| Un nouveau site sur l'appartenance |  (... Ce n'est pas seulement l'appartenance aux autres et à une communauté qui est en cause, mais aussi l'appartenance à l'univers, à la terre, à l'eau, à tout ce qui vit, à toute l'humanité. (Jean Vanier) |
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| Joseph Stiglitz, Andrew Charlton : "Pour un commerce mondial plus juste" |  Prix Nobel d'économie, ex-fonctionnaire de la Banque mondiale et conseiller de l'administration Clinton, Joseph Stiglitz est un partisan avéré d'une mondialisation fondée sur l'ouverture des marchés. Mais l'échec des discussions de Doha montre à quel point les mécanismes du marché sont distortionnés en faveur des nations les plus riches, les États-Unis en particulier, qui contrôlent, en fonction de leur poids économique, les décisions du FMI, de l'OMC ou de la Banque mondiale. Le succès économique des nations asiatiques émergeantes qui ont tenu à distance le FMI et la Banque mondiale, et a contrario, la crise économique en Argentine, largement dépendante du financement international, témoignent suffisamment de leur influence. Pour que la mondialisation réalise la promesse d'un développement équitable pour tous les pays, riches ou pauvres, il faudra "démocratiser" les institutions et les mécanismes qui régissent la libéralisation du commerce international et recentrer sur l'humain un capitalisme vidé de toute éthique : « Le capitalisme néolibéral est devenu une jungle impitoyable où l'on a oublié que l'être humain devait être au coeur du développement économique et que le profit ne devait pas être un but en soi.» >> |
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| Misère |
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Mendiante se protégeant de la neige et du froid
Gravure de Edmond-Joseph Massicotte (1875-1929) accompagnant la publication d'un conte de Noël de Hans Christian Andersen : La petite mendiante
Source imprimée : Le Monde illustré, vol. 11, no 555, 22 décembre 1894, p. 401
Source en ligne : collection de la Bibliothèque nationale du Québec |
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Certains mots ne peuvent être définis clairement que par leur opposition à un autre mot, c'est le cas du mot misère.
«Selon un sage Borana, (l'effort de vivre ) devrait déboucher pour tous les membres d'une communauté sur ce qu'il appelait, dans la langue de ses ancêtres, fidnaa ou gabbina, ou "le rayonnement d'une personne bien nourrie et libérée de tout souci."
C'est dans cet esprit que nous avons été amenés à régénérer une bien vieille distinction entre la pauvreté et la misère: une distinction attribuée à saint Thomas, pour qui la pauvreté représentait le manque du superflu, alors que la misère signifiait le manque du nécessaire. C'est dans ce sens que, bien plus tard, Proudhon parlera de la pauvreté comme " la condition normale de l'homme en civilisation", que Péguy comparera la pauvreté comme un réduit, un asile sacré, permettant à celui qui s'y bornait de ne courir aucun risque de tomber dans la misère , et que l'historien Michel Mollat, enfin, a conclu que la misère était, jusqu'à la Révolution industrielle, un accident plutôt qu'un phénomène sociologique.
Partant de cette distinction, la pauvreté serait ainsi un mode de vie, une condition essentiellement fondée sur les principes de simplicité, de frugalité et de considération pour ses prochains. Ce serait un mode de vie imprégné des concepts de qana'at (ce mot voulant dire, en persan et en arabe, contentement de ce qu'on a et de ce qui est perçu comme la part de chacun dans l'ordre cosmique), de convivialité et de partage avec d'autres membres de sa communauté. Il représenterait une éthique et une volonté de vivre ensemble, selon des critères culturellement définis de justice, de solidarité et de cohésion sociale, autant de qualités nécessaires à toute forme culturellement conçue pour confronter la nécessité.
La misère représenterait par contre une toute autre condition. Elle exprimerait la chute dans un monde sans repère où le sujet se sent soudain dépossédé de toutes ses forces vitales individuelles… et sociales qui lui sont nécessaires pour prendre en main sa destinée. Dépourvu de ses moyens de défense et tombé dans un état d'impuissance totale, le sujet, ainsi brisé dans son corps et âme, rappelle le sort d'un noyé en danger de mort que seul une bouée de sauvetage lancée par d'autres peut éventuellement sauver. Dans ces conditions, l'extrême malheur et le désespoir risquent de provoquer chez l'infortuné une altération de sa trempe de caractère. Comme le constate Simone Weil, son je est alors détruit du dehors, "ce je étant d'autant plus vite tué que celui qui subit le malheur a un caractère plus faible."
La misère morale qui déshumanise ainsi ses victimes, ne serait cependant pas le seul fait des indigents. Elle frappe de manière peut-être plus pernicieuse encore les riches et les nantis avides de superflus. Dans ce dernier cas, elle représente l'obsession pathologique du plus avoir et l'insensibilité totale aux autres; elle est aussi à l'origine de cette alliance perverse que l'on voit souvent se former entre les miséreux les plus désespérés et les protagonistes des mouvements extrémistes, fascistes ou fascisants, populistes et fondamentalistes qui déshonorent les pauvres, sous prétexte de les sauver.»
Majid Rahnema: source dans cette encyclopédie.
Les misères
La misère modernisée
Arrêter d'inséminer la misère. |
| Essentiel |
« C’est la pesanteur et c’est la force inévitable de la misère qu’elle rend les misérables irrémédiablement faibles et qu’ainsi elle empêche invinciblement les misérables de s’évader de leurs misères mêmes. Dans la réalité la misère avarie les vertus, qui sont filles de force et filles de beauté.
La misère ne rend pas seulement les misérables malheureux, ce qui est grave; elle rend les misérables mauvais, laids, faibles, ce qui n’est pas moins grave; un bourgeois peut s’imaginer loyalement et logiquement que la misère est un moyen de culture, un exercice de vertus; nous socialistes nous savons que la misère économique est un empêchement sans faute à l’amélioration morale et mentale, parce qu’elle est un instrument de servitude sans défaut. (…) nous savons que tout affranchissement moral et mental est précaire s’il n’est pas accompagné d’un affranchissement économique. (…)
On confond presque toujours la misère avec la pauvreté; cette confusion vient de ce que la misère et la pauvreté sont voisines; elles sont voisines sans doute, mais situées de part et d’autre d’une limite; et cette limite est justement celle qui départage l’économie au regard de la morale; cette limite économique est celle en deçà de qui la vie économique n’est pas assurée, au delà de qui la vie économique est assurée; cette limite est celle où commence l’assurance de la vie économique; en deçà de cette limite le misérable ou bien a la certitude que sa vie économique n’est pas assurée ou bien n’a aucune certitude qu’elle soit ou ne soit pas assurée, court le risque; le risque cesse à cette limite; au delà de cette limite le pauvre ou le riche a la certitude que sa vie économique est assurée; la certitude règne au delà de cette limite; le doute et la contre-certitude se partagent les vies qui demeurent en deçà; tout est misère en deçà, misère du doute ou misère de la certitude misérable; la première zone au delà est celle de la pauvreté; puis s’étagent les zones successives des richesses. (…)
La misère est tout le domaine en deçà de cette limite; la pauvreté commence au delà et finit tôt; ainsi la misère et la pauvreté sont voisines; elles sont plus voisines, en quantité, que certaines richesses ne le sont de la pauvreté; si on évalue selon la quantité seule, un riche est beaucoup plus éloigné d’un pauvre qu’un pauvre n’est éloigné d’un miséreux; mais entre la misère et la pauvreté intervient une limite; et le pauvre est séparé du miséreux par un écart de qualité, de nature.
Beaucoup de problèmes restent confus parce qu’on n’a pas reconnu cette intervention; ainsi on attribue à la misère les vertus de la pauvreté, ou au contraire on impute à la pauvreté les déchéances de la misère; comme ailleurs on attribue à l’humilité les vertus de la modestie, ou au contraire on impute à la modestie les abaissements de l’humilité.
Ainsi à l’égard de la consommation la différence du pauvre et du miséreux est une différence de qualité, de mode, comme à l’égard de la production la différence du travailleur et du théâtreux était une différence de nature.
En droit, en devoir, en morale usuelle on reconnaîtrait que le premier devoir social, ou pour parler exactement, le devoir social préalable, préliminaire, celui qui est avant le premier, le devoir indispensable, avant l’accomplissement duquel nous n’avons pas même à discuter, à examiner quelle serait la cité la meilleure, ou la moins mauvaise, car avant l’accomplissement de ce devoir il n’y a pas même de cité, on reconnaîtrait que l’antépremier devoir social est d’arracher les miséreux à la misère, d’arracher les miséreux au domaine de la misère, de faire passer à tous les miséreux la limite économique fatale. (…) »
Charles Péguy, De Jean Coste, Paris, Gallimard, 1937, p. 13-18 (texte daté du 4 novembre 1902). |
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| | Le Gueux | | Guy de Maupassant | | Mendiant, mendicité, itinérance, pauvreté, faim, désespoir, mépris, humiliation, bonne conscience, dureté du cœur | | La description sobre et émouvante d'une tragédie humaine. | | | Comment cela est-il possible? | | Louis Blanc | | Pauvreté, iniquité, injustice, rédemption, christianisme | | S’il n’y avait que des douleurs exceptionnelles et solitaires à soulager, la charité y suffirait peut-être. Mais le mal a des causes aussi générales que profondes; et c’est par milliers qu’on les compte, ceux qui, parmi nous, sont en peine de leur vêtement, de leur nourriture et de leur gîte. Comment cela est-il possible? Pourquoi, au sein d’une civilisation tant vantée, cet abaissement tragique et cette longue agonie de la moitié des humains? Le problème est obscur. Il est terrible. |
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et dis-lui que mon âme est sur les grands chemins,
comme lui le matin.» | | La neige | | Émile Verhaeren | | Tristesse, solitude, misère, froid, village, campagne, mort, pauvreté, hiver | | Le gel descend au fond des os
Et la misère au fond des clos,
La neige de la misère au fond des âmes,
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Au fond des âtres froids et des âmes sans flamme,
Qui moisissent dans les cabanes. | | | Religions | | "Cet humble et bon Vincent de Paul" | | Jules Barbey d'Aurevilly | | Charité, humilité, misère, pauvreté, sainte Thérèse d'Avila, cardinal de Richelieu, Napoléon Bonaparte | | Napoléon n’a pas plus organisé à sa manière que Vincent de Paul à la sienne… Le cardinal de Richelieu, cet homme d’ordre et d’unité, avec ses quatre à cinq coups de hache éblouissants qui brillent dans l’histoire, n’a jamais créé autour de lui des | | | Sociétés / Groupes | | La pauvreté | | Majid Rahnema | | Pauvreté, convivialité, misère, simplicité volontaire | | Conférence prononcée par Majid Rahnema, dans le cadre du Colloque Philia/L'Agora, le 18 octobre 2003, à Orford au Québec. | | À George Sand (ode) | | Théodore de Banville | | Justice sociale, misère, pauvreté, richesse, exploitation, faim, nature | | George Sand! ô beauté, coeur, âme, esprit, génie, / Rien n'a troublé jamais ton effort valeureux, / Et ta pensée, en pleurs comme une Iphigénie, / Combattait pour le pauvre et pour le malheureux. | | | | Je vous apporte un instrument sans voix | | Rabindranath Tagore | | Misère, tristesse, lyre, chant, chimères, amants, silence, humilité | | « Je vous apporte un instrument sans voix ; j'en
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et les cordes se sont brisées. » |
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