L'encyclopédie
Partenariats
Index
Magazine
Diffusion de colloques

La Lettre de L'Agora
Abonnez-vous gratuitement à notre bulletin électronique.
>>>
Agenda
Marie de l'Incarnation ou la déraison de l'amour. Au Gésu, le 17 juin 2010

Marie Tifo incarne la fondatrice des Ursulines en Nouvelle-France dans un spectacle-bénéfice au profit de la communauté de L'Arche Haïti. Le 17 juin à 20h00 à l'Amphithéâtre du Gésu, Montréal
 
Haïti: le séisme espagnol Marmontel
Fracture numérique
Fiannaland ou le repli identitaire au Liban Antoine Courban
L'attrait des États africains pour la Chine Jim Fisher-Thompson
Léopold Sédar Senghor
 
 
Hypatie (Poème, 1847) Charles-Marie-René Leconte de Lisle
Lettres de Synésios à Hypatie (Extraits) Synésios
Regard de l'historien Baronius sur Hypatie César Baronius
Hypatia ou les nouveaux ennemis du Vieux-Face Charles Kingsley
Mort d'Hypatie Voltaire
 

Lectures
La corruption du meilleur engendre le pire

Cet ouvrage posthume est la clef de voûte de l'oeuvre d'Ivan Illich. Il allait de soi qu'il confie l'essentiel de sa pensée à un ami dans le cadre d'un dialogue. Le commentaire de l'éditeur est juste: «Ces entretiens constituent une sorte de "testament spirituel" qui éclaire l'ensemble de l'œuvre d'Ivan Illich. Il pose l'histoire du bon Samaritain et son acte de miséricorde spontanée - sans considération d'origine ni de religion - comme le véritable fondement d'une éthique capable d'unir au lieu de diviser.Un essai d'une force et d'une perspicacité rares à l'heure où les différentes croyances s'affrontent et se combattent.» >>
Dossier
Mort

Masque mortuaire égyptien (Musée du Caire), photo Otto Kohler, reproduite avec son autorisation.


S'il y a consensus sur le fait que la mort est la cessation définitive de la vie, il y a controverse pour ce qui est du moment précis où cette cessation peut être considérée comme accomplie. L'arrêt du coeur était le signe jadis reconnu par la médecine. Il a été remplacé par la perte irréversible de la fonction cérébrale. Cette définition a l'avantage de permettre le prélèvement d'organes encore vivants dans un corps qui a perdu sa fonction cérébrale. Elle soulève aussi bien des questions d'ordre éthique.

Les définitions de la mort par Marc-Alain Descamps
Définition de la mort et transplantation d'organes


Enjeux
L'historien français Michel Vovelle résume les transformations du rapport à la mort dans la société occidentale contemporaine: «Dans les sociétés rurales d'hier, la mort était naturelle, sans drame, entourée des siens. La mort solitaire aujourd'hui est liée à des paramètres socio-économiques : la fin des communautés rurales, l'urbanisation et ses conséquences. Le F3 (type d'appartement urbain) a tué la mort collective, qui a perduré jusqu'à la première moitié du XXe siècle. On assiste aujourd'hui au "triomphe" de la mort hospitalière, qui a imposé son hégémonie en très peu de temps. En France, entre 70 % et 80 % des décès ont lieu à l'hôpital, avec toute la kyrielle des contentieux associés: l'acharnement thérapeutique, le malade soustrait à sa famille, etc.»
«Médecine et humanisme - Chronique de l'expérience ultime. Interview de Michel Vovelle». Propos recueillis par Daniel Louradour», Le Généraliste, 23 décembre 1999.
***
«L'adorable histoire de Platon sur le chant du cygne, dont l'équivalent existe dans d'autres cultures, nous autorise à penser que l'homme traditionnel possédait une espèce d'instinct d'immortalité. C'est sans doute parce qu'elle correspondait à cet instinct que la doctrine chrétienne de l'immortalité de l'âme a pu prendre racine aussi rapidement et aussi solidement dans les populations européennes.

La combinaison d'un tel instinct et d'une telle croyance aide à comprendre pourquoi on mourait si facilement autrefois. Voici un récit illustrant ce que fut la mort des chrétiens pendant plus d'un millénaire. "Quand Lancelot, blessé, égaré, s'aperçoit, dans la forêt déserte", qu'il a "perdu jusqu'au pouvoir de son corps", il sait qu'il va mourir. Alors, que fait-il? Des gestes qui lui sont dictés par les anciennes coutumes, des gestes rituels qu'il faut faire quand on va mourir. Il ôte ses armes, se couche sagement sur le sol: il devrait être au lit ("gisant au lit malade", répéteront pendant plusieurs siècles les testaments). Il étend ses bras en croix - cela n'est pas habituel. Mais voici l'usage: "il est étendu de telle sorte que sa tête soit tournée vers l'Orient, vers Jérusalem" (Philippe Ariès, Essais sur l'histoire de la mort en Occident du Moyen Âge à nos jours, Paris, Seuil, 1975, p. 20).

De la mort apprivoisée à la mort interdite

Phillipe Ariès, l'historien français à qui nous devons l'une des analyses les plus significatives de l'évolution des attitudes de l'homme occidental devant la mort, utilise l'adjectif "apprivoisée" pour caractériser une mort à la fois pressentie et consentie comme celle de Sir Lancelot.

Il montre ensuite comment, au cours des quelques siècles qui constituent la modernité, on est passé de la mort apprivoisée à la mort interdite. Auparavant, l'homme tombait de l'arbre de la vie comme la pomme tombe du pommier: comme un fruit qui est mûr. Cet acte a perdu progressivement son caractère naturel. La mort a commencé à arracher des cris de révolte; elle a été perçue comme une chose inopportune, puis comme une injustice ou comme une absurdité, voire comme un anachronisme: on aura bientôt le pénible sentiment de connaître la mort juste avant que la médecine ne triomphe enfin de cette fatalité. D'où l'intérêt que la congélation du cadavre suscitera au XXe siècle. Dans une étape antérieure du processus de dissociation d'avec la mort, on s'était contenté de transférer les restes du sous-sol et du voisinage immédiat de l'église vers un cimetière situé à l'extérieur de la ville ou du village.

Au même moment, la sexualité quittait la place qu'elle occupait tout naturellement au centre de la vie quotidienne pour devenir, en marge de cette dernière, une chose qui de plus en plus tirerait son attrait de son caractère exotique. Ariès n'hésite pas à associer le changement des attitudes devant la mort au changement des attitudes devant la sexualité. "Comme l'acte sexuel, la mort est désormais de plus en plus considérée comme une transgression qui arrache l'homme à sa vie quotidienne, à sa société raisonnable, à son travail monotone, pour le soumettre à un paroxysme et le jeter alors dans un monde irrationnel, violent et cruel. Comme l'acte sexuel chez le marquis de Sade, la mort est une rupture. Or, notons-le bien, cette idée de rupture est tout à fait nouvelle. Nous avons voulu au contraire insister sur la familiarité avec la mort et avec les morts. Cette familiarité n'avait pas été affectée, même chez les riches et les puissants, par la montée de la conscience individuelle depuis le XIIe siècle. La mort était devenue un événement de plus de conséquence; il convenait d'y penser plus particulièrement. Mais elle n'était encore ni effrayante, ni obsédante. Elle restait familière, apprivoisée. Désormais, elle est une rupture." (Philippe Ariès, op. cit p. 47.)»1

1- Jacques Dufresne, Le chant du cygne, Mourir avec dignité, Montréal, Éditions du Méridien, 1992. Introduction.



Essentiel
Mystère ou problème

«La mort était un mystère. Elle est désormais un problème. N'est-ce pas la façon la plus simple et la plus juste de rendre compte de la mort actuelle, dans les hôpitaux en particulier? À la lumière de l'interprétation qu'en donne Gabriel Marcel, cette distinction entre le mystère et le problème nous indique même les gestes à poser et à ne pas poser pour que se crée le climat qui permet de respecter les voeux les plus secrets du mourant. Il est des questions dont les réponses se trouvent dans un climat et non dans des distinctions qui satisfont la raison et le droit. Les questions ultimes entourant la mort sont de celles-là.

"Le problème, écrit Gabriel Marcel, est quelque chose qu'on rencontre, qui barre la route. Il est tout entier devant moi. Au contraire, le mystère est quelque chose où je me trouve engagé". Le problème est du côté de l'avoir, du vérifiable, le mystère est du côté de l'être, de l'invérifiable. Comment éviter la transformation du mystère en problème? Comment éviter, par exemple, le passage, qui semble fatal, du mystère de l'amour aux problèmes sexuels?

On peut participer au mystère de l'éveil de l'intelligence d'un enfant. Ce mystère devient un problème dès lors qu'un test révèle, ou plutôt étale le fait que le quotient de l'enfant est au-dessous de la moyenne... ou trop au-dessus.

Le problème est étalé à la portée de tous les regards, même les moins respectueux. Le propre du mystère est qu'il est voilé et que j'en fais partie.

On aura compris le lien entre le problème et la science. Partout où passe la science, s'accroît le risque qu'un mystère soit réduit à l'état de problème.

La mort est devenue un problème. Et là se trouve précisément le problème. La question éthique fondamentale, dans le débat qui nous intéresse, ce n'est pas celle de l'euthanasie, c'est celle de la dégradation du mystère de la mort en problème.

Tant qu'on reste dans la sphère du mystère, même un geste qui, vu de l'extérieur, apparaîtrait comme de l'euthanasie active, peut être justifié. On peut sentir alors qu'un être a accompli son destin et avoir la certitude qu'on ne le privera de rien en prenant le risque de hâter sa fin pour soulager davantage sa souffrance. L'essentiel en effet n'est pas la durée en tant que succession de minutes, c'est la durée en tant que lieu d'un accomplissement.

Mais quand on descend au niveau du problème, on peut penser que le mal est fait quoiqu'il advienne ensuite. Le grand malade alors n'est plus qu'un cas, qu'une chose. Il se sent exclu du festin de la vie, il se voit comme un fardeau pour son entourage. Son désir le plus profond est d'échapper à cette condition. S'il dit qu'il veut vivre c'est parce qu'il espère encore être enchanté, illuminé par la présence irradiante et compatissante de la vie à ses côtés. On le trompera si l'on se contente de reporter l'échéance par des prouesses techniques. S'il dit qu'il veut mourir, on le trompera encore si on interprète sa demande littéralement et si on se contente d'y répondre par une aide technique au suicide.

Il faut évidemment faire les lois en partant de l'hypothèse que la mort est plus fréquemment vécue comme problème que comme mystère. C'est pourquoi il ne serait pas sage de légaliser l'euthanasie active. Le flou juridique actuel est un moindre mal dans ce contexte. Il éloigne l'illusion qu'il existe une solution technique impeccable, que la solution se trouve dans une mort juridiquement correcte. Parce que le flou entretient l'incertitude chez les proches et les soignants, il les rapproche du malade qui vit l'incertitude suprême. Il favorise ainsi le retour à l'humanité, au mystère, dans une situation trop objectivée.

Si le climat de mystère est respecté ou recréé, il y a toutes les chances que la volonté authentique du malade soitrespectée, car c'est justement ce climat, et lui seul, qui permet à la dite volonté de se manifester dans toute sa vérité. L'essentiel, c'est la compassion qui est alors possible. Il faut tout mettre en oeuvre pour en favoriser l'éclosion. En d'autres termes, le but ultime doit toujours être de ramener la situation de l'état de problème à l'état de mystère.

Pourquoi faudrait-il que toutes les situations soient nettes alors que la contradiction est la caractéristique fondamentale de la condition humaine?»1

1- Jacques Dufresne, Le chant du cygne, Mourir avec dignité, Montréal, Éditions du Méridien, 1992. Introduction.


L'expression "le chant du cygne", qui nous vient de la plus haute Antiquité grecque, est toujours utilisée pour désigner, par exemple, un discours ou un récital d'adieu. Dans la bouche de Socrate, elle prend une valeur sacrée. Représentons-nous ce sage dans sa prison d'Athènes, où il vient d'apprendre qu'il est condamné à mort pour impiété. Les amis qui l'entourent aimeraient bien l'entendre une dernière fois parler de la connaissance de soi et de l'immortalité de l'âme, mais ils n'osent pas le lui demander, de peur de l'importuner dans ses derniers instants. Voici l'aimable reproche que leur adresse Socrate:

"Selon vous, je ne vaux donc pas les cygnes pour la divination; les cygnes qui, lorsqu'ils sentent qu'il leur faut mourir, au lieu de chanter comme auparavant, chantent à ce moment davantage et avec plus de force, dans leur joie de s'en aller auprès du Dieu dont justement ils sont les serviteurs. Or les hommes, à cause de la crainte qu'ils ont de la mort, calomnient les cygnes, prétendent qu'ils se lamentent sur leur mort et que leur chant suprême a le chagrin pour cause; sans réfléchir que nul oiseau ne chante quand il a faim ou soif ou qu'un autre mal le fait souffrir; pas même le rossignol, ni l'hirondelle, ni la huppe, eux dont le chant, dit-on, est justement une lamentation dont la cause est une douleur. Pour moi cependant, la chose est claire, ce n'est pas la douleur qui fait chanter, ni ces oiseaux, ni les cygnes. Mais ceux-ci, en leur qualité, je pense, d'oiseaux d'Apollon, ont le don de la divination et c'est la prescience des biens qu'ils trouveront chez Hadès qui, ce jour-là, les fait chanter et se réjouir plus qu'ils ne l'ont jamais fait dans le temps qui a précédé. Et moi aussi, je me considère comme partageant la servitude des cygnes et comme consacré au même Dieu; comme ne leur étant pas inférieur non plus pour le don de divination que nous devons à notre Maître; comme n'étant pas enfin plus attristé qu'eux de quitter la vie!"
Platon, Phédon, 85 a et b, trad. Léon Robin, Oeuvres complètes, La Pleiade, Paris 1950, tome 1, p 806.




Documentation
Philippe Ariès, Essais sur l'histoire de la mort en Occident du Moyen-âge à nos jours, Paris, Seuil, 1975.
Philippe Ariès, L'Homme devant la mort, Paris, Seuil, 1977 (tome 1: Le temps des gisants; tome 2: La mort ensauvagée).
C. S. Lewis, Apprendre la mort (A Grief Observed). Traduit de l'anglais par J. Prignaud et T. Radcliffe. Paris, Cerf, 1974.
Michel Vovelle, La mort et l'Occident de 1300 à nos jours, Paris, Gallimard, 1983; rééd. Gallimard, «Histoires», 2000.
Michel Vovelle, Les âmes du Purgatoire, Paris, Gallimard, «Le temps des images», 1996.
Michel Vovelle, L'heure du grand passage - Chronique de la mort, Paris, Gallimard, «Découvertes», 1993.
Michel Vovelle, Mourir autrefois, Paris, Gallimard, «Folio Histoire», 1990.
Reinhart Koselleck, L'expérience de l'histoire: Les monuments aux morts, lieux de fondation de l'identité des survivants, Paris, Gallimard-Seuil, 1997.
Jean Baudrillard, L'échange symbolique et la mort, Paris, Gallimard, 1976.
Edgar Morin, L'homme et la mort, Paris, Seuil, 1970.
Michel Lauwers, La Mémoire des ancêtres, le souci des morts. Morts, rites et société au Moyen-âge, Beauchesne, 1997.
Robert Sabatier, Dictionnaire de la mort, Paris, Albin Michel, 1967.
Louis-Vincent Thomas, Anthropologie de la mort, Payot, 1975.
Louis-Vincent Thomas, Rites de mort, Paris, Fayard, 1985.
Jean Ziegler, Les vivants et la mort, Paris, Seuil, 1975.
Pascal Hintermayer, Politiques de la mort, Payot, 1983.
Ruth Menahem, La mort apprivoisée, Éditions universitaires, 1973.
Michel de M'Uzan, De l'art à la mort, Paris, Galimard, 1977.
Michel, Picard, La Littérature et la mort, Paris, PUF, 1995.

Textes en ligne :

Ontologie de la mort, par Jean-Marie Brohm
Le virage ambulatoire ramènera les morts à la maison
La mort: pourquoi il faut en parler. Dossier de Psychologies Magazine (novembre 1998). Articles: Le droit de mourir, par André Comte-Sponville (Psychologies Magazine, septembre 1998).
La mort est un principe créateur du vivant. Entretien avec Jean-Claude Ameisen, auteur de La sculpture du vivant. Le suicide cellulaire ou la mort créatrice (Seuil). Propos recueillis par Pierre Tillet (Lyon Capitale - Culture, no 268, 5 avril 2000).
L'enterrement dernier cri: l'incinération au pied d'un arbre (dossier, Construire, année 2001, no 14, 3 avril 2001).
Mylène Baum, De la médicalisation à la juridicisation de la fin de vie
Stephen Prothero, Purified by Fire. A History of Cremation in America, University of California Press, 2001. Premier chapitre disponible.
Mystery Deaths (The Health Report, 3 décembre 2001 - Radio National, Australian Broadcasting Corporation): Researchers in the U.S. looked at the phenomenon of mystery deaths, that is unexplained, sudden fatal diseases in people with no previous medical problems.


Documents associés
Croyances
Mort, j'appelle de ta rigueur
François Villon
Mélancolie, amour
Mais que te nuysoit-elle en vie, Mort?
Littératures
Ave
Catherine Pozzi
Amour, mort
«Mais je vais vers un autre amour, dont celui-ci n'était qu'étincelle. Oh, qu'il soit présent! Qu'il ne permette pas beaucoup plus longtemps que la semblance de l'amour me donne aussi soif, chaque fois qu'elle passe. Des vers que j'ai fait (Ave) vont paraître dans la Nouvelle Revue Française. Et tous ils croiront que ce sont des vers à quelqu'un.» (journal de Catherine Pozzi, octobre 1929) LAWRENCE JOSEPH, Catherine Pozzi, oeuvre poétique, Éditions de la différence, Paris, 1988
La nudité originelle
Victor Hugo
Âme
La mort nous rend à la nudité originelle.
Philosophie
La mort est-elle un bien?
Platon
Renoncement, sérénité, spiritualité
Le sage Socrate soutenait qu'il ne fallait pas chercher à éviter la mort à tout prix.
Soins de santé
L'euthanasie légitime
Jean-Jacques Delfour
Suicide, liberté, droits de l'homme
Le problème de l'euthanasie semble être un noeud gordien si serré que son Alexandre n'est pas encore né. Il est en effet à la croisée de plusieurs problématiques incompatibles, voire incohérentes. En réalité, l'euthanasie est bloquée dans un faux débat dont les partisans et adversaires sont chacun aveugles à ce qui rend leur position propre aussi intenable que celle de l'autre groupe.
Techniques / Technologies
Compatir par-delà le bien et le mal
Jacques Dufresne
Euthanasie
Dans de nombreux pays d'Occident, on fait plus de cas aujourd'hui de la vie d'un animal qu'on n'en faisait de la vie d'un être humain il y a deux siècles. Cette importance croissante attachée à la vie s'accompagne d'une érosion des mobiles surnaturels sur lesquels reposaient les soins aux grands malades. Il en résulte une disproportion de plus en plus inquiétante entre les responsabilités à l'égard des êtres vivants et les moyens, matériels et spirituels, de les assumer.
Univers / Cosmos / Astres
Le cimetière marin
Paul Valéry
Mer, mort, immortalité, vie, poète, monotrope uniflore
Quel philosophe aura dit le changement mieux que ce poète?
Vie personnelle
Apprivoiser la mort
Philippe Ariès
Rupture, mentalité, Kübler-Ross, époque romantique, médicalisation
On a dit de Philippe Ariès qu'il fut le Darwin de la mort. Il a en effet décrit la façon dont elle a évolué dans les mentalités au cours du second millénaire.
La chanson de Sophocle à Salamine
Victor Hugo
Guerre, amour, mort, adolescence
«Je veux bien mourir, ô déesse, Mais pas avant d'avoir aimé.» Cette prière que Hugo met dans la bouche d'un éphèbe n'est-elle pas celle de tout homme qui pense à sa mort? Car ou bien on n'a pas aimé et on ne s'en console pas, ou bien on a aimé et on regrette de ne pas avoir aimé davantage.
Les fenêtres
Stéphane Mallarmé
Mourir à l'hôpital, l'agonie
Quoi de plus réel que ces symboles!
Divers
Claire
Victor Hugo
Enfance, innocence, destin, mystère
La mort d'un enfant, cet adieu à une vie que l'on a pas encore vécue, cette double mort...Mourir avant d'avoir aimé!
Comment vivre avec nos morts?
Jean-Sébastien Stehli
Du cinéma à la littérature, en passant par la photographie et l'art populaire, la Camarde fait recette. D'autant plus que l'effondrement des religions et les progrès médicaux nous ont déshabitués des rituels funéraires. Pourtant, il faut bien que les vivants fassent leur deuil
>
Dossiers connexes
Euthanasie
Cimetière
Extraits
H. Gilbert Welch
Dois-je me faire tester pour le cancer ? Peut-être pas et voici pourquoi:
La saine ignorance
mort
C'est souvent par crainte du diagnostic que l'on se tient loin des médecins. Si irrationnel qu'il puisse sembler être, ce comportement paraît de plus en plus sage.
Raccourcis intéressants

Terminologie / Traductions
Synonymes
Chant du cygne, le dernier pont
Antonymes
Vie
Étymologie
Xe siècle; du latin mors, mortis; en grec: thanatos
Allemand
Todt
Anglais
Death
Espagnol
Muerte
À lire également sur ce sujet
Animaux
Mon chien
Ivan Sergueïevitch Tourgueniev
Animal, intelligence, sensibilité, mort, relation homme-animal
Nous sommes deux dans cette chambre : mon chien et moi… Dehors, la tempête hurle et sanglote. La bête me fait face et me regarde droit dans les yeux. Et moi je la fixe de même. Elle a l'air de vouloir me dire quelque chose. Elle est muette.
Beaux arts
Le peintre et la mort
George Sand
Mort, paysan, Lazare, Renaissance, malheur, injustice sociale, vie, utopie, mission de l'art
Dans cette collection, ou plutôt dans cette vaste composition où la mort, jouant son rôle à toutes les pages, est le lien et la pensée dominante, Holbein a fait comparaître les souverains, les pontifes, les amants, les joueurs, les ivrognes, les
Civilisations
Colloque entre Monos et Una
Edgar Allan Poe
Mort, durée, sens (philos.), sensibilité, décadence, progrès, goût, science
«Incontestablement, ce fut pendant la décrépitude de la Terre que je mourus. Le coeur fatigué d'angoisses qui tiraient leur origine du désordre et de la décadence générale, je succombai à la cruelle fièvre.»
Répertoire de sites sur l’antiquité de l’Irak et son actualité démocratique
Josette Lanteigne
Antiquité, civilisation, musée de Bagdad, mort, démocratie en Irak
Répertoire de sites sur les origines de la civilisation et sur les efforts entrepris pour restaurer la démocratie en Irak.
Coutumes
Le duel. Élégie traduite de l’anglais
Auteur non identifié
Romantisme, George Gordon, Lord Byron, arme, mort
I C’est aujourd’hui le lugubre anniversaire, l’anniversaire du sang d’Édouard : pendant toute cette longue nuit, j’ai entendu le hibou de la grande tour de Northing;
Adieu à la Meuse
Charles Péguy
Départ, partance, mort
«Il y a une ivresse de Péguy comme il y a une ivresse de Hugo. Ils sont l’un et l’autre des coureurs de fond. Il faut se laisser emporter par la houle et bercer par le charme insidieux et puissant du poète de la grâce et de la correspondance entre ...
Croyances
À Théophile Gautier
Victor Hugo
Mort
Au-delà des mots, il y a des mots comme ceux-ci.
Cultures / Valeurs
Poésie espagnole
Luis Salas del Mármol
Amour, mort, honneur
Poésie espagnole de Quevedo, Lorca, Unanumo, Borgès, etc.
L'éternelle jeunesse
Jacques Dufresne
Emploi, guerre, homme, mort
Conférence prononcée à Laval dans le cadre des Ateliers régionaux tenus pour préparer le Sommet du Québec et de la jeunesse.
Histoire
L'ambivalence du temps de l'histoire chez saint Augustin - 3e partie
Henri-Irénée Marrou
Théologie de l'histoire, temps porteur d'espérance et de désespoir, mort, vie, vieillissement, Être, péché, Cité de Dieu
« Ainsi, de quelque point de vue qu'on se place, histoire profane, histoire sacrée, personnelle ou collective, toujours le temps vécu par l'homme apparaît affecté d'une redoutable ambivalence :»
L'humain
Les richesses viennent de la vertu
Platon
Mort, âme, richesse, honte, ignorance, iniquité, citoyen
« En effet, personne ne connaît la mort, ni ne sait si elle n'est pas le plus grand de tous les biens pour l'homme. Cependant on la craint, comme si l'on savait certainement que c'est le plus grand de tous les maux.»
Les sources de la quête spirituelle aujourd'hui
Michel Dansereau
Amour, souffrance, corps, mort, moi, douleur
«Après avoir accepté de venir parler, à ma manière, des sources de la quête spirituelle aujourd'hui, j'ai ressenti une sorte de vertige.»
Le printemps et l'espoir
René Dubos
Renouveau, croyance, guerre, mort, illusion, nature, éveil
Le réveil de la nature est l'occasion de retrouver espoir même dans la nature humaine.
Tristesse d'Olympio
Victor Hugo
Nature, tristesse, oubli, souvenir, amour, âme, métamorphose, vie, mort
« Car personne ici-bas ne termine et n'achève ; Les pires des humains sont comme les meilleurs ; Nous nous réveillons tous au même endroit du rêve, Tout commence en ce monde et tout finit ailleurs. »
Le divin
Anthologie-Amour
Jacques Dufresne
Amour, désir, mort, délaissement, solitude, souffrance
Chez les Grecs et les Romains de l'Antiquité, savoir et sentir étaient indissociables. Solon a même eu recours à la poésie pour écrire la constitution athénienne. Lucrèce savant et Lucrèce poète sont un même être.
Littératures
Les Mémoires d’Hadrien, un art de vivre
Yvon Bernier
Sagesse, art de vivre, mort, pouvoir, gouvernance, éducation, Rome, Antonins, Marc-Aurèle
Texte qui manifeste une confiance absolue dans la méthode préconisée par Hadrien pour l'éducation: l'histoire personnelle des grands individus.
Véra
Villiers de l'Isle-Adam
Mort
«D'Athol vivait double, en illuminé.»
Le portrait
Jules Supervielle
Mort, souvenir, mémoire, photographie, poésie française
Contemplant une photographie de sa mère, le poète évoque le souvenir de celle-ci.
Balzac au Panthéon
Remy de Gourmont
Panthéon, république française, mémoire collective, commémoration, mort, roman, faussaire, Anthelme Collet
Le Panthéon est un des monuments les plus bêtes et les plus laids de cette religion bâtarde où le citoyen s'adore lui-même, prostré dans un mysticisme abruti et humanitaire. Là, les ossements s'appellent des cendres, et les cercueils, des urnes.
La neige
Émile Verhaeren
Tristesse, solitude, misère, froid, village, campagne, mort, pauvreté, hiver
Le gel descend au fond des os Et la misère au fond des clos, La neige de la misère au fond des âmes, La neige lourde et diaphane Au fond des âtres froids et des âmes sans flamme, Qui moisissent dans les cabanes.
La sensibilité romantique
Remy de Gourmont
Romantiques français, sensibilité, suicide, mort, morbidité, mode, rêve, bonheur, dolorisme, mélancolie, ennui, délire, rêve, illusion, christianisme
C’est donc le règne bourgeois de Louis-Philippe qui fut le grand moment romantique, celui où l’âme française est le plus profondément imprégnée de ses idées, celui où il est possible de trouver des clercs de notaire ou des chefs de rayon qui rêvent
Municipalités
La mort à Sienne
Lucien Solvay
Mort, funérailles, tombeau
À Sienne, on croirait descendre (…), et plus profondément que jamais, dans la vie des tombeaux. Il serait difficile de rendre l’impression causée par ce dédale de ruelles ayant la propreté d’un sépulcre soigneusement entretenu, par cette ville morte
Philosophie
Montaigne et la vieillesse: une philosophie des âges de la vie
Thierry Gontier
Vieillesse, otium, decorum, épicurisme, retraite, mort, Michel de Montaigne
Pour Montaigne, la vieillesse est l'âge des loisirs, de la liberté, de la cessation de ce qu'il appelle "l'embesognement", qui est le fait de la jeunesse, laquelle s'y adonne avec d'autant plus d'ardeur qu'elle n'est pas consciente du temps qui
Sciences
La mort de Vincent Humbert
Jacques Dufresne
Mort, handicapés, compassion, pragmatisme, mère
Voir les articles du journal Le Monde sur la question d'une loi sur l'euthanasie et la mort de Vincent Humbert.
Soins de santé
Fin de vie, arrêt de vie, euthanasie
Comité consultatif national d'éthique pour les sciences de la vie et la santé (France)
Euthanasie, mort, médecine, sciences de la vie
Avis no 63 du Comité consultatif national d'éthique pour les sciences de la vie et la santé (France), en date du 27 janvier 2000
«Le respect de la dignité du mourant». Considérations éthiques sur l'euthanasie
Académie pour la vie (Église catholique)
Bioéthique, suicide assisté, mort
C'est en déclarant la douleur "curable" (au sens médical) et en proposant comme un devoir de solidarité l'assistance envers celui qui souffre que l'on arrive à affirmer le véritable humanisme: la douleur humaine requiert amour et partage solidaire, ...
À l'heure où la médecine est confrontée à ses limites
Donatien Mallet
Soins palliatifs, bioéthique, médecine, mort, limite
Depuis une dizaine d'années, les soins palliatifs se sont largement implantés au sein des institutions hospitalières ainsi qu'à domicile.
Le renoncement à la santé
Ivan Illich
Santé, renoncement, technique, environnement, vie, mort, joie, autonomie, système de santé
Après avoir ouvert l'ère de la critique des systèmes de santé technicisés, Illich a des regrets: il se demande si, en s'intéressant comme il l'a fait à la médecine, il n'a pas contribué à aggraver le problème qui lui paraît fondamental:
La saine ignorance
H.Gilbert Welch
Mort,
C'est souvent par crainte du diagnostic que l'on se tient loin des médecins. Si irrationnel qu'il puisse sembler être, ce comportement paraît de plus en plus sage.
La saine ignorance
H.Gilbert Welch
Mort,
C'est souvent par crainte du diagnostic que l'on se tient loin des médecins. Si irrationnel qu'il puisse sembler être, ce comportement paraît de plus en plus sage.
Vie personnelle
Le colloque des morts
Charles Maurras
Âme, poésie, immortalité, mort
Ce qui n'était que la merveille Des rares fêtes de l'amour Devient, quand l'âme se réveille, Son pain doré de chaque jour.
Le tombeau d'Edgar Poe
Stéphane Mallarmé
Poète, mort
Concision de la poésie, la métaphysique en un vers: Tel qu'en Lui-même enfin...
Des avantages de la vieillesse
Sénèque
Temps, mort, jeunesse, sagesse, inquiétude
Sénèque décrit les douceurs de la vieillesse à Lucilius, l'empêchant ainsi de succomber à la nostalgie de sa jeunesse passée, mais aussi à la crainte de la mort.
Connaissance de soi et vie quotidienne
Pierre Bertrand
Apprendre, apprentissage, vécu, fidélité, connaissance pratique, technique, liberté, mort, inconnu
Un livre de philosophie qui se passe presque complètement de références, car il s'adresse immédiatement à la «vérité», à la «vie» et à «ce qui est».
Le tombeau d'Edgar Poe
Stéphane Mallarmé
Poète, mort
Concision de la poésie, la métaphysique en un vers: Tel qu'en Lui-même enfin...
Divers
L'aubépine et l'étoile
Édouard Schuré
Étoile, aubépine, églantier, mort, amour, éternité
«Ah! que ne suis-je l'églantine Qui n'a qu'un printemps pour fleurir, Ou que ne suis-je l'aubépine Pour pouvoir aimer et mourir »
Réflexions sur la santé et la maladie
Jacques Dufresne
Espérance de vie, mort, durée, corps, médecine
Dans cette suite de réflexions ayant la santé pour thème commun, l'auteur évoque divers effets d'ordre psychologique et moral du triomphe d'une médecine fondée sur l'idée du corps machine.
Omar Khayyâm
Josette Lanteigne
Vin, amour, mort
«Aussi bien jouir de la vie et de son intelligence, plutôt que de se perdre en conjectures!»
Réconcilier l'âge et la vie
Jean Proulx
Mort, solitude, vieillesse, acccomplissement, temps, retraite
L'auteur résume ici le Colloque L'Âge et la vie tenu à Montréal à l'automne 1976.
Les corbeaux
Arthur Rimbaud
Corbeaux, hiver, vent, froidure, sévérité, dispersion, ralliement, devoir, mort
« Armée étrange aux cris sévères, Les vents froids attaquent vos nids ! Vous, le long des fleuves jaunis, Sur les routes aux vieux calvaires, Sur les fossés et sur les trous Dispersez-vous, ralliez-vous ! »
Nyx
Catherine Pozzi
Agonie, mort, intuition, au-delà, douleur, amour, maladie, éternité, nuit
Un mois avant sa mort, Pozzi compose ce poème qu'elle dédie «À Louise aussi de Lyon et d’Italie», son propre nom de baptème étant Catherine-Marthe-Louise Pozzi.
Que veulent les hommes?
Georges Bernanos
Dieu, vie, mort, souffrance, désir, péché
«Nous voulons réellement ce qu'Il veut, nous voulons vraiment, sans le savoir, nos peines, nos souffrances, notre solitude alors que nous nous imaginons seulement vouloir nos plaisirs.»
Un dimanche à la piscine de Kigali
Hélène Laberge
Mort, érotisme, violence, épopée
À propos de Un dimanche à Kigali, de Gil Courtemanche, Les éditions du Boréal, Montréal, 2000.
La mémoire du visage
Anonyme
Mort
Extrait d'une prière prononcée lors de funérailles.
Apologie de Socrate
Platon
Justice, honte, vertu, mal, mort, sagesse, condamnation, ignorance, éducation morale
« L'Apologie peut être divisée en trois parties, dont chacune a son objet.»
Dernière mise à jour: 05/25/2006
L'Encyclopédie de L'Agora - 1998 - 2010