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    Animal

    Dessin animé racontant l'histoire de milliers de poules. Entassées les unes sur les autres dans un poulailler industriel, elles sont gavées mécaniquement dans un univers artificiel où elles pondent à heure fixe. Quelle influence a sur les humains cette nourriture conditionnée selon les seuls principes de rentabilité?

    Photo: L'Encyclopédie de L'Agora. Reproduction autorisée avec mention de la source.

    Définition

    «À propos de l’animal, les opinions des contemporains sont partagées en deux camps: pour les uns ils sont des machines, objets à la disposition des hommes; pour les autres, ce sont des êtres vivants sensibles, sujets à la souffrance.»1

    Quand on dit que les bêtes souffrent, il faut toutefois comprendre qu’elles ont quelque conscience de cette souffrance et qu’à leur douleur purement physique s’ajoute une douleur morale d’autant plus vive que leur sort leur paraît moins justifié. Une souffrance qui ne s'accompagnerait ni de conscience ni d'un sentiment, au moins diffus d’injustice, ne serait rien d’autre qu’un bris de la machine et les cartésiens auraient alors raison de dire que le cri de la bête torturée n’est que le bruit que font en elle les ressorts brisés.
    Les animaux auraient-ils donc une âme? Chez les êtres humains, l’âme est à la fois principe vital, principe intellectuel et un principe spirituel, source de la sensibilité au bien et au mal, «bête divine» disait Nietzsche. Il est devenu difficile de définir le principe vital tant la science l’a fait régresser vers la matière, rejetant au passage l’animisme et le vitalisme. Le principe intellectuel semble absent de bien des êtres humains souffrant de déficiences graves sur ce plan. L'étincelle spirituelle continue toutefois de brûler au fond de toutes les souffrances et de briller au fond de toutes les joies, chez tous les êtres humains, de même que chez les animaux à un degré moindre et chez les plantes à un degré encore moindre. Si l'on refuse de prêter aux animaux une sensibilité au bien et au mal, peut-être pourrait-on reconnaître qu'ils sont sensibles à ce qui leur fait du bien ou du mal, sans avoir au même degré que l'être humain la capacité intellectuelle de remonter jusqu'aux idées de bien et de mal. Les scolastiques, saint Thomas en tête, à défaut d'attribuer aux animaux une âme intellective et immortelle, qui aurait accru les obligations de l'homme à leur endroit, leur reconnaissait une âme sensitive et par suite une faculté, l'estimative, leur permettant de se rendre compte qu'une chose est bonne ou mauvaise pour eux.
    Après les scolastiques, après Descartes, après Kant, pour qui l'animal n'est qu'un moyen, le philosophe anglais Jeremy Bentham renversa la perspective en ces termes: «The question is not, can they reason? or can they talk, but can they suffer?» Puisqu'ils peuvent souffrir, il va de soi, poursuit Bentham, qu'on leur reconnaisse des droits. Nous sommes en 1780.
    La question des rapports entre les hommes et les animaux est incontestablement l'un des point faibles de la tradition chrétienne. Dans la préface à un livre sur les animaux, paru en 1986, le philosophe catholique Gustave Thibon reconnaît qu'à «quelques exceptions près, la morale religieuse a laissé dans l'ombre cette question qui touche pourtant de si près au mystère de la création et de la rédemption.»2 Il cite ensuite ce vers de Hugo: Les bêtes dont les âmes de rêve et de stupeur sont faites... «Il est évident, poursuit Thibon, que nous avons abusé de cette stupeur pour transformer ce rêve en cauchemar. Abus de pouvoir d'autant plus révoltant qu'il est facile et exempt de risques, l'inconscience des bêtes, cette inconscience qui est aussi innocence, les livrant sans recours aux plus cruelles entreprises des hommes. Nous n'avons pas créé l'animal. Il fait partie comme nous de la création animée, il sent et il souffre comme nous, et la conscience de cette solidarité cosmique nous dicte le devoir de respecter sa nature et de ne pas lui infliger des souffrances inutiles ou d'une utilité incertaine.»3

    1. GEORGE CHAPOUTHIER, Le statut de l'animal: ni homme ni objet, dans la revue Pour la science, no 271, mai 2000.
    2. JEAN GAILLARD, Les animaux, nos humbles frères, Paris, Fayard, 1986.
    3. idem
    (J.D)

    Enjeux

    Si l’animal n’est pas une machine, s’il a une âme, une grande partie de l’agriculture productiviste, celle que les anglo-saxons appellent le factory farming,est condamnée et les expériences de laboratoire sur les animaux sont extrêmement difficiles à justifier, avec toutes les conséquences pratiques que cela entraînerait. Il se pourrait par contre que les rapports des êtres humains entre eux en soient adoucis, s’il est vrai, comme tant d’historiens et d’anthropologues l’ont affirmé, que c’est la domination de l’homme sur les animaux qui a servi de modèle et de prélude à la domination de l’homme sur ses semblables. 1
    «L'homme s'empara de quelques espèces pour les asservir et les élever à son profit. De ce jour le monde animal fut divisé en deux parties: les esclaves et les ennemis. Les esclaves, ce furent par exemple, le mouton, le cheval, le porc, ainsi que le chien, à la fois serviteur de l'homme et garde-chiourme des animaux domestiques. Mais déjà cet asservissement des bêtes se retournait contre l'homme. L'esclavage, le despotisme s'introduisirent dans la société humaine sous la forme qu'on avait imaginée pour les bêtes. Le despote se mit à gouverner les troupeaux d'êtres humains de la même façon que le berger gouvernait les troupeaux de boeufs et de moutons».
    1- HENRI F. ELLENBERGER, Étude en hommage à Roger Mucchielli, Paris, Éditions E.S.S., 1984, p. 59. (J.D)

    Essentiel

    De passage à Turin, Nietzsche s'est indigné contre un cocher en train de frapper son cheval à coup de cravache. Il s'est ensuite jeté au cou de la bête en pleurant. Cet événement a inspiré le commentaire suivant au romancier Milan Kundera: «La vraie bonté de l'homme ne peut se manifester en toute liberté et en toute pureté qu'à l'égard de ceux qui ne représentent aucune force. Le véritable test moral de l'humanité (le plus radical, qui se situe à un niveau tel qu'il échappe à notre regard), ce sont ses relations avec ceux qui sont à sa merci: les animaux. Et c'est ici que s'est produite la plus grande déroute de l'homme, débâcle fondamentale dont toutes les autres découlent.»
    MILAN KUNDERA, L'insoutenable légèreté de l'être, Paris, Gallimard, 1984, p. 265) (J.D)

    Documentation

    Grands textes:
    Aristote, Histoire des animaux: The History of Animals. Traduction anglaise de D'Arcy Wentworth Thompson (Internet Classics Archive)
    Aristote, Des parties des animaux: On the Parts of Animals. Traduction anglaise de William Oggle (Internet Classics Archive)

    Cahiers antispécistes réflexion et action pour l'égalité animale.
    La vache folle ou le déclin de la raison sacrificielle, par Mondher Kilani, professeur à l'Institut d'anthropologie et de sociologie, Université de Lausanne, Suisse (Allez-Savoir! - magazine de l'Université de Lausanne, no 6, octobre 1996): «La mauvaise conscience liée au fait de tuer et de manger les animaux demeure manifestement une des composantes de l'attitude contemporaine envers la viande. (...) Après avoir mis le plus de distance entre lui et l'animal sacrifié, l'homme moderne assiste au retour du refoulé et se trouve obligé, pour parer à la crise, d'immoler à son tour non pas une vache, mais des millions de vaches!»
    Ann Cottrell Free, Animals, Nature and Albert Schweitzer. Photographies de Erica Anderson et al. Publié sous les auspices de The Albert Schweitzer Fellowship, The Albert Schweitzer Center, The Animal Welfare Institute, The Humane Society of the United States, 1982 (texte intégral du livre)
    Boris Cyrulnik, neuropsychiatre: «Les animaux nous aident à nous redéfinir»: [entretien]. Psychologies Magazine, juillet 1998.
    Des animaux et des hommes: un dossier de l'émission «Chasseurs d'idées» (Radio-Québec, 21 février 2000).
    The Animal Point of View: [entretien avec Stephen Budiansky, auteur de If a Lion Could Talk: Animal Intelligence and the Evolution of Consciousness (Free Press, 1998)]. The Atlantic Unbound, 9 décembre 1998: «afin de comprendre réellement l'intelligence des animaux, il nous faut cesser de projeter sur eux nos propres émotions.»
    Teckel ou thérapie?, par Tatiana de Rosnay (Psychologies Magazine, février 1999)
    L'animal en nous, par Jacques Languirand (Guide Ressources, vol. 12, no 9, juin 1997; sur le site de Par 4 chemins, Radio-Canada).
    Aaron Garrett, «Introduction», in Animal Rights and Souls in the Eighteenth Century, Bristol, Thoemmes Press, 2000, vol. 1, p. v-xxiv.
    Armand Farrachi, Pitié pour la condition animale, Le Monde diplomatique, août 2001
    Chienne de loi!, par Philippe Schwab (Construire, année 2000, no 3, 18 janvier 2000): le statut juridique des animaux en Suisse.
    Un animal pour grandir, par Élisabeth Gilles (Construire, no 4, 23 janvier 2001): Entre les enfants qui souffrent et les animaux, il y a une histoire d'affection pure qui produit de merveilleux effets.
    Ian Hacking, Our Fellow Animals, The New York Review of Books, 29 juin 2000. Compte rendu de: J. M. Coetzee, The Lives of Animals, Princeton University Press, 1999, 127 p.; Peter Singer, Ethics into Action: Henry Spira and the Animal Rights Movement, Rowman and Littlefield, 1998, 222 p.
    Ward M. Clark, Misplaced Compassion. The Animal Rights Movement Exposed, Writers Club Press, 2001. Vous pouvez en faire la lecture en mode image sur le site iUniverse.com. Une critique radicale du mouvement pour les droits des animaux aux États-Unis.
    Institute of Laboratory Animal Resources, National Research Council, Guide for the Care and Use of Laboratory Animals, Washington, D.C., National Academy Press, 1996, 140 p. (texte intégral).
    Expérimentations animales: quelles alternatives?, par Nicolas Imhof (Allez-Savoir! - magazine de l'Université de Lausanne, no 4, mars 1996)
    Diane Baltaz, Are We Ethical in Our Use of Animals?, Compass. A Jesuit Journal, vol. 14, no 3, juillet-août 1996
    Rencontre Philo: Élisabeth de Fontenay// Aux frontières de l'animalité, par Arnaud Spire (Regard, no 58, juin 2000): «Vue sous l'angle par lequel chaque penseur, chaque théologien, chaque philosophe, depuis les pré-socratiques jusqu'à Jacques Derrida, a traité l'énigme de l'animalité et, par contre-coup, critiqué le propre de l'homme: ce qui distingue l'espèce humaine des autres espèces vivantes.»
    Thierry Gontier, De l’homme à l’animal. Paradoxes sur la nature des animaux. Montaigne et Descartes, Paris, Vrin, «Philologie et Mercure», 1998, 320 p.: " L’opinion «très dangereuse», comme l’écrit Pierre Bayle dans l’article «Péreira» de son Dictionnaire, c’est la thèse montaigniste de la supériorité des animaux sur les hommes. L’opinion «absurde», c’est la thèse cartésienne des animaux-machines, qui ne sauve la prérogative humaine qu’au prix d’un défaut radical de crédibilité. L’opinion moyenne rejetée par Bayle comme «insoutenable», c’est celle de la tradition aristotélicienne, qui accorde aux animaux vie et sentiment, tout en les privant des facultés noétiques propres à l’homme. // Or, qu’est-ce qui interdit à la philosophie moderne la solution médiane d’Aristote? Comment Montaigne et Descartes parviennent-ils à soutenir la confrontation de leur philosophie avec le paradoxe? Et, si tant est que l’anthropologie est à l’horizon de la zoologie, qu’en est-il de l’homme dans ces déplacements de la définition de l’animalité?" (site de l'éditeur)
    Jean-Paul Baquiast , Publiscopie: L'intelligence animale. Numéro spécial de Sciences et avenir, octobre 1995. Relecture et actualisation, Robotique, vie artificielle, réalité virtuelle: La revue mensuelle, no 5, janvier-février 2001
    Les animaux pensent-ils? Numéro 34 (mars 2000) de la revue Terrain (Mission du patrimoine ethnologique, Ministère de la Culture et de la Communication, Fr.) - sommaire et résumés des articles
    Barbara Cassin, Jean-Louis Labarrière et Gilbert Romeyer-Dherbey (éd.), L'Animal dans l'Antiquité, Paris, «Bibliothèque d’Histoire de la Philosophie»,Vrin, 1997, 632 p.
    Animal Experiences. Compte rendu de A Different Nature: The Paradoxical World of Zoos and Their Uncertain Future, de David Hancocks, par Colin Tudge (London Review of Books, vol. 23, no 12, 21 juin 2001).
    Bruno Faidutti, Images et connaissance de la licorne (fin du Moyen-Age - XIXème siècle). Thèse de doctorat de l'université Paris XII (sciences littéraires et humaines), novembre 1996 (texte intégral).
    Liste des rapports de recherche de la Société de la faune et des parc du Québec

    Document vidéo: Le Front de libération des animaux: quand la fin justifie les moyens. Vous pouvez écouter en Real Audio ce reportage de l'émission "Zone libre" (Radio-Canada, 17 août 2001). Le terrorisme de certains défenseurs des animaux
    Date de création : 2012-04-01 | Date de modification : 2012-04-01
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