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    Dossier: Démocratie locale

    L’agriculture, source possible d’un renouveau démocratique?

    Stéphane Stapinsky

    Aujourd’hui, la question de l’agriculture se pose essentiellement en termes économiques. On pourrait dire que l’agriculture dominante, industrielle et productiviste, est même à elle seule une sorte de concentré du système techno-industriel. La lecture d’une enquête comme Le Livre noir de l’agriculture, d’Isabelle Saporta (Fayard, 2011) (1), montre bien, par exemple dans le cas de l’élevage porcin, que tout, vraiment tout est fait pour rentabiliser chaque instant, chaque geste, chaque opération qui y est mise en œuvre – et, au besoin, l’on n’hésite pas à aller à l’encontre de la nature, à nier celle-ci. Rien n’est jamais gratuit. On vise à ce qu’il n’y ait pas de temps mort. On développe sans cesse de nouveaux outils technologiques permettant d’aller plus vite, d’éviter toute perte. Tout est à ce point contrôlé que le sentiment d’être face à un univers concentrationnaire monte irrésistiblement en nous…

    Le rapport à la terre, d’intime, d’organique qu’il était dans le cas des paysans d’autrefois, est à peu près entièrement marchandisé. Les terres agricoles sont devenues une « valeur refuge » très attrayante pour les investisseurs. Leur acquisition se fait dorénavant suivant une logique spéculative. On se scandalise, à juste titre, de la vente de fleurons économiques comme Rona ou Saint-Hubert au profit de l’étranger, mais on ne s’offusque pas de l’accaparement de nos terres agricoles par des investisseurs d’ici ou de l’étranger, qui bien souvent n’ont cure de les développer, une réalité peut-être plus funeste encore. Pour ne donner qu’un exemple, rappelons qu’en ce début d’année, dans un communiqué de presse, l’Union des producteurs agricoles (UPA) se disait préoccupée par la présence, au Témiscamingue, d’investisseurs d’origine chinoise souhaitant faire l’acquisition de terres agricoles dans le but d’exporter de la luzerne séchée en Chine (2) Et cet exemple est loin d’être unique.

    La Fondation David Suzuki lançait d’ailleurs il y a quelques mois cette mise en garde : « Les terres agricoles du Québec sont une ressource stratégique qui fera l'objet d'une convoitise accrue au cours des prochaines décennies, au même titre que l'eau douce. Que ce soit au profit d'intérêts financiers québécois ou étrangers, il existe un risque réel que le Québec voit son agriculture lui échapper, mettant du même coup à risque sa sécurité alimentaire. »(3)

    Une question qui n’est pas qu’économique

    Si la dimension économique est évidemment fondamentale lorsqu’on envisage la question de l’agriculture, doit-elle cependant être la seule pertinente ? D’autres aspects ne devraient-ils pas être pris en compte, qui sont tout aussi importants ? Nous le croyons.

    Au Québec et au Canada, on ne pose plus guère aujourd’hui la question de l’agriculture en des termes politiques, sauf pour dénoncer les supposés privilèges de certains groupes d’agriculteurs ou, et c’est plus récent, pour évoquer les atteintes à l’environnement et les moyens d’y remédier. Ce qui n’était pas le cas dans le passé, alors que des gouvernements pouvaient être renversés, au parlement, sur des questions touchant l’agriculture. Nous sommes en face de ce que des chercheurs ont appelé un « déni constant des agriculteurs », soit un déni, une minimisation de leurs préoccupations dans le discours public. Pour ne prendre qu’un exemple, rappelons qu’on a très peu débattu ici, sauf au sein du milieu agricole lui-même, des enjeux des grands traités internationaux (Accord avec l’Union européenne, Partenariat Transpacifique) sur l’agriculture. Pourtant, ils sont cruciaux. La situation est quelque peu différente aux États-Unis ou en Europe (en France notamment, pays des jacqueries, où l’on n’a pas hésité, dans le passé, à faucher les cultures OGM), où la critique de ces traités est plus aiguisée. Mais il ne faut pas exagérer l’importance qu’y prend là aussi le sujet dans le discours officiel. Les territoires ruraux, les sociétés rurales font partie de ces espaces périphériques qui sont plutôt une source de problèmes et sont loin de recevoir toute l’attention à laquelle ils auraient droit.

    Si l’on considère les choses avec un peu de hauteur, suivant une perspective historique, il nous faut constater que la place de l’agriculture dans la société et dans la vie civique, la question du rapport à la terre, n’ont pas toujours été posées de manière aussi étriquée qu’aujourd’hui.

    Dans la culture politique fondatrice de notre vie publique -- la démocratie athénienne --, un lien fut clairement établi entre égalité civique, défense de la démocratie et propriété de la terre par la majorité. À Rome également, la figure du paysan-soldat était présente au cœur de la mythologie républicaine. Deux expériences qui ont nourri la réflexion des penseurs politiques jusqu’à l’époque moderne et qui peuvent encore nous inspirer.

    Les réformes de Clisthène

    Dans la Grèce du 6e siècle av. J.-C., les réformes de Clisthène firent en sorte que la vie politique de la cité fut désormais organisée à partir d’une unité territoriale, le dème, « un peu comme Tocqueville voyait la démocratie des États-Unis fondée sur la commune et le civisme sourcilleux de ses membres. » Le réformateur grec eut « l'idée de faire de la terre l’instrument de la libération et de l’égalité de tous devant la loi ». « Destruction donc, toujours grâce à la terre, de tout particularisme, création vraiment révolutionnaire d'un tissu social homogène, où l’arrogance des nobles est noyée. » Autre réforme décisive : Clisthène consolide la victoire par l’installation des clérouquies (lots de terre assignés par tirage au sort, clêros), sortes de colonies athéniennes. S’y installeront des paysans-soldats, dans le dessein de protéger la cité d’éventuelles attaques extérieures. « Tous ces clérouques gardaient leur place dans les dix tribus de l`Attique. Et ainsi la classe des petits propriétaires terriens va s’augmenter de milliers de représentants et devenir comme une importante classe moyenne, fondement indispensable de la démocratie. » (4) C’est à cette classe de citoyens que les Grecs devront la victoire sur les Perses à Marathon, en 490.

    L'idéal romain du paysan-soldat

    À Rome, Tite-Live, plus qu’aucun autre écrivain-historien, contribuera à mettre en forme ce qu’on désigne comme l’idéal « vieux-Romain » du paysan-soldat, « d'un civisme exemplaire, qu'il doit à la terre, à la discipline rigoureuse qu'elle impose à qui la travaille, à la robustesse du corps et à l’équilibre de l'esprit qu'elle confère : mens sana in corpore sano. » Durant trois siècles, jusqu’au IIe siècle avant J.-C., l’idéologie romaine officielle véhiculera cette « peinture idéalisée, avec trois lignes de force : une lutte des classes constructive, où les patriciens, dans leur sagesse terrienne, savent accorder progressivement à la plèbe (en fait la bourgeoisie capitaliste) les droits civiques ; une force militaire irrésistible, avec une armée de paysans que les échecs ne font que fortifier (…); enfin un civisme comme absolu, au-dessus même des liens du sang (…). » La figure qui incarne le mieux cet idéal civique est celle de Cincinnatus (Lucius Quinctius). Un jour (485 av. J.-C.), une délégation de sénateurs est venue le rencontrer alors qu'il labourait ses terres; elle lui proposa d'être dictateur de Rome pendant quelques semaines, le temps de vaincre les Eques. Cincinnatus remplit sa mission puis revint à sa charrue sans songer à conserver le pouvoir et sans demander de récompense. « On ne saurait, conclut Savinel, rendre plus fortement cette vérité que toute vertu vient de la terre : civisme, courage, force militaire. » (5) Cet idéal sera propagé par des esprits aussi éminents que Caton l’Ancien, Cicéron ou Pline l’Ancien. D’innombrables exemples, tirés de l’histoire romaine, réelle ou mythique, viendront le valider.

    En quoi, demandera-t-on, des exemples aussi lointains peuvent-ils encore nous inspirer ? Nous ne vivons plus depuis bien longtemps dans le monde de Clisthène et de Cincinnatus…

    Au Moyen-Âge, à l’époque moderne et jusqu’au XXe siècle, l’enseignement classique imposa la lecture des grands textes de l’antiquité gréco-latine. Des générations d’élèves furent mises en présence de ces figures idéales de la vie civique que furent les Cincinnatus, Cicéron, Solon, etc., qui continuèrent donc à nourrir le climat intellectuel et moral des sociétés occidentales. Est-il nécessaire de préciser que des philosophes aussi importants que Montesquieu ou Rousseau ont puisé dans ce terreau moral dans l'élaboration de leur pensée? Les pères de la constitution américaine, les révolutionnaires de 1789, ont aussi été inspirés par ces figures remarquables qui ont su mettre le bien commun au-dessus de leur intérêt propre.

    Ce lien entre la vie civique, l’égalité des citoyens et la propriété de la terre, certains penseurs ont continué à le cultiver, à lui donner une consistance, même à l’ère industrielle, même à une époque où le capitalisme monopolistique et l’État tout puissant se développaient et fleurissaient. J’en donnerai ici deux exemples. Celui de l’écrivain anglais Chesterton (inspirateur du distributisme, proche de la doctrine sociale de l’Église) et cet autre, plus récent, du sociologue Christopher Lasch, -- je me réfère ici en particulier à sa conception du populisme.

    Chesterton et le distributisme

    Pour Chesterton, seule la propriété assure à l’individu la dignité de l’égalité. Elle seule peut satisfaire les sentiments humains naturels tout en assurant l’équilibre de la société. Nous ne songeons évidemment pas ici à une égalité absolue. « Il ne s’agit pas de défendre une égalité parfaite (qui serait aveugle et inhumaine) de la répartition de la propriété privée, rappelle Myriam Ardoin, mais d’une égalité approximative. Si chaque homme (chaque famille) possède une quantité de terre plus ou moins égale à celle de son voisin, alors il ne sera pas tenté d’étendre ses terres ou ne se sentira pas menacé par son voisin. » (6)

    Le lien qu'établit Chesterton entre propriété et dignité de la personne, ce passage souvent cité l'illustre avec éloquence: « Un homme se sent plus heureux, plus digne, et davantage à l’image de Dieu, lorsque le chapeau qu’il porte est son propre chapeau. […] Il se peut qu’il y ait des gens qui préfèrent qu’on leur loue leur chapeau chaque semaine, ou qui préfèrent porter le chapeau de leur voisin selon un roulement pour illustrer l’idée de camaraderie, ou peut-être même se rassembler avec d’autres sous un seul très grand chapeau pour représenter une conception cosmique encore plus large. Mais la plupart des hommes sentent que lorsqu’ils portent leur propre chapeau, leur dignité s’en trouve augmentée. » (7)

    Avec Hilaire Belloc et d’autres intellectuels, au carrefour de pensées issues du monde rural, de certains socialistes et de la doctrine sociale de l'Église catholique, Chesterton a contribué à définir une théorie intermédiaire, une troisième voie entre le capitalisme et le socialisme dominants à l’époque, le distributisme, qui est centré sur l'hypothèse suivante : une société stable et bien ordonnée repose sur une distribution correcte de la propriété. Étant donné que la propriété est la base même de laquelle découlent tous les autres droits (qui ne servent à rien si l'on est trop pauvre ou dépendant pour les exercer), il s'ensuit qu'une société démocratique et ordonnée doit à la fois empêcher la concentration de trop de propriété entre les mains de quelques-uns et empêcher la création de larges franges de citoyens pauvres (ou dépendant de l'État).

    Aucun passéisme chez Chesterton : « Il ne s’agit pas de revenir à une société exclusivement paysanne ni de répartir les terres de la même manière, selon les mêmes modalités et de façon strictement égale. Les distributistes croient en un retrait du gouvernement central qui ne doit servir qu’à équilibrer les rapports de force. La propriété peut être, selon les cas, individuelle, commune, étatique, etc. » La société industrielle n’est pas non plus condamnée en bloc. « Néanmoins, ils [i.e. les distributistes] affirment que l’homme doit se souvenir que les machines doivent être au service de l’homme, et non l’inverse, et que si elles vont à l’encontre du bonheur des hommes, alors il faut les supprimer (de fait, certaines machines peuvent être bonnes pour l’homme). » (8)

    Il y a quelques années, l’intellectuel britannique Phillip Blond, un Red Tory, avait contribué à lancer une polémique autour des magasins à grandes surfaces au Royaume-Uni. Son parti-pris en faveur de la petite propriété, du petit magasin était clairement d’inspiration chestertonienne, de même que son souci que les pauvres puissent devenir en plus grand nombre propriétaires de leur logement. Au sujet des terres agricoles, Chesterton suggérait « d’instaurer un impôt sur les contrats de vente des petites propriétés afin d’éviter qu’elles ne soient rachetées par les grands propriétaires terriens, ou encore une libéralisation des droits des pauvres afin qu’ils puissent accéder à la propriété, ainsi que des subventions pour stimuler ce type d’expérimentation. » (9)

    Si la société et l’économie actuelles ont pour mot d'ordre « big is powerful », les idées de Chesterton mettant de l’avant une économie qui se fait à petite échelle rappellent plutôt le « small is beautiful » de l’économiste allemand Schumacher. « Il s’agit de privilégier les petites structures pour éviter que l’homme, en tant qu’individu, ne soit pas phagocyté par le big business. » (10)

    Réaliste et sans illusion, Chesterton sait bien que « le distributisme ne peut envisager de détrôner complètement le capitalisme à grande échelle. Mais il souhaite au moins qu’une troisième force s’insère en Angleterre entre celle du travail et du capital. Cette force serait constituée de marchands, d’artisans, de fermiers. » (11)

    Même si l’on n’espérera pas de bouleversement majeur du système capitaliste, il nous faut, quand c’est possible, tenter d’occuper les zones laissées vacantes par celui-ci. Concrètement, « … c’est, d’abord, à notre niveau, de promouvoir les petites structures où la propriété peut être distribuée et où chacun peut jouir de son propre bien tout en créant une dynamique équilibrée de l’ensemble auquel il appartient. » (12)

    Et Myriam Ardoin de donner un exemple concret, celui du Simone (http://lesimone.fr/), café situé à Lyon, un projet de co-working lancé par les Alternatives Catholiques. « Chaque co-worker est propriétaire de son travail et de son capital, tout en faisant partie d’une structure plus large, mais néanmoins relativement restreinte (20 à 30 personnes). Cette structure est associative, c’est-à-dire qu’aucun bénéfice n’est tiré des co-workers et capté par un capitaliste, mais ceux-ci collaborent au bien commun de l’ensemble. Certaines choses y sont partagées (imprimantes, sanitaires, cuisine, etc.) ; d’autres y sont données et reçues sous la forme d’échanges (échanges de savoirs, de savoir-faire). Loin d’être un kolkhoze, l’espace de co-working permet d’atteindre cet équilibre entre propriété privée (le co-worker possède le capital généré par son travail) et appartenance à une (petite) communauté animée par le partage et le don. » (13)

    Le populisme selon Christopher Lasch

    Le populisme désigne « un courant d'opinion fondé sur l'enracinement (la patrie, la famille) et jugeant que l'émancipation (mondialisation, ouverture) est allée trop loin. » Le mot a fort mauvaise presse aujourd’hui, il est même devenu une insulte qu’on associe aux extrêmes politiques, le plus souvent à l’extrême droite. Dans un essai intitulé Populisme - les demeurés de l'Histoire, la philosophie française Chantal Delsol a rendu en quelque sorte ses lettres de noblesse à ce terme dont le sens est si souvent dévoyé. Pour elle, « l’accusation de populisme – puisqu’il s’agit bien d’une accusation et non d’une dénomination objective –, rend compte d’une réticence de l’opinion dominante à accepter le destin d’une véritable démocratie dans l’espace européen. »  (14)

    Le sociologue américain Christopher Lasch s’est penché sur le populisme américain, qu’il juge favorablement. Parmi les figures de la vie intellectuelle associées à ce courant, mentionnons les noms de Thomas Carlyle, John Ruskin et William Morris, Ainsi qu’on le verra, des points de contact entre les idées véhiculées par ce populisme et celles de Chesterton existent. « Le populisme prend ses racines dans la défense de la petite propriété, qui, au 18e et au début du 19e siècle, était généralement considérée comme la base nécessaire de l’esprit civique. Aux États-Unis, il se confond en partie avec le ''républicanisme'', qui ne se réfère pas au parti républicain, mais à une tradition politique pour laquelle les notions de bien commun et de vertu civique sont centrales, et qui prend en compte les fondements sociologiques et donc économiques nécessaires à la réalité et à la vitalité d’une démocratie. L’égalité politique ne peut s’épanouir que là où existe une certaine égalité économique et sociale. De même que la liberté politique ne peut s’épanouir que là où existe une certaine liberté économique et sociale. Ces deux propositions ne sont pas contradictoires, mais intrinsèquement corrélées. Car la liberté politique ne peut s’épanouir également que là où existe une certaine égalité économique et sociale. » (15)

    Se rapprochant des idées d'un Chesterton, « le populisme est à la fois anti-libéral et anti-étatiste. Anticapitaliste et anti-collectiviste. C’est un socialisme, mais de la société, par la société. Ni un socialisme d’État, ni un socialisme de marché. Il renvoie dos-à-dos l’État-Providence et la mondialisation marchande (…) » (16)

    Autre point de convergence avec le distributisme embrassé par l'écrivain britannique : « (…) le populisme américain qui naît au 19e siècle a pour idéal une démocratie de petits propriétaires, de paysans, d’artisans, de commerçants. De petits-bourgeois, de petits producteurs dont l’esprit civique a pour assise concrète l’indépendance économique. (…) Une ''solide petite propriété'' est le ''fondement véritable d’une république stable'', un ''modeste mais universel droit de propriété'' éviterait à l’Amérique d’être une ''nation de laquais''.» (17) Se montrant particulièrement critique des excès et de la quête du luxe de la grande bourgeoisie d'affaires et financières, le mouvement populiste valorise plutôt la recherche d'une vie simple, [… d'une] ''vie bonne'', [… d’un] travail honnête. » (18)

    L’agriculture paysanne, ou la « nostalgie utopique »

    Les pensées de Chesterton et de Lasch sont, de manière générale, plutôt ancrées à droite, même s’il faudrait apporter à cette affirmation bien des bémols. Il m’apparaît intéressant de souligner qu’une certaine pensée de gauche inspire des initiatives qui, sur bien des points, sont convergentes avec celles des deux penseurs précités. Je pense, par exemple, aux mouvements prônant une agriculture paysanne (par opposition à une agriculture industrielle) ou à ceux faisant la promotion d’une agriculture biologique (comme Équiterre). Il y a également un courant libertaire, écologiste, décroissant, qui inspire, chez bien des gens, des jeunes notamment, ce qu’on pourrait appeler un retour à la terre. Pour les partisans de ces initiatives, il s’agit d’incarner une alternative au modèle économique et industriel dominant, tout en revalorisant la démocratie à l’échelon local.

    Pour le sociologue Jean-Serge Éloi, l’agriculture paysanne est un « projet de résistance par rapport à l’agriculture d’entreprise », une « alternative en matière de mode de production ». Elle « apparaît clairement inspirée de principes écologiques. Elle se veut une agriculture raisonnée, respectueuse de l’environnement et entend réinventer les solidarités locales. Elle associe paysan et terroir (…). » À son propos, il parle de « nostalgie utopique » : « La nostalgie renvoie à une critique de la civilisation industrielle, du capitalisme, du monde de l’argent et de la marchandise, de la disparition de toute dimension communautaire de la vie humaine. L’utopie suppose qu’il ne s’agit pas d’un retour au passé mais seulement d’un détour par le passé pour se tourner résolument vers l’avenir. (19)

    Dans une publication intitulée Pourquoi devenir paysan ou paysanne ? (Les brochures des Cafés paysans) (20), inspirée par le mouvement de l’agriculture paysanne en France, on peut lire le rappel d’un certain nombre de valeurs qui sont celles que les membres de ce mouvement souhaiteraient instiller chez ceux qui opteraient pour un « retour à la terre ».

    Refusant « la division et la spécialisation à outrance du travail dans une économie où presque tous les échanges sont monétarisés », les auteurs souhaitent mettre de l’avant cette « autonomie paysanne » que les agriculteurs-entrepreneurs d’aujourd’hui ont souvent perdue :

    « Cette autonomie paysanne, on peut la définir comme la forme d’indépendance développée et maîtrisée à l’échelle locale par les paysans grâce à leur capacité d’autosuffisance matérielle (se nourrir, se loger, s’habiller, s’outiller...) et grâce à leur capacité d’auto-organisation sociale locale (se solidariser, s'entraider, mutualiser les forces, décider ensemble...). » (21) Chesterton dit-il autre chose, lorsqu'il écrit : « La démocratie, c’est donc (re)donner le pouvoir à l’homme ordinaire : lui permettre de faire tout ce qu’il est mesure de faire, et de laisser aux spécialistes seulement ce que l’homme ordinaire ne peut (bien) accomplir par lui-même. » (22)

    L'auto-organisation sociale locale que proposent les auteurs de la brochure est définie par opposition à l’encadrement et aux injonctions de « l'administration publique centralisée et des sociétés privées se chargeant d’assurer notre intégrité individuelle et notre cohésion sociale, le plus souvent malgré nous. » On retrouve la méfiance, exprimée par Chesterton et Lasch, envers l’État omnipotent et un certain type d'entreprise privée qui nous dépouillent de certaines de nos habiletés. Et un souci commun pour la démocratie locale, même si, dans le cas présent, et on ne s'en surprendra pas, les initiatives suggérées sont celles qui appartiennent à la boîte d’outils conceptuels de la gauche. « Ces "propositions paysannes" concernent par exemple (…) des propositions d'ordre politique, économique et sociale avec la création de diverses formes de "démocratie locale" : l'autogestion, les système d’échange locaux, la vie communautaire... » (23)

    Les auteurs de Pourquoi devenir paysan ou paysanne ? nous suggèrent une série de pistes qui composent un tableau de ce que pourrait être une vie paysanne inspirée par l’idéal d’autonomie :

    Avec de l'entraide amicale et paysanne, de la débrouillardise et de la ténacité, une mentalité décroissante économe, un soutien de citoyens ''consommateurs'' locaux, il est tout à fait possible d'imaginer une installation paysanne très progressive, sans aucun endettement. Cela signifie qu'en quelques années, vous pouvez réussir le tour de force d'avoir créé et financé votre modeste logement, d'être capable de générer 50% de votre nourriture, tout cela en ayant tissé des liens étroits avec les voisins intéressés par vos pratiques, mais aussi avec des amis en quête d’alternatives communes. Une ferme peut devenir le point d'appui de coopératives alimentaires, de systèmes de trocs à l'échelle locale, de caisses de solidarité, de réseaux d'échanges de savoir, de potagers collectifs, de lieux de formation, de collectifs de soutien aux mouvements sociaux, de centre d'accueil de personnes en difficultés... L'éventail des possibles ne dépend que de notre imagination et de notre capacité à construire patiemment des organisations collectives solidaires et efficaces. Cela signifie qu'en quelques années, il est possible de moins dépendre de l'État, du salariat, de la monnaie, des entreprises et de toutes les superstructures qui, sous couvert d'exister pour nous, agissent la plupart du temps contre nous. Face aux crises économiques, écologiques et politiques que nous connaissons actuellement, renforcer notre autonomie paysanne me semble l'une des principales urgences des années à venir, une urgence raisonnable et possible (24).

    Dans ses grandes lignes, cette utopie réaliste me semble tout à fait compatible avec les idées d’un Chesterton et d’un Lasch (et avec celles du populisme américain), même si, différence importante, la priorité n’est pas, dans le cas des Cafés paysans, la propriété privée d’un lopin de terre (ils écrivent en effet :  « trouver un terrain agricole à acheter ou simplement à louer pour devenir paysan est facilement réalisable d'un point de vue administratif »). Ce n'est pas tant le statut juridique de la terre qui importe pour eux que les valeurs à incarner, le mode de vie à choisir. Dans les deux cas, toutefois, le rapport établi avec la terre peut être une école de vertus permettant de nourrir la vie collective, la vie démocratique.

    La ruralité ou le retour du local

    Depuis quelques années, on entend souvent parler du thème de la ruralité, qui se veut bien sûr beaucoup plus englobant, plus large, que celui de la vie agricole ou paysanne. Car le monde rural voit sa population se modifier, et inclut désormais d’anciens citadins, qui ne font qu’y résider en villégiature ou bien qui choisissent, sans expérience particulière ou antécédents familiaux, de se tourner vers l’agriculture. Cette réflexion sur la ruralité, souvent inspirée par le mouvement écologique ou d’autres courants alternatifs ou libertaires, a été l’occasion de maints colloques, et a mené à la publication de bon nombre d'ouvrages.

    Cette importance accordée à la ruralité ouvre de nouvelles possibilités, comme celle d’un « retour au local ». « À l’heure où la mondialisation se renforce et s’accélère, le local et le proche priment sur le global, c’est-à-dire sur le “lointain”. Or le rural est devenu le local. Et les ruraux sont non seulement les “locaux”, mais ils se vivent en outre bien souvent comme les “petits” face aux “grands” que représentent la Métropole et la Région, seuls “résistants” en quelque sorte, au moment où la dissolution des échelons de proximité (…) est annoncée. (…) Non seulement il s’oppose au lointain, mais il s’oppose également au “grand”, au “massif”, quand ce n’est pas à “l’industriel”, autant de dimensions qui semblent incompatibles avec le paradigme des ruralités. » (25)

    Ce retour au local n’est pas sans évoquer le « localisme » prôné, dans le monde anglo-saxon, par une certaine mouvance conservatrice, qui s’inspire, par exemple, d’Edmund Burke. On ne se surprendra pas qu’ici aussi se pose la question de la démocratie, bien qu’en des termes différents de ceux du philosophe anglais : « Ce travail de pédagogie doit également englober la question de la démocratie locale. Poser les Nouvelles Ruralités comme les laboratoires d’une démocratie renouvelée, celle dont le pays a besoin, à l’heure de l’abstention et des populismes, pour marcher sur ses deux jambes - l’une nationale et supranationale, l’autre locale - est un vecteur essentiel de leur crédibilité. » (26)

    L’agriculture soutenue par la communauté (Community Supported Agriculture)

    Lorsqu’on l’examine attentivement, le programme d’un organisme comme Équiterre, qui « s’est donné pour mission de contribuer à bâtir un mouvement de société en incitant citoyens, organisations et gouvernements à faire des choix écologiques, équitables et solidaires », se veut cohérent avec toutes les initiatives indiquées plus haut. Équiterre appartient, là encore, à une gauche écologique, pratique, tournée vers le concret, qui valorise l’autonomie et la responsabilité des personnes, en plus de tout mettre en œuvre pour favoriser le développement du lien social. J’aime beaucoup l’expression « agriculture soutenue par la communauté », qui met bien en évidence le caractère indissociable du lien qui devrait exister entre la terre et les hommes.

    Équiterre a mis sur pied un grand nombre de projets, dans les domaines de l’agriculture, du transport, du commerce, de l’énergie, de la consommation responsable et de la lutte aux changements climatiques, projets destinés aux personnes comme aux organisations. Très médiatisé est le réseau des fermiers de famille qu’il a mis sur pied en 1995 et qui distribue des paniers bio de légumes frais et locaux livrés chaque semaine en certains points de chute prédéterminés. A ce jour, il regroupe plus d'une centaine de fermes à dimension humaine, qui nourrissent plus de 35 000 abonnés québécois.

    En achetant à l’avance des paniers de légumes d'ici, on soutient les fermes locales, en garantissant un revenu aux agriculteurs et en facilitant grandement la mise en marché de leurs produits. En échange, les fermiers de famille s'engagent à offrir aux abonnés des produits de saison de qualité, en diversité et en quantité satisfaisantes et ce dans le plus grand respect de l’environnement.

    Pour l'abonné, il ne s’agit pas simplement d'acheter des fruits et des légumes, comme on le ferait à l’épicerie du coin. Il devient en fait un véritable partenaire de la ferme qu'il a choisie. Il participe en effet à la prise de risque qu’implique toute pratique agricole. Il est conscient, par exemple, que la météo peut parfois affecter le contenu des paniers qu’il recevra. La mise en relation des agriculteurs et des acheteurs est grandement encouragée par Équiterre. Ces derniers peuvent donc avoir une idée très précise de la manière dont sont cultivés les fruits et légumes et être informé, tout au long de la saison des récolte, de ce qui se trouvera dans leur assiette.

    Un des objectifs du réseau des fermiers de famille est de faire en sorte de « contribuer à l’économie locale et [à] la relève agricole ». « Soutenir les fermiers d’ici qui cultivent avec soin nos terres agricoles est, rappelle-t-on, un geste d’une grande portée quand on sait qu’au Québec, une ferme disparaît chaque jour. » L’abonnement souscrit « aide à assurer notre souveraineté alimentaire et fait rouler l’économie de nos communautés. » On encourage également la relève en agriculture car les fermiers de famille d’Équiterre sont âgés en moyenne de 38 ans alors qu’au Canada, l’âge moyen du producteur est de 54 ans. » (27)

    Conclusion

    Le modèle des méga-fermes, régies par une logique productiviste et pourvues de mille appareils et gadgets technologiques a-t-il un avenir ? Le bon sens aimerait que l’on réponde par la négative. Mais ce ne peut évidemment être le cas, si l’on prend en compte les transformations en cours dans le monde sur les plans économique et technologique. Rien ne semble devoir arrêter ce progrès-là. Pourquoi cette centralisation croissante, cette technicisation de plus en plus poussée, cette lancée vers un « big » toujours plus « powerful » serait-elle en voie d’inversion dans le monde agricole alors qu’elle a le vent en poupe partout ailleurs? On le comprendra, je suis plutôt pessimiste. On peut espérer que survienne un jour une certaine décroissance. Mais rien ne le garantit. Des forces puissantes agissent dans l’autre sens. Je crains bien que toutes les propositions alternatives, qui remettent en question l’agriculture industrielle et ultra technologique, soient condamnées à la marginalité.

    Mais il faut qu’elles occupent l'espace, si minime soit-il, qui leur reste. Dans nos sociétés, le nombre de laissés pour compte ne cessera pas de croître. Avec l’automatisation et la robotisation qui se répandront dans toutes les sphères de la société au cours des prochaines décennies, un chômage de masse est à prévoir. Ces propositions alternatives (dont certaines commencent à être appliquées) pourraient être sources d’espoir pour les exclus du système.

    La chance que nous offrent ces utopies, ces initiatives, qui, à certains, pourraient sembler irréalistes, qu’elles soient de droite ou de gauche, c’est qu’elles ont l’ambition de recréer un lien avec la terre, avec la vie, que la beaucoup d’entre nous ont déjà perdu. On sent qu’elles comblent, chez bien des gens, un profond besoin d’enracinement. C’est là quelque chose de fondamental. Comme l’est aussi le fait qu’elles appellent toutes à un renouveau de la vie démocratique, dans un premier temps à l’échelon local. À une époque où bien des gens sont tentés par des formes extrêmes de protestation et où l’on constate, lors des élections, des taux record d’abstention, c’est assurément une voie prometteuse à emprunter.

    Ces alternatives ont également comme grande qualité d’avoir des effets multiplicateurs. Si elles s’appliquent à un domaine de la société ou de l’existence, elles ont également des effets sur nombre d’autres. Elles ont le grand mérite de ne pas constituer un programme figé, bétonné, qui ne pourrait voir le jour sans une application intégrale. Elles peuvent être mises en œuvre même à l’intérieur de notre univers capitalisteg gouverné par la technique. Elles nous incitent donc à mettre l’épaule à la roue sans plus tarder.

    Notes

    (1) http://www.fayard.fr/le-livre-noir-de-lagriculture-9782818502242
    (2) https://www.upa.qc.ca/fr/communiques/2016/02/achat-de-terres-par-des-investisseurs-etrangers-au-temiscaminque-quel-est-linteret-veritable-des-investisseurs/
    (3) http://www.davidsuzuki.org/fr/medias/communiques-de-presse/2015/11/changements-climatiques-les-terres-agricoles-du-quebec-convoitees/
    (4) Les passages cités sont tirés de ‎l’ouvrage de Pierre Savinel, ‎La terre et les hommes dans les lettres gréco-latines. Préface de G. Thibon. Paris, Éditions Sang de la terre. 1988.
    (5) Les passages cités proviennent de l’ouvrage de P. Savinel mentionné à la note précédente.
    (6) https://lasagessedechesterton.wordpress.com/2015/05/20/conference-lhomme-moderne-face-a-la-pensee-de-chesterton/
    (7) Cité par M. Ardoin : https://lasagessedechesterton.wordpress.com/2015/05/20/conference-lhomme-moderne-face-a-la-pensee-de-chesterton/
    (8) https://lasagessedechesterton.wordpress.com/2015/05/20/conference-lhomme-moderne-face-a-la-pensee-de-chesterton/
    (9) http://cahierslibres.fr/2015/06/pour-une-propriete-anti-capitaliste-le-distributisme-de-g-k-chesterton/
    (10) Ibid.
    (11) Stéphane Kelly, « La dignité de posséder son chapeau : Gilbert Keith Chesterton, 1874-1936 », Argument, vol. 3 no 1, automne 2000 - hiver 2001 -- http://www.revueargument.ca/article/1969-12-31/149-la-dignite-de-posseder-son-chapeau-gilbert-keith-chesterton-1874-1936.html
    (12) http://cahierslibres.fr/2015/06/pour-une-propriete-anti-capitaliste-le-distributisme-de-g-k-chesterton/
    (13) Ibid.
    (14) Les deux passages cités dans ce paragraphes sont tirés de la page web suivante : http://www.atlantico.fr/decryptage/populisme-sobriquet-lequel-democraties-perverties-dissimulent-mepris-pour-pluralisme-populisme-demeures-histoire-chantal-delsol-1956389.html
    (15) http://anarchrisme.blog.free.fr/index.php?post/2013/10/16/Le-populisme-selon-Lasch
    (16) Ibid.
    (17) Ibid.
    (18) Ibid.
    (19) Jean-Serge Eloi, « Évolution de la structure sociale. La fin des paysans» - UTLB 2014-2015 – http://js.eloi.free.fr/documents/PAYSANS_FIN.pdf
    (20) http://www.reperes-paysans.org/_ressources/user-files/Brochure_pourquoi_devenir_paysan_ne.pdf
    (21) Ibid.
    (22) https://lasagessedechesterton.wordpress.com/2015/05/20/conference-lhomme-moderne-face-a-la-pensee-de-chesterton/
    (23) http://www.reperes-paysans.org/_ressources/user-files/Brochure_pourquoi_devenir_paysan_ne.pdf
    (24) Ibid.
    (25) Mission Nouvelles ruralités, « Les mots des nouvelles ruralités - Les grands enseignements de l'enquête », mai 2014 – http://mediascopie.fr/media/LMD-nouvelles_ruralites_GENERAL.pdf
    (26) Ibid.
    (27) Les informations qui précèdent sont tirés du site suivant : http://www.equiterre.org/

    Date de création : 2016-04-07 | Date de modification : 2016-04-09
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    L'auteur

    Stéphane Stapinsky
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