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    Dossier: Justice

    Dennis Edney ou le droit au service de la justice

    Jacques Dufresne

    Je ne voulais pas d’une entrevue banale avec un être aussi peu banal que Dennis Edney, l’avocat et l’ami d’Omar Khadr, l’enfant de Guantanamo. Je voulais aborder avec lui des questions fondamentales, sur la justice et le droit, qui révéleraient ses mobiles profonds.

    Les quelques heures que j’ai passées avec lui le 7 février dernier comptent parmi les plus beaux moments de ma vie. J’avais préparé, en anglais, des questions, explicitées par des citations, que je lui avais envoyées la veille. Il a craint un instant que je ne le soumette à un supplice philosophique.

    «Je ne suis qu’un modeste avocat», m’a-t-il dit d’entrée de jeu, avec toutefois une ironie qui cachait beaucoup de science et de la plus fine espèce. «Je veux tout simplement comprendre, lui ai-je dit, pourquoi vous, et vous seul, en dépit de l’apathie de la population et de vos confrères avocats, en dépit même de l’hostilité de votre premier ministre, Stephen Harper, avez pu faire preuve d’une telle compassion et d’une telle efficacité à l’endroit d’Omar ?»

    D.E. «J’ai appris qu’on pouvait avoir pleinement confiance en notre système judiciaire, mais la société civile, le système parlementaire et les églises sont peu fiables quand on fait face à un gouvernement déterminé à prendre le chemin inverse du respect des droits», a déclaré Me Dennis Edney dans une entrevue publiée le 17 octobre 2015 dans le quotidien Le Devoir1.

    J.D. Mais ces juges, encore fallait-il que vous plaidiez bien votre cause devant eux, qu’une solide raison en vous soit alliée à un si grande compassion. D’où tenez-vous ces qualités?

    D’où tenez-vous cette sensibilité à l’injustice ?

    Dennis Edney aurait pu se réclamer d’une grande doctrine politique ou philosophique. Il a plutôt évoqué ses origines écossaises modestes, son père protestant, sa mère catholique, qui répétait constamment le mot love, son séjour dans un séminaire, dont il ne garda pas le meilleur des souvenirs, les années difficiles de sa jeunesse qu’il évoqua avec pudeur, mais sans nier le fait qu’elles l’avaient formé. Au fur et à mesure que notre dialogue devenait plus intime, j’étais frappé par le haut degré d’unité en lui entre la sensibilité et la raison. À deux reprises, il a récité des vers de Robert Burns, le poète national des Écossais. Ces vers, ils les avaient appris de sa mère.
    Édimbourg (Edina est le nom ancien de cette ville)
    [...]
    Ici la Justice, venue des cieux sa patrie,
    Tient haut sa balance et sa verge;
    Là l'Étude, de ses yeux d'aigle,
    Cherche la Science dans sa modeste demeure

    Tes fils, Edina, sociables, bienveillants,
    Accueillent l'étranger à bras ouverts;
    Leurs vues élargies, leur esprit libéral,
    Sont au-dessus de l'étroite vallée champêtre;
    Toujours attentifs aux lamentations de la douleur
    Ou aux droits silencieux du mérite- modeste;
    Puissent jamais leurs sources ne tarir,
    Ni jamais l'envie tacher leur nom!
    Robert Burns

    « Êtes-vous un être religieux ?»
    Si je devais qualifier sa réponse évasive, je dirais qu’elle fut celle d’un panthéiste, mais d’abord celle d’un être qui donne aux mots humain et humanité la plénitude de leur sens.
    Il était devenu clair pour lui que je désirais le comprendre et non l’enfermer dans ma logique ou mes principes.

    Le supplice de la vadrouille

    Le comprendre c’était d’abord noter qu’il a été le samaritain du village global, qu’il a traité un être éloigné de lui à tous égards, comme son prochain le plus immédiat, comme la chair de sa chair.

    Il faut entendre Dennis Edney évoquer d’abord son émotion lors de sa première rencontre avec Omar: «un enfant de 15 ans (l’âge d’un de mes fils) enchaîné sur un grabat dans une cellule glaciale ». En tant qu’avocat désigné pour assurer sa défense, il avait dû attendre quatre ans avant de pouvoir se rendre à la prison de Guantanamo. «Quand j’allais le voir par la suite, dit-il en substance, je restais le plus longtemps possible avec lui car je savais que ses bourreaux reprendraient leur sale besogne après mon départ. Il avait constamment des fers aux pieds: au moment des interrogatoires, on le forçait à boire de l’eau en lui interdisant d’uriner jusqu’à ce que sa vessie l’oblige à le faire, par terre. On lui ordonnait ensuite de se rouler sur le plancher pour essuyer le tout. Il devait le faire en se contorsionnant sur le plancher. À Guantanamo on appelle cette torture la human mop technique, le supplice de la vadrouille. 2

    Ajoutez à cela des assauts sexuels sadiques : imaginez le pire à partir de ce que vous savez de ces choses et doublez l’horreur.

    Les causes de l’apathie

    Pour décrire l’attitude commune autour de lui, Dennis Edney emploie les mots indifference et apathy. L’apathy c’est l’insensibilité à la souffrance de l’autre, l’absence d’empathie et de sympathie à son endroit. On a reproché à la population allemande de l’ère nazie d’avoir fermé les yeux sur les camps de concentration. Si Dennis Edney est si célèbre aujourd’hui c’est parce qu’il a été l’un des rares humains assez humain pour mettre toutes ses ressources affectives, intellectuelles et financières au service d’un enfant torturé à l’encontre de toutes les lois. Pourquoi les êtres de son espèce sont-ils si peu nombreux? C’est la question qu’il se pose, c’est la question qu’il nous pose.

    Guantanamo, les camps nazis, l’ordre de grandeur n’est pas le même. Dennis Edney n’hésite pourtant pas à faire la comparaison. «Torturer Omar Khadr comme on l’a fait, c’est lui dire : tu n’es pas un être humain. C’est le jugement que les Nazis ont porté sur l’ensemble des Juifs.»
    Il est vrai qu’on n’a pas vu souvent les supplices d’Omar Khadr à la télévision. Et Guantanamo c’est loin. Il fallait pourtant qu’on sache pas mal de choses sur cette prison pour que Barack Obama promette de la fermer en 2008. Le 23 février dernier, il réitérait son désir de fermer cette prison où se trouvent encore 81 prisonniers. Une opération qui n’est pas sur le point d’être exécutée si l’on en juge par les propos des candidats Trump, Rubio et Cruz à la direction du parti républicain.

    Donald Trump: «Bien sûr que le waterboarding c’est mal. Mais ce n’est pas couper des têtes, les gars. [...] Quand ils m’ont interrogé à ce sujet lors du dernier débat, j’ai dit que je l’approuverais immédiatement, mais aussi que je rendrais ça bien pire. Ils nous coupent la tête, au Moyen-Orient. Ils veulent nous tuer, ils veulent détruire notre pays, frapper nos villes, et ne me dites pas que ça ne marche pas. La torture fonctionne les gars, d’accord? Croyez-moi, ça marche.»3

    Quant à Rubio il en a remis en déclarant : «Si nous capturons vivants des tueurs de l’État islamique, leur première destination sera Guantanamo Bay, Cuba, et nous ferons le nécessaire pour découvrir tout ce qu’ils savent, parce que, quand je serai président, contrairement à ce qui se passe sous Barack Obama, on sera en sécurité dans ce pays..»4

    La statue de la liberté devenue celle de la sécurité

    Sécurité! Au nom de la sécurité, sous l’effet de la peur, tout est permis! Adieu la liberté, adieu la dignité humaine. Dennis Edney revient souvent sur cette question cruciale. Plusieurs de ses conférences ont eu pour thème : la règle de droit, qui, à ses yeux doit, bien entendu, avoir préséance sur le besoin de sécurité.

    Lors d’une conférence prononcée à Montréal en 2015, il a dit : «En chacun de nous, il y a un raciste, il y a la peur, et Stephen Harper a misé là-dessus. Chaque fois que j’allais en cour, Stephen Harper faisait une conférence de presse pour parler de lutte contre le terrorisme. »5 Aux États-Unis en ce moment, comme en France et dans une large mesure dans le reste du monde, ce n’est pas la règle de droit qui est sacrée, c’est la sécurité. Qui donc a dit : «À défaut de trouver la sécurité en Dieu, nous avons fait de la sécurité une divinité»? De nombreux Américains ont une si haute opinion d’eux-mêmes qu’ils veulent la sécurité à la fois sur terre et dans leur ciel. Ils voteront pour Donald Trump, lequel invite déjà ses troupes à boycotter Apple si cette compagnie ne dégèle pas le téléphone du terroriste de San Bernardino. Tenue jusqu’ici dans le clair-obscur, comme l’a démontré Edgar Snowden, la collusion entre les services secrets américains et les entreprises de communication devient ainsi une chose officielle.

    Droits et obligations

    Et les Droits de l’homme? Il faut les sacrifier à la déesse Sécurité! Ce qui provoque l’indignation de Dennis Edney. Il a une façon inimitable de prononcer le mot Human Rights, de mettre l’accent sur le H comme s’il voulait l’aspirer.

    La première de mes questions écrites portait justement sur les droits de l’homme. S’ils sont si peu respectés, ne serait-ce pas parce qu’ils sont moins dignes de respect que les obligations? Fondés à l’origine sur le droit naturel, l’universelle raison, ils sont vite devenus des droits subjectifs, difficiles à distinguer des caprices et des revendications. Quel est l’enfant contemporain qui n’a pas un jour refusé d’obéir à ses parents au nom de ses droits? N’est-il pas à craindre qu’à force d’être traînés dans la banalité, les droits de l’homme ne perdent tout pouvoir mobilisateur? Mon questionnaire comportait en version anglaise une citation de Simone Weil sur la question, le premier paragraphe de l’Enracinement. Dennis Edney m’a demandé de lui lire ce texte à haute voix.

    «La notion d'obligation prime celle de droit, qui lui est subordonnée et relative. Un droit n'est pas efficace par lui-même, mais seulement par l'obligation à laquelle il correspond ; l'accomplissement effectif d'un droit provient non pas de celui qui le possède, mais des autres hommes qui se reconnaissent obligés à quelque chose envers lui. L'obligation est efficace dès qu'elle est reconnue. Une obligation ne serait-elle reconnue par personne, elle ne perd rien de la plénitude de son être. Un droit qui n'est reconnu par personne n'est pas grand-chose.»
    Il écouta avec une extrême attention, une attention comme celle qu’il avait accordée à Omar. Il n’a pas formulé d’objection quand je lui ai dit «N’eût été de votre sentiment d’obligation à son égard, la simple idée qu’il est un titulaire des droits l’homme, ne l’aurait-elle pas plongé dans un incurable cynisme?»

    Le droit positif

    D’autres explications de l’indifférence générale viennent à l’esprit. Le droit tel qu’on le conçoit aux États-Unis ressemble beaucoup au droit positif en vigueur dans l’Allemagne du début du XXe siècle. Le droit positif c’est le droit tel que l’établit l’État, sans fondement métaphysique. «Désormais, écrit Villey, tout l'ordre juridique procède de l'État et se trouve enfermé dans ses lois. C'est le positivisme juridique, philosophie des sources du droit qu'acceptent la plupart des juristes et qui les dispense, en les soumettant à la volonté arbitraire des pouvoirs publics, de la recherche de la justice. Il est vrai que le positivisme revêt maintenant des formes nouvelles: de volontariste, il devient scientifique et sociologique.»’6
    Ce droit cadre bien avec la vision mécaniste du monde, dominante en ce moment. Pourquoi s’intéresser à un Omar Khadr dans un tel contexte? C’est une question que soulève George Grant, auteur d’un livre, English –Speaking Justice lequel, me semblait-il, devrait intéresser Dennis Edney. Je lui ai tendu ce livre, il l’a repoussé, après avoir lu ce qui suit sur la couverture quatre : «Voici une recherche de George Grant sur le sens de la Justice dans une société dominée par la technologie. »

    Il a flairé là une critique de la technologie qui n’était manifestement pas dans ses cordes. Je ne saurai peut-être jamais ce qu’il a pensé de la citation d’où j’ai tiré ma question: «Si l’espèce est un concept historique, dont l’origine et l’existence peuvent être expliquées par la mécanique du hasard et de la nécessité, si cette espèce vit sur une planète qui peut être expliquée de la même manière, qu’est-ce qui nous oblige à vivre ensemble selon les principes de la justice et de l’égalité?»

    Omar Khadr : le Juste de Platon

    En dépit de tout ce qu’il a subi, Omar a toujours conservé sa sérénité, il ne s’est jamais laissé envahir par l’aigreur et la haine.
    «Il faut faire en sorte que le mal qui nous est ne soit plus du mal.» (S.W.) Comment? En évitant de nous laisser dégrader par lui. Dans le film A Guantanamo’s Child, réalisé après sa sortie de sa dernière prison, Omar disait de ses bourreaux de Bagram en Afghanistan et de Guantanamo que vouloir leur rendre le mal qu’ils lui faisaient subir c’était leur ressembler (Etty Hillesum, morte à Auchswitz, a refusé elle aussi la haine qui l’aurait mise au rang des nazis).

    Sans doute est-ce cette haute sagesse qui permet de comprendre pourquoi la plupart de ceux qui ont joué un rôle important dans sa vie, depuis le soldat qui l’a trouvé à moitié mort sous des décombres, en passant par son interrogateur et son psychiatre, ont avoué avoir «redécouvert leur humanité» à son contact. Son humanité ou son âme? Extrait d’une lettre d’Omar à Dennis écrite le 26 mai 2010 : «Sache qu’il existe un créateur très compatissant et miséricordieux qui fait attention à nous, veille sur nous et prend soin de nous tous; il se peut que tu ne comprennes pas ces choses mais tu sais par expérience qu’elles m’ont gardé comme je suis et tel que je suis.» (se reporter à la traduction de cette lettre dans l’article suivant).

    Après tout cela, vous comprendrez sûrement, ai-je dit à Dennis Edney, pourquoi Omar me rappelle le Juste de Platon. Le Juste, tel qu’il est présenté au Livre II de la République, a toute la réalité de la justice, mais les apparences de l’injustice : «Il sera fouetté, torturé, emprisonné, on lui brûlera les yeux. Après avoir souffert des maux de toutes sortes, il sera empalé.(…) » (362a) On a vu dans ce Juste une préfiguration du Christ? Ne peut-on pas y voir une préfiguration d’Omar Khadr?

    Le droit et la justice

    Dennis Edney a la réputation d’être un brillant défenseur de la règle de droit. Dans l’une mes questions, je lui demandais si cette règle n’avait pas perdu une partie de sa force en se substituant d’un côté à la règle sociale (la justice populaire) et de l’autre à la morale. N’y a-t-il pas un monopole du droit dans nos sociétés de droit ? Il m’a écouté avec attention.

    Une autre de mes questions portait sur la séparation du droit et de la justice, dans les facultés de droit. «N’est-ce pas, lui ai-je demandé, la raison pour laquelle il y a trop peu d’avocats comme vous et trop de simples techniciens du droit?» Il m’a donné par la suite à entendre qu’il mettait la justice au premier plan : «Pour beaucoup d’avocats le droit est devenu une affaire (business) et non une profession.»

    «Vous me rappelez Thomas More, ai-je ajouté. Comme vous il est descendu dans l’arène humaine pour faire régner la justice.» Nous sommes tous des Thomas More, m’a-t-il répondu pour éviter de sembler s’identifier à cet homme de tout premier ordre. «Quelle est votre pièce de Skakespeare préférée, Le roi Lear sans doute ?» «Non. Macbeth plutôt.» Le fougueux Macbeth était un Écossais, mais là doit s’arrêter la comparaison entre le personnage de Shakespeare et l’avocat d’Omar Khadr ! La démesure dans laquelle Macbeth a sombré à la fin de sa vie rappelle plutôt celle des persécuteurs d’Omar…

    Une nouvelle cause pour Dennis Edney : les poursuites-bâillons

    Au moment de le quitter, je n’ai pas résisté à la tentation de l’inviter à mettre sa notoriété et sa compétence au service d’une cause très proche de celle dans laquelle il s’est illustré : celle du journalisme d’enquête.

    Pour porter les injustices à la connaissance du public, lui ai-je dit, il faut des journalistes d’enquête nombreux et compétents. Il se trouve qu’à cause des poursuites-bâillons il est de plus en plus difficile pour ces journalistes de bien faire leur travail, aussi bien sont-ils de moins en moins nombreux. Ces avocats ne servent-ils pas la cause de l’injustice? 7

    J’ai eu sa réponse le lendemain, à la fin d’une conférence aux étudiants de la faculté de droit de l’Université de Sherbrooke. «Je suis un avocat puissant, j’ai gagné mes 13 procès contre les gouvernements. » Une façon de les inciter à mettre les armes que leur procure leur profession au service de la justice. «Songez à la justice, plus qu’à l’argent, a-t-il conclu en leur tendant la main de l’adieu.»

    Plus qu’à l’argent ! Cet avocat, pendant dix ans, a défrayé seul tous les coûts de ses nombreux voyages et de ses séjours à Guantanamo. Et c’est la famille Edney qui a accueilli et hébergé Omar lors de sa libération de Guantanamo. Le gouvernement canadien actuel vient d’annuler la poursuite en appel imposée par celui de Harper ! Récemment a été créé un site où il est possible de faire un don pour qu’Omar «puisse enfin vivre dans la paix et la dignité !»Rendez-vous sur le site http://www.pouromarkhadr.com/

    Dennis Edney ne mériterait-il pas le prix Nobel de la Paix ?

    Notes
    1- Le Devoir, 17 octobre 2015
    2- Voir la vidéo Guantanamo’s Child http://video.aljazeera.com/channels/eng/videos/guantanamos-child---omar-khadr/4282861323001;jsessionid=643ACC27887EDEDEBBBECDD094C7F5FC
    3- http://www.slate.fr/story/114273/donald-trump-idiotie-torture
    4- https://www.romper.com/p/marco-rubio-essentially-promised-to-torture-prisoners-at-the-gop-debate-twitter-is-having-none-of-it-4736

    5- Yves Boisvert, La Presse, 31 octobre 2015, Section Actualités http://plus.lapresse.ca/screens/61586489-7992-41f9-86d9-c924d6ba8a3e%7C_0.html

    6- Michel Villey, Le droit et les droits de l'homme, Paris, PUF, 1983, p. 9.
    7-The Heroic Media Attorney: An Endangered Species” by Willy Stern, in AAN News (Feb. 11, 2003), Association of Alternative Newsweeklies, www.aan.org

    Date de création : 2016-02-25 | Date de modification : 2016-02-25
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