• Encyclopédies

      • Encyclopédie de l'Agora

        Notre devise: Vers le réel par le virtuel!


      • Encyclopédie sur la mort

        L’encyclopédie sur la mort veut s'intéresser à ce phénomène sous ses multiples aspects et ses diverses modalités.


      • Encyclopédie Homovivens

        Encyclopédie sur les transformations que l'homme opère en lui-même au fur et à mesure qu'il progresse dans la conviction que toute vie se réduit à la mécanique.


      • Encyclopédie sur l'inaptitude

        Tout le monde en conviendra : c'est au sort qu'elle réserve aux plus vulnérables de ses membres que l'on peut juger de la qualité d'une société. Aussi avons-nous voulu profiter ...


      • Encyclopédie sur la Francophonie

        L'Encyclopédie de la Francophonie est l'une des encyclopédies spécialisées qui se développent parallèlement à l'Encyclopédie de l'Agora.

  • Dictionnaires
  • Débats
      • Le Citoyen Québécois

         Après la Commission Gomery, la Commission Charbonneau! À quelles conditions pourrions-nous en sortir plus honnêtes… et plus prospères

      • L'hypothèse Dieu

         Un nouveau site consacré au dialogue entre croyants et non-croyants a été créé. Son titre « L’hypothèse Dieu » annonce-t-il un vira...

  • Sentiers
      • Les sentiers de l'appartenance

        L'appartenance c'est le lien vivant, la rencontre de deux Vies : la nôtre et celle de telle personne, tel  paysage...Quand la vie se retire, le sentiment d'appropriation se substitue au ...

      • Le sentier des fleurs sauvages

        Nous sommes des botanistes amateurs. Notre but est de partager un plaisir orienté vers une science complète où le regard du poète a sa place à côté de celui du botaniste, du généticien, du gastrono...

      • L’îlot Louis Valcke

        Sur les traces de Louis Valcke (1930-2012), professeur, philosophe, essayiste, cycliste, navigateur et pèlerin. Spécialiste mondial de l’œuvre de Pic de la Mirandole.

  • La lettre
    • Édition


    La lettre de L'Agora
    Abonnez-vous gratuitement au bulletin électronique. de L'Agora.
    Si l’Encyclopédie de l’Agora demeure progressiste, c’est dans un nouveau sens du mot progrès, fondé sur la science réparatrice et sur le principe de précaution.
    Média social:
    Facebook:


    Fluxs RSS:

    Impression du texte

    Dossier: Feu

    Feu sacré

    Marc Chevrier

    Ce que signifiait le feu sacré au temps des Anciens est largement méconnu, quoique le langage ait conservé une expression comme «avoir le feu sacré». Dans La cité antique, un livre devenu un classique sur les institutions de l'Antiquité, Fustel de Coulanges a consacré des pages lumineuses au feu sacré (5). Vouant un culte aux morts, les Grecs et les Romains vénéraient les dieux de leur maison. Les morts étant considérés comme des êtres sacrés, chaque famille se faisait un devoir de faire des offrandes et des sacrifices à ses ancêtres pour les apaiser et obtenir leur protection. Or, chaque maison renfermait un autel où un feu devait brûler en permanence. Chaque maître de maison avait l'obligation sacrée de l'entretenir en suivant les rites prescrits. Le feu sacré, écrit Fustel de Coulanges, avait «pour caractère essentiel d'appartenir en propre à chaque famille. Il représentait les ancêtres; il était la providence d'une famille, et n'avait rien en commun avec le feu de la famille voisine qui était une autre providence ». C'était le père qui se tenait au plus près du foyer et qui en perpétuait le culte en le transmettant à son fils. De cette manière, le père incarnait à lui seul «toute la série des descendants». «Chaque famille avait ses cérémonies qui lui étaient propres, ses fêtes particulières, ses formules de prière et ses hymnes.» En transmettant à son fils le culte familial, le père «établissait un lien mystérieux entre l'enfant qui naissait à la vie et tous les dieux de la famille.» Avec le temps, l'institution du feu sacré finit toutefois par perdre sa signification auprès des Anciens. Le christianisme, qui vénère un dieu personnel commun à tous les hommes, délogea au sein même de l'empire romain les religions païennes.

    On peut certes voir dans le feu sacré une institution exotique rattachée à une civilisation révolue. L'intérêt de ce rite aujourd'hui réside toutefois dans sa portée symbolique. La famille ayant été de tout temps la base essentielle de la vie privée, il convient de réfléchir sur ce que la famille fait. Elle est la matrice protectrice où les nécessités vitales, dormir, manger, se vêtir, se reproduire, s'accomplissent, et le refuge où se vivent les choses qui se fortifient loin des regards publics, tel l'amour.

    La famille est aussi pour l'enfant la première porte d'entrée sur le monde et sur la culture. Elle forme en elle-même un petit monde qu'animent les légendes familiales, les rites journaliers, les jeux et les espiègleries des enfants, la rencontre de plusieurs générations, les histoires qu'on se raconte et les chansonnettes dont on se berce, les héros de famille dont on célèbre la mémoire ainsi que les fêtes et les moments solennels qui ponctuent l'existence de la maisonnée. C'est par cette vie symbolique dont la famille est le foyer que l'enfant se découvre uni à la chaîne des générations et se forge une identité. C'est par cette même vie transmise par les parents à leur progéniture qu'ils se lient au passé et assurent la suite du monde. Le feu sacré, dans son sens moderne, c'est cette chaleur primordiale dont la vie familiale attise les braises et qui éclaire l'existence quotidienne de ses lueurs. Sans ce feu sacré qui réchauffe le cœur de l'homme dans un foyer nourricier, comment peut-il avoir la force et l'assurance requises pour se lancer dans la sphère publique? Que cette chaleur primordiale soit la base de la civilisation, c'est ce que pressentit Saint-Exupéry: «Une civilisation […] est d'abord, dans l'homme, désir aveugle d'une certaine chaleur. L'homme, ensuite, d'erreur en erreur, trouve le chemin qui conduit au feu.» (6) Mais hélas, dans bien des foyers modernes ne brille que la froide lumière du téléviseur, appareil dont le fonctionnement continuel parasite la vie familiale, atrophie sa vie symbolique et embrouille la frontière entre le privé et le public. Le grand Chateaubriand écrivait: «Chaque homme renferme en soi un monde à part, étranger aux lois et aux destinées générales des siècles.» Encore faut-il que ce monde naisse dans un temple que son habitant ne laisse point se profaner.

    Date de création : 2018-03-22 | Date de modification : 2018-03-22
    Informations
    L'auteur

    Marc Chevrier

    0%
    Dons reçus (2018-2019):0$
    Objectif (2018-2019): 25 000$


    Nous avons reçu près de 11 407$ lors de la campagne 2017-2018. Nous vous remercions de votre générosité. Pour la campagne 2018-2019, notre objectif s'élève à 20 000$.

    Contribuez au rayonnement des oeuvres de l'Agora/Homo vivens en devenant membre ou en faisant un don.