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Hervey Biron

Pierre Biron

Le parcours d’un Stokois loyal (1895-1984) dans une banque très Canadian

Voici la présentation du cheminement de mon père, né l’année de la mort de Pasteur dans le village estrien de Stoke (Val-St-françois; au nord de Fleurimont), marié à une Gaspésienne de la Baie-des-Chaleurs et décédé après 45 ans vécues sur le Plateau Mont-Royal. Les notes de son agenda lèvent un voile sur la vie d’un québécois issu d’une famille habitant une ferme de subsistance dont il ne voulait pas reproduire la pauvreté, en s’engageant corps et âme dans une carrière sécurisante de banquier, en l’occurrence dans une institution bien « impériale » de culture anglo-saxonne protestante. On y découvre aussi des aspects du mode de vie de ces régions dans la première moitié du 20e siècle.

L’enfance

Joseph-Adélard-Rosario-Hervey BIRON est né d’une mère de souche paternelle acadienne, Adélia RICHARD, enseignante née à Plessisville (Centre-du-Québec), et d’un père irlandais fils de James O’FARRELL I et Elizabeth KENNEDY (mes arrières grands parents), des réfugiés de la Grande famine depuis le comté de Tipperary en passant par Grosse-Île en quarantaine dans le Bas Saint-Laurent.

James O’FARRELL - BIRON, mon grand-père, né à Lennoxville, orphelin dès 5 ans, fut adopté par Antoine BIRON le cofondateur de Stoke né à Ascot et qui, à 17 ans, avait suivi sa famille « auto-exilée » au Maine pour trouver du travail, et en était revenu « Anthony BYRON ». Ce pionnier devenu prospère transféra son patronyme à James quand il l’accueilla dans un foyer bilingue catholique, l’épouse d’Antoine étant une unilingue anglophone épousée au New Hampshire. James ne fréquentera pas d’école.

Hervey entre à l'école du 6e rang en 1902 (à 6 ans). Durant la convalescence d’une fièvre rhumatismale il commence à lire l’anglais « dans les magazines que recevait un employé de son père ». Admis au séminaire Saint-Charles-Borromée en 1909 (à 13 ans) pour suivre un cours commercial dans les deux langues, il doit quitter en 2012 et retourne aux occupations de la ferme pour aider son père dans le 7e rang de Stoke. En 1913 une tante lui prête 125$ pour compléter son cours commercial à l’école Lalime de St-Hyacinthe d’où il revient 4 mois plus tard avec ses diplômes et plusieurs offres d’emploi.

Bref intermède militaire

« J’ai 17 ans et tout le temps pour choisir une carrière. », écrit-il dans ses mémoires. « C’est la période de la Première Guerre mondiale, il joint le 84e régiment de St-Hyacinthe comme réserviste, s’entraîne sur le Côteau-de-Trois-Rivières, son bilinguisme lui vaut d’être nommé sergent temporaire en charge des ambulanciers. Au retour il débarque du train arrêté à Victoriaville où demeurent les parents maternels RICHARD. Son absence n’est pas signalée et 6 mois plus tard il réclame et obtient sa paye de 135$ pour un mois au 84e régiment de St-Hyacinthe, argent qui lui permettra de poursuivre sa « vocation » bancaire. En octobre 1917 on le classe inapte au service actif et un document militaire en février 1918 confirme l'exemption pour cause de rhumatisme articulaire aigu durant l’enfance. Au grand soulagement de sa mère Adélia qui priait pour que son petit Hervey ne soit pas conscrit.

La carrière et ses débuts difficiles

En septembre 1913 il entre à l'emploi de la Canadian Imperial Bank of Commerce (La Banque, ci-après) à Lacolle, il a 17 ans. Les 3 premiers mois « de probation » se passent ainsi : « Mes premiers devoirs comprenaient la bonne disposition des formules sur le seul comptoir à l'usage de la clientèle, remplir les encriers et remplacer les plumes au besoin et de porter les traites chez les marchands. Parfois de chauffer le poêle. Notre installation rudimentaire n'était autre que le bout d'un hangar à chevaux appartenant à une église protestante ...

Nous n'avions pas de dactylographe et pour faire des copies de la correspondance nous devions utiliser un gros livre contenant des feuilles minces et jaunes entre lesquelles il s'agissait de placer l'original et sous la feuille suivante un linge mouillé et de refermer ce gros livre et de le placer dans une presse que nous fermions au moyen d'une roue. »

Installé dans le bout d’un hangar à chevaux appartenant à une église protestante et converti en bureau, le rôle de junior à Lacolle consistait à « disposer des formulaires sur l’unique comptoir pour la clientèle, remplir les encriers et remplacer les plumes, porter les traites chez les marchands et chauffer le poêle. » Au bout de 3 mois il obtient sa permanence mais son père doit quand même le cautionner jusqu’à 21 ans en « signant un bon de garantie de 2 000$ », un immense somme à l’époque.

Durant ses 2 ans à Lacolle il « parfait son anglais, apprend le tennis et s'initie aux rudiments du banking. » Le salaire mensuel est de 25$ moins 10$ de prime annuelle pour le bond de garantie signé par son père. Il poste la moitié de sa première paye à sa mère. Le voici transféré en octobre 1915 à Weedon au salaire annuel de 500$, le premier des 40 transferts de localités ou de fonctions (caissier, comptable, inspecteur, collections, gérant suppléant, gérant de succursale – aujourd’hui on dirait directeur de banque). Il doit travailler en chemise blanche (col empesé) avec cravate et veston impeccables, tant dans les locaux qu’avec les clients rencontrés à l’extérieur. Le reste de sa vie professionnelle il prendra même son petit-déjeuner dans cette tenue les jours ouvrables.

En juin 1932 on le mute comme gérant à Waterloo. Pendant 6 ans, tantôt il administre une manufacture endettée envers La Banque, tantôt agit comme secrétaire-trésorier de la Chambre de commerce, tantôt membre du Club de golf de Granby. Il fait partie de la petite bourgeoisie locale, fréquente les clients professionnels et propriétaires d’entreprise dont l’un d’eux est Frank LECLAIR, père de Maurice qui deviendra doyen de la faculté de médecine de Sherbrooke avant d’être nommé par Pierre-Elliott TRUDEAU Sous-ministre de la Santé, Sous-Ministre de la Science et de la Technologie et Secrétaire du Conseil du Trésor, pour enfin devenir président de la Canadian National Railway et vice-président de la CIBC.

 Hervey est enfin sorti de la pauvreté. La Banque loge la famille au 2e étage du bel immeuble abritant encore la CIBC, 5457 rue Foster, où je suis né. Cette rue est reconnue par les touristes pour la valeur patrimoniale de ses édifices.

On le rapatrie définitivement à Montréal en février 1938 (à 42 ans) pour assurer durant 19 ans la gérance angle Hôtel-de-Ville et Ste-Catherine (coin nord-ouest, face à l’édifice du journal La Patrie de l’époque) en plein cœur du Red Light que nettoiera plus tard Pax PLANTE à la demande de Jean DRAPEAU. La succursale fermera en septembre 1980 et le bâtiment sera transformé en magasin de chapeaux pour hommes Henri & Henri.

Sur le Plateau Mont-Royal

Il déménage définitivement au printemps 1939 à l’ombre de l’église St-Stanislas-de-Kotska près des écoles Paul Bruchési, Saint-Stanislas et Saint-Anges, sur le boulevard St-Joseph où l’on retrouve beaucoup de professionnels. Dans le « bloc » formé des rues adjacentes Garnier, Gilford et Fabre, c’est un mélange de classes, c’est le Plateau des œuvres de Michel TREMBLAY. J’ai pu y rencontrer des intellectuels comme Jean-Pierre BONHOMME (journaliste), André BELLEAU (poète) et Gaétan LABRÈCHE (comédien et père de Marc) mais aussi des laissés pour compte. Les enfants, moi y compris, se mélangent toutefois dans la ruelle entre les cours et les hangars, sous les cordes à linge, et où passaient (au début à cheval) le vendeur de blocs de glace, le charbonnier pour alimenter nos fournaises, le « genillou » qui récupère les tissus usés; dans la rue le laitier et le boulanger livraient au seuil de la porte même par -40F.

Hervey lisait le Montreal Star, ma mère lisait La Presse, m’exposant ainsi à deux langues et deux visions politiques de notre société. Il parlait anglais quand « c’était important », français le reste du temps. Il m’emmena fièrement rue Ste-Catherine voir le roi George VI parader à Montréal; une peinture au mur du salon était intitulée The Little Boy of Fountleroy.

Il prendra sa retraite, qu’il jugeait prématurée (lire ci-après), le 5 décembre 1956 au 61e anniversaire, après 43 ans de service ininterrompu. Il agira comme conseiller en affaires et comptabilité de 1957 à 1963, par exemple pour la mercerie pour hommes LEFEBVRE Inc. installée rue Mt Royal puis rue St Denis; le commerce de bois DUPUIS Ltée à Verdun (fondé en 1910), et le laboratoire médical BIRON à Longueuil (sans lien de parenté, puisque son père changea de patronyme à 5 ans) jusqu'en avril 1978 (à 82 ans). Il additionnait sans calculatrice des colonnes de deux chiffres, alors que la jeunesse actuelle ne sait même pas compter sans ses écrans.

La langue, la morale et la politique à la Canadian Imperial Bank of Commerce (CIBC)

De 1913 à 1978 toute la correspondance entre le bureau-chef à Toronto, le surintendant à Montréal et les employés québécois francophones, ainsi que – après la retraite – le Fonds de pension de La Banque et les retraités, se faisait en anglais. Ce n'est que le 10 mai 1978 que l'on trouve dans sa correspondance une première lettre circulaire du Fonds de pension qui soit rédigée dans les deux langues.

Dans la lettre de novembre 1916 lui annonçant son transfert à Ford City en Ontario, La Banque lui explique d’un ton doublement paternaliste le motif : il fallait un canadien-français de service – "A good French Canadian for Ontario"; de plus on le met en garde contre les risques de la jeunesse – "There are more temptations". Le banking d’alors, d’inspiration écossaise, frisait la religion (variété protestante et puritaine). On mutait régulièrement les employés pour éviter les risques de corruption quand les clients deviennent des amis.

En novembre 1943 La Banque s'inquiète de la remise en question de l’ordre social au pays, et au Québec au bord de la Révolution tranquille – « Proponents of socialism in one form or another are seeking to influence the public mind. » - Jean Marchand vient d'être engagé comme organisateur syndical et nous ne sommes qu'à 5 ans du Refus global de Borduas. La Banque offre aux gérants une aide pour « lutter contre les idées progressistes », sous la forme d'un pamphlet dénonçant les faussetés inhérentes à la doctrine socialiste – « Fallacies inherent in the socialistic doctrine » –, à ne distribuer toutefois qu'à l'intérieur des murs de la succursale (sic).

 Le choix de l'année de retraite

Avant 1949 on apprécait son habileté à recouvrer des créances, souvent en mettant de l'ordre dans les affaires des clients, et son aptitude à mettre de l'ordre dans les succursales moins rigoureuses où il était souvent demandé pour agir comme inspecteur. Ses supérieurs appréciaient sa rigueur, les employés un peu moins.

En mars 1949 le surintendant provincial lui demande de se montrer plus entreprenant pour aller chercher de nouveaux emprunteurs, – "I would like to see an aggressive effort made to acquire additional new and remunerative business of a more diversified character". Toujours en anglais, on lui suggère de joindre un club social, – "Your becoming affiliated with a business men's club in your vicinity would be a valuable means of extending the scope of your activities". Un ulcère duodénal et un eczéma ne sont peut être pas étrangers à ces tensions.

En juin 1949 dans sa réponse à ses supérieurs, il ne semble pas disposé à prendre des risques car l'idée d'une banque prenant des risques pour augmenter les profits ne correspond pas à sa vision idéaliste du banking, – "I have not worked on the basis of taking over a poor risk for the purpose of obtaining a good one, it just does not fit here". Quand au club social, il ne saute pas sur l'occasion, – "The question of my being affiliated with a business men's club will have my attention in due course". Le ton était péremptoire, trop pour ses patrons. De toute évidence il préférait attendre les clients-emprunteurs plutôt que d'aller vers eux, il en faisait une question de fierté et n’appréciait pas de se faire dicter la politique de gestion de sa succursalle quand ses valeurs étaient remises en question.

En août 1951 on compare la performance de sa succursale avec celle de la province; ses profits ont baissé alors qu'ils ont augmenté ailleurs et en novmbre 1954, il propose à la banque de fixer sa date de retraite au 5 décembre 1959, jour qui correspondrait à son 64e anniversaire.

En janvier 1955, La Banque répond qu'après discussion avec le surintendant du Québec : "For the time being it has been decided" – que la date serait fixée au 5 décembre 1956 correspondant au 61e anniversaire. Donc trois ans avant l’âge habituel de la retraite.

En octobre 1955 le surintendant requiert "A concentrated effort towards obtaining a larger share of the banking of present residents both large and small", autrement dit on lui demande d'augmenter la clientèle quitte à prendre des risques. Quelques clients tentèrent de le corrompre mais jamais il n’accepta de s’écarter des règles en acceptant des pots de vins en retour de prêts risqués. En décembre 1955, il demande un compromis : se retirer le 5 décembre 1957 à son 62e anniversaire avec option de pouvoir réclamer une extension additionnelle d'une année au 5 décembre 1958.

En février 1956 le bureau-chef torontois tranche la question : "It has been decided to confirm definitely" – que la date de retraite sera le 5 décembre 1956 au 61e anniversaire. En novembre 1956 il écrit à Val d'Or à son successeur que la succursale Hôtel-de-Ville n'est pas difficile à gérer pour un banquier expérimenté, qu'elle génère "large profits annually" – et que les créances ne posent aucun problème puisque "credit business is clean at all levels". La seconde affirmation de mon père ne correspondait pas aux expectatives de La Banque.

Les banques et la société québécoise en général ont toutes deux bien changé depuis, mon père aurait préféré aujourd’hui un rôle de vérificateur général à celui de gérant. Et s’il avait troqué la sécurité mal payée contre l’ambition avec ses risques, il aurait quitté La Banque pour accepter l’offre du financier Jean-Louis LÉVESQUE, cousin de ma mère, de devenir l’un de ses adjoints.

Restrictions du travail autonome même après la retraite

En novembre 1956 le Fonds de pension de La Banque l’informe du droit de regard sur les occupations de ses retraités, afin d'éviter tout conflit d'intérêt avec ceux de La Banque, notamment la vente de valeurs mobilières ("selling of securities... any other occupation in conflict with the Bank's interests"). Il doit demander l’accord dudit Fonds chaque fois qu'il envisage d'accepter des honoraires ou un salaire qui pourrait constituer un conflit d'intérêt. Mais il sent le besoin de compléter sa maigre pension.

Le 28 décembre 1957 il demande de pouvoir agir comme gérant général de Lefebvre Inc, magasin de vêtements pour hommes, coin St-Denis et Ste-Catherine. Le 31 courant le Fonds répond que s'il peut confirmer par écrit que ses activités concernent une activité purement mercantile, le Conseil de direction n'aura pas d'objection.

Le 15 mars 1961, il doit demander la permission avant d'agir comme gérant d'une succursale du Farmers and Merchants Trust Co Ltd devant ouvrir rue Ste-Catherine. Le 20 courant le Fonds refuse ("the Trustees regret they are unable to consent to your request").

Le 6 août 1966, il demande s'il peut, en plus de donner des avis sur les fonds mutuels, vendre des fonds mutuels pour Les Fonds Collectifs Inc. et en tirer une commission. Le 22 courant le Fonds répond dans l'affirmative.

Ses convictions

1. Homme rigoureux, il aimait bien la devise du journal Le Devoir « Fais ce que dois » et croyait bien qu’un ‘tiens’ vaut mieux que deux ‘tu l’auras’. Il aimait les bulldogs parce qu’ils symbolisaient la devise britannique « What we have we hold ». Il embrassa le banking comme une vocation, avec « beaucoup de zèle, s’imprégnant des principes bancaires qu’étaient ceux de la parfaite intégrité et clairvoyance » et aurait souhaité que ses employés en fissent autant, sa succursale avait d’ailleurs été choisie pour la formation des stagiaires et il n’hésitait pas à les reprendre voire les congédier (j’en ai été témoin durant un travail d’été.) Respecté mais pas populaire. Il se retournerait dans sa tombe à Stoke s’il voyait aujourd’hui des banques mêlées aux paradis fiscaux et au blanchiement d’argent.

2. Né sur une ferme de subsistance, il trouvait que les gérants d’origine rurale exerçaient un meilleur jugement que ceux d’origine urbaine.

3. Né d’un père irlando-catholique dans une région où l’influence anglo-protestante se fait encore sentir et employé dans une institution dont il partageait les valeurs au début (il insistait sur le mot Imperial quand il nommait son employeur), muté 40 fois et ayant eu affaire à des centaines de petites et moyennes entreprises à travers tout le Québec (et même en Ontario), il trouvait que ceux qu’on appelle aujourd’hui les Québécois de souche devenaient rarement de bons administrateurs. Toujours vrai, notamment dans la fonction publique où ils sont encore largement majoritaires dans la province.

4. Ayant embrassé le banking comme on entre en religion, il conçut ainsi son expérience professionnelle: « Comparativement à aujourd’hui notre parcours était cruel. Mon exposé indique que la façon dont se forgeaient des hommes de banque de ce temps là était supérieure, et nos banquiers d’aujourd’hui ne valent pas mieux que ceux d’hier. » Et ils sont beaucoup mieux payés.

Le mot de la fin

         Mon père descendait de deux peuples contre qui les Britanniques se sont acharnés. Primo, ses grand-parents étaient des réfugiés vers 1850 de la Grande famine irlandaise fortement dûe aux politiques agricoles de Londres. Secondo, l’ascendance paternelle de sa mère était de la lignée des réfugiés acadiens RICHARD qui avaient rejoint le Centre-du-Québec après la Déportation. Tertio, l’ascendance paternelle de son épouse était de la lignée acadienne ALAIN réfugiée à Bonaventure avant de s’installer à Carleton-sur-Mer.

Bien qu’il eusse choisi de calquer sa vie professionnelle sur celle « du plus fort », il mena une vie privée entièrement « canadienne française » comme on disait à l’époque, et s’était mis à signer Hervé. Il affectionnait sa parenté stokoise et elle était la bienvenue chez lui boulevard St-Joseph ; plus d’une fois il héberga un proche ayant besoin d’un court séjour dans la métropole. Inversement il se réjouissait quand notre famille pouvait passer ses vacances avec ses parents retraités dans une petite maison à l’ombre de l’église St-Philémon de Stoke.

 

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