyaux de la couronne sous le prétexte d'une meilleure gestion de la terre, de l'air, des sous-sols, et de tous les services publics dont l’armée.  Je ne le répéterai jamais assez : c’est le début d’une guerre civile qui ne dit pas son nom.  Il y a un ennemi déclaré à détruire : l’état, ses lois, réglements et toutes les institutions qui en vivent.  Il y a un grand pillage à organiser : l’appropriation par le privé des terres, mers, air, sous-sols. Il y a un partage à faire avec élimination de tous les indésirables et ayant droit qui vivent de l’état.  Je sais c’est primitif, trop simple pour être vrai mais Galbraith nous avait prévenu. La réponse est quelquefois si simple « qu’elle en est repoussante pour l’esprit. Lorsqu’il s’agit d’un sujet aussi important, un mystère plus profond nous semble être la seule réponse décente ».

Donald Trump criait sur tous les medias haut et fort : Vive la croissance, à bas le gouvernement, à bas ses lois et ses institutions qui freinent la croissance et entravent votre liberté.  « Donnez-moi le pouvoir et cela ne prendra pas de temps, je vais vous débarrasser de tous ces parasites : les fonctionnaires, les immigrants, les mendiants, les empêcheurs de croissance écolo, ces intellectuels et scientifiques qui ne savent rien. ».  Pour ses partisans, c’est le bonheur. Azimov, nous avait prévenu.  Il y a, écrivait-il en 1980, un culte de l'ignorance aux États-Unis, et il y en a toujours eu. La vague de l’anti-intellectualisme a été un fil conducteur permanent dans notre vie politique et culturelle, nourrie par la fausse notion selon laquelle la démocratie signifie que ‘’mon’’ ignorance vaut tout autant que votre savoir.

Donald Trump en rajoute. Il répète : « Les affaires il n'y a que cela de vrai. Regardez-moi : je suis riche, libre Suivez-moi ! Think big and Kick ass !. Et il ajoute à un public profondément anti intellectuel et ravi de comprendre son vocabulaire limité : « les médias vous mentent. Moi seul parle vrai. Je suis authentique. »   

http://agora.qc.ca/documents/haine_rouge_et_peur_blanche#_edn9

Et c'est bien pourquoi  c’est l'incohérence de Trump qui selon Jennifer Sclafani de la Georgetown University, le fait apparaître comme authentique et fiable qui sont les qualités recherchées par une partie de l’électorat. 

 http://agora.qc.ca/documents/politique_rhetorique_et_art_du_mensonge_

Et l’authentique c’est l’émotionnel, avec pluie de métaphores et d'invectives lesquelles sont parfaitement véhiculées à chaque seconde et partout par les nouveaux moyens de communication. Donald Trump, est un escroc publicitaire de génie.  Sa marque devient culte. Il le sait et le clame. Alors qu'en 2016, il fait campagne en Iowa il est si sûr de sa base qu’il s’écrie au podium Je pourrais tuer quelqu'un sur la cinquième avenue et je perdrais pas un seul vote. [6] Il avait prévenu et d’ailleurs il prévient toujours avant ses mauvais coups.

UN ESCROC DE GÉNIE

Le grand show était en fait une tragédie aux proportions catastrophiques. Un petit monde d’ analystes et commentateurs, académiques et journalistes avait compris dès la fin des années 80 que tout était écran de fumée. Schwartz lui même se lamente en public en décrivant Trump comme « le monstre que j'ai aidé à créer ».[7]

On a maintenant les preuves. «Tout était une vaste fraude», et ce depuis le début a rapporté la semaine dernière le New York Times. « En janvier 2004, M. Trump a déposé sa déclaration de revenus faisant état de 89,9 millions de dollars de pertes nettes de ses activités principales pour l'année précédente

Celui qui se proclamait le plus grand businessman du monde (si ce n'est de l'histoire de l'humanité) allait de banqueroute en banqueroute qu'il finançait en crédits d'impôts et en faisant payer ses bons conseils pour devenir milliardaire.  Et Schwartz, plus bourrelé de remord que jamais de déclarer aujourd'hui que le livre dont il a été co-auteur aurait dû s’intituler : l’art d'être un riche psychopathe[8]

Horrifiée je l’étais aussi mais en rien surprise car ce Prince fou est le produit d'une méticuleuse et glaciale manufacture et manipulation de l’émotion politique la plus puissante : la haine de l’autre et de l’état.  Pendant plus d'un demi-siècle les ultra Républicains financèrent à coup de milliards de dollars des milliards de dollars[9] une propagande en règle qui infiltra tous les niveaux de l'enseignement, et les médias. Lewis Lapham compara l'entreprise à une pieuvre silencieuse dans un article choc paru dans Harper’s Magazine,  en 2008 : « Les tentacules de la rage». Il y décrit « Le mécanisme non institutionnel le plus puissant jamais mis en place dans une démocratie, dans le seul but de promouvoir un système de croyances »[10].  La pieuvre est rageuse : un ennemi est déclaré l’état défendu par ces ennemis du peuple que sont les Démocrates.  Les Démocrates sont ici l'arbre qui cache la forêt. On va pouvoir les parer de tous les défauts, et ils en ont bien sûr, pour demander qu'on les abatte alors que c'est toute la forêt qui va tomber.  Lors des élections de 2016 cela a fonctionné à merveille. Certains journaux dits de gauche ont consacré dix fois plus d’article à éreinter Hillary Clinton qu’à émettre des doutes sur Donald Trump. Le show continue de plus belle en 2020 avec cette fois Joe Biden sur le ring.

Mais revenons à ces années de préparation à la venue d'un Prince qui allait organiser la destruction totale de l'état, de ses institutions et distribuer le butin du pillage. Les candidats ne manquaient pas et Donald Trump ne fut certes pas parmi les premiers favoris.  Tout le monde des affaires, des finances et les médias savaient dès ses débuts qu'il était un escroc au bord de la banqueroute. Rupert Murdoch, le propriétaire de la toute puissante chaine Fox et de sa ligne de propagande Fox News, disait à qui voulait entendre que Donald Trump était un idiot (traduction polie). Mais l’homme intelligent qu’il est, comprit que tout idiot soit-il, il était un vendeur de première classe utilisant toutes les techniques connues et efficaces du mensonge publicitaire par définition émotionnel. Nous reviendrons au fil des rubriques sur les manières dont il a joué sur les registres de la haine et de la peur pour gagner les faveurs de ses clients au point d’en faire des fanatiques.

De son côté Donald Trump avait compris que non seulement la présidence des États-Unis lui offrait le meilleur des castings publicitaires et gratuit au monde mais que la présidence le protégeait des poursuites judiciaires. De plus, la CNN et autres chaînes avaient compris que tout interview de Donald Trump faisait monter leurs cotes d'écoute qui n’arrêtaient pas de chuter depuis des années. C'était un revenu vertueux, pensait-on, car personne n’envisageait un instant qu’un tel clown pouvait gagner les élections. 

Et c'est ainsi qu’il y a quatre ans déjà, l'Amérique se réveilla avec un président connu dans les milieux informés comme le pire des escrocs, qui à la recherche de financement pour ses tours (The Trump Tower), s'était acoquiné avec tous les présidents des états voyous qui l’accueillaient à bras ouverts prêts à échanger leurs supports contre bien des avantages. Je reviendrai sur le dossier tour dans une autre rubrique.

Revenons à 2016. Si à vrai dire plus de la moitié des électeurs se réveillèrent angoissées ils ne pouvaient imaginer un président sombrant dans la démence décidant d'être président à vie avec pleins pouvoirs. Et s'il devait mourir, a-t-il déjà annoncé, il passerait la couronne à sa fille Ivanka.

On s'arrache les livres sur Hitler parce qu’ils sont étrangement rassurants puisque son empire du mal s'est dissipé comme un mauvais rêve. On veut croire à un accident de l'histoire, qui va certes laisser des cicatrices mais qu'il y aura un retour à la normale lorsqu’un Démocrate sera élu.  La pensée occidentale est trop marquée par l'idéologie du progrès sur un fond de dialectique hégélienne pour ne pas être foncièrement optimiste.

Ruth Bader-Ginsburg, l’admirable juge à plus d’un titre de la Cour Suprême américaine, qui avant sa mort ne cachait certes pas l’inquiétude que lui inspirait Donald Trump, disait avoir néanmoins une foi totale dans la force de la Constitution Américaine et l’équilibre pendulaire des deux partis quelle que soit la violence de ses oscillations.

N'étant pas Hégélienne je pêche par manque d’optimiste tout en ne versant pas, je tiens à le préciser vers les catastrophismes. Je me suis formée aux pensées beaucoup plus complexes. Entre autres, celles d’ Isaiah Berlin, le grand analyste des idéologies qui n'a jamais cessé d'être philosophe avant d'être philosophe des idées  [11]  et celles de Reinhart Koselleck,. Pour ce philosophe de l'histoire, celle-ci n'est ni plus ni moins la même - c’est-à-dire une répétition constante et circulaire (idée de Friedrich Nietzsche de «récurrence éternelle») - ni l'expérience du personnage de Bill Murray dans Groundhog Day, dans lequel nous recommençons encore et encore. La répétition et la rupture sont toutes deux des conditions d'histoires possibles. [12]

Je suis l’hypothèse selon laquelle nous serions à un point de rupture qui ne peut être compris que dans les cycles de l'histoire. Pour essayer de discerner l'avenir, il est important de savoir ce que nous avons rompu.

De Thomas More à Donald Trump

À preuve, en Juillet 1992, j’ai publié (dans les deux langues dites officielles) dans Options politiques un article intitulé :  De Thomas More à Donald Trump .

Pourquoi Thomas More? parce qu'à l'époque, j'étais revenue aux études à Ottawa pour finir mon doctorat de philosophie politique sur la naissance de l'état moderne.[13] Il s'agissait de comprendre comment, sur les ruines du féodalisme, s’étaient formés les postulats fondateurs de l'idée de démocratie et de droits individuels, postulats aujourd'hui si acceptés qu’on les croit inscrits dans le ciel des Idées:   Et pourtant, tout avait commencé par un jeu. En 1515, Thomas More voulait écrire l'Éloge de la raison (Traité de la Meilleure forme de gouvernement) en réponse à l'Éloge de la folie, la brillante déclamation de son ami ÉrasmeC'est ainsi qu’ils ont écrit à quatre mains l'Utopie, ou l’organisation rationnelle du bien commun.  Cela dit lorsqu'on est un philosophe superbement érudit et un chancelier d'Angleterre, on sait de quoi on parle lorsqu’on disserte sur le pouvoir. Bref l'Utopie n'est pas une utopie. http://www.unesco.org/archives/multimedia/document-2325

Pourquoi Donald Trump? Parce que je crois que les civilisations meurent (ou du moins sétiolent) en tombant dans leur caricature. Donald Trump était, à mes yeux, la caricature la plus... parfaite de l'individu fou de lui-même, mesure de toute chose (une vieille idée de sophistes) obsédé par la croissance et l’argent.  Il était l'incarnation du héros de toute une école qui faisait fi de l'idée de Bien Commun rationnel choisi démocratiquement autour de laquelle tourna la politique moderne occidentale pendant cinq cent années.  De nouveaux pouvoirs se mettaient en place à l'échelle mondiale dans un contexte d'instabilité non seulement politique mais climatique. Il s’agit de remplacer la sphère publique par la sphère privée, celle des grandes corporations. Donald Trump a mérité de ces pouvoirs qui l'ont fait élire et l'ont maintenu à la présidence. Il était compétent dans son rôle de brutal bulldozer qui a tout détruit sur son passage. Car ce maquignon hors pair a réussi à vendre à une partie des Américains la destruction de leur pays et une mise à mort à moyenne échéance d'une partie des générations future.  Ne soyons pas étonné que Ruppert Murdoch ou Golden Sachs le laissent tomber maintenant qu’il a fait son travail et devient un problème.

Donald Trump finira par disparaître mais là n'est plus la question. Car les grandes destructions et passages de pouvoir continuent non seulement aux États Unis mais dans un monde. C’est là que toute notre attention doit se porter. Quittons le cirque ou plutôt étudions comment et pourquoi il se construit.

[1]  Frank Rich a fait ses débuts à Harvard où il était président de la rédaction du Harvard Crimson, le quotidien étudiant de l'université. Un magna cum laude en Histoire et littérature Américaine, il s’inscrit dans la tradition de Umberto Eco. 

[2] https://www.theguardian.com/us-news/2020/oct/04/donald-trump-tony-schwartz-interview-art-of-the-deal

[3] https://www.monde-diplomatique.fr/2018/06/WARDE/58766

[4] Eric Trump Reportedly Bragged About Access to $100 Million in Russian Money. Vanity Fair, May 2017. https://www.vanityfair.com/news/2017/05/eric-trump-russia-investment-golf-course

[5] https://www.marianne.net/monde/donald-trump-de-la-tele-realite-la-primaire-republicaine

[6] https://www.theguardian.com/us-news/2016/jan/24/donald-trump-says-he-could-shoot-somebody-and-still-not-lose-voters

[7] How Mark Burnett Resurrected Donald Trump as an Icon of American Success. With “The Apprentice,” the TV producer mythologized Trump—then a floundering D-lister—as the ultimate titan, paving his way to the Presidency.

https://www.newyorker.com/magazine/2019/01/07/how-mark-burnett-resurrected-donald-trump-as-an-icon-of-american-success

[8] 'Emperor has no clothes': man who helped make Trump myth says facade has fallen

https://www.theguardian.com/us-news/2020/oct/04/donald-trump-tony-schwartz-interview-art-of-the-deal

[9] On peut trouver le détaillé des comptes versés au médias dans mon article : Haine chaude et blanche peur. http://agora.qc.ca/documents/haine_rouge_et_peur_blanche#_edn9 ainsi que la liste des bailleurs de fonds dans le livre de Jane Mayer Dark Money: The Hidden History of the Billionaires Behind the Rise of the Radical Right (Doubleday 2016)

[10] https://msuweb.montclair.edu/~furrg/gned/laphamtentacles04.pdf

[11]  Isaiah Berlin, historien. Perrine Simon-Nahum . Collège de France. https://books.openedition.org/cdf/9903?lang=fr

[12] This remained a theme to which Koselleck would return time and again, up to his very last published essay. In ‘What Repeats’, written the summer before he died unexpectedly in 2006, Koselleck claimed that we can make novel experiences only if there are structures of repetition within the chaotic stream of events that we call history. History is neither just more of the same – that is, constant and circular repetition (Friedrich Nietzsche’s idea of ‘eternal recurrence’) – or the experience of Bill Murray’s character in Groundhog Day, in which we start over, again and again. Both repetition and rupture are conditions of possible histories. The urge to understand what’s new motivated Koselleck to identify structures of repetition in history: geographical and climatic preconditions that, independent of humans, make all life possible; biological conditions, such as birth and death, human sexuality and generations; our institutions, for instance work and law, but also language that captures human experiences; and finally historical events themselves (such as a worldwide pandemic), which contain their own repetitive structures. Only by understanding what repeats can we discern what’s new and unprecedented in our present. As we find ourselves again in a world of global convulsions and crises, in which events have surprised many, Koselleck reminds us to sort out what repeats in a moment of rupture. This is perhaps why today there is an uptick in interest in Koselleck’s work. Suddenly, Reinhart Koselleck, the theorist of history, reads like our contemporary. https://aeon.co/essays/reinhart-kosellecks-theory-of-history-for-a-world-in-crisis

 

[13]  Nicole Morgan Le sixième continent. L’Utopie de Thomas More. Paris, Vrin - De Pétrarque à Descartes  ISBN 978-2-7116-1249-9 - novembre 1995

 

[14] Harold D. Lasswell, Politics : Who Gets What, When, How, réédité par Peter Smith Pub. Inc., Gloucester (Ma), 1990.

[15] J’ai trouvé par hasard en ligne le texte d’une conférence que j’avais donné à l’Unesco : Les civilisations sont-elles mortelles? https://misesuk.org/2016/01/10/les-civilisations-sont-elles-mortelles-lorsque-lespace-se-retrecit-et-que-le-temps-ne-dure-plus/

 

 
 
   

 

 

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