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Urgence en la demeure

Yvon Larose
Automne 2005: De futurs architectes ont conçu divers types d'habitations de secours destinées aux populations sinistrées
Cet automne, dans le cadre d'un atelier spécial d'une dizaine de semaines supervisé par le professeur Jacques White, un groupe de 12 étudiantes et étudiants de 3e année du baccalauréat en architecture [de l'Université Laval à Québec], conjointement avec 12 autres étudiants de l'École d'architecture de Saint-Étienne, en France, se sont penchés sur la conception de modules d'habitation d'urgence pour des populations sans logement, victimes de la guerre ou d'une catastrophe naturelle (tsunami, séisme, ouragan, etc.). Au terme de l'exercice, deux projets québécois, ceux d'Élise Lapierre et de Gisèle Fraser, ainsi que deux projets français ont été sélectionnés pour être construits en France, aux Grands Ateliers de l'Isle d'Abeau, un pôle d'enseignement, de recherche et d'expérimentation de la construction situé près de Lyon. La réalisation des projets a eu lieu au début du mois de décembre. Les équipes, qui incluaient le concepteur du projet sélectionné, étaient formées chacune de 3 étudiants québécois et de 3 étudiants français. Des techniciens, ainsi que Jacques White et son collègue français, ont assisté les étudiants dans leur travail.

Les modules imaginés, loin d'être de simples tentes, devaient pouvoir répondre aux besoins de base d'un groupe ou d'une famille de 2 à 8 personnes pendant une période de 3 à 12 semaines. Faciles à transporter, adaptables à divers types de sols, les modules devaient pouvoir être assemblés et démontés en moins de six heures par la main-d'oeuvre disponible sur place. Sur une superficie d'occupation variant entre 25 et 35 m2, l'habitation humanitaire devait contenir un point d'eau pour la cuisine, une douche, une toilette et un lavabo alimentés par une citerne extérieure, ainsi que des espaces pour manger et pour dormir. Une fois empaquetés, les éléments constructifs préfabriqués ne pouvaient mesurer plus de 5 m x 2,5 m x 5 m.

L'ossature de bois et l'architecture nomade
"Le plus grand intérêt de l'expérience réside probablement dans l'éventail des solutions proposées, tous les projets étant très différents les uns des autres", a expliqué Jacques White, le mardi 20 décembre à l'École d'architecture, dans le cadre d'une conférence de presse où l'on présentait les 12 projets québécois. Selon lui, le projet de Gisèle Fraser a été retenu pour son usage inventif d'une technique bien connue en Amérique du Nord, mais beaucoup moins en Europe, la construction à ossature de bois. "De plus, a-t-il ajouté, les qualités spatiales de ce projet sont étonnantes pour un espace si petit et si minimaliste dans son traitement. Dans un volume très compact, on peut créer des espaces très bien dimensionnés, comme des mezzanines." Selon Jacques White, l'intérêt du module est qu'il arrive dans une boîte complètement fermée et qu'il se déploie facilement. Bien équipé d'options, il possède même un toit ouvrant pour assurer la ventilation.

Le projet d'Élise Lapierre se caractérise par une économie de matériaux étanches au vent et à la pluie. Grâce aux quatre points d'appui de son plancher surélevé, il peut être installé sur des sols en pente. "Ce projet a été retenu pour la simplicité et l'exceptionnelle compacité du concept, soit la facilité de transport et la rapidité de déploiement, a indiqué Jacques White. Parmi les 12 projets québécois, c'est celui qui prend le moins de place dans le transport. En outre, la rigidité du cadre d'origine et de la structure complémentaire méritait d'être testée aux Grands Ateliers. L'allusion à la tente, objet issu des milieux nomades, a été appréciée du jury. Trois des 4 projets réalisés en France, dont les 2 québécois, peuvent être montés en moins de 6 heures."

Cet atelier conjoint a mis en lumière des différences de vues. Les Français avaient une approche minimaliste alors que les Québécois y allaient de façon plus sophistiquée. "Un projet français utilisait des colombages d'acier très frêles, a expliqué Jacques White. On s'est rendu compte qu'ils sont étonnamment solides lorsqu'on sait comment les utiliser. Nous, on fait tout avec du bois. Ils se sont beaucoup attardés sur de petits dispositifs constructifs. Ils n'avaient pas de boîtes qui s'agrandissaient comme dans les projets québécois. C'étaient plutôt de petits éléments à assembler, donc des systèmes plus frêles et plus légers que les nôtres. Mais cette différence d'approche se défend. Nous, on assumait que le transport par camion était possible vers les zones sinistrées. Eux, en général, assumaient que les routes n'étaient plus accessibles."

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