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Handicapé

«Êtes-vous atteint d'une déficience physique ou intellectuelle ou d'un handicap?»

X Oui Non

Si oui, précisez votre réponse

En trois lignes, je dois admettre que ma main gauche ignore souvent ce que fait ma main droite, que le débit de ma pensée est mal synchronisé à celui de ma parole et qu’un strabisme alternant me donne un air parfois louche...

En quatre lignes, j’aimerais répondre que, selon les circonstances, je deviens de temps à autre, une «personne handicapée», dans la mesure où mes déficiences sont perçues comme persistantes et significatives et me limitent dans l’accomplissement des activités normales attendues d’un adulte de cinquante et un ans.

 

Ce type de question, qui se retrouve sur divers formulaires gouvernementaux, me rend toujours perplexe sinon frustré. J’ai peine à me résoudre à répondre par un «oui» ou un «non». Et les quelques lignes supplémentaires parfois prévues pour «préciser» ma réponse me sont une invitation à la dérision, sachant trop bien que de répondre «encéphalopathie avec hémiparésie gauche de forme idiopathique» ne soit qu’une demi-vérité et que pour donner une réponse complète (laquelle n’est pas nécessairement souhaitée) je devrais écrire ma vie.

Le problème vient de la question, qui juxtapose deux ordres de réalité: celle d’avoir une ou plusieurs déficiences ou limitations fonctionnelles et celle d’être handicapé. La déficience en elle-même n’empêche pas la vie, elle ne fait qu’obliger à certaines adaptations. Le handicap d’autre part contraint à se vivre différemment et plus ou moins à l’écart de ses besoins, de ses aspirations, de ses projets, et plus ou moins en marge de la société. En d’autres termes, par le fait d’accepter mes déficiences et mes incapacités en les compensant, si possible de diverses façons, je ne fais qu’assurer ma survivance. En acceptant mes handicaps, je renoncerais à me vivre en tant qu’animal social.

Seuls les adultes posent ce genre de question. Les enfants constatent les déficiences sans présumer qu’elles sont des symptômes d’un problème ou d’une difficulté. Ils interrogent directement la différence: «Pourquoi ta main tremble?», «Pourquoi tu parles mal?», «Pourquoi ton œil est-il un peu croche?», sans intention de la juger ni référence à une échelle de pseudo-normalité. Mais les enfants grandissent! Voilà pourquoi, s’il est vrai que tous les hommes naissent égaux, certains deviennent «handicapés» en se retrouvant hors normes.

Jean-Pierre Bouchard






«Désavantage social résultant d’une déficience ou d’une incapacité qui limite ou interdit l’accomplissement d’un rôle normal.

Le terme de handicapé a remplacé progressivement dans le vocabulaire social les termes d’infirme, d’invalide, d’inadapté, considérés comme négatifs et stigmatisants. Son utilisation exprime une volonté publique d’une compréhension des différences et d’une intégration de tous dans la société.»

Min. de l’Emploi et de la Solidarité, France

Essentiel

«Il est, hélas, bien difficile de donner au verbe «contribuer» (to contribute) un sens qui s’étende au-delà de l’action concrète, laquelle suppose des facultés intellectuelles intactes et la capacité de se déplacer. Quelle peut être, selon les valeurs dominantes actuelles, la contribution d’une personne clouée à son lit? Nous connaissons tous, ne serait-ce que par oui-dire, des personnes qui ont accepté leur malheur avec un abandon et un amour tels qu’elles rayonnent d’une joie tout intérieure et que par ce seul rayonnement, elles donnent un sens à la vie des personnes qu’elles rencontrent. Mais comment se réjouir d’un tel rayonnement quand il est lui-même occulté par les infirmités du corps, quand il faut le deviner pour y être sensible et y croire comme à un dieu invisible pour être en mesure de le deviner? Un sage ou un saint pourraient nous répondre: voici pourtant le don suprême et voici l’amour extrême: don de celui qui n’a plus rien à donner, même pas lui-même, amour de celui qui n’a plus de raisons d’aimer. Ces sentiments sont si inhabituels, hors du commun, qu’ils nous paraissent sans rapport avec nos vies courantes.»
Laurent Grenier

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