• Encyclopédies

      • Encyclopédie de l'Agora

        Notre devise: Vers le réel par le virtuel!


      • Encyclopédie sur la mort

        L’encyclopédie sur la mort veut s'intéresser à ce phénomène sous ses multiples aspects et ses diverses modalités.


      • Encyclopédie Homovivens

        Encyclopédie sur les transformations que l'homme opère en lui-même au fur et à mesure qu'il progresse dans la conviction que toute vie se réduit à la mécanique.


      • Encyclopédie sur l'inaptitude

        Tout le monde en conviendra : c'est au sort qu'elle réserve aux plus vulnérables de ses membres que l'on peut juger de la qualité d'une société. Aussi avons-nous voulu profiter ...


      • Encyclopédie sur la Francophonie

        L'Encyclopédie de la Francophonie est l'une des encyclopédies spécialisées qui se développent parallèlement à l'Encyclopédie de l'Agora.

  • Dictionnaires
  • Débats
      • Le Citoyen Québécois

         Après la Commission Gomery, la Commission Charbonneau! À quelles conditions pourrions-nous en sortir plus honnêtes… et plus prospères

      • L'hypothèse Dieu

         Un nouveau site consacré au dialogue entre croyants et non-croyants a été créé. Son titre « L’hypothèse Dieu » annonce-t-il un vira...

  • Sentiers
      • Les sentiers de l'appartenance

        L'appartenance c'est le lien vivant, la rencontre de deux Vies : la nôtre et celle de telle personne, tel  paysage...Quand la vie se retire, le sentiment d'appropriation se substitue au ...

      • Le sentier des fleurs sauvages

        Nous sommes des botanistes amateurs. Notre but est de partager un plaisir orienté vers une science complète où le regard du poète a sa place à côté de celui du botaniste, du généticien, du gastrono...

      • L’îlot Louis Valcke

        Sur les traces de Louis Valcke (1930-2012), professeur, philosophe, essayiste, cycliste, navigateur et pèlerin. Spécialiste mondial de l’œuvre de Pic de la Mirandole.

  • La lettre
    • Édition


    La lettre de L'Agora
    Abonnez-vous gratuitement au bulletin électronique. de L'Agora.
    Si l’Encyclopédie de l’Agora demeure progressiste, c’est dans un nouveau sens du mot progrès, fondé sur la science réparatrice et sur le principe de précaution.
    Média social:
    Facebook:


    Fluxs RSS:

    Impression du texte

    Dossier: Québec

    Le début d’une lente réconciliation

    Alexandre Poulin, Jérôme Blanchet-Gravel

    L’arrivée au pouvoir de la Coalition avenir Québec permettra aux Québécois de renouer avec eux-mêmes. Ce n’est ni l’expression d’une fatigue ni la preuve d’un soi-disant repli xénophobe. La « vague » qui est sur toutes les lèvres représente le début d’une synthèse historique, et l’ampleur de la victoire confirme l’aspiration de la société québécoise à la continuité de son histoire. L’engagement de la CAQ d’interdire les signes religieux ostentatoires pour les juges, les policiers et les enseignants s’inscrit aussi dans cette dynamique. Les Québécois ont peut-être tourné le dos à l’indépendance, mais ils n’ont pas renoncé à leur identité. Sans elle, le souverainisme n’a aucun sens.

    Les Québécois en l’absence d’eux-mêmes

    En 2003, la victoire de Jean Charest et des libéraux a mis fin à une période de redéfinition de l’identité québécoise. À la suite du référendum de 1995, la redéfinition de l’identité collective occupait un espace plus grand que la destination de la collectivité. La question « Qui est québécois ? » avait préséance sur celle qui consistait à savoir « Où vont les Québécois ? ». Sous la forme d’un consensus implicite et sous prétexte d’« ouvrir le cercle de la nation » (Gérard Bouchard), plusieurs intellectuels ont mis au rancart les caractéristiques traditionnelles de la nation au bénéfice d’une ouverture toujours plus grande aux particularismes. À défaut d’avoir opté pour une définition explicite, ils ont choisi une définition implicite :  pour eux, l’identité québécoise ne devait plus être porteuse de la mémoire canadienne-française. Peut-on vraiment souscrire à cette coupure de l’histoire ? Sans passé, il n’est guère d’avenir possible.

    Une double manifestation du statu quo

    L’effondrement du duopole formé par le Parti libéral et le Parti québécois n’est pas l’inscription d’un pis-aller dans la politique québécoise, mais bien le délitement d’une double manifestation du statu quo. Chacun à sa manière, ces deux partis ont mené à la même impasse ; chacun œuvre à sa propre survie plutôt qu’à celle de la communauté précaire du Québec. Libéraux et péquistes ont participé à la construction du même récit autoglorificateur qui a fait du Québec la société la plus inclusive, la plus ouverte et la plus moderne du monde occidental. A-t-on déjà effleuré l’idée que ce discours de la grandeur n’est que l’envers du mépris de soi ?

    Sans complexe ni hésitation, les Québécois ont enfin adhéré à un discours à leur propre mesure. Ils ont surtout compris que le PLQ représentait l’enracinement du statu quo et que le PQ était le véhicule idéal pour ne pas en sortir. En ce cinquantième anniversaire de la fondation du parti de René Lévesque, les appels à la convergence des souverainistes de gauche sont légion. Ont-ils oublié que Lévesque soutenait qu’« il y a trois portes dans la maison » ? Par quelle porte entre-t-on à Québec solidaire ? Poser la question, c’est y répondre.

    Les souverainistes sont tombés dans le piège

    Les souverainistes qui ne saluent pas la victoire de la CAQ sont tombés dans le piège de la gauche multiculturaliste. Jean-François Lisée s’y est laissé prendre rapidement. En appelant une ultime fois à un rapprochement de son parti agonisant avec Québec solidaire, son discours de défaite s’est avéré pathétique. QS est un parti qui a toujours souhaité la mort du PQ et qui réussira probablement à le remplacer. Le fonds de commerce des solidaires demeure la culpabilisation d’un peuple québécois toujours suspecté d’intolérance. Le PQ était déjà mort, mais Jean-François Lisée est allé jusqu’à l’incinérer.

    La victoire de la CAQ, la chute du PQ et la montée de QS auront deux importantes conséquences. D’abord, le retour d'un nationalisme autonomiste, non-souverainiste, représenté par la CAQ. Enfermés dans leur dogmatisme péquiste, plusieurs refusent de le reconnaître, mais tous les indices pointent dans cette direction. Surtout considérant la position de la CAQ en matière de laïcité. Ensuite, en parallèle, l'émergence d'un souverainisme anti-nationaliste représenté par QS. Il s’agit d’un souverainisme très paradoxal, car multiculturaliste et réservé à la gauche vertueuse ; un souverainisme utopique et fleur bleue, puisque complètement détaché de la réalité historique du Québec. Les souverainistes tourneront-ils le dos à l’affirmation du Québec pour mieux caresser la sainteté de leur option ?

    Date de création : 2018-10-20 | Date de modification : 2018-10-26
    Informations
    L'auteur

    Alexandre Poulin, Jérôme Blanchet-Gravel
    Alexandre Poulin est journaliste. Il collabore à L’Agora. Jérôme Blanchet-Gravel est essayiste et journaliste. Son dernier livre, La Face cachée du multiculturalisme, est paru aux Éditions du Cerf.
    Documents associés
    Daniel Sargent
    Justice, compassion, solidarité
    Jacques Dufresne
    Vitalité, créativité
    Jacques Dufresne
    Jean Sgard
    Journalisme
    Jacques Dufresne
    Christian Lamontagne
    Réaction, Réponse, Responsabilité, Sacré, Christ, Bouddha
    Jacques Dufresne
    Arthur Rimbaud
    eau, Shakespeare, jeunesse
    Marcel Fournier
    Borduas Paul-Émile, Pellan Alfred

    2%
    Dons reçus (2018-2019):609$
    Objectif (2018-2019): 20 000$


    Nous avons reçu près de 11 407$ lors de la campagne 2017-2018. Nous vous remercions de votre générosité. Pour la campagne 2018-2019, notre objectif s'élève à 25 000$.

    Contribuez au rayonnement des oeuvres de l'Agora/Homo vivens en devenant membre ou en faisant un don.