• Encyclopédies

      • Encyclopédie de l'Agora

        Notre devise: Vers le réel par le virtuel!


      • Encyclopédie sur la mort

        L’encyclopédie sur la mort veut s'intéresser à ce phénomène sous ses multiples aspects et ses diverses modalités.


      • Encyclopédie Homovivens

        Encyclopédie sur les transformations que l'homme opère en lui-même au fur et à mesure qu'il progresse dans la conviction que toute vie se réduit à la mécanique.


      • Encyclopédie sur l'inaptitude

        Tout le monde en conviendra : c'est au sort qu'elle réserve aux plus vulnérables de ses membres que l'on peut juger de la qualité d'une société. Aussi avons-nous voulu profiter ...


      • Encyclopédie sur la Francophonie

        L'Encyclopédie de la Francophonie est l'une des encyclopédies spécialisées qui se développent parallèlement à l'Encyclopédie de l'Agora.

  • Dictionnaires
  • Débats
      • Une solidarité rajeunie: sens de la grève étudiante

        Une solidarité rajeunie Débat sur le sens de la grève des étudiants du Québec Notre point de départ nous le trouvons dans le site de La Classe : «Ce serait effectiv...

      • L'homme, la nature, la techique

        Réflexions inspirées de Bernard Charbonneau et Jacques Ellul, avec la collaboration de l'Association Aquitaine B.Charbonneau J.Ellul, sous la présidence de Sébastien Mor...

      • Les sommets de la terre

        Le Sommet de Rio, qui s'ouvrira le 20 juin, s'inscrit dans une histoire qu'il faut connaître pour bien comprendre les enjeux actuels..En 1952, eut lieu à Québec l'un des événements qui préfigurèren...

  • Sentiers
      • Les sentiers de l'appartenance

        L'appartenance c'est le lien vivant, la rencontre de deux Vies : la nôtre et celle de telle personne, tel  paysage...Quand la vie se retire, le sentiment d'appropriation se substitue au sentim...

      • Le sentier des fleurs sauvages

        Nous sommes des botanistes amateurs. Notre but est de partager un plaisir orienté vers une science complète où le regard du poète a sa place à côté de celui du botaniste, du généticien, du gastrono...

  • Édition


La lettre de L'Agora
Abonnez-vous gratuitement au bulletin électronique. de L'Agora.
Si l’Encyclopédie de l’Agora demeure progressiste, c’est dans un nouveau sens du mot progrès, fondé sur la science réparatrice et sur le principe de précaution.
Média social:
Facebook:


Flux RSS:

La démocratie dans le monde

Jacques Dufresne
Le rôle très important que jouent les lobbies et autres groupes d'intérêts dans nos sociétés n'indique-t-il pas que nous vivons en oligarchie et non en démocratie?
C'est précisment cette indifférence ou ce sentiment d'impuissance des citoyens qui donne de l'importance au rôle de leurs représentants. Si ces derniers se contentaient de refléter dans les grands débats l'apathie générale de leurs lecteurs et, quant au reste, de s'occuper de leurs intérêts personnels, la démocratie ne serait bientôt plus qu'un beau mot désignant une oligarchie camouflée. On peut en effet penser que le fond oligarchique de nos prétendues démocraties échappe au regard critique, uniquement parce qu'au lieu d'être constitué de grands propritaires individuels, le groupe dominant est constitué soit de lobbies, soit de corporations, de syndicats, d'associations patronales qui donnent l'illusion de représenter l'ensemble du peuple et de défendre l'intérêt public.
Aux États-Unis, ce sont les lobbies qui ont le plus d'influence. Non sans quelques bonnes raisons, oserai-je l'avouer, le président de la National Rifle Association, organisme qui, fort des 89 millions que lui versent ses membres chaque année -un américain sur 85 en fait partie- se flatte de pouvoir empêcher l'élection d'un candidat à la présidence qui se proposerait d'imposer un contrôle strict des armes feu.

Dans la plupart des autres pays, dont le Canada, ce sont les corporations, les syndicats et les associations de patrons qui ont le plus de pouvoir. À la différence des lobbies qui, parce qu'ils agissent dans l'obscurité peuvent défendre sans vergogne des intérêts particuliers, les corporations et autres groupes de pression analogues, se présentent toujours comme des défenseurs de l'intérêt public. Quand ils veulent accroître leur part du budget de l'État, les médecins, les juges ou les enseignants mettent toujours au premier plan, non leurs intérêts, mais la cause de la santé, de la justice ou de l'éducation.
Face à ces puissants clients, les chefs de nos États démocratiques font penser à des amuseurs de dauphins. Dans la piscine publique, une dizaine de ces bêtes, une douzaine au maximum, toutes plus rusées les unes que les autres, se disputent de plus en plus âprement les poissons de plus en plus petits que leur présente l'amuseur.

Le peuple regarde le spectacle à la télévision, avec, parfois, le sentiment que ses députés ont pour seul privilège d'assister à la même curée depuis les estrades. Et quand il veut se manifester, ce peuple, il emprunte des voies nouvelles qui sont marginales par rapport aux institutions de représentation. Par exemple, il forme des associations dans le but de faire interdire la construction d'une centrale nucléaire ou d'obtenir que les automobiles soient plus sécuritaires. Plusieurs observateurs ont soutenu, au cours des dernières décennies, que c'est sous cette forme que survit aujourd'hui cet esprit démocratique qui avait fait l'admiration de Tocqueville au XIXe sicle.
Cette tendance a eu pour effet d'accroître le pouvoir des tribunaux et celui des avocats, lequel était déjà considérable à l'origine. Si bien, qu'aux États-Unis tout au moins, et dans une mesure pour l'instant moindre au Canada, les tribunaux semblent jouer un rôle plus important que les parlements dans la vie publique. Cette tendance est de plus en plus accentuée par le fait qu'à défaut de pouvoir prendre des décisions claires sur des questions controversées comme l'avortement ou la langue d'affichage, les parlements s'en remettent d'eux-mêmes aux tribunaux. On a même d'excellentes raisons de penser qu'ils introduisent délibérément dans les lois des passages flous qui leur permettront d'éviter une confrontation dans l'immédiat, mais rendront invitables par la suite de nouveaux recours aux tribunaux.
[...]
Pendant soixante-dix ans, les dictatures communistes se sont présentées au monde comme des démocraties. L'abus de langage était évident. Ne l'était-il pas autant à l'Ouest, à cette seule différence près que, dans ce cas, le véritable régime est l'oligarchie plutôt que la dictature d'un parti?
Date de création:2012-04-01 | Date de modification:2012-04-01
Loading
Informations
L'auteur

Jacques Dufresne
Mots-clés
Lobbies
Extrait
Le peuple regarde le spectacle à la télévision, avec, parfois, le sentiment que ses députés ont pour seul privilège d'assister à la même curée depuis les estrades.
Documents associés
Louis Painchaud, Paul-Hubert Poirier
Adultère, Désir, Mariage
François de Malherbe
Faire la cour, flirt courtois
Louis Painchaud, Paul-Hubert Poirier
Intellect,désir,Eros, Hésiode, Théogonie, Apion
Emmanuel Kant
Culture, pédagogie, culture pratique, culture physique, morale, éducation de l'âme, âme, mémoire
Louis Painchaud, Paul-Hubert Poirier
Confession publique, Grande Église
Jean Sgard
Journalisme
Honoré de Balzac
tabac, excitant, toxicité
Jacques Dufresne
Maurice Lamontagne
Gouvernement, politique, PNB, indicateurs sociaux
Sébastien Roch Nicolas Chamfort
Haute société

Contribuez au rayonnement des oeuvres de l'Agora/Homo vivens en devenant membre ou en faisant un don.