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    Impression du texte

    Héros

    Définition

    Le héros est celui qui pense, comme Thomas Carlyle que «ce qui est tragique dans la vie des hommes c'est moins leurs souffrances que leurs échecs.»

    «Héroïsme, - c'est l'état d'esprit d'un homme qui tend vers un but en regard duquel lui-même n'entre plus du tout en ligne de compte. L'héroïsme, c'est la bonne volonté de sombrer soi-même.» Nietzsche, Zarathoustra.
    «L'héroïsme, d'ailleurs, ne se prêche pas ; il n'a qu'à se montrer, et sa seule présence pourra mettre d'autres hommes en mouvement. C'est qu'il est, lui-même, retour au mouvement, et qu'il émane d'une émotion - communicative comme toute émotion - apparentée à l'acte créateur. La religion exprime cette vérité à sa manière en disant que c'est en Dieu que nous aimons les autres hommes. Et les grands mystiques déclarent avoir le sentiment d'un courant qui irait de leur âme à Dieu et redescendrait de Dieu au genre humain.» Henri Bergson, Les deux sources de la morale et de la religion. «Ils sont si étrangers à toute vertu héroïque, ceux-là surtout qui prêchent les peuples et veulent les conduire, qu'ils ont répandu ce mensonge que le héros est avant tout un bienfait social. Selon eux, le héros ne vit que pour faire le bien de la foule, faisant passer la société d'une condition mauvaise ou médiocre à une condition meilleure. Quelle absurde conception! Le héros n'est jamais social, et presque toujours le contraire. Loin de vivre pour les autres, le héros ne vit que pour lui. Non pas pour ses intérêts directs et les plus visibles, pour son succès, ses voluptés ou sa famille: le vrai héros ne vit que pour la partie la plus haute de lui-même, celle qui le dépasse autant qu'il passe lui-même la multitude: celle enfin qu'il est né pour servir et dont la vocation le force au besoin, fût-ce malgré lui, d'être la victime.
    On est, ici à la charnière de ce qu'il y a de plus social dans l'homme et de ce qui l'est le moins: le héros et le saint, l'un vis-à-vis de soi et l'autre vis-à-vis de Dieu sont les plus solitaires des hommes. La charité même dont brûle le saint ne le sépare pas moins de la multitude que la volonté d'être soi ne divise le héros d'avec tous les hommes. Mais il se trouve que le héros et le saint font jaillir de la foule une morale et une action qui la renouvellent, qui la soulèvent et la portent, au-delà d'une forme épuisée de la politique ou de la vie, dans un plan plus haut, plus vaste et plus pur. Ce qui était vertical dans le héros et dynamique devient statique et horizontal dans le genre humain. Voilà donc le rythme de l'évolution, tel que Bergson l'a défini le premier avec une admirable clairvoyance: l'humanité est lancée par le saint ou le héros de palier en palier, de l'échelon usé, où elle s'attardait et qu'elle quitte, au degré supérieur qu'elle devra quitter à son tour, quand la vertu d'action en sera épuisée ou dissoute. Cette analyse a les caractères de l'évidence. A une condition: qu'on ne se figure pas que le héros et le saint agissent d'abord pour élever le genre humain, et pour le faire passer du palier d'en bas au palier supérieur. Une telle vue serait trop féconde en erreurs et en mensonges. Elle tarirait la source des changements. Une fausse utilité éteindrait le feu qui allume les révolutions: car les plus fécondes sont les évolutions sans dessein formel ni préjugés. Quoi qu'il semble, le saint n'est pas plus social que l'artiste. La cellule de l'un et la chambre de l'autre sont voisines, dans la même Thébaïde. Si la société finit par les suivre et les imiter, ils n'y sont volontairement pour rien. Ils sont la puissance et l'essor original que la société prend ensuite à son compte, et dont elle se nourrit jusqu'à les stériliser, puisqu'elle les stabilise.» André Suarès, Pages, Paris, Éditions du Pavois, 1948, p. 307.

    Essentiel

    «Éther divin, vents à l'aile rapide, eaux des fleuves, sourire innombrable des vagues marines, Terre, mère des êtres, et toi, Soleil, oeil qui voit tout, je vous invoque ici: voyez ce qu'un dieu souffre par les dieux.» Eschyle, Prométhée enchaînée. «Le plus haut héroïsme, pour un individu comme pour un peuple, est de savoir affronter le ridicule ; mieux encore, c'est de savoir se poser en ridicule et de ne rien craindre de lui. » Unamuno, Le sentiment tragique de la vie, p. 360 (Idées/Gallimard no68)

    Documentation

    Max Scheler, Le saint, le génie, le héros, présentation et trad. par E. Marmy, Lyon, Paris, 1958.
    Héroïsme et marginalité. Le crépuscule du héros / Georges Zaragoza. - Nantes : Editions du temps, 2002-09. - 192 p. - ISBN 2842742222

    Rousseau, Discours sur la vertu du héros.

    Gracián, Baltasar. El héroe, Texte intégral en espagnol
    Gracián, Baltasar. Le héros. Traduit de l'espagnol et présenté par Joseph de Courbeville. Reproduction de l'édition de Paris, N. Tissot, 1725, 85 p. (Bibliothèque nationale de France, Gallica - mode image, format PDF)
    Gracián, Baltasar. Le héros. Édition Le promeneur.

    Thomas Carlyle: ON HEROES, HERO-WORSHIP, AND THE HEROIC IN HISTORY


    Miomandre, Francis de. "Élémir Bourges et le culte des héros", Mercure de France, no 183, 1er février 1905, p. 347-355 (Bibliothèque nationale de France, Gallica - mode image, format PDF)

    Date de création : 2012-04-01 | Date de modification : 2014-11-01
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