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    Impression du texte

    La préhistoire de la CAQ - Le Groupe Réflexion Québec (1992-1993)

    Jacques Dufresne

    Voici un document qui a marqué la préhistoire de la CAQ (Coalition Avenir Québec) au pouvoir à Québec depuis le 1er octobre 2018. Il s’agit d’un programme non partisan qui pourrait encore inspirer un parti appelé Coalition qui s’est montré ouvert aux bonnes idées des autres partis. On notera l’importance accordée à l’histoire dans le rapport du comité sur l’identité dont le président était le politologue Alain-G. Gagnon.


    Il y a 25 ans exactement, le magazine L’Agora, qui précéda la Lettre du même nom, publiait un cahier spécial de 30 pages intitulé Un Québec responsable, lequel ressemblait fort au programme d’un parti politique idéal soucieux de représenter l’ensemble de la population. Ce cahier était le rapport du groupe Réflexion Québec.

    Voici la liste des membres du groupe. Voici la liste des membres de ce  groupe : Jean Allaire, Claude Béland, Louis Balthazar, Linda Cardinal, Denis Daniel, Jacques Dufresne, Mario Dumont, Michel Fréchette, Alain Gagnon, Roger Galipeau, Philippe Garceau, Jacques Gauthier, Lucie Granger, Marie Grégoire, Jean-Pierre Guay, Moncef Guitouni, Guy Laforest, Michel Lalonde, Normand Lapointe, Pierrette Lavoie Ste-Marie, Richard Le Hir, Michel Marullo, André Ménard, Roger Nicolet, Jacques Proulx, Roméo Saganash, Jean-Guy St-Roch, Charles Taylor, Raymond Théorêt, Frédéric Trépanier, Daniel Turp.

    On y remarque les noms de Jean Allaire et de Mario Dumont, lesquels avaient annoncé leur intention de fonder un nouveau parti, l’ADQ, qui verra le jour en 1994 et deviendra l’ancêtre de la CAQ, Coalition Avenir Québec, au pouvoir à Québec depuis le 1er octobre 2018.

    Ce groupe était-il au service du nouveau parti projeté ? Non. Il avait été lancé avec l’appui de Claude Béland ex-président du Mouvement Desjardins et de Jacques Proulx, président de Solidarité rurale, ce qui suffisait à le situer par-delà les partis. De nombreux péquistes et quelques membres d’autres formations politiques avaient participé aux travaux pour diverses raisons dont celle de faire pencher le rapport vers le camp du oui ou du non lors d’un  nouveau référendum qui se dessinait à l’horizon.

    Ce qu’on peut lire dans le liminaire du rapport est parfaitement juste. « Notre groupe, qui s'est dissous à la fin de ses travaux, n'était ni un parti politique ni même l'embryon d'un parti politique. Nous sommes des personnes de bonne volonté qui avons pris plaisir à réfléchir dans un esprit ouvert, libre, courageux, correspondant aux attentes d'une grande partie de la population. Ce qui explique pourquoi notre rapport contient bien des idées que des politiciens en campagne n'oseraient pas proposer ».

    D’une réunion à l’autre se dessinait en effet une volonté de mettre l’accent sur la spontanéité sociale, plutôt que sur les programmes étatiques, sur les obligations plutôt que sur les droits, sur le vivant plutôt que sur le mécanique, le tout sans renoncer aux acquis essentiels de la révolution tranquille. C’est la raison pour laquelle L’Agora a publié le rapport.

    Que reste-t-il de ces travaux dans l’esprit et le programme de la CAQ, nouveau nom de l’ADQ? Pour le savoir, on peut lire sur le site de l’Agora, le rapport détaillé de chacun des six comités du groupe Réflexion Québec. Le passage suivant résume bien l’esprit de l’ensemble :

    Décider en fonction du long terme

    «Tant au plan des décisions budgétaires (déficit, fiscalité) que des questions environnementales et des habitudes politiques, une préoccupation du long terme apparaît comme centrale. Comme l’écrit Covey, il n’y a pas de «quick fix» pour les problèmes de société: l’avenir est à ceux qui y mettent le temps et qui voient plus loin que la prochaine élection. On doit travailler à ce que la génération qui nous suit vive mieux que nous. Les jeunes de la génération des années 1990 sont la première génération depuis le début du siècle à vivre moins bien que les générations précédentes.»

    Voici les  liens vers les rapports suivis de l’extrait qui nous a paru le plus significatif :

    Santé démocratique : la confiance en nos institutions

    GROUPE RÉFLEXION QUÉBEC
    Les droits sont les corollaires des responsabilités

    Nous sommes bardés de chartes, de déclarations ronflantes nous conférant les droits les plus multiples et les plus divers. Ces droits, nous en revendiquons les bénéfices auprès d’un débiteur unique et, espérons-nous, omnipuissant: l’État.
    Or, l’État n’est que la somme des modestes contributions que chacun d’entre nous désire ou peut y apporter.

    Gestion administrative et comptable des biens publics

    GROUPE RÉFLEXION QUÉBEC
    Introduire le principe des taxes dédiées

    Il y aurait lieu d’implanter, dans une mesure qui reste à circonscrire, un système de taxes dédiées de façon à établir un lien entre les coûts qu’entraînent la mise en place d’équipements et la dispensation de services et l’effort requis pour financer ces opérations.

    Ce principe pourrait s’appliquer notamment dans le cas du financement de certaines infrastructures dont les utilisateurs sont plus facilement identifiables (certaines routes par exemple)

    Une économie d'avenir

    GROUPE RÉFLEXION QUÉBEC
    Le revenu minimum vital

    Afin de simplifier tous les transferts gouvernementaux vers les individus, nous proposons d'étudier très sérieusement la possibilité de remplacer la multitude des programmes actuels par la formule bien connue du revenu minimum vital (6). Le principe est simple: garantir à tous les individus, de l'étudiant au chômeur en passant par les retraités et les mères, un revenu minimal décent. Spécifiquement, le revenu minimum vital pourrait remplacer à lui seul toute une gamme de programmes, dont le programme de pensions de vieillesse et de supplément de revenu garanti, le programme de prêts et bourses, le programme d'assurance-chômage, le programme d'aide sociale et le programme d'allocations familiales.

    Éducation : le temps des solutions

    GROUPE RÉFLEXION QUÉBEC
    Une nouvelle approche: le modèle organique

    Le système d'éducation n'est pas une grande machine dont on peut accroître la productivité en actionnant quelques leviers. Il est un organisme fait d'écoles qui sont autant de cellules vivantes. Ces écoles à leur tour sont habitées par des êtres vivants, élèves et enseignants, qui ont avant tout besoin d'être nourris et soutenus par un humus, par un climat. Le progrès de l'école est une croissance soumise à toutes les règles subtiles de la croissance des êtres vivants. Il importe de connaître et de respecter ces règles, non de planifier des résultats, de fixer des objectifs administratifs, et utopiques, du genre: en l'an 2000, 100% des jeunes Québécois obtiendront leur diplôme d'études secondaires.

    On n'insistera jamais trop sur la différence entre l'approche organique et l'approche mécaniste. On peut à bon droit rattacher la plupart des reproches adressés à l'école secondaire québécoise aux excès de l'approche mécaniste: locaux trop grands, trop exclusivement fonctionnels, manquant de chaleur et de vie, absence de cour de récréation inspirante, pédagogie centrée sur des objectifs qui relèvent des techniques de conditionnement, plutôt que des modèles qui soient des nourritures et des sources d'inspiration, caractère interchangeable des enseignants plutôt que stabilité de maîtres auxquels l'enfant peut s'identifier, etc.

    La politique de la santé et du bien-être personnel et social

    GROUPE RÉFLEXION QUÉBEC
    Importance des déterminants de la santé

    On sait, mille études l’ont montré, qu’au stade où en sont nos sociétés, un dollar consacré à l’amélioration d’un déterminant comme l’alimentation (des femmes enceintes en particulier) est beaucoup plus efficace et plus efficient qu’un dollar ajouté à un appareil curatif de pointe. Il arrive toutefois que le dollar supplémentaire investi dans le curatif puisse se concrétiser dans la vie quotidienne des gens par le témoignage à la télévision d’une jeune mère de famille qui vient d’être sauvée par une greffe du foie; tandis que, pour rendre compte de l’efficacité de l’action sur un déterminant plus englobant, il faut recourir à des statistiques qui n’ont rien de sensationnel dans l’immédiat, et qui souvent n’ont de sens que si on prend le très long terme en considération. C’est seulement à la fin de la vie d’une personne que l’on peut connaître toutes les conséquences des lacunes qu’il y eut dans les soins et les attentions qu’elle reçut en bas âge.

    L'identité québécoise en mutation

    GROUPE RÉFLEXION QUÉBEC
    Importance de l’histoire

    Car il n’existe pas de véritable identité sans référence à l’histoire. D’abord pour ancrer la définition de ce territoire qui se veut du Québec. Mais bien évidemment aussi parce que nos projets d’avenir ne prendront tout leur sens qu’à la lumière de notre histoire qui nous éclaire sur la trame de notre devenir. Il est donc essentiel que l’histoire du Québec apparaisse en bonne place dans nos programmes scolaires à tous les niveaux. Il est tout à fait aberrant et bien révélateur d’une société fragile et en crise d’identité que nos étudiants soient si réticents à apprendre l’histoire du Québec. Certains invoquent le fait que leurs origines sont ailleurs. Soyons accueillants, respectueux des autres cultures mais ne craignons pas d’ouvrir le livre de notre histoire à tous ceux qui se joignent à nous. […]

    L’histoire doit aussi permettre de rétablir, sans parti pris, le rôle prépondérant de l’Église catholique dans le façonnement de l’identité québécoise. La majorité des Québécois ne le reconnaît aujourd’hui qu’avec un certain embarras dans le prolongement du mouvement de refus (global ou partiel) qui s’est manifesté graduellement après la Seconde Guerre mondiale. Mais la cohésion sociale, le caractère propre de la vie communautaire québécoise ont été marqués par des liens étroits entre la société civile et l’Église. Cette prise de conscience historique n’est pas sans affecter le sens de la communauté dont il a été question plus haut. Comme telle, il n’y a pas de raison pour qu’elle remette en cause les principes de la laïcité de l’État et de la liberté religieuse. À cet égard, il faut relever aussi l’influence des autres confessions religieuses qui ont coexisté au Québec, notamment l’anglicanime, le calvinisme presbytérien et le judaïsme.

    Date de création : 2018-10-16 | Date de modification : 2018-10-23
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    L'auteur

    Jacques Dufresne
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